RYTHMIQUE
Le décasyllabe et l'alexandrin de nos Chansons de geste dérivent-ils des vers métriques latins qui auraient été déformés durant les bas siècles et au moyen âge, sous la triple influence de l'accent, du syllabismo et do l'assonance, et qui, traversant la liturgie, auraient définitivement passé à l'état rythmique ?
Ou bien faut-il voir dans notre versification épique » le développement et la suite naturelle » d'une versibcation populaire et rj'thmique des Komains, très ancienne et qui no devrait rien à la métrique latine?
C'est dans la Lettre à M. lÂon Gautier sur la Versification latine rythmique (1866), de Gaston Paris, que la question a été le plus clairement exposée.
i23 Raynouard (François-Juste-Maric).
Des formes primitives de la versification des trouvères dans leurs épopées romanesques.
Journal des 6'aDan^s, juillet 1833, pp. 386-
ïH Diez (F.), f/eber den epischen Vers.; Altromanische Sprachdenkmale . — Bonn, 1846, in-8». pp. 73-1 3i.
425 Du Méril (Edélesland). Mélanges archéologiques et littéraires. — Paris, 1850, in-8o.
[P. 341-480 : ■ Des origines de la versification française, -j
426 Oénin (Francis). La Chanson de Boland. — Paris, 1850, in-8».
[Introduction : chap. viii. De la veraification du Boland, pp. cxLvi et »«.]
427 Magnin (Charles). Ueuxièmo article sur la Chanson de Boland, publié par F. Genin.
Journal des Savants, décembre 1852; [Versification des chansons de geste. j
428 Ten Brink (B.) Conjectanea in historiam rei metricx francoyaUicm. Bonu, 1864, iu-8o.
La versification franco-provençale est syllabii{ue. Elle n'a rien de germanique. Elle est d'origine latine. Le véritable type du décasyllabe roman est le trimètre dactylique, et non pas, comme l'a cru Mutzel,lo trimètre iambiqua bracbycataiectique.
429 Gautier (Léon). Les Épopées françaises, l'o édition, — Paris, t. I, 1865, in-8o, pp. 192 et suiv.
<• Dans notre intime persuasion, toutes les origines de notre versification sont latines... Le décasyllabe dérive du dactytiquo trimètre, etc. »
Tel était le système que nous avions exposé dés 1855 dans notre tlièse à l'École des Oiartes {Essai sur la poésie liturgique au moyen âge, suivi d'une Histoire de la versification latine à la mi''me époque ; Positions des tfiésesde l'Ecole des CfiarteS. Imprimerie Simon Kaçon, ISSti, p. 22); tel est le système aussi que nous avons de nouveau soutenu dans notre Cours de poésie latine à l'Ecole des Chartes en 1866, etc.
Cf. Revue critique, 1866, n» 6î, article <le K. Bart.sch ; « Nous somuies d'accord avec M. Gautier pour ce qui concerne le décasyllabe, etc. »
.Nous nous sommes récemment rallié au système de G. Paris.
430 Paris (Gaston). Lcltrc à M. Léon Gautier sur la versification latine rythmique. — Paris, 1866, in-8».
« La versification française n'est pas plu» une corruption de la versification rythmique latine que celle-ci n'est une déformation de la versification métrique... I^ versification française n'est que le dévclop|)cment ou la syite naturelle do la versification latine rythmique. Elle en a gardé les principi'H essentiels, mais eu leur faiunt subir les cliangemenls exigés par sa nature. >»
431 Meyer (Paul). Recherche» sur
BIBLIOGRAPHIE GENERALE
l'Epopée française, liibllothèque de l'Ecole des Chartes. (XXIX) 1867.
« M. Gautier ayant mc^connu le caractère principal du vers rythmique, celui dùtre fondé sur le retour régulier de l'accent à des places fixes, a méconnu le môme caractère dans le vers français... Qu'il ait six, luiit, dix ou douze syllabes, le vers français présente un cai-actôrc constant : c'est l'accent coïncidant avec la rime dans les vers de toutes les longueurs, et un second accent sur la quatrième, la sixième et quelquefois la cinquième syllabe dans les vers de dix, de onze ou de douze syllabes » (p. 340),
432 Rochat (A.). Études sur le vers décasyllabe dans la poésie française au moyen âge.
Jahrbuch fur romanische und enylische Literatûr, XI (1870), pp. 65-93.
433 Andresen (Hugo). Ueber den Einfluss von Metrum, Assonans und Reim auf die Sprache der altfranzôsischen Dichter.
— Bonn, 1874, in-8o.
G. Paris a donné un bon résumé de ce travail dans la Romania d'avril 1875.
434 Petit de JuUeville (L.). La Chanson de Roland. — Paris, 1878, in-S».
[Introduction : chap. iv. De la versification de la Chanson de Roland, p. 79 et ss.]
— L'auteur s'y pronone contre les origines liturgiques de l'alexandrin et du décasyllabe épiques.
433 Gautier (Léon). Les Épopées françaises, 2« éd. — Paris, t. I, 1878, in-8».
Le chapitre intitulé : La versification des chansons de geste occupe les pp. 281-371. La conclusion générale est la suivante : « La versification française ne dérive pas directement de la versification rythmique ou populaire des Romains, mais de certains mètres liturgiques qui étaient eux-mêmes devenus profondément populaires et s'étaient peu à peu modifiés et transformés sous l'influence de la poésie populaire ».(p. 291).
436 Suchier (H.). Zur Versbildung der Anglonormannen. Anglia, II, 1879, pp. 215-
437 Sepet (Marins). De la laisse monorime des chansons de geste.
Bibliothèque de l'École des Chartes, XL (1879), pp. 363-566.
Cf. G. Paris, Romania, 1880, IX, p. 336.
438 Tobler (A.). Le vers français ancien et moderne traduit sur la deuxième édition, par K. Breul et Sudre, avec une Préface par Gaston Paris. — Paris, 1885,
439 Geijer (P. -A.). Om de franska episka versformemas ursprung. — Kristia-
nia, 1883, in-8o, pp. 143 à 169.
Cf. Visinff, Literaturblatt fur germanisrhe und romanische Philologie, 1883, col. 393.
440 Freyinond(E.). Ueber den reichen Reim bei altfranzôsischen Dichtern bis zum Anfang des XIV Jahrhunderts. — Strasbourg, 1882, in-8o.
Cf. le Zeitschrift fur romanische Philologie,\l, pp. 1-37 et 177-215.
441 Otten (Georg.). Ueber die Càsur 'un altfranzôsischen. — Greifswald,' 1884. in-8».
442 Vising (G.). Sur la versification anglo-normande. — Upsal, 1884, in-8o.
Cf. Meyer, Romania, XV (1886), pç. 144-148.
— W. Fœrster, Literarïsches Centralblatt, octobre 188b.
443 Havet (Louis). Le décasyllabe roman.
Romania, 1886, t. XV, pp. 125-126.
444 Heune (W.). Die càsur im Mittelfranzôsischen. — Greifswald, 1888.
445 Henry (Victor). Contribution à l'étude des origines du décasyllabe roman.
— Paris, 1886,in-8o.
Cf. G. Paris. Romania, XV (1886), pp. 131-138. Le décasyllabe roman répond au trimètre ïambique scazon.
446 Strain"WitZ (E.). Ueber Strophenund Vers-Enjambement im Altfranzôsischen. — Greifswald, 1886.
447 Thurneysen (R.). Der Weg vom daktylischen Hexameter zum epischen Zehnsilbner der Franz osen.
Zeitschrift fur romanische Philologie, XI (1886), p. 305.
Cf. G. Paris, Ro^nania, XVII (1888), 318 : « M. Thurneysen s'efToi-ce de suivre, à travers une série de transformations... la marche de l'hexamètre antique au décasyllabe rythmique. «
448 Becker (Ph. Aug.). Ueber den Ursprung der romanischen Versmasse. — Fribourg, 1890, in-8«.
449 Galino (T.). Musique et versifi-
Vi. LA FORAIE DES CHANSONS DE GESTE : LANGUE
cation françaises au moyen âge. — Leipzig, 1800, in-8».
i")0 Paris (Gaston). La littérature française au moyen âge, 2» édition. — Paris, 1890, in-i8.
« La versification populaire française a les mômes principes que celle des autres peuples qui parlent des dialectes du latin vulgaire ; elle s'explique tout entière comme un développement de la versification latine rythmique » (p. 12). C'est, réduit à sa plus simple expression, le système précédemment exposé dans la Lettre à M. Léon Gautier.