‹ Bibliographie de Chrestien de Troyes. Comparaison des manuscrits de Perceval le GalloisChapitre 2 sur 28 · DE GHRESTIEN DE TROYES · texte numérisé non relu

DE GHRESTIEN DE TROYES

Imitations d'Ovide.

Au début de CligèSy l'auteur énumère ses précédents ouvrages en ces termes :

Cil qui fist d'Érec et d^Ênide, Et les Comendemens d Ovide, Et l'Art d'aimer en romans misl, Et le Mors dé l'Espaule fîst, Del Roi Marc et d'Yseut la blonde , Et de la Hupe et de l'Aronde, El del Rossignol la Muance, Un autre conte recommence...

Outre les deux romans d'Érec et (TÉnide et de Marc et Yseult, Chrestien de Troyes avait donc rimé déjà quatre poëmes , imités d'Ovide : Les Commandements [Bemedia amorum), — L'art d'aimer. — La Mort de l'Épaule [Tantale). — La Métamorphose de la Hupe, de THirondelle et du Rossignol. [Fable de Térée, Progné et Philomèle).

Bîbl. de Dresde, 0, 64.

Ce manuscrit contient une traduction de l'Art <Vahner et des Remèdes d'amors que M. Michelant croit pouvoir attribuer à Chrestien de Troyes.

Ce manuscrit n'a pas été imprimé.

Le reste manque.

Tristan et Yseut.

Plusieurs fragments sur ce sujet, si populaire au moyen âge, nous sont parvenus et ont été publiés. Aucun ne semble donner le texte de Chrestien de Troyes. Un fragment cependant (I) lui a été attribué par Raynouard et Fauriel. M. Francisque Michel le suppose plutôt d'un trouvère anglo-normand et M. Amaury Du val, qui s'en réfère à ce savant, renchérit sur son opinion : < Ce n'est, dit-il, ni sa manière, ni son style, et d'ailleurs il n'est personne qui, à la lecture d'une vingtaine seulement de ces vers que nous rend aujourd'hui l'Angleterre, ne reconnaisse l'ouvrage d'un de ces poètes anglo-normands qui pul-

(1) Frbd. Von DBR HAGKrr, GoUfriccTs Von Strassburg \Verke,Bresh\i 1823, 1. II, p. :243-303. Fraj^menlde 4is:> vers.

FRAncisQUB Michel, Tristan, recueil de ce qui reste des poëmes relatifs à ses aventures. 2 vol. in- 12. Londres 1835.

lulaient dans les cours d'Henri II et d'Henri III. » M. Francisque Michel avait moins tranché :

f Dans l'état où se trouve ce fragment, avait-il dit, il nous est difficile, pour ne pas dire impossible, d'obtenir de sa lecture quelques résultats certains sur ce qu'il était et sur son auteur. •

M. Fr. Michel parle en vrai savant. L'orthographe d'un manuscrit, peut-être altéré, certainement copié sur une version antérieure, ne prouve rien. Deux choses résistent aux altérations des copistes, c'est l'invention toute entière et en grande partie le style. Or, si nous voulions trancher aussi, nous pourrions dire que, de tous ceux qui connaissent les qualités « l'invention, la conduite et le style » (1) qui font de Chrestien de Troyes un écrivain unique, il n'est personne qui ne reconnaisse dans ces fragments l'œuvre d'un poëte facile à distinguer des trouvères qui pullulaient en Angleterre, et nous pourrions demander où sont, de ces trouvères si nombreux, les autres chefs-d'œuvre qui permettraient de supposer qu'on pût attribuer à l'un d'eux les qualités qui € élèvent Chrestien de Troyes au-dessus de tous les poètes de son temps. » (2)

Cependant le premier fragment, celui qui nous parait rappeler le mieux notre poëte, contient deux vers où l'auteur semble se nommer et, quoique M. Fr. Michel n'affirme pas que ce Berox soit l'auteur, quoiqu'on puisse supposer qu'il n'est

(1) Ginguené : Hist, liU, de France. — (3) Idem.

qu'un copiste, nous ne nous permettrons pas d'attribuer ce texte à un autre qu'à lui. Mais nous croyons ne pas être téméraire en pensant que cette version pourrait bien n'être qu'une rédaction, en seconde main, de l'original de notre poëte, rédaction où se sont conservées ses grandes qualités qui avaient déjà frappé son siècle, de sorte que, si nous n'osions pas en citer le texte comme appartenant à Chrestien de Troyes, nous nous croirions permis d*en produire des traductions libres , des imitations en vers par exemple (1), persuadé que ces imitations donneraient une idée aussi suflSsante de Toriginal, s'il se retrouvait, que de la version qui nous est parvenue.

Érec et Enide.

6894 vers.

Paris. Bib. nat., no 1376 (ancien fonds Cangé,

no 26).

— — no 1 450 (anc. fonds Cangé, no 27).

— — no 794 (anc. fonds Cangé, no 73) .

(1] Nous Tavons fait dans une étude littéraire sur Glircslien de Troyes qui sert d'inlroduclion à la traduction de Guillaume d'Angleterre, par M. L. Paulet.

Paris. Bib. nat.,^no 78 (anc. fonds Lavalière,

no 2729).

— — no i 41 9 (anc. fonds français,

no 7518).

BibL du Duc d'Aumale. Un Ms.

Le poète se nomme au 9e et au 26^ vers du prologue :

— Porçou disl Cresliiens de Troies

— De cou s'est Cresliiens vanlés.

IMPRIMÉS

— Immânuel Becker, Érec et Énide. (Haupt,

Zeitschrift fur Deutsches Alterthum, t. X.) Berlin, 1856.

Le poëme y est publié en entier d'après le manuscrit Cangé, no 26.

On en trouve des fragments dans les ouvrages suivants :

— San Marte, Die Arthur^Sage, Leipsig, 1842.

On y trouve une longue analyse et de trèsnombreux fragments , la plupart inédits alors, et comparés à la traduction allemande faite au xiii« siècle par Hartman Van Aue.

— Histoire littéraire de France, article Guinguené,

t. XVllL Paris, 1823.

— Le Roman du Brut, publié par Leroux de Lincy,

Rouen, 1838. 1, p. XXV et XXXVIL

— Haupt, Erec, par Hartman Van der Aue, pré-

face X-XHL

— The Mabinoghiony publié par Lady Charlotte

Guest., t. m, p. 178-489. Londres, 1840.

— W. L. HoLLAND. Crestien Von Troies, Tu-

bîngen, 1854.

Ce dernier ouvrage est le plus complet et Tun des plus remarquables qu'on ait publié sur Chrestien de Troyes.

Cligès.

manuscrits.

Paris. Bibl. nat., No 1450.

— — No 794.

— — No 12560 (anc. no 1891, anc.

no 210 supplément français}.

— No 375 (anc. no 6987).

— — No 1374 (anc. no 7498 ').

— — No 1420 (anc. fonds français,

no 7518').

Turin. Bibl. royale.

L'auteur se nomme au 23^ vers (Ms. no 375) :

Dont cest romant fist Cresliiens.

et à la fin :

Ghi finist Toevre Cresliien.

Ce roman n'a pas été publié.

Il a été analysé avec quelques citations par Ginguené, W. HoUand, etc.

Le chevalier au lion.

De 6 à 7 mille vers.

Paris. BibL nat., No 1450.

— — No 794.

— — No 12603 (anc. suppl. français,

.no 180).

— No 12560.

— BibL du roi Louis-Philippe. (F. Catalogue

de vente.) Bibl. du Duc d'Auwale. Un Ms.

Rome. Vatican. Ms. de la reine de Suède , no 1725.

L'auteur se nomme à la fin du roman, manuscrit Cangé, 73, vers 6897 :

Del chevalier au lyeon fine, Gresliensson romans ensi, etc.

IMPRIMÉS

-The Mabinoghion by Lady Charlotte Guest.

6 vol. in-8o. Londres, 1838. T. III, p. 133- 214. — On y trouve le roman complet en 6760 vers d'après le manuscrit, no 1891.

■ W. HoLLAND. Li romans dou chevalier au lyon.

Hanovre, 1862. Roman complet en 6806 vers d'après le manuscrit no 794, ancîen Cangé no 73.

Adelbert Keller. Li romans dou chevalier av Won. Tubingen, 1842. Fragment de 20 pages; le début du poëme d'après le manuscrit du Vatican.

-Keller. Romvart, 1844, p. 513-573. Même fragment.

•San Marte. Die Arthur Sage, Leîpsîg, 1842, p. 126-152. Une grande partie du texte y est publiée en regard de la traduction allemande de Hartman Van Aue.

■ Tarbé. Le Tournoiement de l'Antéchrist, Reims,

1851. On y trouve, p. 114-132, un fragment intitulé : La Forêt de Brocéliande.

Voir aussi Guinguené et Holland.

Le chevalier de la Charrette.

Environ 7000 vers.

Paris. Bibl. naU, no 794.

— — no 42560.

Rome. Vatican. Manuscrit de la Reine de Suède,

no 1725.

Bibl. du Duc d'Aumale. Un Ms. incomplet.

L'auteur se nomme au début, vers 25 :

Gomance Gresliens son livre.

Il annonce qu'il écrit sur la demande de la

dame de Champagne :

Puisque ma dame de Ghampaigne Vieil que romans à faire nnpraigne....

A la fin, Godefroid de Laigny [Alias : De Lamer

manuscrit no 1891), nomme Chrestien de Troyes

comme l'auteur du commencement du roman et

se nomme comme continuateur :

Godefroiz de Leigni, li clers,

A parfinée la charelle;

Mes nus liom blasme ne Tan mete

Se sor Creslien a ovré,

Gar il Ta fel par le bon gré

Crestien, qui le commença, etc.

IMPRIMÉS

— Tarbé. Le roman du Chevalier à la charrette

par Chrestien de Troyes et Godefroid de Laigm/, Reims. 4849. Roman complet en 6989 vers d'après le manuscrit i89i.

— Dr W. J. A. JoNCKBLOET, Romati Van Lancelot, etc., La Haye i849. 2 vol.în-4o,2 col. — M. Jonckbloet a ajouté au Lancelot allemand; une édition de l'œuvre de Chrestien, d'après le manuscrit Cangé no 73, avec les variantes du no 12560 et du manuscrit du Vatican.

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