‹ Bibliographie de feu M. A. RochebilièreChapitre 62 sur 144 · Les Œuvres de Monsieur de Molière · texte numérisé non relu

Les Œuvres de Monsieur de Molière

y f /^ /)/) - reveues, corrigées et augmentées (par Vinot et

/ / ^^ Grange) , en richies de figures en taille-douce

^ (grav. par J. Sauvé, d'après P. Brissart). Paris,

D. Thierry, CL Barbin et P. Trabouillet, 1682. 8 vol. in- 12, fig. ; v. gr^

, Première édition complète des Œuvres de Molièr'e. Elle fut donnée après sa mort et d'après ses manuscrits par les comédiens Vinot et La Grange, ses amis, qui y introduisirent les jeux de scène.

Précieux exemplaire contenant en double les tomes VII et Vin, SANS AUCUNE SUPPRESSION, c'est-à-dire avant les cartons de remplacement ordonnés par la

censure. A part l'exemplaire du lieutenant de police De la Reynie, qui est sans aucun carton comme le nôtre, on ne -o>nnaissait guère, comme présentant le texte primitif ^ que l'exemplaire de Regnault-Bretel , aujourd'hui à la Bibliothèque Nationale, et qui est en partie cartonné. Depuis, on cite l'exemplaire de la vente Chaude, qui ferait aujourd'hui partie de la collection Delessert. Le présent exemplaire, qui était resté inconnu, est cité dans le Molière de la collection des Grands Écrivains j publié par la maison Hachette, tome V, page 70.

On croit généralement que la fambusb scène du Pauvre^ dont la suppression fut faite par. ordre supérieur, est la seul^particularité qui distingue les exenifplaires de premier état. Les suppressions et les changements sont plus nombreux qu'on ne croit. Non seulement le tome VII a été cartonné en plus d'un endroit des scènes du Festin de Pierre, mais le tome VIII présentedes différences pour la comtesse d*Escarbagnas.

Voici le détail des cartons et des principales différence;; qui serviront à distinguer ces sortes d'exemplaires, si on en découvre d'autres :

Page i34, lignes 3 etsuiv., on lit dans le texte noncar^ tonné: < Tu yois en D. Juan mon maistre le plus grand scélérat que la terre ait jamais portée un enragé^ un ekien, un diable, un Turc, un Hérétique, qui ne croit, ny Ciel, ny Enfer, ni loup-garou. » Dans les exemplaires cartonnés on a changé deux mots, au lieu d'un diable, on a imprimé un démon et au lieu de ni loup-garou, on a mis ni diable.

A partir de la page iSy, la composition typographique est différente ; il n'y a point trace de carton, la feuille a été réimprimée. Les exemplaires réimprimés finissent à cette page par ces mots: « tout ce que je voy d'aimable, et.., » l'exemplaire de premier état finit par cette phrase : H On goûte une douceur extrême à... n

Page i39, ligne 23, dans le texte primitif, Sganarelle dit. à propos de mariage, à Don Juan : « Mais, Monsieur, se jouer ainsi d'un Mystère sacré et....

D. JUAN

Va, va, c'est une affaire entre le Ciel et moy et nous la demeslerons bien ensemble sans que tu t'en mettes en peine.

SGANARELLE

Ma foy-f Monsieur, fajr toujours oûy dire que c'est une méchante raillerie que de se railler du Ciel et que les libertins ne font jamais une bonne Jîn. t

Dans les exemplaires réimprimés on a adouci ainsi ce passage :

tt Se jouer ainsi du mariage qui..,

D. JUAN

Va, va, c'est une affaire que je sçauray bien démêler sans que tu t'en mettes en peine.

SGANARELLE

Mafoy, Monsieur, vous faites une méchante raillerie, n

Page 140, dans le premier texte (ligne 9*), Sganarelle dit à Don Juan : «, Osei{-vous bien ainsi vous jofier du Ciel et ne tremblei^-vous point de vous moquer des choses les plus saintes? » Ce passage est supprimé dans les exemplaires réimprimés. Même page, Sganarelle termine ainsi sa remontrance : « Apprene:{ de moi, qui suis vostre valet, que le Ciel punit tost ou tard les Impies, qu'une méchante vie amène une méchante mort et que... » Cette phrase finale a été modifiée dans la réimpression : « Apprene\ de mof, qui suis vostre valet, que les libertins ne font jamais une bonne fin et que... »

Page 141, le premier tirage porte au bas la signature M iij. Dans la réimpression, la signature manque. Il n'y a de changé que le dernier mot « Mer » imprimé par une majuscule et remplacé par un m ordinaire dans le second tirage. Au verso du même feuillet, on a oublié la mention d'un jeu de scène : « // apperçoit D. Elvire, » qui est ajouté entre parenthèses et en lettres italiques dans la réiiflpression.

Page 146, dans les exemplaires non cartonnés. Don Juan s'écrie :

« Sganarelle, le Ciel I »

MOLIERE I y 1

Ce dernier lui répond :

<r- Vrayment oûy, nous nous moquons bien de cela, nous autres. »

Ce passage n'existe pas dans les exemplaires cartonnés, qui se reconnaissent encore à cette particularité que la première lettre des trois premières lignes est tombée à la réimpression ainsi que le chiffre i, et qu'on ne lit plus au haut de la page que 46 au lieu de 146. Les pages 169, 170, 171 et 172 sont réimprimées; la composition typographique a été remaniée. Dans la réimpression, on a espacé davantage, en termes d'imprimerie jeté du blanc, après la scène cinquiesme, que Ton a fait commencer au haut de la page 172, tandis qu'elle commence au quart environ de la page 170 dans l'exemplaire primitif.

Vacte m commence au haut de la page 172 dans les exemplaires de premier état et au haut de la page 1 73 dans les exemplaires de second tirage.

Page 175, le dialogue suivant s'établit entre Sganarelle et Don Juan :

SGANARELLE

Je veux sçavoir un peu vos pensées à fonds ^sic). ' Estait possible que vous ne croye^ point du tout au Ciel?

D. JUAN

Laissons cela.

SGANARELLE

C'est-à-dire que non. Et à VEnfer?

D. JUAN

Eh.

SGANARELLE

Tout de mesuie. Et au Diable, s*il vous plaît?

D. JUAN

Oûy, oUy.

SGANARELLE

Aussi peu. Ne croyez-vous point Vautre vie?

D. JUAN

Ah, ah, ah. '^

SGANARBLLE ;

Voilà un homme que j'auray bien de la peine à convertir. Et dites-moy un peu, encore faut'-il croire quelque chose. Qu'est-ce que vous croye^?

D. JUAN V

Ce que je croy.

SGANARELLE

Ouy.

D. JUAN

Je croy que deux el deux sont quatre, Sganarelle, et que quatre et quatre sont huit.

SGANARELLE

La belle croyance que voilà! Votre religion, à ce que je vois, est donc l'arithmétique? Il faut avouer qu'il se met d'étranges idées dans la teste des hommes...^ etc. ^ etc. >» Suit une longue tirade d'une page et quart, dans cet ordre dMdées et, au milieu de ses discours et de ses gestes, Sga> narclle « se laisse tomber en tournant » puis de dépit s'écrie :. « Morbleu, je suis bien sot de m'amuser à raisonner avec vous. Croye\ ce que vous voudrez, il m'importe bien que vous soye^ damné- »

Dans la réimpression, on a supprimé tout ce long passage (environ deux pages). Sganarelle ne tombe pas, mais esquive un soufflet ; bref, la scène a été écourtée en quelques lignes et modifiée de cette manière à la page 276:

SGANARELLE

Je veux sçavoir vos pensées à fonds el vous connoistre

un peu mieux que je ne fais: ça quand voulez-vous mettre

Jin à vos débauches et mener la vie d'un honneste homme?

MOLIE'RE 193

Q. JUAN lève la main pour lui donner un soufflet Ah ! maître sot ! Vous alle\ d'abord aux remontrances.

SGANARELLE, en se reculant

Morbleu, je suis bien sot, en effets de vouloir m'amuser à raisonner avec vous; faites tout ce que vous voudrez, il m'importe bien que vous vous perdiez ou non, et que... *

La fameuse scène du Pauvre commence à la page 177, au milieu de la page. Le texte supprimé commence à la 2» ligne de la page 178 par ces mots:,« Si vous vouliez. Monsieur... « Don Juan apostrophe le pauvre en ces termes: « Eh, prie-le (\q de]) qu'il te donne un habit sans te mettre en peine des araires des autres. » Sganarelle s'adressant au pauvre: « Vous ne connaisse!^ pas Monsieur, bonhomme, il ne croit qu'en deux et deux sont quatre et en quatre et quatre sont huit. » Plus loin, D. Juan dit au pauvre: « ... Un homme qui prie le Ciel tout le jour ne peut pas manquer d'estre bien dans ses affairejs... « Il met fin au dialogue par cette phrase (page 179) : « Je te veux donner un loûis d^or et je te le donne POUR l'amour de l'humanité. »

Tout ce passage^ qui tient un peu plus d'une page dans le texte primitif, est supprimé dans les exemplaires cartonnés. La scène est beaucoup plus Courte, le nouveau texte remplit à peine la page 179, le Pauvre ne figure plus au dialogue,; à sa place on a introduit un personnage du nom de Francisque.

Page 2o3, on trouve cette coquille dans les' exemplaires .non cartonnés : « Ce n'est plus cette D. Elvire quifaisoit des vaux contre nous... » On a corrigé cette faute étrange et les exemplaires cartonnés portent : « D. Elvire quifaisoit des VŒUX. >

Page 207, dans .le premier tirage^ la page finit par ces mots : « d'abord qu'il y a dessus » et dans les exemplaires cartonnés par ceux-ci : » un laquais oste les. «On a réimprimé cette page et les deux suivantes (208 et 209) en rétablissant en lettres italiques des jeux de scène qu'on avait imprimé par erreur avec le même caractère que le texte dans le premier tirage.

Page 211, la disposition typographique a été changée, le texte nous a paru le même. Dans le premier tirage, la page finit par ces mots « et n'a pas vingt fois sur... »

Page 214, dans le texte primitif, Don Juan dît: Le personnagif d homme de bien est le meilleur de tous les personnages qu'on puisse jouer aujourd'huy et... » Ce passage a été retranché dans les exemplaires de second tirage.

Page 2i5, i2«' ligne, voici ce qu'on lit dans les exemplaires non cartonnés, à propos des hypocrites qui e se sont fait un bouclier du manteau de la Religion et sous CET HABIT RESPECTÉ Ont la pcrmission... » On a changé ainsi ce texte dans les autres exemplaires: « et sous UN DEHORS RESPECTÉ Ont la pcrmission. »

3ie ligne, le mot abry est imprimé arbry dans le premier tirage. On a rétabli abry dans le texte définitif. Même page, à l'avant-dernière ligne, Don Juan dit: « Je seray'le vangeur des inlérests du Ciel, » on a substitué à ce texte : « Je seray le vangeur de la vertu opprimée. »

Pages 216-317, on trouve dans l'exemplaire no?ï crtr/o«né un passage de i3 lignes commençant par ces mots: '< La mort nous fait penser au Ciel » et finissant par ceux-ci : « vous serie\ damné à tous les diables, » qui est supprimé dans les exemplaires cartonnés.

Page 317, dans le premier tirage, D. Juan s'écrie: « O beau raisonnement. » Dans la réimpression, on a ajouté le mot LE qui avait été oublié, et on lit: « Q le beau raisonnement. »•

Tome VIII. — Page 90, le texte de la Comtesse d'EscarbagnasvsLTie quelque peu. Dans les exemplaires de premier tirage on a répété les quatre dernières lignes de la page précédente commençant par ces mots : « pour trouver moyen » et finissant par ceux-ci: « qui cherchent partout. » A partir de la io« ligne, le texte primitif présente ce passage : « // m'a fait avec grand mystère une fatigante lecture de toutes les sottises de la Galette de Hollande, et de là s'est jeté à corps perdu dans le raisonnement du Ministère, d'oit j'ai cru qu'il ne sortiroit point. A l'entendre parler, il sçait les secrets du Cabinet mieux que ceux qui les font... »

Dans les exemplaires cartonnés, les 4 lignes de la page précédente ne sont pas répétées, le texte a été allonge et même présente quelques variantes : ( // m'a fait avec grand mystère une fatigante lecture de toutes les ut-

CHANTES PLAISANTERIES de la Galette de Hollande^ dont

IL ÉPOUSE LES INTEREST8. Il TIENT QUE LA FrANCE EST BATUE EN RUINE PAR LA PLUME DE CET ÉCRIVAIN ET QU'iL NE FAUT QUE CE BEL ESPRIT POUR DÉFAIRE TOUTES NOS

TRouppEs ; et de là s'est Jeté à corps perdu dans le raisonnement du Ministère, dont il remarque tous les DÉFAUTS et d'où, j'ai creu qu'il ne sortirait point. A l'entendre parler, il sçait les secrets . du Cabinet miei^x que ceux qui les font... »

Collation des 8 volumes. — Tome I. 12 ff. prélim. non chiffr., 3o4 pag. chiffr., 3 fF. non chiffr. pour le privilège et 2 fif. blancs à la fin faisant partie du cahier N > 4 gravures non comptées dans la pagination, une en têt^ de chaque pièce. — Tome IL 416 pag. chiffr., 2 ff. non chiffr. de privilège, 5 gravures. — Tome III. 3o8 pag. chiffr.,

3 flF. de privilège, 5 gravures. — Tome IV. 396 pag. chiffr., 2 ff. de privilège, 3 gravures. — Tome V. 335 pag. chiffr. (la dernière cotée par erreur 535), i page de privilège au verso de la page 335 et 3 gravures. — Tome VI. 93 pag. chiffr. A partir de la pièce de Psyché, la pagination recommence et le reste du volume se compose de 195 pag. chiffr.; 3 gravures; excepté la gravure de Psyché, les 2 autres gravures de ce volume sont, contre Tnsage suivi pour les volumes précédents, comprises dans la pagination. — Tome VII. 261 pag. chiffr., 3 pag. de privilège et 4 gravures comptées dans la pagination. — ' Tome VIII. 3i2 pag. chiffr. et 3 gravures comprises dans la pagination.

L'ensemble de Texemplaire est remarquablement propre: les épreuves des figures sont très-bonnes. Les volumes ont en moyenne 160 millim. de hauteur; quelquesuns même (notamment le tome VII, exemplaire non car' tonné) dépassent cette grandeur et ont de 161 à 162 millim.— Nous vendons en réalité 10 volumes pour en faire 8 ; les tomes VII et VIII sont en double afin de représenter les deux textes, le texte primitif et le texte modifié.

367." Le ôpere di G. B. P. di Molière divise in quattro volumi, ed arricchite di bellissime figure, tradotte da Nie. di Castelli. In Lipsia, appresso Mauritio Georgio Weidmann^ ï740-

4 vol, in- 12, fig. gravées par Daucher; v. marbr. pi.

Exemplaire de Mme la Marquise de Pompadour, avec ses armes sur les plats. — Collation : Tome !•*, 562 pag. chifFr., 8 gravures et un portrait de Molière.— Tome II, 547 pag. chifFr., 8 gravures et un frontispice. — Tome III, 624 pag. chiffr., 6 gravures et le portrait dy traducteur. — Tome IV, 624 pag. chifFr., 8 grav. et un frontispice.

OUVRAGES DU TEMPS DANS LESQUELS MOLIÈRE A PRIS DES IDÉES. — OUVRAGES POUR ET CONTRE MOLIÈRE. — DOCUMENTS SUR MOLIERE ET SA TROUPE. — ÉTUDES ET MÉLANGES SUR MOLIERE. — BIOGRAPHIES DE MOLIERE.

368. La Prétieuse ou le Mystère des Ruelles, dédiée à telle qui n'y pense pas (par Tabbé Michel de Pure). Paris, Guill, de Luyne^ i656. In-8, de 4 ff. prélim. non chifFr., y compris un feuillet blanc après Tépitre, 475 pag. chiffr. et 3 pag. non chifFr. pour le privilège; v. marbr.

Volume très-rare. M. Vict. Cousin, dans Madame de Sabléy page 65, parle de ce livre et dit qu'il n^en connaît que 4 ou 5 exemplaires. — Hauteur des marges : 1 53

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