‹ Bibliographie de l'histoire de Gand ... Répertoire méthodique et raisonné des écrits anciens et modernes concernant la ville de GandChapitre 29 sur 43 · Hîstoîre Littéraire · texte numérisé non relu

Hîstoîre Littéraire

Nous allons examiner tour à tour les productions littéraires d'expression latine, française et flamande

A. Littérature Latine. — 275. Nous avons parlé longuement plus haut [nos 48-49, 5i-6i, 64, 66-73] des productions hagiographiques et historiques de St- Pierre et de St- Bavon, et nous avons signalé en particulier le suggestif article de O. Holder Egger sur les Légendes Hagiographiques de St. Bavon.

Disons en passant que Thierry de St- Trond, moine fugitif de son monastère et réfugié à S:- Bavon, composa dans cette abbaye plusieurs vies de Saints ; cf. Rudolf i Gesta abbaium Trudonensium, MGH, t. X, p. 254, et plus haut n° 58, n.

Nous possédons d'Adalard de St- Pierre au- Moni- Blandin, une Epislola adressée à Elphegus de Canterbury (1006-1012), au sujet du séjour, à Saint Pierre, de Saint Dunstan (925-988) qui, lors de son exil, avait cherché asile auprès du Comte Arnould ; elle a été publiée par W. Stubbs, Memorials of St. Dunstan, archbishop qf Canterbury (Rerum Britannicantm medii œvi scriptores, t. LXIII), London, 1874.

Un certain Rainier (1*1042), moine de St- Pierre sous

(l) Voyez plus haut nos 37-38.

l'abbé Radbod (995-1034), écrivit des Miracula Si. Gislenî (éd. Holder-Egger, M G H, t. XV2, p. 575-579) ; le P. A. Poncelet a étudié longuement cet écrit et son auteur, De Vita Sancti Gisleni, dans Analecta Bollaudiana, t. VI, p. 219- 241, et à part, Bruxelles, 1887, in-8°.

276. Vers n5o, un certain magister Nivardus, peut-être un moine de St- Pierre, mais certainement pas écolâtre de Ste- Pharaïlde comme on l'avait supposé, rédigea le plus ancien monument du cycle animal ou Roman du Renard, intitulé Ysengrinus. Voyez là-dessus, Mone, Reinardus Vulpes, Stuttgart, i832, in-8° ; E. Voigt, Yscngrinus, Halle, 1884, in- 12° ; Mr Léonard Willems, Etude sur V Ysengrinus, Gand, i895, in-8° ; et le même, Biographie Nationale, t. XV (1899), col. 753-759 [*).

277. Sur Henri de Gand, célèbre professeur de théologie à Paris, voyez Huet, Henri de Gand t dans Nouvelles Archives Historiques et Philosophiques, t. I, p. 321-340; Dr. K. Werner, Heinrich von Gent (Wien, 1878, in-40) ; le P. H.Delehaye, Nouvelles Recherches sur Henri de Gand, MSB, 1886, p. 328, 438 ; 1887, p. 577 ; 1888, p. 421 ; N. de Pauw, Dernières Découvertes concernant Henri de Gand, CRH, 1889, 4e s., t. XVI, p. 27-138 ; cf. ibid., p. 400-410 ; Recherches critiques sur Henri de Gand par Fr. Ehrle, traduit de l'allemand par J. Raskop, Tournai, 1887, in-8° ; et pour finir Maurice de Wulf, Histoire de la philosophie scolastique, dans Mémoires de VAcad. Roy. de Belgique, in- 8°, t. LI, Biuxelles, i895.

27S. A. Sanderus, De Gandavensibus eruditionis fama

(l) Cf. L. Sudre, Les Fables et le Roman du Renard, dans L. Petit de Julléville, Histoire de la Langue et de la Littérature Française, t. II. (1906), p. 1-56.

claris libri très (Antverpise, 1624, in-40), reproduit dans la Flandtia Illustrata (Hagae Comitum, 1735, in-fol.), t. I, p. 341-379, a donne fort peu de noms d'écrivains gantois d'expression latine avant l'année i5oo ; cf. Aub. Mirseus, Elogia illustrium Belgii scriptorum, qui vel Ecclesiam Dei pvopugnarunt vel disciplinas illustrarunt, Anvers, 1602.

Nous pouvons citer pourtant le Frère mineur auteur des Annales Gandenses [plus haut n° 74], dont Barthélémy Hauréau prise l'excellente latinité, dans l'Histoire Littéraire de la France, t. XXVII, p. 82-87.

B. Littérature Française. — 279. Parmi les Trouvères de la cour de Philippe d'Alsace, nous n'avons trouvé aucun Gantois ; mais au siècle suivant, à la cour de Guide Dampierre, nous rencontrons plusieurs poètes de langue française qui portent le nom de Gand.

A. Scheler, dans son livre, Trouvères Belges du XIIe au XIVe siècle, avait attribué à Pierre de Gand, la chanson : Ausi com Vunicorne sui. Mr M. Wilmotte a montré qu'elle est du roi de Navarre, Biographie Nationale, t. XVII (1902), col. 442-443. Le même philologue roman Scheler a publié et commenté dans le même volume sept pièces de Mathieu de Gand ; voyez J. Stecher, Biographie Nationale , t. XIV (1896), col. 32-33.

On trouvera d'autres renseignements dans A. Dinaux, Trouvères, jongleurs et ménestrels du nord de la France et du midi de la Belgique (Paris- Bruxelles. 1837-1863, 4 vol., in-8°), t. II, Trouvères de la Flandre ; dans l'Histoire Littéraire de la France, t. XXIII (i856), ou dans L. Petit de Julleville, Histoire de la Langue et de la Littérature Française, (Paris, 1896, in-8*,) t. I.

23Q. Le fameux indiciaire ou historiographe officiel

de la Cour de Bourgogne, Georges Chastellain [ n° 96 ], paraît avoir vu le jour à Gand ; F. Van den Bemden avait cru pouvoir l'indentifier avec un homonyme mentionné dans les archives gantoises, Renseignements généalogiques inédits sur Georges Chastelain, BSG, t. IX (1901), p. 319-324, mais les deux personnages n'ont rien de commun, BSG, t. X (1902), p. 142.

C. Littérature FSamande. 281. Citons tout d'abord cinq ouvrages généraux : Dr. F. Snellaert,

Verhandeling over de Nederlandsche Dichtkunst in België, Gent, i838, in-8° ; C.-A. Serrure, Letterkundige geschiedenis van Vlaenderen, Gent, 1872, in-8°, t. I (seul paru) ; W.-J. Jonckbloet, Geschiedeu is der Nederlandsche letterkunde, 4e éditi on , revue par C. Honigh, Groningen, 1888- 1892, 6 vol. in-8° ; J. te Winkel, Geschiedenis der Nederlandsche letterkunde, Haarîem, 1887, in- 8°, t. I (seul paru) ; G. Kalff, Geschiedenis der Nederlandsche letterkunde (Groningen, 1905- 1907), 2 vol. parus.

L'ouvrage spécial de Philippe Blommaert, De Nederduitsche schrijvers van Gent, Gent, 1861, in- 8°, est malheureusement suranné ; aj. Nap. de Pauw, Bijdragen tôt de Geschiedenis der Middelncderlandsche Letterkunde in Vlaanderen, dans le Nederlandsch Muséum, 1879.

282. Le plus ancien poète flamand de Gand, c'est Willem, l'auteur du Madoc (') et du Reinaard de Vos (vers 1225). Voyez sur Guillaume de Gand et son œuvre, J. Grimm, Reinhart Fuchs, Berlin, 1834 ; J.-F. Willems, Reinaert de Vos, Gent, i836 ; la superbe introduction de

(') Nap. de Pauw, Over den Madoc van Willem die den Reinaarî maecte, in Verslagen der Kon. Vlaamsche Académie, 1887.

Ch. Potvin à son Roman du Renard, Paris-Bruxelles, 1 86 r ; E. Martin, Le Roman du Renard, Strasbourg- Paris, 1882 ; et enfin, l'article étoffé de Mr N. de Pauw, Biographie Nationale, v° Guillaume, t. VIII (18S4), co^- 449-466.

283. Sur Diederik van Assenede, l'auteur de Floris ende Blancefiour , qui semble avoir vécu à Gand, voyez C.-P. Serrure; Diedevic van Assenede, dans le V adcrlandsch Muséum, t. II, p. 333-347, t. V, p. 357-36i ; N. de Pauw, Biographie Nationale, t. VI (1877), col. 43-46 ; H. E. Moltzei, Bibliotheek van Middelnederlandsche letterkunde, n° 23, Groningcn, 187g ; Kalff, Geschiedenis , t. I, p. 128.

' 284. Sur Segher Dieregodgaf, l'auteur du Priëel van Troije, nous ne possédons qu'un insuffisant article d'Em. Varenbergh, Biographie Nationale, t. VI (1877), col. 55-56; cf. L. D. Petit, Bibliographie der Middelnederlandsche Taal- en Letterkunde (Leiden, 1888), p. 41.

285. Phil. Blommaert, l'historien littérairede Gand, publia dans son Theophilus, gedichten der XIVe eeuw, gevolgd door andere gedichten van hetzelfde tijdvak, Gent, i836, le beau poème de Boudewijn van der Lore (i382) ('), Die Maghet van Ghent, p. g5 io7, qu'Ad. Mathieu traduisit en vers français, dans A nnales de la Société des Beaux-Arts et Littérature de Gand, 1 854-1 855. On trouvera ce poème politique gantois reproduit dans les Oudvlaemsche gedichten, du même Blommaert, Gent, 1841, t.. II, p. 101-120. Comparez la fantaisie littéraire de Mr Nap. de Pauw, De Vlaamsche Akademie der Arteveldcn-eeuw , dans Veislagen der Vlaamsche Académie, Gent, 1888.

(!) Voyez Mr Paul Bergmans, Bicgrapliie Nationale, t. XII, col. 403- 4o5.

23©. J.-F. Willems a publié dans le Belgisch Muséum, Gedichten op Margareta van Oostcnrijk en Philips den Schoone ( 14Ç0-14Ç8 ) ie Gent, t. IX, 1845, p. 141-155 ; cf. P. Fredericq, Onze Historische Volksliederen, p. 49-50 (!).

237. De très bonne heure s'organisèrent à Gand des chambres de rhétorique ou sociétés dramatiques. La plus importante d'entr'elles fut la Fontaine, dont Pu. Blommaert a écrit l'histoire, Geschiedenis der Rhetorijkkamer de Fonieine (1448), Belgisch Muséum, t. X(i84Ô), p. 379 ; cf. De Potter, Gent, t. III, p. 246-310. Le même Blommaert a publié une Beknopte Geschiedenis der Kamers van Rhctorica ie Gent, in Belgisch Muséum, t. I (1837), p. 417-444. L'ouvrage posthume de P. Van Duyse, De Rederijkkamers in Nederland, uitgegeven door Fr. De Potter en Fi. van Duyse, Gent, 1900- 1902, 2 vol. in-8° (Vlaamsche Académie), aurait dû être mis à point. On trouvera des renseignements sur les Chambres de Rhétorique Ste. Agnes of de Bomlooze Mande (1469) et Maria ter Eere (1478), dans Fr. De Potter, Gent, t. V, p. 470-492, t. VI, p. 58-95.

Les rhétoriciens Gilles de Rammeleire, D'Ingheîsche et Potterkin appartiennent plutôt au XVIe siècle ; voyez sur eux Kalff, Geschiedenis der Nederlandsche Letterkunde in de i6de eeuw, t. I, p. 110, et Vaderlands Muséum, t. I, p. 86, t. VI, p. 128. Citons seulement le peintre Matthys Van Roden, rhétoricien de la Bomlooze Mande, fleurissant vers 1469-1484 ; voyez F. De Potter, Gent, t. I, p. 198, t. III, p. 290, t. V, p. 123, 470, 472, 473, 479, 480, et Belgisch Muséum, t. X (1846), p. 386.

(l) Comme Prose, rappelons ici le Dagboek van Gent et la Continuation de \d.Kro?iijh van Vlaenderen, plus haut nos 79, 81. Citons aussi la traduction en flamand du De Consolatione de Boéce, parue à Gand en 1485.

G. Kalff, Geschiedenis dey Nederlandsche Letterkunde, t. II, p. 484, signale un article du journal littéraire Het Volksbelang (21 août 1897) concernant la déclamation en public d'œuvres littéraires.

Nrus n'avons pas accordé de rubrique spéciale à la Musique, parcequ'il n'y a guère rien à citer. A part les Clairons du Beffroi et des portes et tours, il y avait les Ménestrels de la ville, auxquels Edm. Van der Straeten, La Musique aux Pays-Bas (8 vol., Bruxelles, 1867- 1888), t. IV, a consacré un chapitre ; cf. F. De Potter, Gent, t. I p. 552-56o, et plus haut n° 264. Pour les Cloches et le Carllon du Beffroi, voyez n° 234, et F. De Potter, Gent, t. I, p. 5i6 à 533.

Citons un compositeur, Jacques Doykin, qui mit en musique des vers lors de la Joyeuse Entrée de Philippe le Beau, F. De Potter, Gent, t. III, p. 281, 284-285.

lo. Histoire de l'enseignement et des Sciences.

Les jeunes Gantois au Moyen-Age faisaient leurs études primaires et moyennes dans les écoles conventuelles et canonicales, ou dans les établissements de la rue S^Jean et du Sablon ; ils accomplissaient leurs études supérieures à l'Université de Paris, et depuis le XVe siècle à l'Université de Louvain.

288. Citons d'abord concernant cet enseignement médiéval deux ouvrages généraux, ceux de Ch. Stallaert

et Pu. Vander Haeghen, Mémoire sur l'Etat de l'Instruction Publique au Moyen Age, dans Mémoires Couronnés de V Académie de Belgique, t. XXIII (i85o), p. 85 et suiv., et de L. Lebon, Histoire de l'Enseignement Populaire, Bruxelles, 1888, in-8°.

L'esquisse de L. De Rycker, Schets eener geschiedenis vanhet Openbaar Onderwijs te Gent, in Jaarboeh van het Willemstonds (187 1), p. 173 et suiv., est insuffissante, ainsi que celle de Mr M. Heins, Les Ecoles à Gand au Moyen- Age, Gand, 1866.

Mr H. Pirenne prépare un Mémoire sur le même sujet.

289. En attendant, il faudra recourir à des articles spéciaux, comme ceux de J. de S1 Génois, Les Ecoles de GandennôJ, dans MSB, 1843, p. 187 ; C. -P. Serrure, Anciennes Ecoles de Gand, MSB, 1837,, p. 462; F. Lecouvet, L'abbaye de St. Pierre à Gand et l'Université de Paris, MSB, 1 855, p. 171-273 ; cf. F. De Potter, Gent, t. III, p. 127 ; t. IV, p. 163-167 ; t. V, p. 169 (1).

29Q. L'enseignement des Frères de la Vie Commune ou Hiéronymites, disciples de Geeraard Groot, à Gand, a été peu étudié jusqu'ici. G. Bonet-Maury, De Opéra Scholasiica Fratrum V itœ communis in Neerlandia, Lutetiae, 1889, in-8°, a examiné leur action générale sur l'enseignement aux Pays-Bas (2). Pour Gand, consultez J. de S* Génois, Les Hiéronymites, MSB, 1842, p. 187 ; cf. MSB, 1870, p. 182 ; Fr. De Potter, Gent, t. IV, p. 525-537.

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