‹ Bibliographie des mazarinadesChapitre 5 sur 81 · A très-haut prince , nostre très-cher et amé cousin · texte numérisé non relu

A très-haut prince , nostre très-cher et amé cousin

le seigneur Armand de Bourbon , prince de Conty , du

sang royal. (S. 1. n. d.), [1652], 3 pages.

Datée du 10 avril 1652 et signée Christine. La reine de Suède offre sa médiation pour la paix ; mais pourquoi au prince de Gonti?

13. A un ministre d'Étatsur les œufs. (S. 1.), 1 649, 7 pag. Toutes les rimes sont en eux. Voilà l'explication du titre.

14. Abolition (!') de M'\ le duc de Beaufort au parlement de Paris , avec les dernières nouvelles de l'armée de M. le prince \ et l'ordre que M. le prince a donné pour ôter les vivres au maréchal de Turenne. Paris y L. Laureau, 1652, 8 pages.

L'abolition est du 22 septembre. Elle porte sur le duel du duc de Beaufort avec son beau-frère , le duc de Nemours.

15. Abrégé de l'Arsenal de la foi qui est contenu en cette copie de la conclusion d'une lettre d'un se-^^ri

6 BIBLIOGRAPHIE [accord]

taire de Saint-Innocent, par lui écrite à sa sœur sur la

détraction de la foi d'autrui , lequel n'ayant de quoi la

faire imprimer tout entière , il a commencé par la fin

à la mettre en lumière ^ étant en peine d'enfanter la

vérité de Dieu en lui , comme une feiiittie enceinte de

mettre son enfant au monde. (S. 1. n. d.), 4 pages.

Signée François DoscâE. Il y a du même auteur une autre pièce signée F. Ù. G. (capucin?) indigne.

16. Abrégé véritable de ce qui s'est fait pour le soulagement des pauvres des villages du. diocèse de Paris; la nécessité de soutenir cette entreprise par des aumosnes extraordinaires^ et pareillement de les employer à la continuation de l'assistance du grand nombre des malades des fauxbourgs. (S. 1. n. d.), [1652], 4 pages.

Les religieux qui se sont le plus activement occupés de cette œuvre, sont les prêtres de la communauté de Saint-Nicolas du Ghardo'nnet , les jésuites , les capucins , les pères de la Mission et les jacobins.

Voir le Mandement de P archevêque de Paris pour le secours des pauvres.

17. Acclamations (les) de joie des bons Parisiens sur l'heureuse arrivée de la paix. Paris ^ Nicolas de La Vigne, 1649, 8 pages. Avec permission.

Gette pièce se termine par des vers médiocres sous le titre de : Les Souhaits des bons villageois en faveur des bourgeois de Paris.

18. Accord (F) passé entre les quatre empereurs de l'Orient et les empereurs, rois et princes de l'Occident, pour venger la mort du roi d'Angleterre à la sollicitation de la noblesse de France. Paris , Claude Morlot , 1649, 8 pages. Curieux et rare.

L'un des empereurs de FOrient est le prêtre Jean , qui , dit l'auteur, se prétend de la race de David comme étant issu de la r^xm de Saba.

[accouchée] des MAZÀRINADES. 7

<9. Accouchée (T) espagnole , avec le caquet des politiques,^ ou le frère et la suite du politique lutin sur les maladies de l'Etat, par le sieur de Sandricourt. Paris, 1652, 23 pages.

Sandricourt est un pseudon3rme dont j'aurai tout à l'heure à rechercher le véritable nom. On le compte parmi les pamphlétaires les plus féconds de la Fronde;- et je ne connais guère que Dubosc Montandré et Davenne qui aient écrit autant ou plus que lui.

Les pièces de Sandricourt composent un recueil en deux parties sous le titre général de : Les Fictions politiques, ou Sérieux et agréa" blés caprices du sieur de Sandricourt sur les désordres civils arrivés en France es années 1651 et 1652. Rouen^ 1652, in-4°. Ce titre est suivi d'une épître dédicatoire générale A ma princesse et incom-parable amie madame F. P. V. D. S. D. L. B., sous la date du 21 octobre 1652. La Princesse, c'est Paris affligée par Eimarmène, la Providence ou le Destin.

Vient ensuite un second titre ainsi conçu : Recueil des pièces du sieur de Sandricourt , première partie^ contenant ses fictions poli" tiques y savoir : le Politique lutin porteur des ordonnances, etc.; l'Accouchée espagnole; la Descente du.politique lutin aux Limbes; les Préparatifs de la descente du cardinal Mazarin aux enfers ; la France en travail sans pouvoir accoucher, etc.; le Censeur du temps et du monde , etc. ; la seconde partie du Censeur, etc. ; la Réponse de Sandricourt sur la thèse couchée en la seconde partie du Censeur touchant les régences; la Troisième partie du Censeur ; la Quatrième et dernière partie du Censeur. (10 pièces.)

Ici se place le troisième titre : Recueil des pièces du sieur de Sandricourt , seconde partie contenant ses pièces académiques , savoir : le Procès du cardinal Mazaiin , autrement le Complot burlesque; Réponse pour Son Altesse Royale à la lettre du cardinal Mazarin ; Pasquin et Marforio sur les intrigues de l'çtat ; Réponse pour messieurs les princes à V Esprit de paix; les Sentiments de la France, etc.; l'Ombre de Mancini, etc.; les Songes et réponses d'Hydromanthe ; les Cordeliers d'état, etc.; l'État présent de la fortune de tous les potentats, etc.; le Visage de la cour, etc.; le Maréchal des logis, etc.; les Très-humbles remontrances des trois états, etc. C'est l'adieu du sieur de Sandricourt. (12 pièces; en tout 22.)

8 BIBLIOGRAPHIE [accooghéeJ

Enfin le volume se complète par le : Recueil des pièces réfutées par le sieur de Sandricourt , savoir : les Sentiments d'un fidèle sujet du roi sur l'arrêt du 20 décembre 1651 ; Lettre du cardinal Mazarin à Son Altesse Royale sur son retour en France du 5 janvier 1652; l'Esprit de paix ; le Censeur censuré. (4 pièces).

Il faut ajouter les Maximes véritables et la suite, que Sandricourt a oubliées ou négligées, je ne sais pourquoi ; de sor(;e que les trois recueils réunis doivent contenir 28 pièces.

Tous les titres que je viens de transcrire, ont été imprimés après l'entière publication des pièces, et quand on a voulu les réunir en corps de voluine. Évidemment ce travail a été fait sous la direction de Sandricourt lui-même , puisque la collection s'est accrue de l'épitre dédicatoire , composée tout exprès. Les recueils cependant ne présentent pas les pièces dans l'ordre chronologique de la composition. Voici à cet égard quelques détails que je trouve dans un Avis au lecteur, imprimé à la suite de la quatrième partie du Censeur du temps et du monde. Je crois d'autant plus utile de les reproduire que VAvis ne se rencontre pas dans tous lès exemplaires : le Politique lutin a été publié quinze jours après la vérification limitée de la, déclaration contre le prince de Condé; le Complot ou entretien burlesque , aliàs le Procès du cardinal Mazarin y incontinent après l'arrêt du ?0 décembre; YJccouchée espagnole après le passage de Mazarin avec son armée; Ib. Descente aux Limbes pendant le siège d'Angers ; les Préparatifs après que les Maximes véritables eurent paru ; la France en travail ensuite ; le Pasquin trois semaines devant le siège d'Étàmpes; la première partie du Censeur peu de jours après la prise de Gravelinespar les Espagnols ; la seconde lorsque le duc de Lorraine arriva à Paris ; « la troisième ni la Réponse au Censeur censuré n'ont que faire du temps ; » la quatrième six jours avant la retraite de Mazarin.

Après avoir donné une liste incomplète et inexacte des pamphlets de Sandricourt, Larroque ajoute : « J'ai omis à dessein le titre de quelques autres pièces si hardies que l'auteur n'osa pas les avouer, ni même y mettre son nom d'anagramme. » De ces pièces il en est deux que Sandricourt , bien loin de les avouer, a désavouées expressément au conti*aire dans les Songes et réponses d^Hf" dromanthe. « Voir, dit-il dans une note, voir le Fisage dd la cour et V État ptésent de la fortune des princes que je n'avoue pas pour |iiiennes. » Et il fait connaître la raison de ce désaveu ; c'est que

[▲GCOOGHÉE] DES MAZARINÂDËS. 9

« le Fisage de la cour se moque de la braverie (Ghâteauneuf ) et du Chien au grand collier (Ségmer) y disant que la Grand' barbe (Mole) ne fait le philosophe ni l'homme d'état et que le vent lui souffle du derrière. >> Nous avons vu cependant que Sandricourt a plus tard compris ces deux pamphlets dans les recueils de Rouen, 1652. D'ailleurs il avait déjà écrit sur le titre du Maréchal des logis. : « Demandes au vendeur VÉtat présent de la fortune des princes et le Visage de la cour, et reçois ces trois pièces comme des divertissements de ma plume. » .

Je ne serais pas éloigné de croire que Sandricourt est l'auteur du Fourrier d'État. Au moins lit-on dans le Maréchal des logis , qui est certainement postérieur : « Il est juste que nous la logions (la cour) un peu plus au large que par le passé. » Sandricourt se montre toujours très^favorable au duc d'Orléans. Il l'épargne seul dans le Fisage de la cour; et il répond pour lui à la lettre du cardinal Mazarin. Or dans le Fourrier d'État, le roi est logé à Saint-Denis, le duc d'Orléans au Louvre et le duc de Valois à la place Dau<*> phine.

Sandricourt avait promis plusieurs autres pièces qu'il ne paraît pas avoir données. Ainsi dans la seconde partie du Censeur du temps et du monde il annonce la Signora Marforia, le Génie de la France sur la sellette y le Génie de la Suède attentif au bien de la France; il revient sur la Signora Marfona dans Pasquin; enfin dans les Très^-hùmbles Remontrances des trois états il promet encore une £oïs\di Signora Marforia et le Génie de la France sur la sellette; « mais 9 dit-il , cela marchera d'un style particulier qui pourra être bien venu du magistrat , lequel se gardera de titrer ma pluâie de séditieuse ; ou je lui ferai voir que je suis vif dans mes ressentiments. » Ilneparsut pas, malgré ces airs fanfarons, que Sandricourt ait donné suite à ses promesses. Je ne vois pas non plus qu'il ait public la troisième partie et la clef de son Hjrdromanthe.

Le Procès du cardinal Mazarin a été réimprimé, avec une augmentation assez considérable, sous le titre de : Le Complot et entretien burlesque sur l'arrêt du 29 décembre , etc.

Il existe deux éditions du Politique lutin , toutes deux portant le même titre, toutes deux de 4652, toutes deux de 24 pages; mais celle où le titre n'est pas répété tout entier en tête du texte et oii on lit seulement : le Politique lutin porteur des ordonnances y etc., est bien meilleure que l'autre.

10 BIBLIOGRAPHIE [accouchée]

L'opinion générale est que c'est Mézeray qui se cachait sous le pseudonyme de Sandricouf t. Larroque , son historien , qui Pavait reçue probablement des contemporains , nfa pas hésité à la transmettre entière. Il a même cherché à la justifier en disant que Sart'elncnurte&t l'anagramme de François Eudes. Mézeray, ajoute-t-il , se souvenait d'avoir gagné à ce métier des sommés considérables sons le ministère du cardinal de Richelieu.

Cependant les savants continuateurs du père Lelong ont proposé une conjecture nouvelle. A leur avis, le pseudonyme a un autre style que Mézeray ; et sa vaste érudition ne paraît pas convenir à l'historien de la France. Il y a d'ailleurs trop de différence entre François Eudes et Sandricourt. « Si l'on veut s'en tenir, disent-ils , à la preuve de l'anagramme , on croira plutôt auteur de ces écrits un François Duret. »

X)n n'a pas tenu compte de leur conjecture; et on a eu tort. D'abord il est bien certain que François Duret se rapproche beaucoup plus de Sandricourt que François Eudes. Entre le premier nom et le second , il n'y a que deux lettres de différence ; entre le second et le troisième , il y en, a six. Puis le pseudonyme semble dire qu'il était médecin ; et V Accouchée espagnole, les Songes d'Hy^^ dromanthe , par exemple , prouvent qu'il avait au moins fait des études médicales. Il avait certainement voyagé sur mer. Il avait vu Rome et l'Italie. L'O/w^re de Mancini montre qu'il possédait les langues latine et grecque. On peut croire même qu'il avait quelque connaissance de l'italien et de l'espagnol. A tous ce^ traits , on ne saurait reconnaître Mézeray.

Si François Duret était fils de Jean Duret , premier médecin de Marie de Médicis , petit-fils de Louis Duret, médecin ordinaire de Charles IX et de Henri III , la conjecture des continuateurs du père Lelong serait amplement justifiée. Sa profession , son érudition, ses voyages, ses opinions même s'expliqueraient sans la moindre difficulté. Jean Duret, on le sait, fut en son temps un forcené ligueui* ; mais il ne paraît pas qu'il ait jamais appartenu à la faction espagnole. Nous verrons tout à l'heure que François Duret , frondeur ardent , ne voulut jamais avoir de connivence avec l'Espagne. •

Une dernière observation : le pseudonyme dit , à la fin de la troisième partie de son Censeur du monde et du temps , qu'il avait cinquante-six ans quand ce pamphlet parut, c'csl-à-dire en 1652.

[aggocchée] des MAZARINÂDES. 11

Il était donc né en 1596 ou 1597. Or Jean Duret était, à cette date, âgé de trente-trois ans. Il est mort en 1629. François Duret venait au moins d'accomplir sa trente-deuxième année. On voit que la' supputation des temps ne s'oppose point à la conjecture des continuateurs du père Lelong.

Mézeray, lui, est ne en 1610 ; il avait donc, en 1652 , quarantedeux ans et non cinquante-six. Comment s'est établie l'opnion qui lui attribue les Fictions politiques du sieur de Sandricourt ? Je ne saurais le dire. Veut-on qu'il y ait eu quelque part? C'est possible ; mais assurément il n'en est pas le seul , il n'en est pas même le principal auteur.

Larroque juge peut-être un peu sévèrement les pamphlets de Sandricourt quand il les condamne tous au même titre : « Ce que l'on peut dire de toutes ces pièces, en général, c'est qu'on y voit un composé bizarre d'enjouement , d'un burlesque bas et rampant , de quolibets , de proverbes des halles , souvent aussi de l'esprit, du savoir, mais tout cela mêlé de libertinage. » Il aurait pu ajouter qu'on trouve dans la France en travail les plus exécrables vers que la Fronde ait produits; ce qui n'empêche pas que quelques-unes de ces pièces ne se lisent encore avec beaucoup d'intérêt et un plaisir véritable , notamment V Accouchée espagnole et les Très-^humbles remontrances des trois états.

Il y, a dans les pamphlets de Sandricourt de l'esprit de Rabelais et de l'esprit de Montaigne ; mais beaucoup plus du premier que du second ; encore n'est-ce pas du meilleur. Sandricourt est bizarre , fantasque, libertin, ordurier comme l'auteur de Gargantua; il a quelquefois la vigueur de style et la fermeté de jugement de l'auteur des Essais. Il est railleur et sceptique comme tous les deux. Il outrage Ja reine-mère avec un cynisme d'autant plus odieux qu'il met l'insulte dans la bouche du roi et du «lue d'Anjou. Si on le lit avec attention , on remarque qu'il comprend parfois avec une merveilleuse intelligence le caractère des hommes et la portée des événements.

J'en veux citer deux exemples seulement. « L'autorité des rois n'étant pas bridée par les États ou par les Parlements , dit Sandricourt dans la troisième partie du Censeur du temps et du monde , dégénérera infailliblement en tyrannie, quand ils ne le voudraient pas , parce que le petit nombre des ministres avares et ambitieux desquels ils sont obligés de dépendre , les y portera insensiblement.

12 BIBLIOGRAPHIE [agcocchéë]

I^es sujets tyranniquement traités par les ministres perdront le respect , Pobéissance et Pamour pour les rois. ^

Et dans les Très^humhles Remontrances des trois états : « Il n'y a point de juge équitable qui ne; prononce désormais que toutes nos l'ois anéanties vont se transformer en voix et simples bons plaisirs bien rudes à Toreille et à la liberté , et que toute l'harmonie et correspondance de l'Ëtat entre le monarque et les sujets se va changer en tyrannie bien funeste aux sujets même , au prince même , aux usui'pateurs même de son autorité. » La Fronde était vaincue. Le roi devait rentrer dans Paris le lundi qui a . suivi la publication des Très^lwmbles Remontrances,

Les auteurs de la Biographie universelle^ à l'article Mézeray^ jugent d'après cette pièce que Sandricourt était « de ces esprits que les troubles avaient amenés à concevoir de grands changements dans la constitution de l'État. » Eh ! mon Dieu , non : Mézeray voulait au contraire, avec les grands seigneurs et les gentilshommes de la Fronde, un retour complet aux anciens usages plutôt qu'à l'ancien droit de la monarchie. Il regrette l'aristocratie ; et il demande les états généraux.

Dans les Préparatifs de la descente du cardinal^ Mazarin aux enfers, il définit l'aristocratie : « Le balancier de l'autorité royale qui règle les minutes et fait sonner l'horloge et entendre trois heures : Rex /tabet superiorem Deum, une, legem etiam, deux, et cU"

riam^ trois. » Curiam^ ce n'est pas ici le parlement. Sandricourt s'en explique clairement en vingt endroits de ses pamphlets A son avis, le parlement ne continue pas les anciennes assemblées des Francs et ne saurait suppléer les états généraux. Il ajoute plus loin, dans la pièce que je viens de citer : « Sache que toutes les rages et les furies qui ^ préparei^t contre le Mazarin et ses créateurs, ne sont que pour venger l'anéantissement de l'aristocratie qui avait duré avant et depuis l'établissement de la monarchie. »

Ce n'était pas la Frondé qui avait des pensées d'innovation; c'était la cbur.

« Veux-tu que je sois Mazaiin fieffé Comme le duc d'Elbeiif ou qu'on ine déclare criminel comme les princes? » Cette phrase de la Descente du politique lutin aux Limbes ^ résume très-bien la politique active de Sandricourt. Parce qu'il ne veut être décidément, ni Mazarin, ni prince, comme on disait alors, Sandricourt a des paroles injurieuses pour tous, excepté pour le duc d'Orléans. 11 se

[▲GTE] DES MâZÂRINâDES. 13

moque de tous les partis et de toutes les prétentions. Il répète souvent qu'il faut toujours être avec lé roi, désirer l'union de la fa-> mille royale et se défier de l'Espagnol ; mais en fait il ne prend pour lui-même que la dernière de ces trois recommandations. Il est fort peu avec le roi ; s'il désire Punion de la famille royale, il n'y paraît guère; car dans le Dialogue du roi et du duc d'Anjou avec la mamman^ qui suit le Visage de la Cour, il fait dire à la reine : u Voyez ce qu'on vous fait quand il (Mazarin) n'y est pas; » à quoi le roi répond : « Et je sais ce que vous faites, quand il y est. » Le seul sentiment queSandricourt ne démente jamais, c'est sa haine de l'Espagnol. Il ne pardonne pas aux princes d'avoir fait alliance avec l'ennemi de l'État; et dans le Politique lutin y sorte de, songe fantastique où l'auteur, changé en lutin, parcourt à peu près toute l'Europe et raconte beaucoup de folies, d'ordures et d'impiétés, Bayard et Duguesclin, qu'il a vus dans les Champs-Elysées en passant par la Thessalie, le chargent de prévenir le prince de Condé que Charles de Bourbon et tous ses adhérents sont damnés ; que si, dans quinze jours, il ne pense à sa conscience, l'arrêt du Parlement sera souscrit des connétables de Montmorency, ses ayeux , des maréchaux de Montluc, Cossé, Biron père et Boucicaut.

Mailly {Esprit de la Fronde) traite Sandricourt, sous le nom de Mézeray, avec une sévérité qui n'aurait rien perdu à être exprimée dans un langage moins violent.

Il est difficile de réunir toutes les pièces de Sandricourt. Il est plus difficile encore de trouver complet le recueil de Rouen.

20. Accueil (1') fait à Son Eminence par les Bordelois. (S. L), [1650], 8 pages.

Ce sont les Larmes Mazarines accommodées , tant bien que mal, aux affaires de Bordeaux.

21. Achat (T) de Mazarin en vers burlesques. (S. 1.), 1649, 11 pages.

Cette pièce a paru pendant le siège de Cambrai.

22. Acte de la révocation du vicariat général de M. Du Saussay , en l'archevêché " de Paris. Placard in-folio , daté du 15 mai 1656. Très-rare.

14 BIBLIOGRAPHIE [actions]

23. Acte (!') d'oppositioD de M. le duc de Chaulnes, gouverneur et lieutenant général pour le roi du Haut et Bas(^/c) Auvergne, à la proposition faite de donner à M. le duc de Bouillon en propriété lesdites provinces, pour partie du remplacement de Sedan. Paris, 1649, 7 pages. Très-rare.

Malheureusement sans date.

24. Acte portant la nomination faite par M. le cardinal de Retz , archevêque de Paris , d'un officiai et d'un vice-gérant en l'OfRcialité de Paris au lieu et place de M. André Du Saussay, évêque de Thoul. Placard infolio , daté du 28 mai 1 656.

Non moins rare que la pièce cotée 32 à laquelle il se rattache étroitement.

25. Action de grâce à nos seigneurs de parlement par les habitants de la ville et faubourgs de Paris, pour l'acquittement et la déchaîne des louages des maisons du quartier de Pâques dernier par un arrêt solennel. Paris, Claude Morlot, 1649, 3 pages.

L'arrêt est du 19 mai 1649.

26. Actions de grâces à Dieu pour la paix, par un prêtre bourdelois. (S. I. n. d.), [1650], 16 pages. Très-rare. n Figurez-vous une ville, recommandable soit par la noblesse

soit par l'antiquité , blocquée et assiégée par les bestes les plus monstrueuses ei les plus farouches que jamais l'Afrique ait nourries; que ses environs soient remplis de lions rugissants ; que les tigres courent de maison en maison ; que l'air soit obscurci par la fumée des dragons; que la terre soit couverte de serpents; ce n'est pas encore assez pour représenter la fougue de cette passion infernale- La haine avoit enfin armé tous les éléments et tout ce qu'il y a de terrible dans le centre du monde pour renverser l'honneur et la liberté d'un peuple jaloux de sa gloire. C'en estoit fait, oh ! mon Dieu , si vostre bras tout puissant n'eût affermi nostre vertu chancelante. Nous vous I endons grâce ; car par une vertu admirable

[actions] des MAZARINâDES. 15

le feu du ciel a amorti les tisons d'enfer ; et Feau de vos grâces a estouffé le flambeau de la guerre. »

27. Actions de grâce de la France au prince de la paix, monseigneur le duc de Beaufort, par le sieur D. P. Paris, veuve A. Musnier, 1 649, 8 pages.

Les initiales sont celles de du Pelletier , mauvais écrivain dont je n'ai pas rencontré moins de quatorze pièces, tant en vers qu'en prose.

Du Pelletier nous apprend dans quelques-uns de ses pamphlets, et notamment dans les Avis politiques envoyés à un obvier de la reine et dans sa première Lettre au duc de Beauforty qu'il était né à Paris , qu'il habitait au faubourg Saint-Germain une solitude où il vivait en anachorète , « sinon qu'il y faisoit des .vers ou de la prose » pour les grands Hommes du jour. Les Fers présentes au duc de Beaufort sont signes du Pelletier , parisien.

Guéret dit à Hydaspe, dans la Carte de la cour, p. 37 : « Il me semble que le solitaire Damon vous retient avec ses sonnets, que vous en admirez la pompe et l'économie, et que tous les illustres ensemble s'excitent à vous faire montre, de leurs merveilles. » En marge il a écrit : M. du Pelletier, Hydaspe , conduit par Guéret , était arrivé dans la ville dé Petits vers , province de Gentillesses,

a Le sieur du Pelletier, qui ne s'est point nommé dans tous ses écrits , dit à son tour l'abbé de Marolles, dans le dénombrement des auteurs qui lui ont fait présent de leurs ouvrages , page 332 du troisième volume de ^es Mémoires, pour un très-grand nombre de sonnets qui sont tous très-obligeants et que feu M. ie chancelier Séguier n'a pas jugés indignes de sa reconnaissance ; comme aussi l'honnêteté qui les accompagne partout, ne s'y trouvè-t-elle pas destituée d'esprit. Il a fait des lettres qu'il nomme NDUvelles, »

Un auteur qui a eu la singulière idée de mettre en prose (sous le titre de : La pièce cliarmante du cabinet découverte) la Pièce du cabinet dç Cameau , cite du Pelletier parmi les poètes célèbres de son temps.

Tallemant des Réaux nous a conservé une épigramme de Richelet contre l'abbé d'Aubignac et du Pelletier :

a Du critique Hédelin le savoir est extrême ; , C'est un rare génie , un merveilleux esprit.

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16 BIBLIOGRAPHIE [actions]

Cent fois confidemment il me Ta dit lui-méine; Et le grand Pelletier Pa mille fois écrit. »

Il est parlé ^ dans le numéro 27 de la Muse de la cour, 8 septembre 1657, d'une nouvelle académie

Qui joint , par un heureux destin , Notre Seine au Tibre latin ,

et dont l'ambassadeur vénitien , Gontarini ,

.... Est le prince dignement. »

« Le généreux du Pelletier^r D'esprit et de corps tout entier, Dedans ces illustres spectacles Ne fait pas de petits miracles. »

Pierre du Belletier avait de Tencens pour toutes les renommées. Il ne s'est peut-être pas publié de son temps un seul volume c^u'il n'ait chargé de ses vers à la louange de l'auteur. Aussi l'appelait-* on le portier du Parnasse. Son nom est un de ceux qu'on rencontre le plus souvent dans les satires de Boileau. On trouve dans la Bibliographia gallicana universalis du P. Louis Jacob, l'indication d'un petit livre in-12 mis en ordre et publié par du Pelletier chez la veuve de G. Loyson, sous le titre de : Nouveau recueil des plus belles poésies contenant le Triomphe d'Auguste, la Belle invincible, la Belle mendiante, l'Occasion perdue, le Temple de l'amour, le Temple de la débauche, le Banquet des poètes , le Portrait de Voiture, etc., par MM. de Scudéry, Colletet, Tristan, de Léstoile, Maucroy, du Soucy (d'Assoucy), Morangle, Loret, Benserade, Sarrazin, Gomberville, Chapelain, desYveteaux, du Pelletier, Théophile et d'autres. Ce livret est dédié à Colletet.

Il est assez remarquable que la Biographie universelle ait tout à fait passé cet écrivain sous silence. Richelet lui a consacré quelques lignes dans les Fies des meilleui^s auteurs français qui précèdent Les Plus belles lettres françaises sur toutes sortes de sujets; mais , à en croire l'abbé d' Artigny , il se trompe quand il dit que du Pelletier est mort en 1660. C'est sept ou huit ans plus tard qu'il fallait dire. M. Berriat Saint-Prix, dans son édition des OEuvres de Boileau , fait mourir du Pelletier en 1680. Je ne sais pas où il a pris cette date.

J'ai vu et lu de cet écrivain treize pièces , non compris les Jetions de grâces. Ce sont 1° les Maximes royales présentées au roi;

[ad] des HAZARINADES. 17

2^ la Paix en son trône; Z^ le Couronnement de la ptus:; 4** la Lettre du sieur du Pelletier au duc de Beaufort; 5® Les Fers pré^ sentes au duc de Beaufort; 6® V Hommage des muses françoises aux pieds du roi; 7» Avis politiques em^oyés à un ojjicier de la reine ; 8" le Triomphe de Paris; 9*» le Triomphe de la vérité; 10* le Par^ trait de M, de Broussel; 11° Lettre d'un prince angiois envoyée à la reine d'An^eterre ; 12® les Fers présentés au roi à son en^ trée, ..en sa ville de Paris.

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