CHEZ LES AKCIENS ET PABTICULIÈRK- MENT CHEZ LES GRECS
(Voir aussi plus loin , Matériaux podr servir
A L'HISTOIRE GÉNÉRALE DE L'ART. Traités €t
Manuels de Varclicologie classique.)
1253. SAULCV (F. de), membre de l'Institut. Histoire de Part judaïque, tirée des textes sacrés et protanes. — Paris, 1858, in-8 (5 à 6 fr.).
L'existence d'un art appartenant en propre au peuple juif, né chez lui, portant l'empreinte de ton génie, a été souvent contestée. C'est contre celte opinion fortement accréditée que s'élève M. de Saulcy, et le désir de la combattre lui a mis la plume à la main. Son livre est destiné à établir que non-seulement les Juifs avaient un art, mais qu'ils avaient porté cet art à un très-haut degré de perfection. Pour amener ses lecteurs à partager sa conviction, il énumère tous les monuments judaïques dont il lui a été permis d'éiudier les restes, et passe en revue tous ceux que signalent les textes bibliques, depuis les temps qui précédèrent l'établissement définitif d'Israël sur la rive droite du Jourdain jusqu'à la destruction définitive de la nationalité judaïque.
254. WINCKELMANN (J.-Joli.). Cedanken ûber die Nachahmung der griechischen T^Verke in der Malerey und Bildhauerkunst, etc. — Réflexions sur l'imitation des œuvres grecques dans la peinture et la sculpture. — Fi iedrichstadt, 1755, in-4; — 2« édit. , auf];m.; Dresde, 1756, in-8 (1 à 2 fr.). =Sendsc/ireiben, etc. — Lettres critiques sur les Réflexions. — Dresde, 1755, in-4.=:
Erl'àuterungeny etc. — Éclaircissements de ces Réflexions, et réponse à la lettre critique. — Dresde, 1756, in-4. = La première part. trad. en franc, (par Suard) dans les Variétés liiteroires, t. IV, et en angl. par H. Fusely : Refîections, etc.; Londres, 1765, in-8, et Glasgow, 1 766, iii-8.
Le principal mérite de cet ouvrage est de marquer le premier pas de Winckelmann dans la carrière : quand il le fit, le pauvre antiquaire venait d'embrasser le catholicisme, afin d'acheter eu Allemagne la proieciion du confesseur du roi de Saxe, et ensuite celle du nonce qui pouvait lui ouvrir W chemin de Rome (8 juillet 175^»). Rome, en edét, lui était imposée s'il voulait faire des progrès dans l'étude de l'anliquilé. D'ailleurs, il né ail i)lus bibliothécaire du comte de Buiiau, et le paiement dti la pension qui lui avait été promise se fiiisait attendre, l'our employer ces loisirs, il publia ses Réflexions. C'était peloter en attendant partie. Du môme coup, cet opuscule éveilla l'attention et la critique : on reprocha à
l'auteur de n'avoir point cité ses autorités; il les cita dans la seconde édition, et celte éruditior. formidable fit voir à qui l'on a\ ait affaire; on sentit la griife du lion.
1255. WINCKELMANN (Johann- Joachim). Gesclnchteder Kunst des Alterthums. — Histoire de l'art chez les anciens.— Dresde, 1764,2 vol. in-4, fig.; — Vienne, 1776,2 vol. in-4, fi g. (5 à 7 fr.);
— dans les OEuvres {fVerke), publ. par C.-L. Fernow, H. Meyer, J. Schuize ; Dresde, 1808-20, 8 vol. in-8, 63 pi. et portr. (25 à 40fr.);— Supplément CiVftcAtrag), contenant ses Lettres, publ. par F. Fôrster; Berlin, 1824-25, 3 vol. in-S (tire sur pap. ord., sur pap. fin et sur pap. vélin; les planches ont été aussi tirées à part en 182.5); —OEuvres complètes [Sàmmtlic/ie IVerke)., publ. par J. Fiselein : Donaueschingen, 1825-29, 12 vol. in-8, 71 pi. lith., portr., etc. (20 fr.); — Werke i^édit. po pu 1.); Dresde, 1839-45,2 vol.gr. in-8, 63 pi. (12 fr.); — Werke. Einzig rechtmàssige Original- Âu.sgabe : Stuttgort, 1847, 2 vol. in-8, pi. = Traductions françaises ; Histoire de l'art chez les auciens. Ouvrage trad.de l'allemand (par Godefroy Sellius, rédigé par J. Bapt.-René Robinet) ; Amsterdam (Paris), 1766, 2 vol.
in-8, fig. ; ibid.. 1775, 2 vol. in-8, fig. ■
— Histoire de l'art de l'antiquité, trad. (sur la2eédit.) par Michel Huber (qui y ajouta une Vie de l'auteur) ; Leipzig, 1781, 3 vol. in-4, fig. (8 à 20 fr. pap. ord., 40 fr. pap. de Hollande) ; Yverdon, 1784, 3 vol. in-8, fig. — Même trad. (avec des additions et des corrections par Krutoffer et l'abbé Leblond) ; Paris, 1789, 3 vol. in-8 (10 fr.). — Même trad. (revue par Jansen) : avec des notes historiques et critiques de différents auteurs; Paris, 1790-94, 3 vol. in-4, fig.; ibid.^ an xi (1802), 3 vol. in-4, avec 160 pi., vignettes et fieurons (40 à 70 fr.); les d^nx premiers volumes avaient paru d'abord eu 1793 sous le titre d'Œuvres. ^Traductions ITALIENNES : Storia deW artidetdisegno presso gli antichi...., con note origiiiali deglieditori ynonaci Cisterc/esi (trad. par C. Amoretti) ; Milan, 1779, 2 vol. iii-4, fig. ; — même trad., corrigée et augm. par l'abbé C. Fea; Rome, 1783-84, 3 vol, in-4, fig. (8 à 20 fr. et plus); —OEuvres: Opère; Milan, 1826, 12 vol. in-12 ; — Opère.
Prima edizione italiana compléta ; Prato, 1831-35, 4 vol. in-fol. ou 12 vol. gr. in-8 et atlas de 200 pi. in-fol.
(80 à 100fr.).= TRADUCTlONS ANGLAI-
HISTOIRE GÉNÉRALE DE L'ART
SES : The Hlstory of ancient Art amougthe Greeks ; trad. par H. Lodge; Boston, 1849, 2 vol. gr. in-8, 18 pi., et Londres, 1850, 2 vol. gr. in-8, 18 pi.
(6 fr.).
Le titre de ce livre célèbre n'est pas exact. C'est plutôt une théorie de la beauté plastique chez les anciens qu'une histoire. La publication de cette œuvre supérieure n'a point obtenu en Allemagne, dès le début, du moins quant à la vente, un succi-s aussi décidé que celui dont se flattait Winckelinann. 11 est vrai qu'on y remarqua de nombreuses fautes. Winckeluiann songea alors à la France, pour donner une nouvelle édition de son livre dans la langue de ce pays. Ayant appris qu'une traduction française était en préparation à Paris, il s'empressa d'envoyer à l'éditeur des corrections, dont, malheureusement, on ne s'est pas servi. £nlin la traduction française parut (1766). L'auicur n'eut pas lieu d'en être satisfait et il lit mettre dans la Gazelle littéraire de l'Europe (t. VIII, p. ^5) cet avis au public : «La traduction françoise de [^Histoire de « l'Art a tellement altéré le texte que si l'on en « jugcoit par cette infidèle et informe copie, on « en prendroit une idée aussi fausse que désa- » Yaiiiageuc.e. Le traducteur, qui vraiscmblable- « mont connolt peu la langue allemande, et en- « core moins la matière dont il est question dans « ce livre, fait, presque à chaque page, de gros- « ses nîéprises, et fait dire à l'auteur des choses « qu'il n'a jamais pensées, même en songe. »
Les défectuosités de celte traduction poussèrent Winckelmann à publier ses Observations sur l'Histoire de l'art chez les anciens {Anmerkiingen iiber die Geschiclite der Kunst dea Althcrlliums; Dresde, 1767, in-û). 11 eut en môme temps l'idée de faire faire, sous ses yeux, une nouvelle traduction française par M. Toussaint, de Berlin, avec l'assistance de plusieurs savants de l'Académie royale. Du reste, le grand antiquaire travaillait constamment à la refonte prochaine de son livre, ajoutant sans cesse notes sur notes. Sa mort inopinée (1768) ne lui permit point d'en donner une édition plus parfaite. Son manuscrit fut porté à Vienne, et confié à F.-J. Riedel, chargé de préparer une seconde édition allemande de ce livre. Riedel ne fut pas à la hauteur de sa tâche. Mis en présence d'une foule de notes, souvent contradictoires, que Winckelmann s'était proposé de coordonner, il ne sut point discerner, et, pénétré d'un respect exagéré pour le manuscrit de l'auteur, il le conserva scrupuleusement, sans l'avoir soumis à une révision critique : de là, des omissions, des fautes, de fausses citations.
C'est sur cette édition informe que fut faite la première traduction italienne (1779), ofi l'on a encore ajouté des notes fastidieuses. La seconde traduction italienne (1783) fut plus intelligente. Toutefois l'abbé Fea eut la hardiesse d'adresser à l'un des plus grands écrivains de l'Allemagne l'étrange reproche d'avoir oublié sa langue maternelle en Italie.
La seconde traduction française (1781) fut faite aussi sur la seconde édition allemande, mais le traducteur, Huber, y mit une certaine critique. Elle fut ensuite revue par Jansen, qui l'améliora au point d'en faire en quelque sorte une édition originale. Cette traduction, en effet, fut faite sur la comparaison de deux éditions allemandes, avec adjonction de notes et d'additions utiles, puisées aux éditions italiennes et dans les œuvres des critiques autorisés. En la publiant, Jansen se proposait de donner une traduction française en 8 vol. des œuvres complètes de Winckelmann, projet qui n'eut pas de suite.
1256. HANCARVILLE (Pierre-François
Hugues, dit d'). Recherches sur l'origine, l'esprit et les progrès des arts dans la Grèce, sur leur connexion avec les .'irts et la religion des plus anciens peuples connus, et sur les monuments antiques de l'Inde, de la Perse, du reste de l'Asie, de l'Europe et de l'Egypte. — Londres, 1785, 3 t. en 2 vol. in-4, avec 29, 34 et 22 pi. (8 à 25 fr.).
La méthode de l'auteur ressemble à celle des linguistes qui trouvent des origines communes par l'étymologie. Il s'est dit que, puisque les monuments des diverses nations présentent des formes analogues, ces formes devaient découler d'un prototype inventé par un peuple perdu, — le peuple cherché par des physiciens et des philosophes et notamment par l'honnèie et malheureux Bailly. Bien avant que la critique moderne eût mis à néant ces imaginations, d'Ilancarville avait rencontré des contradicteurs. Piqué au vif, il consacra son troisième volume à répondre à ses adversaires, dépensant ainsi sans profit une érudiciion vaste, une imagination ingénieuse et beaucoup d'esprit. Après ce troisième volume, il s'est arrêté.
1257. BOSARTE (Isidoro). Ohservaciones aobre las BtUas Jrtes entre los onliguos, etc. — Observations sur les Beaux-Arts chez les anciens avant la conquête de la Grèce par les Romains.
Part. I : la sculpture chez les Grecs. Part. II : la peinture. Part. III : l'architecture. Part. IV: des Beaux-Arts chez les anciens Égyptiens. — Madrid, 1790- 91, in-16 (6 a 7 fr.).
1258. H AVEN (iE.-C. v.). Udsigt over den garnie Kunslhistorie. — Abrégé de riiistoire de l'art ancien. — Copenhague, 1790-91,2 vol. in-8.
1259. CRETJZER (Fr.). Die historische Kunst der .Griechen in ilirer Entsteliung und Fortbildung, — Histoire de Part grec, sa naissance et sou développement. — Leipziii, 1803, gr. in-8 (2 à 3 fr.); — 2° édit., corr. et augm. par J. Kayser; Darmstadt, 1845, gr.
in-8 (4 à 5fr.).
1260. LEULIETTE (Jean- Jacques). Essai sur les causes de la supériorité des Grecs dans les arts d'imagination. Question proposée par l'Académie de Lyon.
— Paris, 1805, in-8, 93 pp. (3 à 4 fr.).
Le nom de Leuliette se rattache à un phénomène psychologique assez singulier pour me faire pardonner de le rappeler ici. Mé à Boulogne-sur- Mer d'un pauvre serrurier (30 novembre 1767), Leuliette resta jusqu'à quinze ans dans un tel état d'inertie, qu'il fallait le faire manger. Tout à coup, son intelligence se développa, et, tout en faisant marcher le soufflet de la forge de son père, non-seulement il apprit à lire, nmis il apprit encore le latin et l'anglais. Quand les écoles centrales furent instituées, Leuliette obtint une chaire de belles-lettres à Versailles et la remplit avec distinction.