L. Jacob , Bibliographia parisina
1444. France (la) triomphante sur tous les États et empires du monde , à madame la princesse Palatine (s. 1. n. d.), 6 pages.
Suzanne de Nervèze.
1445. France (la) vengée des malheurs dont elle étoit menacée par les armes de Jules Mazarin. Pam, Michel Mettayer, 1649, 6 pages.
1446. France (la) victorieuse au roi, ou Panégyrique dédié à Sa Majesté. Paris ^Vievve Du Pont, 1649,
.1 447. Franche (la) marguerite faisant voir : 1 ® que le roi ne peut pas rétablir le Mazarin^ et que par conséquent l'armement qui se fait pour ce dessein , est injuste ; 2^ que les lois fondamentales de TÉtat ne permettent pas à la reine d'être chef du conseil de Sa Majesté , et que par conséquent tout ce qui se fait par son avis , ne doit pas être suivi ; 3** que le roi , quelque majeur qu'il soit, doit néanmoins vivre sous la curatèle, quoique tacite, de Son Altesse Royale et de ses princes, jusqu'à l'âge prescrit par les lois pour l'émancipation des enfants ; 4® et que pendant cette conjoncture d'affaire , Son Altesse Royale , les princes et messieurs du Parlement peuvent commander le ban et l'arrière ban , pour terminer bientôt cette guerre mazarine. (S. 1. n. d.) 16 pages.
Ce pamphlet de Dubosc Montandré a été condamné à être brûlé par arrot du Parlement, en date du 27 mars 1652.
[froivdeur] des MAZARINADËS. ^21
1448. Fronde (la) du Parlement fatale au Mazarin. Paris j Pierre Sëvestre, <649, 8 pages.
1449. Fronde (la) ressuscitée (s. 1.), 1650, 7 pages.
C'est la même pièce que la Résurrection de la Fronde,
1450. Fronde (la) royale. Paris y JeanBrunet, 1650, 7 pages.
145t. Frondeur (le) bien intentionné aux faux frondeurs. Paris y Nicolas Vivenay, 1 651 , 8 pages.
Pour le prince de Gondé contre Gondy. u Vos grands soins sopt de vous rendre maître des bruits de Paris , » dit l'auteur au coadjuteur.
J'ai vu à la bibliothèque de l'Arsenal, sur un exemplaire de ce pamphlet , une note manuscrite qui l'attribue à Sarrazin.
1452. Frondeur (le) désintéressé (s. 1.), 16501
Deux parties, l'une de 14 pages, l'autre de 8.
Ce pamphlet est d'Isaac de Laffemas, tour à tour avocat au Parlement, secrétaire du roi, procureur général en la chambre du commerce , avocat général en la chambre de justice , maître des requêtes, lieutenant civil au châtelet de Paris, et encore maître des requêtes. II exerçait cette dernière charge au temps de la Fronde.
Bangouze a adressé à Isaac de Laiïemas une lettre, qui se trouve dans le recueil des Lettres panégyriques au cfiancelier de France , aux présidents à mortier y aux conseillers d* État y aux mattres des requêtes^ etc.; il y donne, sur la carrière de ce magistrat, des détails qui paraissent être restés inconnus aux biographes ; et parce que cette lettre est rare , j'en citerai quelques passages : « Vos services importants , dit Rangouze , obligèrent le feu roi (Louis XIII) de vous donner en pur don la charge de maître des requêtes , pour joindre à votre mérite l'autorité de rendre par plusieurs intendances la justice dans les provinces. L'exécution avantageuse des ordres qui vous furent donnés , jetta tant d'éclat dans les esprits de toute la cour qu'un des plus grands hommes du siècle jugea par les effets de votre conduite que la sagesse de vos conseils étoit encore plus nécessaire près de Sa Majesté. . . Les obstacles que vous y rencontrâtes, et qui seroient aussi longs à réciter que difficiles à
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croire, bien loin de vous abaisser, ne servirent qu'à établir plus puissamment votre réputation. . . C'est votre zèle et votre expérience qui ont mérité de la justice du roi la gratification de la charge de lieutenant dvil, qui étoit montée à un prix excesâf... Après cela, Monsieur, cédant au changement du temps, vous avez paru aussi judicieux que désintéressé , vous dépouillant d'une charge avec la même facilité que vous en aviez été revêtu, pour revenir à votre premier exercice de maître des requêtes. »
Cette dernière phrase ne veut-elle pas dire qu'après la mort de Louis Xin, LafTemas fut contraint de se démettre de sa charge de lieutenant civil ? Au moins est-il vrai que le lieutenant criminel Tardieu l'accusa, en plein conseil, d'empiéter sur sa charge. Ces tracasseries expliqueraient peut-être la démbsion de Laffemas.
Tallemant des Réaux, 4' volume des Historiettes^ confirme tous les faits avancés par Rangonze ; seulement il croit que LafFemas ne reçut de Louis XŒ^ en pur don, qu'une parde de sa charge de maître des requêtes. « Quand, dit-il, le cardinal de Richelieu lui fit exercer par commission la charge de lieutenant civil , il acquit beaucoup de réputation, et ôta bien des abus. A vivre en saint, comme on dit, mais ce n'est pas en saint de Paradis, la charge peut valoir vingt mille livres. Il n'en tiroit que six. . . LafTemas n'avoit pas passé pour voleur <lans les intendances qu'il avoit eues. Je crois qu'il avoit les mains nettes. Il étoit effectivement bon** homme. »
On ne s'attendait guère à voir accoler l'épithète de bonhomme au nom du terrible justicier que Despeisses définissait : vir bonus strangulandi peritus ; mais Tallemant des Réaux n'est pas trop persuadé de la cruauté de LafTemas : « Il a passé pour un grand bourreau , dit-il ; mais il faut dire aussi qu'il est venu en un siècle où l'on ne savoît ce que c'étoit que de faire mourir un gentilhomme ; et le cardinal de Richelieu se servit de lui pour faire ses premiers exemples. »
Ta Frondeur désintéressé valut à son auteur de violentes attaques, tant en vers qu'en prose. Davenne publia successivement la Réponse au frondeur désintéressé, par un autre frondeur désinté^ resséy et la Satyre y ou Feu à l'épreuve de Veau, etc. Du Châtelet composa V Apologie pour Malef as. Des anonymes firent paraître le Faux frondeur converti et la Réponse des vrais frondeurs , etc.
Laffemas ne répliqua qu'une seule fois , au Faux frondeur con-
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verti» G'^t l'objet de la se^Mwde paitie de son pamphlet ; mais il y eut une Défense pour le Frondeur déwtéressé » qui réfutait la Réponse des vrais frondeurs. Par une siogularité qu'explique la folie de DaTenne, la Satyre^ ou Feu a Véprewfe de l'eau est dirigée à la fois contre ces deux dernières pièces.
Dans la première partie de son Frondeur ^ Laffemas fait très-bien remarquer que la Fronde a coûté aux Parisiens plus cher même que les partisans ; et dans la seconde :
« Parmi ces frondeurs agissants , Pen oounois beBLacoap d'innocents, Qui n'ont prêté leur entremiae A ces demi républiquains {sic)^ Que parce que les publiquains Nous Youloient tous mettre en cbemise. »
A son avis, tout avait été fini par la paix de Saint-Germain ; et la Fronde devait être bien morte ; mais
a L'indigence des colporteurs £t la vanité des auteurs Sont cause qu'on la fait revivre. »
C'est de ce pamphlet que parle Tallemant des Réaux quand il dit de Laffemas (page 36 du 4' vol. des Historiettes) : « Il s'avisa mal à propos d'aller faire des stances en 1650, pour montrer que la Fronde n'avoit fait que du mal ; » mais je ne saurais reconnaître, entre les réponses diverses qui furent publiées , celle dont le manuscrit portait pour titre : jiu Mazarin enfariné.
Deux pièces rappellent l'anecdote à laquelle il est fait allusion par cette épitliète ^enfariné. Dans V Apologie pour Malefas , Du Ghâtelet accuse Laffemas d'avoir été comédien ; et l'auteur de la Réponse des çreUs frondeurs dit avec plus de précision qu'il avait joué à l'hôtel de Bourgogne sous le nom de Beausemhlant. Cette fable était assez accréditée pour que les maîtres des requêtes se crussent autorisés à en faire une cause d'indignité contre lui. Ils refusèrent de le recevoir. Le procès fut porté devant le Parlement. De Pleix etMontauban, qui plaidaient pour ses adversaires, mirent en fait qu'il avait joué le rôle du fariné, Laffemas se défendit luimême , et gagna sa cause.
« La vérité est, dit Tallemant des Réaux , qu'il faisoit assez bien Gros Guillaume, qu'il avoit joué plusieurs fois, mais en particulier, comme tout le monde peut faire. Oh disoit encore qu'il avoit joué
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de ses propres pièces dans une troupe de comédiens de campagne, et qu'il s'appeloit le Berger Talemas. Je doute même, comme quelques-uns l'ont soutenu, qu'amoureux de quelque comédienne, il ait suivi une troupe, et que par hazard il liii soit arrivé de monter sur le théâtre , une ou deux fois , pour l'amour d'elle. »
Ces anecdotes n'ont pas plus de valeur que celle de l'Étoile, qui veut que LafFemas ait été tailleur ; Tallemant des Réaux dit fils de tailleur. Beausemblant est le nom de la terre où le père de LafFemas est né en Dauphiné.
On comprend que les pamphlétaires ne se sont pas fait faute de ramasser toutes ces anecdotes scandaleuses et toutes ces calomnies. Voici ce que je lis dans la Réponse des vrais frondeurs :
« Votre personne, si bien peinte Autrefois par Du Châtelet , Fait bien juger qu'un châtelet , Qui n'est plus de votre domaine , Est le sujet de la migraine. »
L'auteur au Faux frondeur converti termine sa pièce par un sonnet , où se trouvent ces deux vers :
y a Voir les innocents dans les mains des bourreaux , C'étoit jadis l'emploi de sa belle intendance. j>
Celui de la Réponse des vrais frondeurs dit :
c Lorsque vous prêchez la clémence , Dieu sait ce que chacun en pense ....
Et l'on sait qu'un Beausemilant N'a rien qu'une charité feinte. »
^ Il conseille à LafFemas d'écrire un Traité de Vart de ramer, une Oraison patibulaire ou le Parfait questionnaire,
Boisrobert disait que, quand LafFemas voyait une belle journée , il s'écriait : «c Ah ! qu'il feroit beau pendre aujourd'huy ! »
Isaac de LafFemas était fils de Barthélémy de Laflemas, contrôleur général du commerce sous le règne de Henri IV. Comme son père , il s'est beaucoup occupé des choses commerciales ; et nous avons de lui une Histoire du commerce de France , enrichie des plus notables de Vantiquité et du trafic des pays étrangers. Paris , i606,in-12.
Je ne sais pourquoi les auteurs de la Biographie universelle et les éditeurs de Tallemant des Réaux le font mourir vers 1650. Je
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vois dans le Journal du Parlement que LafTemas , encore maître des requêtes, fut accusé, dans l'audience du 19 juillet i65â^ d'avoir remis les sceaux à un commis de Guénégaud ; ce qu'il avoua , séance tenante.
Sautereau de Marsy a publié le Frondeur désintéressé dans son Nomfeàu siècle de Louis XIF^ p. 280 du I" vol.; mais il n'a reproduit aucune des réponses.
1453. Frondeurs (les) champêtres, Églogue allégorique sur les affaires du temps (s. 1.), 1651, 8 pages.
1 454. Frondeurs (les) victorieux et triomphants sous le règne de Louis XIV, dit Dieudonné (s. 1., 1650), 8 pages.
Le trion^he de la Fronde , c'était la prison des princes. Mauvais, mais peu commun.
1455. Fuite (la) des maltôtiers après Mazarin , mise en vers burlesques par le sieur Pompholis. Paris ^ 1649, 3 pages.
1456. Funeste (la) et agréable résolution du lutin du cardinal Mazarin, à la sollicitation du diable Astaroth par le moyen de l'apparition de Tombre de Henry le Grand, et Tinterprétation des songes de ce ministre faite par rassemblée de tous les dieux souterrains. Demandez au vendeur le Sénèque exilé. Paris , 1 652, 15 pages.
« J'ai trop écrit et excité à sédition... J'avoue que j'ai fait quelques pièces contre le cardinal Mazarin , notamment le Sénèque exilé et la (Funeste et agréable) résolution du lutin du cardinal y dont voici la suite. Vous pouvez les demander au vendeur; et vous verrez si je suis Prince ou Mazarin. ^
C'est ainsi que le sieur du Crest fait son med culpâ dans le Sénèque mourant. Je ne connais rien de plus de cet écrivain.
1 457. Funeste (le) hoc de Jules Mazarin. Paris ^ Nicolas Boisset, 1649, 3 pages.