VUES GÉNÉRALES
,n.4; —Vienne (Wien), 1825, in-8(i;fr.); • Berlin, 1843, in-S (l fr. 25).
Dniis ce magnifique discours, oîi de la doctrine sur le beau un grand esprit déduit une théorie des ans du dessin, Sclielling veut démontrer que ce qu'il y a de plus élevé dans l'art résulte de l'activité consciente réunie à une force inconsciente. Ainsi l'artiste qui agit à la fois comme âme consciente et comme principe inconscient, est une force qui se développe de la même façon que la nature elle-même. Voilà pourquoi la plul)art des théories partent de cette maxime générale que l'art doit imiter la nature. Mais qu'est-ce donc que l'imitation de la nature? est-ce l'imitation de la réalité poussée jusqu'à l'illusion; imitation qui apparaît comme le faux au degré suprême ? Serait-ce de ne représenter que l'écorce vide ou le simple contour des objets individuels? Non! Puisqu'il y a un esprit de la nature qui agit dans l'intérieur des êtres et qui s'exprime par leurs formes extérieures comme par autant de symboles; puisque la perfection de chaque objet est la présence en lui de la force qui l'anime et qui y réalise l'idée de son genre ; c'est cette force, c'est cet esprit que l'artiste doit imiter d'une manière vivante, c'est avec cet esprit qu'il doit rivaliser. S'il procède de la sorte, il idéalise, et il produit ce qu'il y a de plus vivant, de plus réel, car l'idéal ne saurait jamais être le contraire du réel. — Ainsi, le disciple de la nature, bien loin de tout imiter en elle, ne doit imiter que les objets beaux, et encore de ceux-ci seulement le beau et le parfait.
19. RUiMOHR (Karl-Friedr.-Ludw.-Felix von). Ueber die antike Grappe Castor und Pollux, oder von dem Degriff der Idéal H'dt in Kunstiverken y etc. — Groupe antique de Castor et de Pollux, ou l'Idéal dans les œuvres d'art. — Hambourg, 1812, in-4.
L'Allemagne considère de Rumohr comme un deîs plus spirituels parmi ses écrivains. Son goût pour les arts, ses nombreux voyages en Italie, la solidité et l'étendue de ses connaissances firent de lui un critique remarquable, comme l'atteste son principal ouvrage : Jtalienisclie Forsclivnqen; Berlin, 1827,3 vol. Rumohr était né en 1785. Il est mort à Dresde en juillet 1843.
20. GUIZOT. Essai sur les limites qui séparent et les liens qui unissent les Beaux-Arts. —Paris, 1816, in-8.
Cet Essai a été placé comme discours préliminaire en tête du Musée royal, publié par Henri Laurent. (Voir aussi le no 35.)
21 . CARPANI (Gius.). Le Maieriane, ovvero leltere in confutazione délie opi^ nioni del cav. Maier, intorno alla imitazione pittorica e le opère di Tiziano. — Maieriana, ou Lettres pour réfuter l'opinion du chev. Maier, concernant l'imitation en pei nture et les œuvres de Titien.— Milan, 1819, in-8;— 3«édit., Padoue, 1824, gr. in-8, avec portr. de Carpani, sous ce titre : Le Maieriane, ovvero lettere sul hello idéale, etc.
(1 fr. 50à3fr.).
Cet ouvrage fut dirigé contre l'opuscule du Vénitien André Maicr : Délia imitazione pittorica^ délia eccellenza délie opère di Tiziano, etc. (De l'imitation dans la peinture et de l'excellence des
œuvres de Titien) ; Venise, 1818 , in-8 (2 fr.), oîi l'auteur, entraîné par sa défense de l'école vénitienne du Tiiien, s'était élevé avec force contre l'idéalisme dans l'art, et en général contre toute l'École allemande de Sulzer, Mengs, etc. Maier répliqua à son adversaire dans la brochure suivante : Apologia del libro délia imitazione pittorica, etc. (Apologie du livre de l'imitation dans la peinture et des œuvres de Titien contre trois lettres de J. Carpani à J. Accrbi) ; Ferrare, 1820, in-8 (3fr.).
22. LENOIR (Alex.). Observations scientifiques et critiques sur le génie et les productions des «peintres et des autres artistes les plus célèbres de l'antiquité, du moyen âge et des temps modernes.
Rééditées en 182a sous ce titre : Considérations sur le génie et les principales productions des artistes de l'antiquité, du moyen âge et des temps modernes. — Paris, 1824, in-8.
23. QUATREMÈRE DE QUINCY (Ant.- Chrys.). Essai sur la nature, le but et les moyens de l'imitation dans les Beaux- Arts.— Paris, 1823, in-8 (2à 4fr.); — trad. en angl. parJ.-C. Kent; Londres, 1837, in-8.
« Imiter dans les Beaux-Arts, dit l'éminent cri- « tique, c'est produire la ressemblance d'une « chose, mais dans une autre chose qui en devient a l'image. De cette définition on voit déjà sortir la « différence essentielle qui existe entre l'imitation « propre des Beaux-Arts et les autres sortes d'ia mitation. — Plaire est l'objet de l'imitation, mais « le plaisir qu'elle nous donne est en raison de u la distance qui la sépare de la réalité, d'oîi il « suit quel'idéal, c'est-à-dire le modèle que chacun « a en soi, et avec lequel il interprète le modèle a local et individuel, doit produire le plus haut « degré de plaisir. 0
24. (HUMRERT DE SUPERYILLE, D.- P.-G.). Essai sur les signes inconditionnels dans l'art, par D.-P.-G. H. de S.— Leyde, 1827-32, in-fol., livr. i-iv, fig. s. b. et 6 pi. (15 fr.).
C'est tout ce qui a paru de cet ouvrage très-rare, presque inconnu en France, écrit par un esprit bizarre et profond, aimant l'obscurité philosophique; ouvrage qui mérite cependant d'être étudié parce qu'il renferme quelques aperçus neufs et vrais. La Philosophie des lignes, tel serait le vrai titre de ce livre. De leur direction, l'auteur déduit plusieurs conséquences notables. Ainsi à ses yeux îa force et la dignité physique de l'homme, résultante de sa marche droite, deviennent comme les garants de sa force et de sa dignité morale, lanflis que les lignes obliques de la tête expriment les passions. A la ligne parfaitement horizontale des yeux et des narines revient l'honneur d'exprimer la sagesse. Mais quand cette ligne se brise, quand elle se change en plusieurs lignes obliques, elle exprime la concentration de l'tgoïsme ou le sourire de la volupté. L'auteur applique ces principes à l'architecture elle-même. Dans sa Grammaire des arts du Dessin, M. Ch. Blanc cite plusieurs fois Ilumbcrt de Supcrville.
25. EKENDAHL (D.-G. von). Die hôchsien Ideen liber Kunst. — Les Idées sublimes sur l'art, rassemblées par les amis du beau et les artistes. — Nouv.
édit. revu(ï et complétée par G.Klemm.
— Francfort, 1831, in-8.
VURS GENERALES.
20. QUATREMÈRE DE QUINCY (Ant.- C.hrys.). Essai sur l'idéal dans ses applications pratiques aux œuvres do l'imitation, propre des arts du dessin. — Paris, 1837, in-8 (2 à 3 fr.).
D'oîi vient la siipt-riorité <lii génie des nnciens dans l'art «le la sculpture? Serail-elle simplement le résultat «l'une grande fulélité dans l'imitation de l'individu, «lu modèle, si l'on veut? Serait-elle au contraire la conséquence d'un système qui consiste ii pénéraliser l'imitation, à chercher l'étude «les intentions de la nature, non dans la créalion d'un homme en particulier, mais dans l'espèce en général; système qui conduit à faire dériver le vrai et le i)«*au • non d'aucun modèle individuel, mais d'un modèh' collectif de perfection qui, ne pouvant être saisi qu'en idée, s'appelle l'idéal». Tel est le haut problème recherché dans ce livre, telles sont les opinions discutées avec autorité, talent et savoir.
27. VAN GHERT (V.-G.). Bydragen ter bevordering eener grondige hennis ^ etc.
— Éclaircissements pour la connaissance approfondie de la nature des Beaux-Arts. —La Haye ('sGravenhaage), 1841, in-8.
28. CARBONE (Giunio). Intorno la imiiazione artistica délia natura, irailato. — Traité de l'imitation artistique de la nature. —Florence, 1842, in-8.
29. BLASIS (Carlo). Studj sulle Arti imitatricL — Études sur les arts d'imitation. — Milan, 1844, in-8.
30. DEUTIKGER (Martin von). Bilder desGeistesin Kunst und Natur, aus freier Iland gezeichnet auf einer Pilgerfahrt nac/t Florenz. —Les Concepts de l'esprit dans l'art et dans la nature, librement esquissés pendant une excursion à Florence en 1845. — Augsbourg, 1846, in-8.
31. KOOSEN (Joh.-Heinr.). Propâdeutik der Kunst. — Propédeutique de l'art.
— Kônigsberg, 1847, gr. in-8 (1 fr. 25 à 2 fr. 50.).
Le mot Propâdeutik, que l'on a tiré du grec npoTtaioîla, répond à l'idée d'instruction d'études préliminaires; ainsi ce titre pédantesque signifie simplement : Études préparatoires de l'art.
32. SCHADOW (Joh.-Gottfr.). Kunst- IVerke und Kunst- Ansichte, — OEuvres d'art et vues générales sur l'art.— Berlin, 1849, gr. in-8 (4 à 5 fr.).
33. BURNOUF (Emile). Des Principes de l'art d'après la méthode et les doctrines de Platon. — Paris, 1850, in-8 (I fr.;.
34. KAUFMANN (Théodore). Le Développement de l'idée de Dieu , précédé de Réflexions sur l'art et l'esthétique; accompagné de 8 gravures (en taille douce), exécutées d'après les cartons de
l'auteur. — Diisseldorf, 1850, in-fol. obi., 22 pp. de texte.
Le même ouvrage a été publié simullanémenl avec un texte allemand, sous ce titre : Die Eiitwickelung der Gottesidce, etc. (5 à G fr.).