‹ Bibliographie de l'histoire de Gand ... Répertoire méthodique et raisonné des écrits anciens et modernes concernant la ville de GandChapitre 15 sur 43 · Procédons par ordre chronologique · texte numérisé non relu

Procédons par ordre chronologique

Dans ses Rerum Flandricarum tomi decem (Brugis-Antverpiae, i53i, in-40; réimprimé Bruges, Socté d'Emulation, 1843, in-40), Jacques De Meyere de Bailleul (f i552), a donné au t. IX quelques indications sur la ville de Gand. L'histoire politique de la ville se trouve dispersée dans ses Commentarii sive Annales rerum Flandricarum Libri Septendecim (448-1477), Antverpiae, i56i, in-fol. ; signalons particulièrement le passage : Politica Gandensium, fis 314 \;0- 3i5 v°, que Ton rapprochera du Memorieboek der stad Ghendt, t. I, p. 4, et des Antiquités de Flandre de Ph. Wielant, p. 242 246. Voyez V. Fris, Essai d'une analyse des Annales de Flandre de Jacques de Meyere (Gand, 1906), p. i38et 140.

108. Très on'ginal est l'article Gand de la Descrittione di tutti i Paesi Bassi altrimenti detti Germania inferiore, de L. Guicciardini (f 1589), Ie édit., Anvers, G. Silvius, iS6j . 2eédit., Anvers, Chr. Plantin, i58i ; 3e édition, beaucoup plus complète que les d*:ux premières, Anvers, i588. La 2e édition italienne a été traduite en français par F. de Belle-

forest, Anvers, i582, et en flamand par Corn. Kiliaen, Amsterdam, 1612.

109. En la même année i567, Jacques Marchant de Nieuport (f 1609) donna quelques maigres indications sur Gand dans son opuscule De rébus Flandria memorabilibus, liber singuiaris, Antverpiae, Plantin, 1567, in-8°. Trente ans après, dans la nouvelle édition de cette histoire de Flandre, Flandria commentariorum lib. IIII descripta, Antverpiae, Plantin, 1596, in-8°, Marchant compléta ces renseignements, d'ailleurs d'importance assez discutable.

HO. En 161 1, J.-B. Gramaye d'Anvers (t i635) publia les Primitiœ antiquitatum Gandensium, Antverpiae, Verdussen, in-40, reproduites sans grands changements dans ses Antiquitates comitatus Flandria, Lovanii-Bruxellis, 1708, in-fol., p. 1-24. La description de Gand, comme celle de toutes les autres villes, manque absolument de critique et par suite d'exactitude (*), mais ne laisse pas d'être curieuse ; beaucoup d'emprunts à Jacques de Meyere.

111. Tout ce qui concerne Gand et la Flandre, dans l'ouvrage de Gramaye, a été intégralement reproduit par Antoine Sanderus de Gand (f 1664) (2) dans sa Flandria Illusirata.

Ce prêtre, qui fut plus tard chanoine d'Ypres, avait publié en 1624, l'ouvrage intitulé Gandavum swe Gandavensium rerum libri duo, Antverpiae, G. a Tongris, in-40, qui fut complété en 1628, par un gros livre, Gandavensium rerum

(!) Cf. Diericx, Mémoires sur la Ville de Gand, t. I, p. 499, D24 ; t. Il, p. 632.

(2) Voyez sur lui J. de St. Génois, Antoine Sanderus et ses écrits, dans Annales de la Société des btaux-arts et de littérature de Gand, 18 69-1 861 .

pars altéra in quatuor libros disiributa, Bruxellis, J. Pepermans, in-40 ; ces ouvrages dédiés au magistrat par l'auteur lui valurent à deux reprises une gratification du magistrat.

Ces travaux furent réimprimés au t. I, p. 8i-i5o, de sa Flandria Illustrata sive Descriptio comitatus istius, Colonise Agrippinae, C. ab Egmondt, 1641, in-fol., avec un grand nombre d'additions au t. II. La meilleure édition est la troisième édition revue et corrigée, publiée à La Haye, 17 35, 3 vol. in-fol.; la description delà ville de Gand y occupe les p. i3g à 340 du t. I. Quant à la traduction flamande Verheerlijkt Vlaandre, s' Gravenhage, 1735, 2 vol., elle est trop écourtée pour pouvoir être consultée utilement.

Nous n'estimons guère l'ouvrage de Sanderus, car l'auteur, qui a pourtant passé longtemps pour une autorité, a accumulé bévues sur bévues ; il est absolument dépourvu de critique et a visiblement travaillé avec trop de hâte, utilisant, sans les citer, les renseignements que lui fournissaient ses correspondants ; sa chronologie est extrêmement défectueuse et ses listes de magistrats et de baillis fourmillent d'erreurs. Mais les gravures de l'ouvrage, particulièrement celles de la première édition, sont précieuses, quoique l'on ne puisse s'y fier d'une manière absolue.

112. Depuis la troisième édition de Sanderus (1735) jusqu'au commencement du XIXe siècle, il ne parut plus d'ouvrages généraux sur l'histoire de Gmd (1).

Mais sous le régime napoléonien, un ancien pension-

(l) Comme les Chroniques manuscrites de l'édile gantois Juste Billet n'ont aucune valeur pour l'histoire du Moyen-Age, nous les passons ici sous silence ; voyez sur le personnage la notice d'Edm. De Busscher, dans Annales delà Société des Beaux-Arts de Gand, i8j3.

naire de Gand, le chevalier Charles Louis Diericx (1756 f 1822) (]) consacra toute son ardeur et ses connaissances à l'étude de sa ville natale. Déjà en 1808, il avait publié sa Topographie de l'ancienne ville de Gand, dont nous parlerons plus loin, dans laquelle il combattait les opinions historiques du chanoine M. de Bast. Celui-ci lui répondit vertement dans son Premier Supplément au Recueil d' Antiquités romaines et gauloises, 1809.

Diericx rédigea aussitôt son premier Mémoire sur le droit public et politique de la ville de Gand, depuis son institution en commune jusqu'au règne de Charles Quint. Mais ce titre rendit les censeurs impériaux très soupçonneux, de sorte que l'auteur eut beaucoup de difficultés pour obtenir l'autorisation de publier ce premier fascicule, que les autres suivirent bientôt. Ces livraisons, distinctes par des titres séparés, furent réunies en 1814-1815, en deux forts volumes in- 8°, sous le titre commun : Mémoires sur la Ville de Gand, Gand, P. J, de Goesin.

L'année suivante Diericx publia son Appendice aux Mémoires sur la Ville de Gand, avec un plan topographique de la dite ville, et des explications relatives à des objets particuliers que Von y trouve, et surtout aux petits districts et terrains que Von a cédés ou vendus aux Gantois pour donner à cette ville la circonférence quelle a actuellement, Gand, J. Snoeck-Ducaju, 1816, in-8°.

Dei8i7 à 1818, Diericx fit encore paraître des Mémoires sur les Lois des Gantois, Gand, 2 vol. in- 8°, dont nous parlerons au chapitre des Institutions; et en 1821, son Gends Charterboehje, que nous avons mentionné sous le n° 42 .

(l) Voyez l'excellente biographie de Ch.-L. Diericx, par le Comte O. de Kerchove, dans Biographie Nationale, t. VI (1877), col. 58-6i.

Les Mémoires zur la Ville de Gand font époque dans l'historiographie gantoise, C'est une œuvre de tout premier ordre, dans laquelle l'auteur n'a malheureusement pas pu s'affranchir de ses haines politiques. N'oublions pas, en effet, que Diericx, joséphiste acharné, avait dû fuir devant les fureurs des Statistes durant la Révolution brabançonne, et ne put jamais pardonner au chanoine M. de Bast, l'un des meneurs du soulèvement contre l'Autriche. Aussi exhale-til dans ses livres, à tout moment et de façon fort inopportune, sa mauvaise humeur contre le chanoine gantois et sa haine vivace contre les moines en général

Nous pouvons faire nôtres, les paroles avisées de Warnkœnig-Gheldolf, dans Y Histoire de la ville de Gand, p. 9 : « Diericx est, sans aucun doute, de tous les historiens de sa ville natale le plus ingénieux, le plus profond et le plus instruit ; il unit à des connaissances locales, qu'on ne rencontre pas ailleurs, des notions générales de science historique et de jurisprudence, dont les autres écrivains, notamment les plus modernes, n'offrent que de rares exemples. Son style est plein de vigueur et de vie ; ses renseignements sont sûrs, alors qu'il écrit sans passion. Mais il n'a pas toujours su se défendre de ce

(J) Diericx appelle le chanoine M. de Bast, charlatan, auteur grossier, crédule, peu judicieux, etc.. Mémoires, t. I, p. 25, 95-98, m, 163-164, 233, 486, 489, 5o5, 516-544, 602, 634-637; t. II, p. 17, 58-64. 160- 173, 210, 477, 523-524. Au t. I, p. 504007, il accuse injustement les moines de St. Pierre d'avoir fabriqué l'acte d'Arnould le Grand de 940, et la lettre d'Othelbold à la comtesse Otgive ; cf. la protestation de A, van Lokeren, Chartes et documents de l'abbaye de St. Pierre, t.I, p. 22 et 28, note. Au t. II, p. 386-387, Diericx se gausse des mauvaises mœurs des moines de St. Bavon, et attribue, t. II, p. 601-602, à un de leurs abbés, Raphaël de Mercatel, un acte de haute paillardise avec une nonnette.

vice ; aussi ne doit-on adopter ses opinions qu'avec circonspection. Il a publié un nombre extraordinaire de documents, et il est à regretter qu'il les ait toujours laissé imprimer incorrectement et sans plan arrêté, ce qui fait qu'il les rejette souvent dans des notes où l'on n'irait pas les chercher. (') »

Ainsi donc, dès qu'une pièce copiée par Diericx se trouvera imprimée dans un recueil plus récent, soit par Van Lokeren, Chartes et documents de V abbaye de St. Pierre (1868), soit par Serrure, Carlulairede St. Bavon (1840), soit même par F. De Potter, Gent, Geschiedkundige beschijving der stad (i883), il faudra négliger complètement la copie fournie par l'ancien pensionnaire de Gand.

Mais, comme dans sa promenade à travers les rues de Gand, Diericx a traité certains quartiers — tels que ceux de St. Pierre, de S. Bavon, de Se. Anne, de St. Sauveur et le quartier du Vieux- Bourg, — que F. De Potter (11904) n'a pu aborder dans sa Beschrijving van Gent, par suite de son décès inattendu, il faudra, jusqu'à nouvel ordre, continuer à consulter le vieux Diericx pour ces parties de la ville, et employer les documents sur lesquels il appuie ses dires.

Comme les Mémoires sur la Ville manquent absolument d'ordre et de méthode, nous avons cru bon, pour la facilité du maniement, de reproduire la table des quatre Mémoires.

Premier Mémoire. I.De la division du sol de la ville de Gand, en terres relevant de l'Empire, et terres relevant de la France, ainsi que des différens Arrondissemens dits Ambachten, Châtellenies, Vierschaeren, Keuren, etc. II. De l'ancienne ville ou port

(*) Warnkoenig formule les mêmes réserves dans son Histoire de Flandre, trad. Gheldolf, t. I., p. 38, n., et 102, n.

de Gand.III.Du Comté et des Comtes de Gand. IV. De la Chàtellenie du Vieux-Bourg et des Châtelains de Gand. De la Vicomté et des Vicomtes de Gand. V. Du Bailliage de Gand, ainsi que des Baillis et de leurs Employés, jusqu'à la révolution de r540. VI. De l'Arrondissement, dit le Quartier de Gand. VIL Comment les Ecclésiastiques et les Nobles furent assujettis aux impositions. VIII. Des Communes de Fandre en général, et des données qui nous restent pour fixer l'époque où l'on institua celle de Gand. IX. Des droits que les Comtes de Flandre abandonnèrent aux Gantois sur les fonds qu'ils leur cédèrent ou vendirent, pour faire partie de leur Ville ou Banlieue, et de l'obligation des Gantois de fournir à leur Souverain des subsides en milices et en argent. X. Des loix qui ont eu le plus d'influence sur la prospérité de la Commune de Gand, et des différentes constitutions qu'à eues cette Commune jusqu'à la révolution de l'an 1540, ainsi que de sa population vers cette époque.

Deuxième Mémoire. ie Partie. L Des terres dites Upstallen, cédées aux Gantois en I2i3, et du privilège qu'on leur donna de fortifier leur Ville. II. De la terre dite De Brouc, que les Gantois cédèrent en 1242 à Thomas de Savoie et à Jeanne de Constantinople. III. Des lois et privilèges que les Châtelains de Gand donnèrent en 1244 et en Î293 aux individus demeurant dans la Burchstraete, le lieu ou la ville nommée le Briel situé au delà du Plottersgracht, et plusieurs terrains qui se trouvent aujourd'hui hors de la Porte de Bruges. IV. De la Lieve que les Gantois commencèrent à construire en 1261, ainsi que des différents ruisseaux et canaux qui communiquent avec elle. V-VI. Du quartier dit de St. Pierre et de celui de St. Bavon, incorporés à la ville de Gand parle concordat de l'an 1253. VII. Du quartier de Brabant ou d'Outre-l'Escaut, cédé aux Gantois en 1254. VIII. Du terrain et des districts que Marguerite de Constantinople de Gui de Dam pierre, vendirent à la Commune de Gand en 126g.

2me Partie. I-II. De la forteresse dite le Château de Gand.

III. Le Châtelain de Gand ayant rapporté à son Souverain, en 1299, tous les biens fonds sur lesquels existait la Commune dite des Châtelains, et ce seigneur en ayant reçu une indemnité, le Prince Robert de Béthune, vend immédiatement après, de l'agrément de son père, tous ces biens aux Gantois. IV. Robert de Béthune vend aux Gantois en 1299, de l'agrément de son père, la terre de la Mue, ainsi que la terre de Ste. Marie où se trouvait la Léproserie des Gantois. V. Les Gantois achetèrent en 1274 et I299 ^a plus grande partie de la paroisse de St. Martin dite Eckerghem. VI. Les Gantois achètent, en 1329, le canal dit la Pêcherie ou la Pêche des Châtelains. Du canal du Sas, de celui de Stekene et de la Zuutlede. VIL De la terre dite Le Wal ou le Sanderswalle, et que l'on nomma en dernier lieu la Cour des Princes. —

Le véritable titre du second volume des Mémoires se lit : Continuation des Mémoires sur la ville de Gand, où Von traite : Des établissemens civils, ecclésiastiques et militaires, ainsi que des ouvrages publics, monumens des arts et autres objets remarquables qui ont existé dans la partie de cette ville que Von commença à fortifier vers Van 1194 (Août i8i5).

Troisième Mémoire. I. Dd la division et subdivision de la ville de Gand, des différentes espèces de maisons, de quelques anciens habillemens, meubles de ménage et coutumes, de l'augmentation du numéraire et des changemens qu'a subis la langue flamande chez les Gantois. IL De l'église St. Jean et des établissements remarquables dans les rues voisines (rue St. Jean, Place de la Calandre). III. Du Belfroi et de plusieurs autres édifices remarquables à l'entour. IV. De l'Eglise St. Nicolas et de la Place d'Armes nommée Den Cauter (et Marché aux Grains ). V. De l'Eglise de St. Jacques, du Marché du Vendredi, du Marché aux Herbes et des environs. VI. Des institutions qui ont existé le long du Fossé d'Othon, de même qu'entre ce fossé et la Lys, vers l'église St. Sauveur. VIL De

l'Eglise St. Michel et des autres objets remarquables situés entre la Lys et la Lys au Bois. VIII. Des anciennes fortifications des Gantois, et des établissemens civils, ecclésiastiques et militaires qu'on y a trouvés depuis qu'elles ne servaient plus à la défense de leur Ville (Rue de la Vallée, Place des Recollets, Rempart des Chaudronniers, Rempart St Jean, Rue de Brabant).

Quatrième Mémoire. I. De la terre nommée le Brouc. II. Du Quartier de St. Pierre. III. Du Quartier de St. Bavon. IV. Du Quartier de Brabant. V. Du Quartier du Meerhem, et du Briel. VI. Du Quartier du Vieux-Bourg. VII. Du Quartier de la Mue. VIII. De la terre de Ste. Marie. IX. De la rue du Bourg. X. Du Ser Raessegherechte, comprenant la plus grande partie de la paroisse d'Eckerghem. XI. Des établissemens et objets remarquables qui ont existé dans le district nommé Le Waî ou le Sanderswal.

113. Peu de temps après la mort du chevalier Diericx, le roi Guillaume appela à l'Université de Gand qu'il venait de fonder (1816-1817), un savant allemand, élevé dans les traditions les plus pures de la science historique, le célèbre L.-A. Warnkoenig (1794-1866). Avec un zèle inlassable, cet historien doublé d'un juriste, se mit à étudier les sources de l'histoire de Flandre, fouilla les archives, exhuma une quantité innombrable de pièces et documents et fit paraître enfin en i835, à Tubingue, le premier volume de cette superbe Flandrische Staats- und Rechtsgeschichte bis zum Jahre iJo5, que A. E. Gheldolf traduisit la même année sous le titre: Histoire de la Flandre et de ses institutions civiles et politiques jusqu'à l'année iJoS, Bruxelles, in-8°. Le t. II(i836) de cet ouvrage magistral qui n'est pas encore remplacé, contient, entr'autres, l'Histoire de Gand. A.-E. Gheldolf traduisit également la première partie de ce volume, y ajoutant une foule d'annotations en de corrections, de

remaniements et de nombreuses pièces justificatives, sous le titre d'Histoire constitutionnelle et administrative de la Ville de G and et de la Chdtellenie du Vieux-Bourg, Bruxelles, 1846, in-8°, formant le t. III de Y Histoire de Flandre.

Les recherches consciencieuses de Warnkœnig-Gheldolf ne s'étendent malheureusement que jusqu'à l'année i3o5 ; les auteurs n'ont en somme traité que les origines de la Ville de Gand. Mais pour cette période, le livre de Warnkœnig est resté l'ouvrage unique, bourré de faits et de dates, rempli de renseignements sûrs, basé sur une critique érudite et sur des observations prudentes et judicieuses ('). Remarquons pourtant que toute la partie relative aux institutions a subi le sort commun de toutes les recherches anciennes sur ce sujet et n'a plus aujourd'hui qu'un intérêt de curiosité.

Voici la division de cet ouvrage de haute valeur : I. Des sources de l'histoire de Gand et des ouvrages où elle est traitée. II. Origine de Gand ; preuves de son existence au commencement du Moyen- Age. III. Développement considérable de la ville au XIIIe siècle. Monastères et établissements de charité. IV. Commerce et industrie des Gantois aux XIIe et XIIIe siècles. X. Droits, franchises et privilèges de la ville de Gand et de ses habitants au XIIe et XIIIe siècles. Introduction. VI. Droits et privilèges de la ville de Gand, de ses échevins et habitants, à la fin du XIIe siècle. VII. Droits de la ville de Gand et de ses habitants, pendant le XIIIe siècle, principalement d'après la Keure de 1296.

(*) Opinion de Kervyn de Lettenhove, Histoire de Flandre, t. I, p. 157, n. 5:«M. Warnkœnig a généreusement payé, vis-à-vis de la Flandre, la dette de l'hospitalité, Ses études sur l'histoire du droit et de l'organisation politique de la Flandre resteront pendant longtemps le travail le plus complet qui ait été exécuté d'après les sources.»

VIII. Organisation et administration de la ville de Gand. Histoire de son Echevinage. IX. Des Officiers du Comte. X. Des Juges inférieurs dits Vinders et des Seigneurs de la Halle. XI. Quelques renseignements sur les revenus du Comte et de la Ville, et sur la comptabilité. XII. Débats sur la contribution des ecclésiastiques dans les impositions de la Ville de Gand. XIII. Question de l'emploi de la langue française. XIV. Observations générales sur les diverses sources du droit municipal des Gantois et sur le droit de la Châtellenie aux XIIe et XIIIe siècles. XV. La Châtellenie de Gand, dite Châtellenie du Vieux -Bourg.

11 4-. Pendant près de quarante ans, plus personne n'avait abordé l'histoire générale de Gand, quand en i883 parut le premier volume de Gent de Fr. De Potter (f i5 août 1904) (J).

Cet infatigable travailleur avait abandonné la poésie et la littérature pour se livrer à l'étude de l'histoire de Flandre. Dès 1864, il avait commencé en collaboration avec J. Broeckaert, la rédaction d'une Geschiedenis der Gemeenttn van Oost-Vlaanderen, Ie s., Arrondissement Gent, Gand, 1864- 70, 8 vol. in-4, qui fut suivie de l'histoire des autres communes de la Flandre Orientale. Puis, Fr. De Potter publia successivement les histoires d'Alost (1873), de Courtrai (1873), de Furnes (1873), de Roulers (1875), de St. Nicolas (1881) et de Lokeren (1884). En 1881, ses deux mémoires, en collaboration avec J. Broeckaert, Geschiedenis van het Belgische schependom et Geschiedenis van den Belgischen boer enstand, furent couronnés par l'Académie royale de Belgique et imprimés dans les Mémoires de cette Société savante.

C'est alors que Fr. De Potter commença la rédaction de

(') Voyez sa biographie par Mr A. Siffer, dans Belfort en Dietsçhe Warande, revue de littérature, Gand, 1904.

sa vaste description historique de Gand, malheureusement restée inachevée: Gent van à en Oudsten Tijd totHeden, Geschiedkundiçe Beschrijving der stad, Gand, 1883-1901,8 vol. in-8° (le 16e fascicule sera publié par les soins du fils de l'auteur).

Dans cette œuvre de longue haleine, Fr. De Potter s'était proposé de fondre tout ce que l'on savait sur Gand. Tandis que Diericx n'avait décrit la ville que quartier par quartier, il se proposa de l'étudier rue par rue, maison par maison ; et il faut dire que cette audacieuse entreprise réussit jusqu'à un certain point.

Nous faisons suivre ici le contenu des i5 fascicules parus :

T. I. Origines et développements de Gand. Aspects de Gand du XIVe au XIXe siècles. Institutions de Gand. Hôtel de Ville. Magistrats et fonctionnaires de Gand. Le Beffroi.

T. II. Description des Maisons et monuments du Marché au Beurre, Marché aux Poulets, Rue Haut-Port, Marché aux Légumes, Rue Courte de la Monnaie, Marché aux Foins, le Quai au Blé ; au fur et à mesure de leur rencontre, l'auteur conduit le lecteur dans les ruelles aboutissantes.

T. III. Quai aux Herbe?, Marché aux Grains, Petite Turquie, Rue du Paradis, Place du Lion d'Or, Rue Courte des Chevaliers, Rue de la Catalogne, Rue du St. Esprit, Rue Tortue, Petit Marché aux Grains, Rue des Champs et Ruelles attenantes, Rue de la Corne, Quai des Dominicains.

T. IV. Rue des Champs, Rue des Foulons, Place du Commerce, Rue du Soleil, Rue du Théâtre, Place d'Armes, Rues Longue et Courte du Marais, Marché aux Oiseaux, Rue Courte du Jour, Rempart St. Jean, Rue Digue de Brabant, Rue du Gouvernement.

T. V. Place de l'Evêché, Rue d'Orange, Rue aux Vaches, Kae de la Calandre, Rue Crapaudière, Rue de la Croix, Rue

Magelein, Rue St. Jean, Rue des Régnesses, Place St. Bavon, Rue du Refuge, Rue du Bas Polder, Rue du Miroir, Rue des Ursulines, Rue du Canard, Rue de l'Etrille, Place du Sablon, Rue Royale.

T. VI. Rue des Peignes, Rue du Serpent, Rue Basse, Rue Longue de la Monnaie, Place du Grand Canon, Marché du Vendredi, Rue du Vent, Marché au Fil, Rue d'Or, Petit Marché au Beurre, Rue des Pénitentes.

T. VII. Place St. Jacques, Marché au Lin, Rue Royale, Rue Neuve St. Jacques, Rue de la Confrérie, Rue de Meirelbeke, Rue d'Argent, Rue de la Tour Rouge, Rue du Chantier. — Ici l'auteur interrompt sa promenade et retourne sur la rive gauche de la Lys. — Rue Breydel, Rue aux Draps, Marais, Rue St. Michel, Quai au Blé, Place St. Michel.

T. VIII. (icr fasc). Rue d'Angleterre, Rue d'Assaut, Rue de la Vallée, Rue Courte des Violettes, Quai des Recollets, Quai des Tilleuls, Coupure, Rue d'Ypres, Rue du Chaume.

Fr. De Potter nous a donc fourni la description intégrale de l'ancien Portus de Gand ; il se proposait de traiter ensuite les quartiers d'Akkergem, de St. Pierre, de Se. Anne, de St. Bavon, de St. Sauveur, de Meulestede, et enfin le quartier du Château des Comtes et du Vieux- Bourg, quand la mort est venu le surprendre en pleine activité.

Quelle est la valeur de ce volumineux ouvrage qui contient près de 4000 pages ? Cette description historique des rues de Gand contient un nombre innombrable de documents, — le triple du nombre de pièces publiées par Diericx, — qui, sans Fr. De Potter, resteraient encore enfouis sous la poussière des archives ; à ce titre seul, cette œuvre mérite une place d'honneur parmi les monographies locales belges. Malheureusement, Fr.

De Potter n'était pas préparé pour condenser tous ces actes en une vaste synthèse ; déjà dès le premier volume, on sent combien difficilement l'auteur se meut sur le terrain dangereux de l'exposé des institutions. De plus, et cela à partir du IVe volume surtout, une hâte fébrile, qu'accompagne nécessairement une coupable négligence, se fait sentir à toutes les pages de cette description de Gand, aussi bien par les multiples fautes de transcription dans les copies d'actes inédits, que dans l'interprétation des textes. Ce dernier travers est particulièrement fréquent chez lui ; il n'est pas rare que son explication ne soit directement en opposition avec le document imprimé en note. Défaut non moins grave : très souvent, il néglige de donner des indications sur les cotes ou numéros des pièces d'archives qu'il publie, ce qui rend les vérifications fort pénibles. Et pour comble, il se refuse obstinément à citer, quelquefois même à consulter, les livres ou les articles d'autrui parus antérieurement, pour ne s'appuyer que sur quelque extrait d'acte ou de compte. Les défauts de l'écrivain et les lacunes de son érudition vont en s'aggravant au fur et à mesure que l'œuvre s'achemine vers sa fin ; il faut, sans doute, rendre responsable d'un grand nombre de négligences, d'erreurs ou de contradictions, le grand âge de l'auteur, qui nous fut enlevé à septante ans et pour ainsi dire la plume à la main.

Le travail de Fr. De Potter a été vertement critiqué de son vivant par Julius Vuylsteke, qui dans sa notice, Ken Handvol misslagen uit het VIe Deel van Gent door F. De Potter (N ederlandsch Muséum, revue littéraire, Gand, i8g3, p. i3g-i86), a relevé dans le volume consacré au Marché du Vendredi un nombre incalculable de bévues, concernant

les Assemblées populaires, les Capitaines Gantois, le Grand Canon, les Métiers de Gand, etc. Le VIIIe volume, ierfasc, qui traite surtout du Métier des Tisserands, a fait l'objet d'une critique non moins défavorable de V. Fris, Archives Belges , revue d'historiographie, Liège, Janvier igo5, t. VII, p. 3-7; l'article se termine par l'expression du regret « que ce travail qui a duré une longue vie d'homme, est quasi inutilisable parcequ'on ne peut s'y fier ».

Toute la partie purement historique de l'ouvrage de Fr.De Potter doit être négligée; même les listes de curés, doyens de gildes et corporations, de baillis, d'ammans etc., sont de nulle valeur et rédigées sans le secours des listes authentiques, p. ex. du Register dey Wijsdommen aux Archives de la ville ; quant à l'histoire des édifices, des rues et des maisons , il faut la corriger au moyen des 20 Registres Manuscrits, classés et déposés à la Bibliothèque de l'Université de Gand, rédigés par feu F. Van den Bemden, surtout d'après les Registres des Actes et Contrats des Archives Communales. Il faudra pourtant consulter Gent, à défaut d'autre chose, pour tout ce qui regarde les Corporations et Métiers et certaines particularités locales.

115. Nous ne citons que pour mémoire l'essai de synthèse de Maurice Heins, Petite Histoire de la Ville de Gand, Gand, 1904, 8°, production insuffisante fourmillant d'erreurs ; cf. V. Fris, Archives Belges, Mars 1904, t. VI, n° 53.

C. — Guides. Énumérons ces productions qui tiennent de la topographie, de l'histoire et de l'archéologie, et quelquefois de beaucoup de choses encore. En général, les Guides sont remplis d'erreurs historiques, et les amplifient encore en se copiant les uns les autres ; ils sont les

plus purs conservateurs de toutes les fausses traditions historiques. Deux seuls de ceux que nous citons échappent à ces défauts; le guide d'Auguste Voisin (1846) et celui de la Commission locale des Monuments de Gand (1905).

116. Un Guide inachevé (40 p. imprimées) de P. F. De Goesin, imprimeur à Gand, fut commencé à Gand, mais ne parut jamais : Guide de V étranger dans la Ville de Gand, i825, in- 16 ; aujourd'hui à la Bibliothèque de l'Université avec continuation manuscrite de l'auteur (sans valeur).

117. Le meilleur résumé de l'histoire politique de Gand se trouve dans l'ouvrage du savant bibliothécaire de l'Université de Gand, Auguste Voisin (f 1843), Guide des voyageurs dans la Ville de Gand ou notice historique sur cette ville, ses monuments et ses hommes célèbres, ie édition, Gand, 1826, in- 12 ; 2e édition augmentée, Gand, i83i, in- 12 ; 3e édition corrigée, Gand, 1843, in-12 ; et enfin la reproduction de la 3e, Gand, 1846, in-12.

118. Tous les autres Guides du XIXe siècle sont des remaniements de l'ouvrage de Voisin. Citons à la file : Pieter Jonglaf, Aardrijksgeschiedkundige beschrijving der stad Gend, voor dejeugd, Gent, Snoeck-Ducaju, 1834, petit in-8.

J.-J. Steyaert, Beschrijving der stad Gend, of geschiedkundig overzigt van die stad en hare bewoonets, de merhweerdige gebouwen, gestichten en maetschappijen, de beroemde Gentenaren, etc., Gent, i838, in-12. Un résumé parut en 1847, sous le titre: Beknopte beschrijving van Gent, Gent, in-12. Une édition plus complète fut donnée sous le nom de Volledige beschrijving van Gent, Gand, 1857, petit in-8°, avec des renseignements pris à des sources originales.

Désiré Dujardin, Nouveau Guide des voyageurs dans .la Ville de Gand, Gand, i838 ; 2e édit., 1845, in-120.

A. Ferrier, Description historique et topographique de Gand, Bruxelles, 1841, in-120.

C.-L. Gyselynck, Guide de la ville de Gand, ou description de ses monuments et de ses institutions, précédé d'une notice historique, Gand, 1860, in 120.

Ad. Siret, Manuel du touriste et du curieux à Gand, Bruxelles, 1864, in-120.

[W. Rogghé] Gand, Guide historique et topographique de la ville, Gand, i883, petit in-8° (publié également en format in- 8° sous le titre de : Promenades historiques et topographiques dans la ville de Gand), apporte des corrections et additions à Voisin.

[E. Varenbergh] Guide illustré de Gand, publié à l'occasion du Congrès Archéologique de Gand, 1896, petit in-8°.

Ar. Leaky, Ghent archœological and historical, Gand, 1897, pet. in-8° oblong.

119. En 1905, la Commission locale des Monuments désigna un groupe de ses membres pour rédiger un guide illustré de Gand. Le travail fut divisé entre plusieurs spécialistes qui s'acquittèrent parfaitement de leur tâche. Les divers collaborateurs pour le texte s'adjoignirent pour l'illustration une légion de photographes, et ainsi parut cette œuvre de grand mérite : Gand, Guide Illustré, Gand, [igo5J, in-8° ; 2e éd., [1906].

120. On peut rapprocher des Guides, l'excellent article Gand, r'û à la collaboration des professeurs P. Frederxq et A. Wagener, dans La Belgique Illustrée de E. Van Bemmel, t. I, ie édition, Bruxelles, 1878-1882, in-4e ; 2e édition, 1890-1896, p. 169-268. Puis, l'article Gand dans la Belgique illustrée de C. Lemonnier.

Enfin, il faut citer le récent volume de Mr H. Hymans, Gand et Tournai (Collection des Villes d'art), Paris, 1904, in-40.

Nous rappellerons ces ouvrages à la rubrique de l'Archéologie [n° 22 ij et de la Topographie [n° 3o8] (J).

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