‹ Bibliographie méthodique et raisonnée des beaux-arts. Esthétique et histoire de l'art, archéologie, architecture, sculpture, peinture, gravure, arts, industriels. Accompagnée de tables alphabetiques et analytiquesChapitre 133 sur 167 · EN ITALIE · texte numérisé non relu

EN ITALIE

1402. (QUILLIET, F.) Le Arti italîane in Ispagna, ossia Storia di quant o gli artisti italiani contribuirono ad abbeliire le Castiglie. — Rome, 1825, in-fol., 116 pp. (4 à 5 fr.).

1403. RUMOHR (Carl.-Fried. von). //alienische Forschuiigen. — Recherches sur l'Italie. — Berlin, 1827-31, 3 vol. ia-8 (7 à 8 fr.).

Les recherches de Rumohr sur les grands artistes de l'Jialie sont du même ordre que celles entreprises par MM. de Chennevières et de Montaiglon dans les Archives de l'art français., et si bien du même ordre, qu'elles ont servi de modèle à ce dernier ouvrage. Après quelques considérations sur les origines de l'art moderne, sur les résultats de l'invasion des Goths et des Lombards et sur les développements de l'art romano-chrétien dans toute l'Italie, Rumohr examine ensuite ce que furent les arts du dessin dans la période qui s'étend de Charlemagne à Frédéric 1«' : le mouvement des esprits, les progrès de la technique, l'élan du génie italien, les influences byzantines, la peinture s'épanouissant sur un sol fécond, tels sont au commencement du livre les sujets effleurés par l'auteur. Les second et troisième volumes renferment des mémoires sur les maîtres primitifs, et en dernier lieu sur Raphaël et sur les commencements de l'architecture au moyen âge.

Le mérite de Rumohr, c'est d'avoir introduit la critique dans des recherches où avant lui elle ne présidait guère. Son livre, dit Nagler, dans le Dictionnaire des artistes {Neues allgemeines Kunstler Lexicon), a été pour nous un des meilleurs moyens d'information. Du reste, il n'y a pas lieu de s'en étonner quand on se représente le zèle de Rumohr, ses nombreux voyages en Italie, et les preuves de la justesse de son esprit.

Un mot maintenant sur la vie de ce critique distingué. Carie-Louis-Félix baron de Rumohr est né dans les environs de Dresde, le 6 janvier 1785. Il n'était qu'un enfant quand ses parents allèrent habiter aux environs de Lubeck. A Gœttingue, une collection de gravures lui inspira le goût des arts; à Dresde, ce furent des conversations avec Tieck. Son père meurt, et il s'empresse d'aller visiter l'Italie, qu'il retourne voir en 1816, après la chute de Napoléon. En 1832, on le trouve en Italie; en 18^2, nous le voyons établi à Lubeck au milieu d'une bibliothèque et d'un petit musée privé ; enfin il était à Dresde au printemps de 18ij3 : c'est là qu'il a été surpris par la mort. Le baron de Rumohr ne s'est point contenté d'écrire sur l'art : il a pratiqué. Artiste dans toute l'acception du mot, dessinateur habile, il a, de plus, peint et gravé, mais il s'est borné au paysage et au genre.

[1404. Carteggio inedito d'artistîy etc.— Correspondance inédite d'artistes (des xive-xviie s.), publiée et illustrée, avec des documents inédits, par le D"^ Giov. GAYE. ï. I", 1326-1500. T. II, 1500- 1.557. T. III, 1501-1672. — Florence, 1839-40, 3 vol. in-8, fac-sim. (40 à .50 fr.).

Au moment oii le docteur Gaye recueill it cette correspondance dans les archives de la Toscane, il voulait écrire l'histoire des beauxarts en Italie : la mort l'a empêché de réaliser ce projet. Publier, comme un ballon d'essai, les matériaux qu'il avait rassenibKs ije devrais diie une partie seulement de ces matériaux), voilà

tout ce qui lui a été permis ; ses amis ont fait le reste. Cette correspondance n'a point été placée dans la section des lettres d'artistes (voy. plus loin), par cette raison que le Carteggio., recueil très-important pour l'histoire de l'art italien, ne renferme pas que des lettres, lettres officielles pour la plupart, mais qu'on y trouve aussi des pièces d'une autre nature, par exemple les statuts de certaines confréries, des contrats, des testaments d'artistes, des mémoires et marchés, et tout un bagage analogue à celui que renferment les Archives de l'art français.

Le D-^ Giovanni Gaye lui-même est très-peu connu; son nom ne figure pas dans les meilleures biographies, raison de plus pour en parler. Gaye était Danois. Il est de 180ft, et c'est dans une petite ville du duché de Schleswig qu'il est né. Après avoir fait ses études à l'université de Kiel, continué ces mêmes études à Berlin ; après avoir, de retour dans le duché, obtenu le grade de docteur, Gaye, en 1830, prit le chemin de l'Italie. Pendant cinq ans, il parcourut la péninsule. En 1835, il se fixa à Florence : ce fut son quartier général. De là, il se lança dans toutes les directions à la poursuite des documents qui pouvaient être utiles à son histoire. Neuf années entières, on le vit voyageant sans cesse, visitant les couvents et les églises pour dépouiller leurs archives, traversant les montagnes à pied, explorant les contrées les plus inaccessibles, n'étant arrêté ni par la fatigue, ni par la faim, et toujours sous l'empire d'une idée : celle d'accroître sa collection. Tant de zèle, tant de dévouement ne devaient pas être récompensés. Victime de son ardeur, Gaye est mort à trente-six ans, avant d'avoir terminé sa tâche, et ses restes sont enfouis sous le sol italien, dans cette terre classique qu'il avait ta«t aimée.

1405. Memorîe origînalî italîane risguarda7iti le Belle ArtL — Pièces originales concernant les Beaux-Arts en Italie. (Publiées par M. A. GUALANDI.) — Bologne, 1840-46, 6 séries in-8 (20 à 2.5 fr.). ~(Voy. aussi plus loin, dans la seciion des Lettres d'artistes^ etc., les Recueils publiés par Bottari, Ticozzi

et GUALANDI.)

Les étrangers qui s'arrêtent à Bologne ne manquent pas d'aller visiter le palais Fava, dont les voûtes, suivant Valéry, resplendissent de la gloire d'Augustin et d'Annibal Carrache. C'est dans ce palais qu'en 1858, entouré de tableaux, de gravures, de livres d'art, de parchemin et d'autographes, vivait Gualandi. Issu d'une ancienne famille originaire de Pise, riche, titré, chercheur infatigable, Gualandi est arrivé à réunir une foule de documents précieux. De là, les trois volumes cités plus haut et dont l'importance est grande. De même que le Carteggio inedito d'artisti. de Gaye, de même que les Archives de l'art français, de MM. de Chennevières et de Montaigloii, ces volumes contiennent la reproduction d'un grand nombre de pièces originales, accompagnées de notes et de commentaires qui non-seulement expliquent divers points obscurs de l'histoire, mais qui donnent sur la condition sociale des artistes et sur leur vie privée des détails nouveaux, piquants, dignes d'intérêt, et qui sont autant de matériaux pour l'histoire de l'art italien.

1406. ARCO (Carlo d'). Intorno al carattere nazionale clie aver debbono le arti italiane, etc. — Sur le Caractère national que doivent avoir les Beaux-

HISTOIRE GÉNÉRALE DE L'ART

Arts en Italie. Suivi de quelques observations pratiques au sujet de diverses œuvres exposées à Milan de i837 à 1842. Mémoire. — Mantoue, 1842-43, 2 part, in-8 (3 à 4 fr.).

1407. DUMESNIL (Alfred). L'Art italien.

— Paris, 1854, in-l8 (2 fr.).

Voici le contenu de ce volume : les Initiateurs : Dante, Giotto. — Les Précurseurs : le Maiitegna, Brunelleschi , Masaccio. — Les Maîtres : Léonard de Vinci, Raphaël, Michel-Ange, le Corrége, le Giorgioii, le Titien. — La, Décadence : l'Art théâtral, le Vertige, les Eclectiques.

1408. RANALLl (Ferd.). Storia délie Belle Arti in Italia. — Florence, 1845, gr. iu-8, 1282 pp. (15 fr.); — 2°édit., corr. et augm.; ibid., 1856, 2 vol. in-8 ;

— 3° édit., revue par l'auteur, avec un appendice contenant un Essai historique et moral pour défendre l'histoire de l'art ; un dialogue sur la peinture religieuse; un discours sur Léonard de Vinci, lu à l'académie de Florence ; un second pour l'inauguration d'un cours d'histoire; un troisième prononcé à Ravenne; une lettre au professeur Betti; ibid., 1869, 3 vol. in-12.

Je ne certifie point que l'esthétique du professeur llanalli ait toute la profondeur et toute la finesse désirables; mais ce qu'il y a de certain, c'est que son livre, arrivé à une troisième édition, jouit de l'estime de tous ceux que l'esprit de secte ou de parti laisse libre de juger. Ce livre est commode et usuel ; des sommaires, une table des niatières, une plume assez alerte en rendent la lecture facile. 11 embrasse les trois grands arts, ce qui est presque une nouveauté, et les suit depuis l'origine jusqu'à présent. Et comme l'auteur est convaincu de l'influence du milieu dans lequel ils vivent, de leur liaison avec la marche de la société, il a grand soin d'indiquer quels sont les événements politiques qui correspondent à chacune des étapes de l'art. — La défense indiquée plus haut a été provoquée parles accusations de la feuille qui s'intitule Civiltà cattolica. Le professeur Hanalli paraît trop libéral à un journal qui l'est trop peu.

1409. FÔRSTER (Ernst). Geschichte der italianîsclien Kunst^ etc. — Histoire de l'art italien. — Leipzig, T. O. Weigel, 1869-75, 4 vol. in-8. — 35 fr.

Exprimer une opinion sur un livre inachevé, c'est toujours plus difficile; cependant, dès le début, on peut juger de la valeur de la critique de M. Forster.Ainsi, après avoir établi que, dans l'histoire de l'art moderne, l'art italien occupe la première place; apiès avoir montré l'art byzantin s'anêtaiit quand il fut arrivé à un haut degré de culture et se laissant surpasser; après avoir constaté que l'art des Français, des Italiens, des Espagnols, n'a jamais pu rivaliser avec l'art italien, — il eût été ^age d'ajouter seulement dans la peinture, — M. Forster établit que l'art tudesque déploya, bien longtemps avant l'art italien, sa grandeur et sa magnificence... H oublie, puisque le mot art comprend l'architecture, que l'architecture ogivale, dite gothique, est née dans le nord de la France, et que de là

elle s'est répandue dans toute l'Europe, l'Allemagne comprise; il oublie que Giollo, comme l'heureust remarque en a été faite, est un artiste gothique dont les personnages ressemblent bien plus aux statues françaises de la fin du xiiie siècle qu'aux figures trapues des sarcophages romains. Mais ces oublis proviennent de ce qu'il est Allemand ; son livre fait partie d'un ouvrage essentiellement national : Das cleutsclie Volk (le Peuple allemand); aussi a-t-il le goût du terroir. Ajoutez que l'art et la critique se disputent le cœur de M. Forster : il est peintre autant qu'écrivain. Des fresques, des tableaux, des dessins prennent place à côté de ses manuels, de ses guides, de ses histoires de l'art ; tous sont également ses enfants.

2, Provinces de l'Italie.

1410. ZANETTI (Girolamo). DeWOrigine di alcune arti principaii appresso i Fenezdani. — Venise, 1758, in-4, avec 1 pl.grav. s.c. (Ifr. 25) ; — ibid.., 1841, in-8.

1411. CFEDERICI, Fr.-Dom.-Maria.)Memorie Trevigiane suite opère di di- .segno dal 1100 al 1800, per servire alla storia délie belle arti d' Italia. — Venise, 1803, 2 vol. in-4, avec 1 pi.

grav. s. c. (4 à 10 fr.).

1412. MANIAGO (conte Fabio à\). Storia dette Belle Arti Friidane. — Histoire des Beaux- Arts dans le Frioul.— Venise, 1819, in-4, 287 pp., avec portr. d'Irène di Spiliinbergo , d'après le Titien (6 à 8 fr.); — T édit., corr. et augtn.; Udine, 1823, in-8 {5fr.).

1413. PARMA (cav.Giac). Arti Belle dei f^eneziani. Mtmor'îa. — Padoue, 1837, in-8, 2 pi. (2 fr.).

1414. BOULLIER (Aug.). L'Art vénitien : architecture, sculpture, peinture.

— Paris, Deutu, 1870, in-8, 111 pp. — 2fr.

1415. ARCO (Carlo d'). Dette Arti e degli artefîci di Mantova. Notizieraccolte ed iîlustrate cou disegni e con documenti. — Mantoue, 1857-58, 2 vol.

gr. in-4, 59 pi. lith. et 2 pi. de fac-similé.

1416. CITTADELLA (L.-N.). Documenti ed iliustrazioni risguardanti la storia artistica Ferrarese. — Ferrare, 1868, in-8.

1417. MACCHIAVELLÏ (Aless.). Délia 07'iffine e progres.n in Bologna delta pittura^ scottura ed architettura. — Bologne, 1736, in-4 (3 fr.).

1418. RICCI (Amico). Compendio délie memorie istoric/ie délie arti, elc. — Abrégé d'un travail historique sur les

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