ORALE
tes sur l'importance capitale de cette édition que Molière destinait à servir de type à toutesles autres... Nous sommes certain que, dès à présent, les grands bibliophiles, qui sont curieux d’avoir le texte original de Molière, chercheront à se procurer l’édition de 1674, signalée pour la première fois dans le catalogue de la bibliothèque Solar...» (PauL Lacroix. Bibliographie Moliéresque, page77.) —Collation del’ouvrage: Tome I, 313 pag. chiffr. (la dernière cotée par erreur 113), y compris un feuillet blanc avant le titre et des ff. blancs entre chaque pièce, plus 7 pag. non chiffr. de privilége. — Tome IT, 416 pag. chiffr., y compris le f. blanc précédant le titre et ceux qui se trouvent entre chaque pièce, 4 ff. non chiffr. — Tome IIL 306 pag. chiffr., y compris les ff. blancs, comme aux deux précédents volumes, et3 ff. de privilége. — Tome IV, 317 pag. chiffr., y compris les ff. blancs réglementaires, > pag. non chiffr. de privilége et 1 f. blanc final. — Tome Y, 1 f, blanc et 3 ff. prélimin., y compris le titre, 323 pag. chiffr., y compris les ff. blancs en tête de chaque pièce au milieu du volume et 5 pag. non chiffr. pour Je privilége.— Tome VI, 290 pag. chiffr., y compris les ff. blancs en tête et au milieu du volume, 3 ff. non chiffr. de privilége. — Tome VII, 52 pag. chiff., y compris le titre pour l'Ombre de Molière, 150 pag. chiffr. pour le Malade Imaginaire et 1 f. blanc final. — Exemplaire grand de marges. La hauteur de chaque volume varie entre 156 et 158 millim.
366. Les Œuvres de Monsieur de Molière, reveues, corrigées et augmentées (par Vinot et La Grange), enrichies de figures en taille-douce (grav. par J. Sauvé, d’après P. Brissart). Paris, D. Thierry, Cl. Barbin et P. Trabouillet, 1682. 8 vol. in-12, fig. ; v. gr.
PREMIÈRE ÉDITION COMPLÈTE DES ŒUVRES DE MOLIÈRE. Elle fut donnée après sa mort et d’après ses manuscrits par les comédiens Vinot et La Grange, ses amis, qui y
introduisirent les jeux de scène.
PRÉCIEUX EXEMPLAIRE contehant en double les tomes VII et VIII, SANS AUCUNE SUPPRESSION, c'est-à-dire
AVANT LES CARTONS DE REMPLACEMENT Ordonnés par la
censure. À part l’exemplaire du lieutenant de police De la Reynie, qui est sans aucun carton comme le nôtre, on ne connaissait guère, comme présentant le texte primitif, que l’exemplaire de Regnault-Bretel, aujourd’hui à la Bibliothèque Nationale, et qui est en partie cartonne. Depuis, on cite l’exemplaire de la vente Chaudé, qui ferait aujourd’hui partie de la collection Delessert. Le présent exemplaire, qui était resté inconnu, est cité dans le Molière de la collection des Grands Ecrivains, publié par la maison Hachette, tome V, page 70.
On croit généralement que la FAMEUSE SCÈNE DU PAUVRE,
« dont la suppression fut faite par ordre supérieur, est
la seule particularité qui distingue les exemplaires de premier état. Les suppressions et les changements sont plus nombreux qu’on ne croit. Non seulement le tome VIE a été cartonné en plus d’un endroit des scènes du Festin de Pierre, mais le tome VIII présente des différences pour la comtesse d'Escarbagnas.
Voici le détail des cartoñs et des principales différences qui serviront à distinguer ces sortes d'exemplaires, si on en découvre d’autres :
Page 134, lignes 3 et suiv., on lit dans le texte 70n cartonné: « Tu voisen D. Juan mon maistre le plus grand scélérat qué la terre ait jamais porté, un enragé, un chien, un DrABLe, un Turc, un Hérétique, quine croit, ny Ciel, ny Enfer, ni LouP-Garou. » Dans les exemplaires, cartonnés on a changé deux mots, au lieu d'#7Z DIABLE, on a imprimé ##DÉMON et au lieu de ni LOUP-GAROU, on à mis #? DIABLE.
À partir de la page 137, la composition typographique est différente ; il n’y a point trace de carton, la feuille aété réimprimée. Les exemplaires réimprimés finissent à cette: page par ces mots: « fout ceique je voy d’aimable, 72 APE l’exemplaire de preinier état RUE par cette phrase : « On goûte une douceur extrême à..
Page 139, ligne 23, dans le texte briitif Sganarelle dit, à propos de mariage, à Don Juan: « Maïs, Monsieur, se jouer ainsi d’un Mystère sacré el...
D. JUAN
Va, va, c’est une affaire entre le Ciel et moy et nous la demeslerons bien ensemble sans que tu t'en mettes en peine.
AT
190 Ne MOLIÈRE
SGANARELLE
Ma foy, Monsieur, j'ay toujours oùy dire que c’est une méchante raillerie que de se railler du Ciel,et que les libertins ne font jamais une bonne fin. »
Dans les exemplaires réimprimés on a adouci ainsi ce passage : :
« Se joüer ainsi du mariage qui...
D. JUAN
Va, va, c'est une affaire que je scauray bien démêler sans que tu t’en mettes en peine.
SGANARELLE
Ma foy, Monsieur, vous faites une méchante raïllerie. »
Page 140, dans le premier texte (ligne ‘oe), Sganarelle dit à Don Juan: « Osez-vous bien ainsi vous joûüer du Ciel et ne tremblez-vous point de vous moquer des choses les plus saintes? » Ce passage est supprimé dans les exemplaires réimprimés. Même page, Sganarelle termine ainsi sa remontrance : « Apprenez de moi, qui suis vostre valet, que : le Ciel punit tost ou tard les Impies, qu’une méchante vie amène une méchante mort et que... » Cette phrase finale a été modifiée dans la réimpression : « Apprenez de moy, qui suis vostre valei, que les libertins ne font jamais une bonne fin et que. »
Page 141, le premier tirage porte au bas la signature M ïij. Dans la réimpression, la signature manque. Il n’y a de changé que le dernier mot « Mer » imprimé par une majuscule et remplacé par un #7 ordinaire dans le second tirage. Au verso du même feuillet, on a oublié la mention d’un jeu de scène : « 2! apperçoit D. Elvire, » qui est ajouté entre parenthèses et en lettres ztaliques dans la réimpression.
Page 146, dans les exemplaires on cartonnés, Don Juan s'écries ’
« Sganarelle, le Ciel!»
MOLIÈRE 191 Ge dernier lui.répond #0" $
« Vrayment oùy, nous nous moquons bien de cela, nous autres. »
Ce passage n'existe pas dans les exemplaires cartonnés, qui se reconnaissent encore à cette particularité que la première lettre des trois premières lignes est tombée à la réimpression ainsi que le chiffre 1, et qu’on ne lit plus au haut de la page que 46 au lieu de 146. Les pages 169, 170, 171 et 172 sont réimprimées; la composition typographique a été remaniée. Dans la réimpression, on a espacé davantage, en termes d'imprimerie jeté du blanc, après la scène cinquiesme, que l’on a fait commencer au haut de la page 172, tandis qu’elle commence au quart environ de la page 170
dans exemplaire primitif.
L'acte III commence au haut de la page 172 dans les exemplaires de premier état et au haut de la page 173 dans les exemplaires de second tirage.
Page 175, le dialogue suivant siétablit entre Sganarelle et Don Juan:
SGANARELLE
Je veux Scavoir un peu vos pensées à fonds (sic). Est-il possible que vous ne croyez point du tout au Ciel?
De DTA N
Laissons cela.
SGANARELLE
C'est-à-dire que non. Et à l'Enfer ?
D. JUAN Eh.
SGANARELLE
Tout de mesme. Et au Diable, s’il vous plait ? ; Æ
D. JUAN
OùYy, oùy.
SGANARELLE
Aussi peu. Ne croyez-vous point l’autre vie?
D. JUAN Ah, ah, ah.
SGANARELLE
Voilà un homme que j'auray bien de la peine à convertir. Et dites-moy un peu, encore faut-il croire quelque chose. Qu'est-ce que vous croyez?
D. JUAN Ce que je croy.
SGANARELLE Oùy. hs D. JUAN Je croy que deux et deux sont quatre, Sganarelle, et que quatre et quatre sont huit.
SGANARELLES®
La belle croyance que voilà! Votre religion, à ce que je vois, est donc l’arithmetique? Il faut avouer qu'il se met d'étranges idées dans la teste des hommes..., etc., etc. » Suit une longue tirade d’une page et quart, dans cet ordre d'idées et, au milieu de ses discours et de ses gestes, Sganarelle « se laisse tomber en tournant » puis de dépit s’écrie: « Morbleu, je suis bien sot de m'amuser à raisonner avec vous. Croyez ce que vous voudrez, 1l m'importe bien que vous soyez damné. »
Dans la réimpression, on a supprimé tout ce long passage (environ deux pages). Sganarelle ne tombe pas, mais esquive un soufflet; bref, la scène a été écourtée en quelques lignes et modifiée de cette manière à la page 276:
SGANARELLE
Je veux Scayoir vos pensées à fonds el vous connoistre un peu mieux que je ne fais: ca quand voulez-vous mettre Jin à vos débauches et mener la vie d’un honneste homme ?
MOLIÈRE ae EUR de
D. JUAN lève la main pour lui donner un soufflet
Ah ! maître sot ! Vous allez d’abord aux remontrances.
SGANARELLE, en se reculant
Morbleu, je Suis bien sot, en effet, de vouloir m'amuser à raisonner avec vous; faites tout ce que vous youdrez, il m'importe bien que vaus vous perdiez ou non, et que... »
La fameuse ScÈNE Du PAUVRE commence à la page 177, au milieu -de la page. Le texte supprimé commence à la 2e ligne della page 178 par ces mots: « Si vous vouliez, Monsieur... « Don Juan apostrophe le pauvre en ces termes: « Eh, prie-le (le Ciel) qu’il te donne un habit sans te mettre en peine des affaires des autres. » Sganarelle s'adressant au pauvre: « Vous ne connaissez pas Monsieur, bonhomme, il ne croit qu’en. deux et deux’sont quatre et en quatre et quatre sont huit. » Plus loin, D. Juan dit au pauvre: « … Un homme qui prie le Ciel tout le jour ne peut pas manquer d’estre bien dans ses affaires. » Il met fin au dialogue par cette phrase (page 1790): « JE TE VEUX DONNER UN LOÜIS D'OR ET JE TE LE DONNE POUR L'AMOUR DE L'HUMANITÉ. »
> Tout ce passage, qui tient un peu plus d’une-page dans le texte primitif, esf supprimé dans les exemplaires cartonnés. La scène est beaucoup plus courte, le nouveau texte remplit à peine la page 179, le Pauvre ne figure plus au dialogue; à sa place on a introduit un personnage du
nom de Francisque.
Page 205, on trouve cette coquille dans les exemplaires non cartonnés : « Ce n’est plus ceite D. Elvire qui faisoit des vaux contre nous. » On a corrigé cette faute étrange et les exemplaires cartonnés portent : « D! Elvire qui faisoit des VŒUX. »
Page 207, dans .le premier tirage, la page finit par ces mots : « d'abord qu’il y a dessus » et dans les exemplaires cartonnés par ceux-ci: » wn laquaïs oste les. » On a réimprimé cette page et les deux suivantes (208 et 209) en rétablissant en lettres italiques des jeux de scène qu'on avait imprimé par erreur avec le même caractère que le texte dans le premier tirage.
Page 211, la disposition typographique a été changée, le texte nous a paru le même. Dans le premier tirage, la page finit par ces mots « ef n’a pas vingt fois Sur... »
Page 214, dans le texte primitif, Don Juan dit: Le personnage d'homme de bien est le meilleur de tous les per-
sonnages qu'on puisse joüer aujourd'huy et... » Ce passage a été rétranché dans les exemplaires de second tirage:
Page 215, 12e ligne, voici ce qu'on lit dans les exemplaires non cartonnés, à propos des hypocrites qui « se sont fait un bouclier du manteau de la Religion et sous CET HABIT RESPECTÉ Ont la permission... » On a changé ainsi ce texte dans Îles autres exemplaires: « ef sous UN DEHORS RESPECTÉ Ont la permission. » |
21e ligne, le mot abry est imprimé ArBRy dans le premier tirage. On a rétabli ABry dans le texte définitif. Même page, à l’avant-dernière hgne, Don Juan dit: « Je seray le vangeur desintérests du Ciel, » on a substitué à ce texte: « Je seray le vangeur de la vertu opprimée. »
Pages 216-217, on trouve dans l’exemplaire non cartonné un passage de 13 lignes commençant par ces mots: « La mort nous fait penser au Ciel » et finissant par ceux-ci: « vous seriez damné à tous les diables, » qui est supprimé dans les exemplaires cartonnés.
Page 217, dans le premier tirage, D. Juan s'écrie : « O beau raisonnement. » Dans la réimpression, on a ajouté le mot LE qui avait été oublié, et on lit: « O LE beau raïsonnement. »
Tome VIII. — Page 90, le texte de la Comtesse d'Escarbagnas varie quelque peu. Dans les exemplaires de premier tirage on a répété les quatre dernières lignes de la page précédente commençant par ces mots: « pour trouver moyen » et finissant par ceux-ci: « qui cherchent partout.» À partir de la 10e ligne, le texte primitif présente ce passage: « Jl m'a fait avec grand mystère une fatigante lecture de toutes les sottises de la Gazette de Hollande, et de là s’est jeté à corps perdu dans le raisonnement du Ministère, d'où j'ai cru qu’il ne sortiroit point. A l'entendre parler, il scait les secrets du Cabinet mieux que ceux qui les font...»
Dans les exemplaires cartonnes, les 4 lignes de la page précédente ne sont pas répétées, le texte a été allongé et même présente quelques variantes: « 1] m'a fait avec grand mystère une fatigante lecture de toutes les MÉ-
CHANTES PLAISANTERIES de la Gazette de Hollande, bot IL ÉPOUSE LES INTERESTS. ÎL TIENT QUE LA FRANCE EST BATUE EN RUINE PAR LA PLUME DE CET ÉCRIVAIN ET QU'IL NE FAUT QUE CE BEL ESPRIT POUR DÉFAIRE TOUTES NOS TROUPPES ; ef de là s’est jeté à corps perdu dans le raisonnement du Ministère, DONT IL REMARQUE TOUS LES DÉFAUTS ef d’où j'ai creu qu’il ne‘ sortiroit point. À l'entendre parler, il sd les secrets du Cabinet mieux a£ ceux qui les font...
Collation des 8 SéDénee — Tome I. 12 ff. prélim. non chiffr., 304 pag. chiffr., 2 ff. non chiffr. pour le privilége ét 2 fe. blancs à la fin faisant partie du cahier N: 4 gravures non comptées dans la pagination, une en tête de chaque pièce. — Tome II. 416 pag. chiffr., 2 ff. non chiffr. de privilége, 5 gravures. — Tome III. 308 pag. chiffr., 2 ff. de privilége, 5"gravures. — Tome IV. 296 pag. chiffr., 2 ff. de privilége, 3 gravures. — Tome V. 335 pag. chiffr. (la dernière cotée par erreur 535), 1 page de privilége au verso de la page 335 et 3 gravures. — Tome VI. 93 pag. chiffr. À partir de la pièce de Psyché, la pagination recommence et le reste du volume se compose de 195 pag. chiffr.; 3 gravures; excepté la gravure de Psyché, les 2 autres | ‘gravures de ce volume sont, contre l’usage suivi pour les volumes précédents, comprises dans la pagination. — Tome VII. 261 pag. chiffr., 3 pag. de privilége et 4 gravures comptées dans la pagination. — Tome VIII. 312 pag. chiffr. et 3 gravures comprises dans la pagination.
L'ensemble de lexemplaire est remarquablement propre: les épreuves des figures sont très-bonnes. Les volumes ont en moyenne 160 millim. de hauteur; quelquesuns même (notamment le tome VII, exemplaire non cartonné) dépassent cette grandeur et ont de 161 à 162 millim. — Nous vendons en réalité 10 volumes pour en faire 8; les tomes VII et VIII sont en double afin de représenter les deux textes, le texte primitif et.le texte modifié.