‹ Bibliographie parisienne, tableaux de moeurs (1600-1880);Chapitre 39 sur 160 · Lettre à un révérend père · texte numérisé non relu

Lettre à un révérend père

— Amsterdam, 176o,?n-12, 23p. [Bibl.

nat., Li^ 33.]

Contre l'ouvrage précédent.

172. — Travels through France and Italy; containing observations on character, customs, religion, government, police, comnuMce, aris and aiiliquities. With a particular des- ( riplion ot" the town, territorv, and cliinale of Nice ; to wliich is added a register of the weather, ke])l during a résidence of eighteen monllis in that city. By T. SMoLi.r.iT. M. 1). The second édition. — London,l{. Baldwin, 1766, 2 vol. »?-8, 372 et 296 p., plus /m titres. [Bibl. nat., L^» 58.]

La première édition avait vraisemblablement [laiu la même année.

Il y a aussi une édition sous la même date, Dublin , 2 vol. i/i-S.

Sur les 41 Lettres dont se compose cet ouvrage, (leuv seulement, les lettres YI et VII (p. 81.|::2,

TABLEAUX DK M (E U U S

1er vol.'^ sont datées de Paris, 12 octobre 1763. Le voyageur ne s'occupe guère que des mœurs et des usages, et encore, au point de vue parisien, ses observations — presque toutes malveillantes — sont-elles très superficielles. Malgré son esprit de dénigrement, Smollet est bien forcé d'avouer que, tout en tenant compte de leurs absurdités les Français ont, au point de vue des modes, une supériorité marquée sur ses compatriotes.

Les appréciations de Smollet ont été vivement criliquées par un écrivain anglais, Thicknesse, dont les ouvrages sont cités ci-dessous. nos 176,177 et 22.5.

Sterne a aussi plaisanté le voyageur sous le nom de S me II fini g us.

Les lettres de Smollet ont été analysées et appréciées avec exactitude par M. Babeau dans ses « Voyageurs en Franco », p. 212 et suiv. Voyez particulièrement p. 226.

173. — Le Papillotage, ouvrage comique et moral. — A Rotterdam, chezE. V. D. W., et Compagnie, 1766, jiet. in-S, 131 p. [Carn., 5422, édition de 1767.J

« Le papillotage est nouveau. . . C'est lui qui donne cette sémillante légèreté, si propre à faire briller les esprits, et à orner la société, qui répand ses gentillesses, dont notre siècle tire avec raison son mérite et sa gloire... et qui, laissant à l'écart tout système économique et politique, ne connaît d'études que celles des modes et des plaisirs... ». Je crois que cette citation est plus que suffisante pour donner une idée de ce volume qui, quoique futile par son sujet et par sa forme, contient quelques notions curieuses sur les mœurs aristocratiques du xvm« siècle.

Je ne sais à qui il faut attribuer « Le Papillotage ». Il y a une autre édition, même titre et même rubrique, mais sous la date de .1767, petit in-8. 118p., qui se trouve à Carnavalet.

174. — Paris, histoire véridique, anecdotique, morale et critique, avec la clef. Par M. Chevrier. — A La Haye, 1767, 88 p. [Carn., 2850.]

Avec cette épigraphe : La vérité a conduit le pinceau. — Chap. I. Avertissement. — II. Paris en général — III. De la cour. — IV. Du sénat. — V. Delà haute noblesse. — VI. Des Braminos (c'est-à-dire du clergé). — VII. De la robe subalterne (avocats, procureurs, etc). -- VUI. De la noblesse du second ordre. — IX. Des trésoriers de France, etc. — X. Des comédiens et filles de l'Opéra. — A la fin du volume se trouve la clef dans laquelle on rencontre plusieurs noms de marque. — Ce pamphlet est un peu moins violent que « Le Colporteur » (voy. le n" 163), mais cependant ce que j'ai dit de celuici peut, jusqu'à un certain point, s'appliquer à celui-là.

175. — ]j<i Ratoinanie, ou Songe moral et critique d'une jeune philosophe. Par Madame*". — A Amster-

dam, liai, pet. in-H, 196 p. 'Caru., 12450.J

Par l'abbé Ant. Sabatier. de Castres.

Dans les 87 premières pages, l'auteur expose ses théories morales et philosophiques. Il aborde ensuite la satire et exerce sa critique sur les Petits-maitres {p. 88). les Femmes (p. IfS), les Au/eurs {p. \'S~).vt [es Comédiens [p. 176).

Pour l'explication de ce titre « l,a Ratomanie », je rappellerai que l'expression « avoir des rats», c'est-à-dire des idées folles, extravagantes, est un reste d'une locution du xvii' siècle. Voyez dans les « Variétés historiques et littéraires » (1855) de Fournier les notes jointes par l'éditeur à la réimpression il'une pièce intitulée : « Privilèges et Règlements de l'archiconfrérie vulgairement dite des cervelles émouquées, ou des Ratiers ». Il paraît qu'on chantait sous la Régence une chanson dont le refrain était :

Oui ce sont les rats Qui font que vous ne liormez guère, etc....

et sur l'air de laquelle avait été réglée une fameuse contredanse nommée, à cause d'elle, contredanse des rats.

175 bis. — Miscelhmeous poems, written by a lady, being her fîrst attempt. The author's journey to Paris; memoir of a lady now in the bloom of life. — Loiidon, Dodsley, 1767, 3 vol. pet. in-S.

D'après Watt.

176. Observations on the customs and manners of the french nation, in a séries ofletters, in whiclithat nation isvindicatedfrom the misrepresentations of some late writers, by Philip Thicknesse, esq. — Dublin, printed for W. Sleater,D. Chamber laine, and J. Petts, booksellers, 1767, ^/^-12, 2 f. de tlt. et 139 p.

Ce petit volume est intéressant ; il contient 23 Lettres. Les Lettres VIII et IX sont seules datées de Paris (20 et 30 juin 1766). Les Lettres X-Xll sont datées de Saint-Germain (21 juillet- 4 octobre 1766), mais ne sont pas moins en rapport immédiat avec notre sujet. L'auteur s'est attaché à donner des détails sur sa manière de vivre, à transmettre ses impressions à son correspondant, beaucoup plus qu'à donner des descriptions que l'on peut trouver ailleurs. Watt ne cite pas cet ouvrage, absolument différent de celui qui est décrit sous le n" suivant; mais il en cite un autre, dont on trouvera le titre ci-dessous, n"> 225.

177. — Useful Hints to those who make the tour of France, in a séries of letters written fromthat kingdom.

Hy Philip THiCK.\Es.sfc;, esq. Thèse letters contain some account of the interior police of that kingdom in

n I 15 L 1 O C. K A l> 11 1 i; 1' A lu s I E N N K

gênerai, and of Paris in particular.

— London, R. Davis..., 1768, in-S, 2 f. cl 284 p. [Bibl. nat., W^ 3.]

Ainsi qu'il l'avait déjà fait dans l'ouvrafje cité ci-dessus, n" 176, l'auteur s'attache à réfuter les opinions erronées émises par ceux de ses compatriotes qui ont voyagé en France. Il est surtout frappé des exagérations et dos extravagances de Smollet. (Voy. le n" 172.) Son volume contient 33 Lettres, dont la plupart sont datées (12 janvier-lO août 1767) de Saint-Germain-en-Laye, où il a résidé: ces lettres méritent d'être lues ; malheureusement le stvle de l'auteur m'a semblé souvent assez obscur et plein d'allusions dont plusieurs m'ont échappé.

178. — Dictionnaii^e critique, pittoresque et sentencieux, propre à faire connaître les usages du siècle ainsi que ses bizarreries. Par l'auteur de « La Conversation avec soi-même ».

(L.-A. DE Caraccioli). — Lyon, B. Duplain, 1768, 3 vol. m-12. 399, 3o3 et 351 p., plus les ff. de Ut. et le privilège. [Bibl. nat., Li-' 34.]

Cet ouvrage, dont le titre fait bien connaître le contenu, peut, dans des cas très rares, être bon à consulter; mais il a le grand tort d'être absolument ennuyeux et ne supporte pas une lecture suivie.

179. — Complainte des filles auxquelles on vient d'interdire l'entrée (les Tuileries, à la brune. — S. L. N. D. (Paris, 1768', m-8, l") p. [Carn., 1388.]

Envers. — Par J. -II. Madciiand. En raison de l'analogie de composition qui existe entre cette pièce et les cinq suivantes, je ne serais pas éloigné d'attribuer celles-ci au même auteur.

180. — Les Sultanes nocturnes et anihulant«^s de la ville de Paris, contre les réverbères. — A la petite vertu, 1768, m-8, 16 p. [Carn., 10471*.]

Même pièce, à quelques variantes près, que « Les .\mbulantes à la brune ». (Voy. ci-dessous le n" 182.)

181. — Testament d'une llUe d'amour mourante. — A Londres, 1768, in-8, lo p. [Carn., 10471 *.]

En Yers. — Il y a des exemplaires sous la date de 1769. [Carn., 3787 *.]

182. — Les Ambulantes à la briiiie, contre la dureté du temps. — A la Chine, 1769, in-H, 16 p. [Carn., 10471 *.]

Même pièce, à quelques variantes près, que « Les Sultanes nocturnes». (Voy. ci-dessus le n" 180.) Edouard Fournier a réimprimé « Les Sultanes nocturnes » dans >< Les Lanternes » (Paris, Bentu, 1854. in-S"). Il considère « Les Sultanes » comme une seconde édition des « Ambulantes ». réduite ici. augmentée là. 11 donne aux deux pièces la date de 1769 ; pour moi, « Les Sultanes » étant de 1708, je les considère comme étant la publication originale. Du reste, cela a peu d'importance.

183. — Brevet d'apprentissage d'une fille de modes. — A Amatonte, 1769, in-8, 12p. [Carn., 10471 *.]

En vers. Cette pièce a été réimprimée dans les « Variétés historiques et littéraires » de Fournier (1857), tome VIII, p. 223.

184. — Plaintes des filoux et écumeurs de bourses à nosseigneurs les réverbères. — A Londres, 1769, m-8, 16 p. [Carn., 10471 *.]

En vers. Cette pièce a été réimprimée par Edouard Fournier. dans «Les Lanternes » {Paris, Dentu, 1834, in-8°).

183. — Les CoefTeurs de dames contre ceux des messieurs. — A Prtr/s, 1769, m-8, 16p. [Carn. ,10471 *.]

En vers.

186. — Les Dames anglaises francisées par les soins d'un abbé. — A Londres, 1769, m-8, 16 p. [Bibl.

nat., Li-^ 18 *.] [Carn., 12023 *.]

Même pièce que la " Réponse d'une jeune dame anglaise », citée sous le n° 120.

187. — La Jolie Femme, ou la Femme du jour. — A Amsterdam, aux dépens de la Compagnie, 1769, 2 2mrties in-12, 162 et 143 p., plus les titres et les tables. [Carn., 3167.]

ParNic.-TH. Barthb. Voy. Barbier, qui cite d'autres éditions et renvoie, au sujet de cet ouvrage, à la « Correspondance littéraire » de l'abbé Sabatier de Castres. Londres, 17 80, in-li. p. 57, Il ajoute que cet ouvrage a été attribué par Ersch à L.-S. Mercier.

u La Jolie Femme ii n'est qu'un roman, mais ce roman contient beaucoup de réflexions sur les mœurs du temps.

188. — Lettre aux académiciens du royaume et à tous les Français siMisés. — Paris, Le Jay, 1709, //?-8, 1 /'. lie lit. et 66 p. [Bibl. nat., Li^i 33.]

l)i; la politesse dans les lettres et dans la convoisation. Du luxe do la table, Isagos dunies-

TABLEAUX DE 5IŒURS

tiques : la bougie, le sucre. Trois nouveautés: La poste aux lettres mieux organisée, les porteurs d'eau et les vidangeurs. Des cimetières. Des livres nouveaux. Des biens de la fortune, etc. — Cet opuscule ne manque pas d'intérêt.

189. — Lunettes à éclaircir la vue, ou Aventui^e singulière arrivée récemment à Paris en un hôtel garni, et rapportée par M. D. L., sous le nom de Quid.\m ; et cela pour le bien des maîtres d'hôtels et des honnêtes gens qui y logent, et celui de beaucoup d'autres personnes de tous les âges et tous les états, en tous pays.... Poème bui^lesque. — Aimlerdam, et P(iri>;, Humaire, i76'^,in-i2, iv-6i p.

[Garn., 12430.]

Diatribe en vers contri; une servante d'hôtel de Paris. Considérations et élucubrations politiques et économiques d'un maniaque.

190. — Le Waux-Hall populaire, ou les Fêtes de la guinguette, poème grivois et poissardi-lyri-comique en cinq chants, enrichi de rondes de tables et vaudevilles nouveaux parodiés sur les ariettes les plus jolies; dédié àM. de Voltaire. — A laGaité, chez le compère La Joie {Paris^, Cailteau 1769), avec permission des Riboteurs, in-8, 127 p.

Voyez sur ce poème assez insipide, mais dans lequel on trouve un curieux tableau des mœurs parisiennes, une intéressante note de M. P. Lacroix . dans le « Bulletin du Bibliophile » deTéchener, année IS62, p. 1353.

191. — Le Cosmopolisme, publié à Londres à l'occasion du mariage de Louis-Auguste, Dauphin de France. Ouvrage traduit de l'anglais. — A Amsterdam [Paris, Valadc), 1770, in-S, 93 p. [Carn., 11791.]

Le faux-titre porte : « L'Anglais à Paris » . — D'après Barbier et Quérard, qui tous deux ont inexactement reproduit le titre de cet écrit, l'auteur est l'abbé J.-H. Rémy, qui fut avocat au parlement de Paris. Son ouvrage est, du reste, très peu intéressant et ne consiste qu'en divagations philosophiques et politiques à peu près étrangères à notre sujet.

192. — Lettre d'un philosophe moitié gai, moitié chagrin, sur quelques-unes de nos sottises, au baron de***. — Paris, S. Jorry, 1770, in-H, 40 p. [Bibl. nat., Li» 37.]

.Mœurs parisiennes. Spectacles : les Marion-

nettes, le Thé.itre-Français et l'Opéra. La littérature et les hommes de lettres.

193. — Le Sauvage de Taïti aux Français ; avec un envoi au philosophe ami des sauvages. — A Londres, et se trouve à Paris, chez Lejay, libraire, rue S. -Jacques, au Grand Corneille, 1770, m-12, xxiv-149 p.

[Bibl. nat., Li^» 36.]

Par Nie. Bricaire de la Dixiukrie. — Des mœurs, des usages et des modes des Parisiens en général. Cet ouvrage est assez insignifiant.

194. — A View of socioty aiid manners in France, Switzerland, and Germany; with anecdotes relating to some eminent characters. By Jûh.n MooRE, M. D. ,... The fourth édition, corrected. — London, printed for W. Strahan and T. Cadell, 1781,

2 vol. in-S, xvi-431 et xv-440 p.

[Carn., 11083.]

En forme de lettres. Les dix-sept premières sont écrites de Paris et fort intéressantes. L'auteur apprécie tout ce qu'il voit avec beaucoup de justesse et de bon sens. Il est a regretter qu'il n'ait consacré à notre capitale que les loO premières pages de son ouvrage. Voyez les articles suivants.

193. — Lettres d'un voyageur anglais sur'la France, la Suisse et l'Allemagne. Traduit de l'anglais de M. MooRE. — Genève, I. Bardin, 1781,

3 vol. in-8. [Bibl. nat., L^^ 60.]

Traduction de l'ouvrage précédent par Henri

RlEU.

Les dix-sept premières lettres occupent les pages 1-120 du premier volume. C'est tout ce qui concerne Paris. Cette traduction que je n'ai malheureusement pas pu rapprocher de celle qui est décrite sous le n" 190 m'a cependant paru n'en différer que sur quelques points peu importants, particulièrement dans le début de la première lettre. Quelques différences aussi dans la division deslettres; ainsi, tout le passage qui se rapporte à la statue de Louis XV se trouve, dans la traduction de Rieu, reporté dans la lettre XU. tandis que dans la traduction de M"° de Fontenay il se trouve dans la lettre XI. Cf. le nO 100.

193 bis. — Tableau de la société et des mœurs, en France, en Suisse et en Allemagne ; avec des anecdotes relatives à quelques personnages distingués, par J. Mo(»rk, M. D.

Traduit de l'anglais sur la troisième édition coirigée. — La Haye, P. -F.

Gosse, 1781, 2 vol. in- [2, xxviii-374 et xvii-366 p.

L'article précédent était composé quand j'ai acquis cette édition qui me semble être une reproduction de la traduction de H. Rieu, traduction que je n'ai plus à ma disposition ; en tous cas. cette édition en deux yolumes in-1 i est absolument différe.ite de celle qui est citée sous le numéro suivant.

196. — Voyages de John Moore, en France, en Suisse et en Allemagne Traduits de l'anglais par M"''***. — Paris, Ferlet, 1806, -2 vol. in-H, vni- 303 et viii-308 p.

Autre traduction de l'ouvrage précédent attribuée par Quérard à Jl"° de Fonte>ay devenue plus tard madame la comtesse de Riolz. Ces lettres ne sont pas datées, mais paraissent se rapporter au voyage que ût John Moore en France vers 1770.

Parmi les lettres les plus intéressantes, il faut signaler : Lettre IH. — Le Colysée. Caractères.

— IV. Mœurs françaises. — V.Paris et Londres.

— XI. Préjugés anglais. Conversations avec M. B... — XI. Théâtre. La statue de Louis XV. XIII. Le chevalier deR. .. et sa femme. M™" de M. .. ; son caractère. — XV. Dubois et Fanchon : anecdote. — XVII. Théâtre. Le Kain, etc.

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