VUES GENERALES
1 . BATrEUX (l'abbé Charles). Les Beaux- Arts réduits à un même principe. — Paris, 1746, in-12 (I fr.); — ibid., 1747, in-12 (2 fr.); — Leyde, 1753, in-12 (ï fr.) ; — forme aussi le premier vol. des Principes de littérature, du même; — trad. en allem. par J.-A. Schlegel : Einschrànkung der schi'men Kûnste, etc. ; 3« édit., Leipzig, 1770, 2 part, eu 1 vol. in-S (1 fr. 50 à 2 fr.).
Ce principe serait l'imitation de la nature : or l'application ne le justifie pas toujours, et d'ailleurs il aurait pu être développé avec plus de solidité et de charme. Après avoir été un instant classique en France, après avoir joui d'un grand crédit en Allemagne, oîi elle fut combattue par I.essing, Ilerder, Schiller, Hegel, Sulzer et bien d'autres , la théorie de l'abbé Baiteux est aujourd'hui, des deux côtés du Rhin, tombée dans l'oubli.
2. (ESTÈVE, Pierre). L'Esprit des Beaux- Arts. Histoire raisonnée du Goût. — Paris, 1753, 2 vol. in-12 (4fr.).
Parlant de l'architecture religieuse de la Grèce, l'auteur s'exprime ainsi : « I.es Grecs , qui « avoient un grand penchant à la volupté , ne « cherchèrent des dieux que dans les vices de H leur cœur. Des hommes plongés dans une « molle oisiveté, qui savoient railler avec autant « de méchanceté que de finesse, qui dédaignoient « toute contention trop forte de l'esprit, ne pou- « voient recevoir que des divinités qui autori- « sassent leurs goûts. Il falloiides portiques tout « autour des temples pour s'assembler en atten- * dant l'heure du sacrifice. Les temples dévoient « être éclairés d'en haut par une lumière dégra- « dée qui laissât utic sorte de repos et de tranquillité mystérieuse dans le sanctuaire ». Voilà où eu était la critique d'art et le sentiment
de l'antiquité chez le commun des écrivains, au milieu du siècle dernier.
3. MÉHÉGAN(Guill.-Alexandrede). Considérations sur les révolutions des arts. — Paris, 1755, in-12 (2 à 3 fr.).
Professeur de littérature française à Copenhague, puis collaborateur du Journal encyclopédique, de Méhégan s'est fait connaître par un grand nombre d'ouvrages importants. Dans ses Considérations sur les arts, de Méhégan fait preuve de goût et de critique.
4. (ESTÈVE, Pierre). Dialogues sur les arts entre un artiste amériquain (sic) et un amateur français. — Amsterdam (Paris), 1756, in-12'(l à 2 fr.).
5. MEIER (Georg-Fried.). Betrachtungen ûber den ersten Grundsatz aller schônen Kûiiste. — Considérations sur le premier principe des Beaux-Arts. — Halle, 1757, iu-8.
Reçu maître es arts à Halle en 1754, il y exposa le système de Locke d'après l'ordre du grand Frédéric, avec lequel la même année il s'était entretenu.
6. LACOMBE (Jacques). Le Spectacle des Beaux- Arts, ou Considérations touchant leur nature, leur objet, leurs efTets et leurs règles principales, avec des observaticns sur la manière de les envisager, sur Ies dispositions nécessaires pour les cultiver et sur les moyens propres pour les étudier et les perfectionner. — Paris, 1758 et 1761, in-12 (2 à 3 fr.).
I..acombe était à la fois avocat et libraire; de plus, il fut beau-père de Grétry. Il a beaucoup écrit sur toutes sortes de sujets : un jour il pu-
VUES gi^:nérales.
blic un Dictionnaire portatif des Beaux-Arts; un autre jour lo Dictionnaire de toutes les espèces de Chasses, oii bien calui de toutes les espèces de PiU'Iies. Sa vocation, comme critique d'art, semble très-peu déterminée.
7. (BETTINELLI, Saverio). Dell' Entusiasmo délie Belle Arti. — De l'Enthousiasme des Beaux- Arts. — Milan, 17C9, 2 vol. en 3 part., iu-8 (1 fr. 25).
Dans cet ouvrage, l'abbé Xavier Bettinelli traite de Phisloire de l'eiitbousiasme chez les différents peuples, et derinfluence qu'ont eue sur l'enthousiasme les climats, les grouverncments, et toutes les modifications sociales. L'auteur, selon Gingucné, n'était pas très-sujet à l'enthousiasme, aussi n'en parle-t-il qu'avec effort. Cicognara U'atal. ragion.) lui reproche d'être plus homme «le lettres qu'artiste. C'est à Bettinelli que Voltaire adressa ce quatraid :
Compatriote de Virçile, Et son secrétaire aujourd'hui, Cosi à vous d'écrire sous lui ; Vous avez son âme et son style.
Bettinelli fut surtout un homme d'esprit et un écrivain très-distingué, c'est Ih ce qui l'a placé très haut dans la littérature italienne du xviiic siècle.
8. (SCHEYB, Franz-Christoph von). Koremans Natur und Kunst in Gemàlden, Bildhanereien, etc. — La Nature et l'Art d'après Kôreman (?) dans les œuvres de peinture, de sculpture, d'architecture et de gravure. Pour l'enseignement des élèves et l'agrément des connaisseurs. (Aperçus esthétiques et historiques.) — Leipzig et Vienne, 1770, 2 vol. in-8, avec pi. gr. (4 à 5 fr.).
0 SULZER (J.-G.). Die schonen Kûnste in ihrem Vi^sprung, ihrerivahrer Natur und besten Anivendung betrachtet.
—Les Beaux-Arts considérés dans leur origine, leur nature réelle et leur meilleure application. —Leipzig, 1772, in-8.
(Voir le n° 53.)
10. BÛSCHING (Ant.-Friedr.). Geschichte 2md Grunds'àtze der schonen Kûnsteund ff^issenschaften im Grundr/55e.— Histoire et principe des Beaux- Arts et des sciences, esquisse. (Sculpture et htlioglyptique.) — Berlin, Hambourg, 1772-74, 2 vol. in-8. ^
L'activité scientifique de Busching, considéré en Allemagne comme le fondateur de la nouvelle géographie, ne s'est point bornée à la science dans laquelle il s'est fait un nom, comme le témoigne I ouvrage dont nous donnons le titre.
W. MILIZIA (Francesco). DeWarte di vedere nelle Belle Arti, etc. — L'Art de voir dans les T^eaux-Arts, d'après les principes de Suizer et de Mengs —Venise, 1781, in-8; — Gênes, 1786, in-8; — trad. en franc, par le général Pommereul (suivi des institutions propres à les (Beaux-Arts) faire fleurir en France et d un état des objets d'art dont nos
musées ont été enrichis par la guerre de la liberté); Paris, an VI (1798), in-8 (1 fr. 50 à 2fr.^; — trad. en espagnol par Cean-Bermudez ; Madrid, 1827, in-4.
« Terrible opuscule, dit Cicognara [Catalogo « l'agionato), qui renverse tout ce qui a été écrit « et pensé en matière d'art; œuvre entachée d'hé- « résies, selon quelques-uns »; mais, ajoute-t-il, « comme correctif, nous devons à cet écrivain, a plein de savoir et d'esprit, d'avoir détruit une 0 foule de préjugés et impatronisé le libre exa- « men dans le domaine de l'art. » — Aujourd'hui les hardiesses de iVlilizia ont beaucoup perdu de leur originalité. L'auteur se promène dans Ucme; les monuments, les tableaux, les statues lui suggèrent tour à tour des réflexions critiques qui n'épargnent nullement les maîtres de l'art, et marquent peu de respect pour certaines œuvres consacrées en quelque sorte par l'admiration universelle.
12. PASSERI (Nicolô). Esa7ne ragionato sopra la nobiltà délia pittiira e délia scultura. — Examen raisonné de la noblesse de la peinture et de la sculpture. — Naples, 1783, in-8 (1 fr. 25).
13. ALISON (Archibald). Essays on tke Nature and Principles of Taste, etc.
— Essai sur la nature et les principes du Goût. — Edimbourg, 1790, in-4; — 4«édit., ibid., 1815, in-8; — 5^ édit., ibîd., 1816-17, 2 vol. in-8 (10 à 15 fr.).
Voir dans la partie du livre intitulée : Of the Subhmity and Beauty oftlie material World, le chapitre III, qui traite des objets de la vue : Of tlie objects of sight.
14. lih.UymWA.m{Y..). Ideenausdem Gebiete der schonen KïtMste. — Idées du domaine des Beaux- Arts. — Leipzig, 1804, in-8, avec 6 pi. gr.
15. KNIGHï(Richard-Payne). An analytical Enquiry into the Principles of Taste. — Recherche analytique sur les principes du Goût. — Londres, 1805, m-S; — ibid., 1808, in-8;— 4« édit., ibid., 1838, in-8 (8 à 10 fr.).