‹ Bibliographie de Chrestien de Troyes: comparaison des manuscrits de Perceval de GalloiusChapitre 13 sur 25 · V. 2Î. Or oez commnnt s'an délivre · texte numérisé non relu

V. 2Î. Or oez commnnt s'an délivre

Début.

V 24. Ge fu au tans qu*aubre florisent, etc.

Le premier chapitre a été aussi omis.

Fin.

El quant la roîne le voit ' Si li demande qu'ele avoit.

Explicit li romans de Parceval.

Vers 13 et 14 de la 2e col. de la 119 p. du manuscrit de Mons. Ce Ms. finit comme le Perceval le vietix du numéro précédent.

Ce Ms. contient de 9 à 10,000 vers.

No 10. Ms. de Paris, no 1450.

Titre : Chi coumenche li remans de Percheval. Prologue. N'a pas été copié.

Début :

Ge fu el lanlc'arbre florissent,

Foilent bocaige, pré verdissent. (F. 158, v^}

Le premier chapitre a été aussi omis.

Fin.

Se devigneses hom léjor (1),

Ou il (?) par force ou par araor. (fol. 488 v».)

Le copiste s'est arrêté là.

Ces derniers vers se trouvent dans le manuscrit de Mons, p. 130, 2e col. v. 28 et 29.

Ce manuscrit a environ de 10 à 11,000 vers.

No 11. Ms. d'Edimbourg (2).

Titre et prologue. Manquent. Plusieurs feuillets sont perdus.

Première page, premiers vers de la première

colonne :

Gesle manche que vééz ci. »

« Vola n tiers, la votre merci, Fait messire G. (Gauvain), amie»

Après ce, ne targièrent mie Li chevalier qu*il ne s*armascent.

Ces vers, qui commencent à la fin dWe phrase, correspondent aux vers 43-45 de la deuxième colonne de la page 77 et aux premiers vers de la première col. de la page 78, ou aux 6861® vers et suivants du manuscrit de Mons.

(1) M. Le Roux de Lincy imprime : Ses hom lejor; c'est léjor : homme-/t^e, qu'il faut lire.

(2) Je dois ces renseignements à H. Samuel Hacket, conservateur de la bibliothèque des avocats, à Edimbourg.

Fin. La dernière page est détériorée; les der* niers vers lisibles sont ceux-ci :

A mains joinles merci li crie Por Dieu lou fli sainle Marie...

Ces vers correspondent aux vers 37 et 38 de la ire col, de la p. 465 du ms. de Mons, c'est-à-dire environ 2000 avant la fin.

Ce manuscrit a environ 40,300 vers,

No 12. Ms. de Berne, no 113 (i).

Titre : Parceval,

Le manuscrit débute ainsi :

V. 1. Do roi Arlu lairni atant Et si ores d or en avant Le bon conte de Percheval El ie haut livre do Greal, S. De Percheval la vérité, Ki ot, etc.

Quand on rapproche ce manuscrit du manuscrit de Mons ou du manuscrit de Paris no 794 avec lequel il a plus de ressemblance , on trouve que le copiste-poète a retranché quelques vers du fragment qu'il reproduisait, pour les remplacer par quelques autres ,en vue de détacher cet épisode comme un tout complet.

En eflTet, le manuscrit de Mons commence ce

(1) Je dois mes renseignements sur les deux ms. de Berne à M. H. Michelant, qui a bien voulu mettre à ma disposition, à Paris, la copie qu'il en a faite.

chapitre en rappelant la dernière aventure de Perceval dont il reprend l'histoire après Tavoir abandonnée pendant longtemps :

Or, revenrons à Perceval

Qui est monlés sur son ceval

Et s'est partis de son hermile. (P. 229'.)

Le manuscrit de Paris n» 794 se rattache dans sa transition à Taventure qui précède :

Seignor, vous avez bien oï Si corn li cisnes s*emparti Ajot le chalanl des gravier, Qu'anporte le mort chevalier, Et la pucelle ensambleolui Qui n'a soffert si grant enui, Et tant lerme en ot plorée, Pale, en fu et descolorée.

D'aus. II. le conte ci vos les; * Si vos diromes ci-après

De Perceval la vérité Qui ot, etc. y etc. (Fol. 420, v» 2 col.y

Mais rappeler le départ de Perceval de chez l'ermite, ou l'aventure du Cygne, c'eût été avouer que ce manuscrit n'était qu'un fragment. Le copiste n'a pas fait de bien grands frais d'imagina-^ tion pour entrer en matière et pour remplacer les 10 premiers vers de ce chapitre (ms. no 794) en composant quatre vers nouveaux qui annoncent

résolument :

Le bon conte de Percheval El le haut livre do Greal,

Sauf à forcer la transition et à faire du premier

vers copié une redondance impossible :

De Percheval \\\ vérité...

Le prologue et environ 20,000 vers manquent clone au commencement.

Fin. Ce manuscrit, sauf une grande lacune dont il sera parlé plus bas, suit, à peu de chose près et quelquefois en le concisant, le texte ordinaire de Chrestien de Troyes jusqu'après la soudure de répée merveilleuse dans les mains de Perceval :

Perclievaus dist « Qu'il le feroit, liais si bons ne si preus n'estoit QuMI le poïsl mie souder. • Les pièces prisl à rajoster...

Le roi félicite Perceval ; alors revient le héraut qui avait apporté Tépée :

Alant revint cil à esploit

Qui Pçspée avoit aportée ;

Si Ta prise et envolepée

En .1. cendal qu'il en reporte (1);

El Perchevaus se réconforte.

Ce passage correspond aux vers 3 i et suivante de la 2<^ col. de la p. 374 du manuscrit de Mons.

Après ce dernier vers, juste au même endroit où Gerbert a ajouté près de 20,000 vers, le manuscrit coupe court au récit; il omet : les questions de Perceval au roi Pêcheur sur le Graal, questions décisives et qui tiennent une si grande place dans le roman ; il omet l'histoire du voile, la vengeance du Roi par la mort de Pertia-

(1) Variante du ms. delMons. et de Paris, n<» 794. En .1. cendal, et puis Teniporle.

nax, etc. : toutes aventures annoncées et préparées de longue main par le poëte; et il se hâte de couronner Perceval et de mettre un expUcit au roman. Cette fois encore, le texte est abandonné et, comme il l'avait fait au début, le poëtecopiste rédige quelques vers de conclusion. Les voici :

Et Perchevaus se reconforte.

Forment li plaist et li agrée; Et de la lance a demandée.

Li rois li dist : « JeP vos dirai, Ne jà de mot n'en mentirai ; G*esl la lance toi vraiement Dont li fix Deu soffri lorment Quant en la croix fu estendus, Ens el coslé en fu férus. »

Après, li a dit Perchevaus Qui tant estoit preus et loiaus, Que de! Graal vuet il fis être Gui on en sert et que puet estre.

Li rois saut sus isnelement, Tos est garis, nul mal ne senl(t).

(1) Ici, la soudure de Tépëe suffit à la guérison du roi. Il a été dit cependant qu'il ne pouvait être guéri que par la conquête du Graal et du voile miraculeux et par la mort de Pertianax. Les autres manuscrits ont besoin de plusieurs milliers de vers pour en arriver à ce résultat des épreuves du héros, que le manuscrit de Berne tranche en douze lignes. Quand Perceval, après avoir accompli toutes les aventures, surmonté tous les obstacles de la terre et de Tenfer, arrive au château, portant la tête de Pertianax, le roi se sent guéri :

Li rois a grant joie et grant feste;

Est maintenant salis en pies

Et se senti sain et haitiés. Mons, P. 478»

G'est alors seulement que le Roi reconnaît dans Perceval son neveu et lui offre son trône.

Puis dist : « Amis, or, in*entendés, Et vostre non ne me celés ; Di(es le moi, jeP vue| oîr. »

Et cil respont : « A vo plaisir; Percheval, voir, sui apelés, A Sinadon là fui jo nés, Et mes pères, par vérité, Alains li gros fu apelé. »

«.Ha, Percheval, tiés (4) mes amis, Alains li gros, il fu mes fix.

Enigeus ot non sa mère, Et Josephs si refu ses frère, A cui Jhesu-Gris fu bailliés Quant de la croix fu deslaciés, Et Pilale qui li bailla Por ses soldées li dona ; Nichodemus ledespendi Et à Josepf si le rendi ; Ses plaies prisent à saignier; Gesl vaissial fist apareilier, Ens dégoûtèrent sans menlir ; Vos le porez jà bien véïr.

Et sacrement fist en Jeshu, Lejor del jusdi absolu.

Ore, biaus niés, si est bien drois, Ains que vos avant en saçois Que vos corone d'or portés Sor vosire cief et rois serés; Car ne vivrai mes que tier jor; Ensi plaist il à Creator. »

Adont en vait à son érale U la corone ert delitable, Et les ados a aporlés En sa chapele de biautés.

Percheval sacra et béni Et sa corone li rendi ;

(1) Il faut sans doute lire ; mVs, comme plus bas.

Roi fui Percheval apelés, Des .iij. roiaumes coronés, Ains que li rois fust Irespassés; Mais al quart jor fu enterrés ; De chevalier .iij. mil i ot A l'enlerer, car à Deu plot.

Explicit.

Si Ton se rappelle la discrétion du héros lorsqu'il voit pour la première fois le roi Pêcheur et la lance saignante, discrétion qui lui est reprochée comme une faute et qui le prive pour longtemps de la gloire de tenter la grande aventure ; si l'on se souvient que la conquête du Graal était attachée à diverses épreuves merveilleuses ou chevaleresques dont la principale était de combattre et de tuer Pertianax ; si l'on songe que le poëte n'a pu écrire tout un poëme sur la recherche de ces reliques sans se réserver de nous les décrire et de nous montrer en action les bienfaits attachés à leur conquête, on pensera avec nous que, pour terminer un roman de cette importance, il ne suffit pas de quelques vers en forme de conclusion ajoutés au beau milieu du récit en supprimant le reste; que Chrestien de Troyes aurait pu laisser son œuvre inachevée, mais qu'il ne l'aurait jamais achevée ainsi, en la tronquant, et que pour toutes ces raisons le manuscrit de Berne ne finit pas, malgré l'explicit du copiste.

Ce manuscrit contient environ 9,500 vers.

résulte de cette première comparaison que le manuscrit de Mons est plus complet qu'aucun autre; quHl est le seul qui, à la fin comme au début, s'en tienne au règne de Philippe d'Alsace, et qu'il contient non-seulement une introduction où le sujet est exposé dans son ampleur, intro* duction que le prologue des autres manuscrits ne peut remplacer, mais encore un premier chapitre indispensable et qui manque à tous les au* très. Or, si les deux premiers points peuvent, à la rigueur, être considérés comme des questions d'appréciation, le troisième point est un fait incontestable.

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