DESCENDANTS
1230. Lettres de noblesse accordées au père du grand Corneille.
CORNELIENNE.
Lecture faite à l'Académie de Rouen, par M. Floquet. [Rouen, 1837]. In-8de7 pp.
Kxtrait du Précis analytique des travaux de l'Académie de Rouen, 1837, pp. 153 sqq.
1231. Pierre Corneille (le Père), maître des Eaux et Forêts, et sa Maison de Campagne, par E. Gosselin, greffier-archiviste. (Extrait de la Revue de la Normandie des 31 mai et 30 juin 18*54.) Rouen, Imprimerie de E. Cagniard, 1864. Gr. in-8 de 4 1Î. et43pp.,figg.
Les ff. préliminaires contiennent 2 lithographies représentant la maison de campagne de Pierre Corneille au Petit-Couronne, près Rouen, et les armoiries de P. Corneille.
1232. Thomas Corneille, par P. -F. Tissot, de l'Académie française.
Les Normands illustres (Paris, Dutertre, 1815), 7° livr., gr. in-8 de 8 pp.
Presque toutes les publications qui contiennent une notice sur Pierre Corneille eu contiennent une également sur son frère.
1233. Ad Petrum Cornelium in obitu Caroli filii, Carmen a Carolo de La Rue. S. I. Farisiis, 1666. In-4.
Cette pièce touchante, reproduite dans les œuvres latines du P. de La Rue (voy. les n" 216-221), a été réimprimée par MM. Taschereau et Marty-Laveaux.
L'édition séparée est citée dans la Bibliothèque des Ecrivains de la Compagnie de Jésus, par le R. P. de Backer, lre édit., t. I", p. 659.
Le fils que le poète perdit en 1667 était Charles Corneille, âgé de quatorze ans. et filleul, dit-on, du P. de La Rue. C'était un enfant des mieux doués.
1234. Lettre a M*** [l'abbé Trublet] sur le grand Corneille, OU SA généalogie est établie et ses héritiers sont désignés. S. h, in-12.
Cette lettre, datée du 25 août 1757, est extraite du Conservateur de novembre 1757. Elle fut publiée à i'occasion du procès de J.-F. Corneille contre les légataires de Fontenelle, par Dreux du Radier, l'avocat du sieur Corneille.
123o. Mémoire pour le Sr. Jean-François Corneille, Joachim-Alexandre et D"° Marie Corneille sa femme, et DUo Marie-Françoise Corneille, Ve 1° de René Maigret, 2° de Sébastien Habert, seuls et uniques héritiers de Bernard le Bouvier de Fontenelle ; contre le Sr Jean-Louis de Lampriere et autres se disant légataires
universels dudit feu de Fontenelle [Par Dreux du Radier, avocat]. A Paris, chez Gisscy, 17o8. In-4 de 32 pp.
« On a, dans ce mémoire, la généalogie de P. et Th. Corneille, leurs alliances avec M. de Fontenelle, et les prétentions du demandeur à la succession du dernier. Il ne lui fut adjugé qu'une somme de 2,600 fr. Dans la suite, on se disputa le titre de son bienfaiteur. « Barbier.
1*236. Représentation de Rodogune, au profit d'un neveu du grand Corneille.
L'Année littéraire, 1760, t. IIe, pp. 198-216. Lettre datée du 20 mars.
Le bénéficiaire était Jean-François Corneille, pauvre vannier d'Évreux. petit-fils de Pierre Corneille, avocat au parlement de Rouen, et cousin du poète. C'était le même personnage que Dreux du Radier, induit sans doute en erreur par la confusion des noms, avait présenté comme un petit-fils du grand Corneille. La recette faite par la Comédie-Française fut d'environ 6,000 livres. Une seconde représentation fut donnée au profit du même personnage le 16 février 1778.
1237. Ode et Lettres a Monsieur de Voltaire en faveur de la famille du grand Corneille ; Par Monsieur Le Brun, avec la Réponse de M. de Voltaire. A Ge?iève, Et se trouve à Paris, Chez Duchesne, rue S. Jacques, au Temple du Goût. M.DCC.LX [4760]. In-8 de 32 pp.
Cette pièce a été réimprimée à la suite de la Wasprie.ou l'Ami Wasp, revu et corrigé par Le Brun (Berne, 1761, in-12), sous le titre de l'Ombre du grand Corneille.
Le Brun, secrétaire des commandements du prince de Conti, le même qu'on appela depuis « le Pindarique », pour le distinguer de son homonyme, s'intéressa vivement à MUc Corneille, fille de Jean-François, dont nous avons parlé à l'article précédent, et ne crut pouvoir faire plus pour elle que de la recommander à Voltaire, avec qui il avait eu des relations dans sa jeunesse. Ce fut le sujet de YOde qu'il lui adressa. Le succès de sa démarche fut complet. En livrant ses vers au public, Le Brun les fait précéder d'une nouvelle lettre a Voltaire :
« C'est au génie, dit-il, à protéger une race illustrée par le génie. A ce. titre, je ne vois que Monsieur de Voltaire en Europe de qui un homme du nom de Corneille puisse, sans s'avilir, attendre les bienfaits ; ces éloges, que vous avez tant de fois prodigués à sa mémoire, et que la patrie entière lui doit, me répondent de ce que vous ferez pour un de ses neveux. L'idée que m'inspire ce nom divin est si haute que, selon moi, il n'y a point même de rois qui ne s'honorassent beaucoup de prodiguer des secours en sa faveur. Vous seul, Monsieur, agirez en égal avec ce grand homme. »
Le Brun joint à son Ode la réponse que Voltaire lui avait adressée. Cette réponse était ainsi conçue :
« Au château de Ferney, pays de Gex, par Genève, 5 novembre 4760.
.• Je vous ferais, Monsieur, attendre ma réponse quatre mois au moins, si je prétendais la faire en aussi beaux vers que les vôtres. Il faut me borner à vous dire en prose combien j'aime votre Ode et votre proposition. II con-
CORNELIENNE.
vient assez qu'un vieux soldat du grand Corneille tâche d'être utile à la petite-fille de son général. Quand on bâtit des châteaux et des églises, et qu'on a des parents pauvres à soutenir, il ne reste guère de quoi faire ce qu'on voudrait pour une personne qui ne doit être secourue que par les plus grands du royaume.
a Je suis vieux, j'ai une nièce qui aime teus les arts et qui réussit dans quelques-uns ; si la personne dont vous me parlez, et que vous connaissez sans doute, voulait accepter auprès de ma nièce l'éducation la plus honnête, elle en aurait soin comme de sa fille ; je chercherais à lui servir de père. Le sien n'aurait absolument rien à dépenser pour elle. On lui payerait son voyage jusqu'à Lyon. Elle serait adressée à Lyon à Monsieur Tronchin, qui lui fournirait une voiture jusqu'à mon château, ou bien une femme irait la prendre dans mon équipage. Si cela convient, je suis à ses ordres, et j'espère avoir à vous remercier jusqu'au dernier jour de ma vie de m'avoir procuré l'honneur de faire ce que devait faire M. de Fontenelle. Une partie de l'éducation de cette demoiselle serait de nous voir jouer quelquefois les pièces .rand-père, et nous lui ferions broder les sujets de China et du Cid,
« J'ai l'honneur d'être, avec toute l'estime et tous les sentiments que je vous dois,
« Monsieur,
« Votre très-humble et très-obéissant serviteur, « Voltaire. »
Au reçu de cette lettre, Le Brun remercia Voltaire par quelques mots datés du 12 novembre 1760 : « Vous goûtez ce bonheur si méconnu, si pur, de faire des heureux. Je m'attendais à votre réponse; elle n'étonnera que l'envie. J'ai couru la lire à Mademoiselle Corneille; elle en averse des larmes de joie ; elle vous appelle déjà son bienfaicteur et son père. Klle promet & vos bontés, à celles de Madame votre nièce, une éternelle reconnoissance, et je n'ai point de termes pour vous exprimer celle d'une famille que vous soulagez. »
Nous n'avons pas besoin de rappeler ici tout ce que Voltaire fit pour Mllc Corneille. Il lui constitua tout d'abord une rente de 1,500 livres, entreprit à son profit l'édition des Œuvres de Corneille (voy. le n° 640) qui ne rapporta pas moins de 52,000 livres, enfin il la maria à M. Dupuits, riche propriétaire des environs de Fcrney, qui devint plus tard officier général.
1238. La Petite-Nièce d'Eschyle, histoire athénienne traduite d'un manuscrit grec, intitulé '!£/. rr,; tûv 'ETncjTrjuovwv àvey.àoTcu faroptac 'ExXo-yaî : Fragments de l'histoire-anecdote des gens de lettres [par de Neuville]. S. L, 1761. In-8.
L239. Voltaire et la Société française au xvme siècle. Voltaire w \ Délices, par M. G. Desnoiresterres. Pans, Didier, 1873. In-8 de 513 pp.
Ce volume, qui est le t. VIe des études consacrées à Voltaire par M. Desnoiresterres, est en grande partie occupé par le récit de l'arrivée et du séjour de M"« Corneille à Ferney.
1240. Visite de Clalde-Étienne Corneille a Ferney.
Lettre de Voltaire à M. d'Argental du 9 mars 1763.
Claude-Ëtieune Corneille, fils de Pierre-Alexis et par conséquent arrière-
petit-fils du po^te, vint implorer l'assistance de Voltaire à Ferney. Voltaire ne put faire pour lui ce qu'il avait fait pour M"" Dupuits, mais ne le congédia qu'avec de «l'argent comptant ».
1244. Note sur le portrait de Marie-Angélique Corneille, meunière à Tilly, près de Vernon. Journal de Paris, 1787, p. 868.
Journal de Paris, 1787, p. 868.
M. Taschereau croit que cette meunière descendait d'un des cousins du poëte.
1 2 ï -2 . Mémoire de Malesherbes sur la descendance de Cor-
Revue rétrospective, 2» série, t. VIIIe, pp. 113 sqq.
Ce mémoire, rédigé en faveur de Mllc Jeanne-Marie Corneille, fille de Claude-Etienne Corneille, est accompagné d'une lettre d'envoi datée du 8septembre 1792. M. Taschereau l'a fait suivre d'une correspondance de Colliu d'IIarleville avec la Comédie-Française et le Directoire, relativement à la même personne. La protégée de Malesherbes obtint une petite pension de Louis XVI et plus tard une autre de la Comédie-Française.
1243. La Citoyenne Corneille d'Angély, arrière-petite-fille du grand Corneille.
Article de Legouvé, inséré dans les Veillées des Muses, ou Recueil périodique des ouvrages en vers et en prose lus dans les séances du Lycée des Étrangers, an VI [1798], n° X, vendémiaire, pp. 68-79.
En révélant au public l'existence de cette femme qui « languit dans la misère », Legouvé a reproduit l'ode adressée par Le Brun à Voltaire au sujet de Mllc Corneille.
Mme Corneille d'Angély était une fille de Mmo Dupuits, mariée en 1786 au baron d'Angély. Déjà, sur la proposition de M.-J. Chénier, la Convention lui avait accordé, le 14 nivôse an III, un secours de 3,000 livres. En 1811, elle obtint une pension de 300 fr.
1244. Droits d'auteur cédés par Andrieux aux héritières de Corneille.
Courrier des Spectacles, 23 avril 1803.
Andrieux céda la moitié de ses droits d'auteur, tant à Paris que dans les départements, pour son remaniement de la Suite du Menteur (voy. le n° 820), a deux personnes de la famille du grand Corneille : l'une, Marie Corneille, devenue M"" Dupuits, la même que Voltaire avait mariée en 1763 avec le produit de son Commentaire; l'autre, Mlle Jeanne-Marie Corneille, fille de Pierre-Alexis et descendante directe de l'illustre poëte.
124b. Lettre de Mlle Corneille a M. A. de S. P.
M. A. de S. P. avait proposé, dans une lettre publiée par le Courrier des Spectacles du 17 octobre 1805, l'institution d'une fête annuelle en faveur de Corneille. « Le poëte, disait-il, compte encore en France des héritiers de son nom. Avec quel plaisir on les y verrait réunis, tenant dans leurs mains les
couronnes destinées à orner le front de leur illustra aïeul. Cette fête serait encore celle des poètes de notre siècle qui se sont illustrés dans l'art dramatique, et dont les ouvrages soutiennent honorablement la gloire de la scène française. »
M"« Corneille répondit à l'auteur du projet par la lettre suivante :
« Je ne saurais tous dire, Monsieur, avec quels sentiments d'attendrissement j'ai lu l'article de votre journal, où l'on propose l'institution d'une fête annuelle à la mémoire du grand Corneille, mon bisaïeul. Cette pensée ne saurait avoir été conçue que par une âme élevée et généreuse. Et qui peut mieux mériter le souvenir de toutes les personnes sensibles à la gloire des arts, que l'illustre auteur de Cinna? Dira-t-on qu'il s'est enrichi du produit de ses ouvrages ? Non. Tout entier à la gloire, il a négligé les faveurs de ta fortune. L'état où il est mort était voisin de l'indigence : un grand nom est tout ce qui reste à ses descendants. Ses véritables héritiers sont les nations qui lisent ses chefsd'œuvre et les acteurs qui les représentent. Oui, Monsieur, j'espère que la proposition faite dans votre journal ne sera pas perdue pour le Théâtre-Français, et que nous verrons célébrer à Paris une fête digne du père de la tragédie française. Vous avez la bout.1. Monsieur, de rappeler au souvenir public la famille de ce grand poète, et de former le vœu de la voir assister à la fête que vous proposez. De quelle douce satisfaction ne seraient pas pénétrés les deux tendres neveux dont l'éducation occupe toutes mes pensées et tous mes soins ! Quelle noble émulation n'allumerait pas dans leur jeune cœur la pompe d'un pareil spectacle ! Pour moi, je ne saurais trop remercier celui qui en a donné l'idée ; et si ma lettre ne vous paraît pas trop au-dessous de son sujet, daignez l'insérer dans votre journal, afin qu'il sache que ma reconnaissance égale la grandeur de son projet.
« J'ai l'honneur d'être, etc.
« Corneille. »
(Courrier des Spectacles, 21 octobre 1805.)
L'auteur de cette lettre eut à s'occuper, non pas seulement de deux, mais de douze neveux restés orphelins. Elle obtint des bourses pour les fils dans les lycées de l'état et parvint à nourrir les filles. L'opéra donna, en 1816, une représentation en sa faveur.
124G. Note sur les descendants de' Corneille, par M. le baron de Stassart. Bruxelles, Hayez, 18ol. In-8.
Extrait des Bulletins de l'Académie royale de Belgique (t. XVIIIe). Cette note a été reproduite dans les Œuvres complètes de Corneille ; Paris, Didot, 1855, gr. in-8, pp. 350 sqq.