‹ Bibliographie de Chrestien de Troyes. Comparaison des manuscrits de Perceval le GalloisChapitre 17 sur 28 · V. 22. Or oez commant s'an délivre · texte numérisé non relu

V. 22. Or oez commant s'an délivre

DÉBUT

V 2i. Ge fu au tans qu'aubre florisent, etc.

Le premier chapitre a été aussi omis. Fin.

Et quant la roïne le voit Si li demande qu*ele avoit.

Explicit li romans de ParcevaL

Vers 13 et 14 de la 2® col. de la 119 p. du manuscrit de Mons. Ce Ms. finit comme le Perceval le vieux du numéro précédent.

Ce Ms. contient de & à 10,000 veirs.

No 10. Ms. de Paris, no 1450.

Titre : Chi coumenche li remans de Percheval, Prologue. N'a pas été copié.

Début :

Ge fu el tant c'arbre fiorissent,

Foilent bocaige, pré verdissent. (F. 158,v*.)

Le premier chapitre a été aussi omis.

Fin.

Se devif^neses bom léjor (11,

Ou il (?) par force ou par amor. (fol. 488 v«.)

Le copiste s'est arrêté là.

Ces derniers vers se trouvent dans le manuscrit de Mons, p. 130, 2e col. v. 28 et 29.

Ce manuscrit a environ de 10 à 11,000 vers.

No 11. Ms. d'Edimbourg (2).

Titre et prologue. Manquent. Plusieurs feuillets sont perdus.

Première page, premiers vers de la première

colonne :

Geste manche que vééz ci. »

« Volanliers, la votre merci, Fait messire G. (Gauvain), amie »

Après ce, ne largièrent mie Li cbevalier qu'il nes'armascent.

Ces vers, qui commencent à la fin d'une phrase, correspondent aux vers 43-45 de la deuxième colonne de la page 77 et aux premiers vers de la première col. de la page 78, ou aux 6861© vers et suivants du manuscrit de Mons.

(1) M. Le Roux de Lincy imprime : Ses hom lejor; c'est léjor : homme-%e, quMI faut lire.

(2) Je dois ces renseignements à M. Samuel Hacket, conservateur de la bibliothèque des avocats, à Edimbourg.

Fin. La dernière page est détériorée; les derniers vers lisibles sont ceux-ci :

A mains jointes merci li cric Por Dieu lou fii sainle Marie...

Ces vers correspondent aux vers 37 et 38 de la Jrc col. de la p. 465 du ms. de Mons, c'est-à-dire environ 2000 avant la fin.

Ce manuscrit a environ 40,500 vers.

No 12. Ms. de Berne, no 113 (i).

Titre : ParcevaL

Le manuscrit débute ainsi :

V. 1. Do roi Ârlu lairni alant Et si ores dor en avanl Le bon conte de Percheval El le haut livre do Greal, S. De Percheval la vérilé, Ki ot, etc.

Quand on rapproche ce manuscrit du manuscrit de Mons ou du manuscrit de Paris no 794 avec lequel il a plus de ressemblance , on trouve que le copiste-poète a retranché quelques vers du fragment qu'il reproduisait, pour les remplacer par quelques autres ,en vue de détacher cet épisode comme un tout complet.

En eflFet, le manuscrit de Mons commence ce

(1) Je dois mes rcnseii^nemcnts sur les deux ms. de Dcrnc à M. H. Miclielanl, qui a bien voulu mettre ù ma disposition, à Paris, la copie qu'il en a faite.

chapitre en rappelant la dernière aventure de Perceval dont il reprend Thistoire après l'avoir abandonnée pendant longtemps :

Or, revenrons à Perceval

Qui est montés sur son eeval

Et s*est partis de son hermile. (P. 229'.)

Le manuscrit de Paris no 794 se rattache dan& sa transition à l'aventure qui précède :

Seignor, vous avez bien oï

Si nom li cisnes s'em parti

Âtol le chatanl des gravier,

Qu'anporle le mort chevalier,

Et la pucelle ensamble o lui

Qui n'a sofTerl si grant enui,

El tant lerme en ol plorée,

Pale en fu et descolorée.

Daus. II. le conte ci vos les;

Si vos diromes ci-après

De Perceval la vérité

Qui oi, etc., etc. (Fol. 420, v» 2 col.)

Mais rappeler le départ de Perceval de chez:

Termite, ou l'aventure du Cygne, c'eût été avouer que ce manuscrit n'était qu'un fragment. Le copiste n'a pas fait de bien grands frais d'imagination pour entrer en matière et pour remplacer les 10 premiers vers de ce chapitre (ms. n» 794) en composant quatre vers nouveaux qui annoncent

résolument :

Le bon conte de Percheval Elle haut livre do Greal,

Sauf à forcer la transition et à faire du premier

vers copié une redondance impossible :

De Percheval la vérilé...

Le prologue et environ 20,000 vers manquent donc au commencement.

Fin. Ce manuscrit, sauf une grande lacune dont il sera parlé plus bas, suit, à peu de chose près et quelquefois en le concisant, le texte ordinaire de Chrestien de Troyes jusqu'après la soudure de l'épée merveilleuse dans les mains de Perceval :

Percbevaus dist « Qu'il le feroit, Mais si bons ne si preus n*estoil Qu'il le poïsl mie souder. »

Les pièces prisl à rajoster...

Le roi félicite Perceval ; alors revient le héraut qui avait apporté ï'épée :

Alant revint cil à esploil

Qui Tespée avoil aportée;

Si r^ prise el envolepée

En .1. cendal qu'il en reporte (1);

Et Percbevaus se réconforte.

Ce passage correspond aux vers 34 et suivants de la 2e col. de la p. 374 du manuscrit de Mons.

Après ce dernier vers, juste au même endroit où Gerbert a ajouté près de 20,000 vers, le manuscrit coupe court au récit; il omet : les questions de Perceval au roi Pêcheur sur le Graal, questions décisives et qui tiennent une si grande place dans le roman ; il omet l'histoire du voile, la vengeance du Roi par la mort de Pertia-

(1) Variante du ms. de Mons. et de Paris, n° 794. En .1. cen- <lai, et puis remporte.

nax, etc. : toutes aventures annoncées et préparées de longue main par le poëte; et il se hâte de couronner Perceval et de mettre un explicit au roman. Cette fois encore, le texte est abandonné et, comme il Tavait fait au début, le poëtecopîste rédige quelques vers de conclusion. Les voici :

Et Perchevaus se reconforte.

Forment li plaist el li agrée ; Et de la lance a demandée.

Li rois li dist : « JeP vos dirai, Nejà de mot n'en mentirai ; C'est la lance loi vraiement Dont ii fix Deu sofTri lormenl Quant en la croix fu estendus, Ens el coslé en fu férus. »

Après, li a dit Perchevaus Qui tant esloilpreus et loiaus, Que de! Graal vuet il fis être Gui on en sert et que puct estre.

Li rois saut sus isnelement, Tos est garis, nul mal ne sent (t).

(1) Ici, la soudure de Tépée suffit à la guérisou du roi. Il a été dit cependant qu'il ne pouvait être guéri que par la conquête du Graal et du voile miraculeux et par la mort de Pertlanax. Les autres manuscrits ont besoin de plusieurs milliers de vers pour en arriver à ce résultat des épreuves du héros, que le manuscrit de Berne tranche en douze lignes. Quand Perceval, après avoir accompli toutes les aventures, surmonté tous les obstacles de la terre el de Tenfer, arrive au château, portant la tête de Pertianax, le roi se sent guéri :

Li rois a grant joie et grant feste;

Est maintenant salis en pies

Et se senti sain et baitiés. Hons, P. 478.

G'est alors seulement que le Roi reconnaît dans Perceval son neveu et lui offre son trône.

Puis disl : « Amis, or, m'enlendés, £1 vostre non ne me celés; Dites le moi, jeP vuel oïr. »

El cil respont : « A vo plaisir ; Percheval, voir, sui apelés, A Sinadon là fui jo nés, El mes pères, par vérilé, Alains li gros fu apelé. »

« Ha, Percheval, liés [i) mes amis, Alains li gros, il fu mes fix.

Enigeus ol non sa mère, El Josephs si refu ses frère, A cui Jhesu-Gris fu bailliés Quant de la croix fu destaciés.

Et Pilale qui li bailla Por ses soldées li dona ; Nichodemus ledespendi El à Josepf si le rendi ; Ses plaies prisenl à saignier; Gesl vaissial fisl apareilier, Ens dégoûtèrent sans mentir; Vos le porez jà bien véïr.

Et sacrement fisl en Jeshu, Lejor del jusdi absolu.' Ore, biaus niés, si est bien drois, Ains que vos avant en saçois Que vos corone d'or portés Sor vosire cief et rois serés; Car ne vivrai mes que lier jor; Ensi plaisl il à Creator. »

Adonl en vail à son érale U la corone ert delitable, El les ados a aportés En sa chapele de biautés.

Percheval sacra el béni Eisa corone li fendi;

(1) Il faul sans doule lire : niés, comme plus bas.

Roi fui Perclieval apelés, Des .iij. roiaumes coronés, Âins que li rois fusl Irespassés; Mais al quart jor Tu enterrés ; De chevalier .iij. mil i ot A l'enlerer, car à Deu plol.

Explicit,

Si Ton se rappelle la dîscrétîon du héros lorsqu'il voit pour la première fois le roi Pêcheur et la lance saignante, discrétion qui lui est reprochée comme une faute et qui le prive pour longtemps de la gloire de tenter la grande aventure ; si l'on se souvient que la conquête du Graal était attachée à diverses épreuves merveilleuses ou chevaleresques dont la principale était de comhattre et de tuer Pertianax ; si l'on songe que le poëte n'a pu écrire tout un poëme sur la recherche de ces reliques sans se réserver de nous les décrire et de nous montrer en action les hienfaits attachés à leur conquête, on pensera avec nous que, pour terminer un roman de cette importance, il ne suffit pas de quelques vers en forme de conclusion ajoutés au heau milieu di^ récit en supprimant le reste ; que Chrestien de Troyes aurait pu laisser son œuvre inachevée, mais qu'il ne l'aurait jamais achevée ainsi, en la tronquant, et que pour toutes ces raisons le manuscrit de Berne ne finit pas, malgré l'explicit du copiste.

Ce manuscrit contient environ 9,800 vers.

résulte de cette première comparaison que le manuscrit de Mons est plus complet qu'aucun autre; qu'il est le seul qui, à la fin comme au début, s'en tienne au règne de Philippe d'Alsace, et qu'il contient non-seulement une introduction où le sujet est exposé dans son ampleur, introduction que le prologue des autres manuscrits ne peut remplacer, mais encore un premier chapitre indispensable et qui manque à tous les autres. Or, si les deux premiers points peuvent, à la rigueur, être considérés comme des questions d'appréciation, le troisième point est un fait incontestable.

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