‹ Bibliothéconomie (volume 2)Chapitre 9 sur 26 · Une telle bibliothèque manuelle doit êlre composée · texte numérisé non relu

Une telle bibliothèque manuelle doit êlre composée

Des Dictionnaires des langues anciennes ,

— — — modernes,

D'un — de géographie ancienne et moderne,

— — de biographie,

— — d'histoire et de synchronistique , Des principaux ouvrages bibliographicjues.

— Catalogues de toute espèce, des bibUothèques, des libraires, des ventes, etc.

15. Les catalogues occupent toujours une des premières places dans la bibliothèque manuelle d'un bibliophile, et il ne peut jamais en posséder trop, qu'ils soient anciens ou modernes , raisonnes et critiques , ou

siiiiplemeiit nominatifs de bibliothèques ou de magasins de libraires ; ils fournissent des renseignements sur les éditions et sur les prix des livres, indiquent en quels lieux se trouve tel ou tel ouvrage, et guident souvent avec plus de sûreté dans les acquisitions que les conseils des libraires et des connaisseurs , qui , quelquefois , se laissent influencer par l'intérêt ou par la jalousie d'amateur.

16. L'acquisition des livres se fait de trois manières : par la voie ordinaire de la librairie, aux ventes publiques et par échange. Rarement on se sert de la première, si ce n'est pour les publications nouvelles ou lorsqu'on est pressé d'avoir un livre; car les libraires sont forcés , pour des motifs qui tiennent à leur commerce , de vendre à des prix plus élevés que ceux auxquels on obtient les livres dans les ventes à l'enchère : aussi ce dernier moyen est-il le plus ordinairement employé , vu la chance du bon marché qui se présente d'abord , et parce que l'on peut s'arrêter au prix qu'on a l'intention de mettre à un vohime , et attendre une occasion plus favorable. L'échange, enfin, est sans doute le mode le plus avantageux pour se défaire réciproquement d'un objet qui doit nécessairement avoir moins d'intérêt ou de valeur que celui que l'on désire ; mais ce moyen ne se présente qu'accidentellement.

1 7. Pour ne pas se tromper soi-même , ni se laisser aljuser dans les emplettes que l'on fait, il faut avoir des notions exactes sur la valeur commerciale des livres , sans elles , on est à la merci de tout vendeur , on ne peut donner à son commissionnaire une limite convenable de la dépense qu'il doit faire, et on risque à chaque instant de mettre à ses achats des prix trop élevés.

18. Au reste , rien de plus bizarre que la variation des prix , dans les ventes publiques , de livres un peu

rares, puisque, en général, ils ne sont point basés, comme ceux d'autres marchandises , sur une valeur intrinsèque , et ne sont ordinairement que le résultat de la fantaisie ou du caprice des amateurs. En 1804 , M. R... fit faire une vente publique d'une partie de sa bibliothèque : les prix y furent divers , quelques-uns fort élevés , d'autres assez bas , et l'ancien propriétaire rajîporte , dans un de ses estimables ouvrages , qu'un exemplaire de la traduction française de YEnfer du Dante , de 1785 , assez médiocrement relié en maroquin, y fut payé io3 francs, et quinze jours après, dans la même salle de vente, un autre très-beau, non rogné , fut adjugé pour 1 1 francs. — En juin I8l5, à Londres, un Ouintiis Cartius de Vindelin de Spire, d'une beauté parfaite , fut donné pour quatre guinées dans la vente des doubles du duc de Devonsjiire , et huit jours plus tard , dans la même salle, avec les mêmes acheteurs, un exemplaire rogné , fatigué , plus que médiocre , fut payé vingt guinées.

Cependant c'est principalement par les ventes publiques que refluent dans le monde savant les trésors littéraires que souvent un amateur avait rassemblés avec beaucoup de soin et de dépenses , pour aller enrichir d'autres collections dont les propriétaires attendent toujours ces époques avec une vive impatience. Il importe donc que l'on connaisse ce que renferme le dépôt qui doit être vendu , les éditions , leurs condition et conservation , les jours et heures de la vente , et quels sont les articles qui seront vendus à chaque vacation.

19. Une légère distraction, dans les ventes publiques, peut devenir préjudiciable lorsqu'on se propose d'acquérir un article, si on ne prête une oreille attentive au moment où le crieur l'annonce : il peut prévenir d'une défectuosité , ou même vendre le numéro suivant à la

place de celui queron désire, parce que ce dernier ne se trouve pas au moment de sa mise sur table , ou parce qu'il est retiré de la vente par une raison quelconque ; et on est très-surpris, après l'adjudication , de se trouver possesseur d'un tout autre ouvrage.

20. Dans les ventes de livres remarquables , on fait bien de noter , sur la marge du catalogue , les prix d'adjudication et autres observations de circonstances , pour s'en servir comme de comparaison. La mise à prix , si c'est un connaisseur qui dirige la vente , sert également à éclairer sur la valeur réelle des livres , à moins qu'une cause extraordinaire la fasse varier. Quant aux ouvrages rares ou précieux, il est bon d'ajouter encore en marge les noms des acquéreurs, afin de pouvoir, par ce moyen , suivre les traces des objets précieux à mesure qu'ils passent d'une main dans une autre , et connaître les bibliothèques qui les possèdent en dernier lieu.

De la Disposition d'une Bibliothèque.

1 . Il y a une grande différence entre la disposition d'une petite et celle d'une grande bibliothèque. Dans une collection peu étendue , on peut se livrer à un arrangement symétrique et élégant des livres , sans nuire à la commodité dans les recherches , ni au classement d'après un système adopté ; mais une grande bibliothèque, par le nombre de volumes , par l'arrivée continuelle de nouvelles acquisitions et par la grandeur du local, présente des obstacles insurmontables, et exige, avant tout, le soin de tout classer et placer de manière que l'on puisse trouver chaque ouvrage avec le moins de peine et de temps possible.

2, Ici, comme dans toute autre occupation, il y a des

choses qui , au premier aspect , paraissent insignifiantes ou même inutiles , et qui cependant sont d'une grande importance pour faciliter le travail et pour épargner le temps. Ces sortes de petites pratiques de chaque état sont rarement enseignées , et plus souvent encore rejetées ; elles ne doivent pas moins être acquises plus tard par un grand sacrifice de travaux inutiles , quelquefois même par des pertes réelles. D'un autre côté, on ne voit que trop souvent des bibliotlièques, après que l'on a employé des années à les mettre en ordre, redevenir en peu de temps un chaos par le manque de soin , par la paresse, par une disposition ou classification vicieuse.

3. Ainsi qu'il a été dit plus haut , l'organisation d'une bibliothèque est nécessaire :

Quand elle est dans un désordre complet;

Quand elle est disposée dans un ordre défectueux ;

Quand elle est à créer.

Quelque effrayante que puisse paraître , au premier abord, l'entreprise d'établir dans une masse de plusieurs milliers de volumes assez d'ordre pour pouvoir y trouver chaque livre à la première demande , elle ne l'est pas tant qu'on pourrait le croire.

4. Que l'on s'imagine un homme intelligent, nommé conservateur d'un amas de libres, qualifié du titre de bibliothèque , et jetés, par une circonstance quelconque, dans le désordre le plus complet. Après le premier étonnement que la vue d'une pareille confusion produira sur lui , il classera d'abord les formats , et cherchera à estimer l'espace c[u'il lui faut pour placer convenablement tous les volumes. Cette besogne faite , il prendra sur des cartes copie exacte et minutieuse du titre de chaque ouvrage , depuis le plus grand in-folio jusqu'au plus petit in-64; il donnera à chacun d'eux, sur une bande de papier , un numéro d'ordre qu'il intercalera dans le pre-

micr volume de chaque ouvrage ' , et qu'il écrira aussi sur la carte de chaque titre. Ces numéros se suivront, sans égard au titre ni au catalogue , du premier jusqu'au dernier des volumes , et il pourra déterminer, presque à heure fixe, le temps que ce premier et important travail lui demandera ; car , en employant six heures par jour, et en copiant huit titres par heure , l'une dans l'autre, une seule personne peut transcrire 3,744 titres dans l'espace de treize semaines, chacune de six jours. Les titres ainsi copiés sur des cartes , il s'en servira pour le catalogue et le placement des volumes sur les tablettes , et il trouvera terminé avec facilité un travail devant lequel il reculait

5. Si l'on veut arranger et cataloguer , d'après un nouveau plan , une bibliothèque disposée dans un ordre quelcomjue , ou en réunir plusieurs , sans interrompre l'usage d'aucune d'elles pendant cette réorganisation , on commence par transcrire sur des cartes les titres , tels que les ouvrages se trouvent rangés, et on y met les numéros provisoires , comme il vient d'être dit. On classe ensuite les cartes suivant le nouveau système; on prend les livres au fur et à mesure de leur nouvelle classification; on jette la bande du numéro provisoire, que l'on efface également sur les cartes ; on colle les étiquettes du nouveau catalogue , et on finit par ranger les volumes à leur nouvelle place.

6. Cette dernière opération est la seule qui puisse causer une interruption dans Tusige d'une bibliothèque; mais elle ne peut être longue , car les numéros provisoires font facilement trouver les livres dans leur ancien

* Il faut avoir soin de replier en tête sur la tranche du livre cette partie saillante de la bande, pour empêcher qu'elle ne glisse dans l'intérieur.

ordre ; de sorte que ce n'est qu'un déménagement, que l'on peut abréger en augmentant le nombre des personnes employées à ce travail.

7. Quant à l'organisation d'une toute nouvelle hihlio^ thèque, dont il n'existe encore que les fonds disponibles, c'est le travail le plus agréable : tout y est à créer ; rien ne s'oppose à l'harmonie de l'ensemble de l'établissement, on n'a qu'à suivre un plan bien entendu, et maintenir ce qui est établi suivant les principes que l'on cherche à exposer dans ces feuilles.

De FArrangement des Volumes et des Formats.

1 . 11 est sans doute très-indifférent quelle place occupe un ouvrage dans une bibliothèque, pourvu que le catalogue l'indique et mette à même de le trouver promptement; mais l'idée de l'ensemble d'une bibliothèque fait présupposer un plan plus ou moins systématique dans l'arrangement des volumes sur les tablettes.

2. Lorsqu'une collection a peu d'étendue , on peut flatter l'œil et donner à la disposition un air de symétrie, en plaçant ensemble, sans avoir égard à la matière qu'ils traitent, tous les in-fol. , tous les in-4°, tous les in-S", etc. , et, moyennant le catalogue et les numéros, on trouvera aussi bien chacun des ouvrages que s'ils étaient réunis J par ordre de matières ; mais, aussitôt qu'une bibliothèque \ est un peu nombreuse, il faut renoncer à ce genre de décoration non-seulement parce qu'elle exige un remaniement continuel pour les nouvelles emplettes, mais à cause de sa monotonie dans l'aspect d'une grande bibliothèque, tandis qu'elle est agréable à la vue dans une petite collection de livres bien reliés.

3. Il est rare qu'on ait à faire plusieurs recherches sur un même sujet dans une grande bibliothèque ; si elle

est disposée d'après les formats, on serait obligé de courir d'un corps de bibliothèque, ou même d'une salle à l'autre, pour trouver les livres sur une même matière : il faut donc les réunir par classes et par divisions. Mais prétendre qu'une bibliothèque présente, dans le placement des volumes, absolument le même ordre systématique qu'un catalogue, c'est tomber dans un autre extrême et demander une chose aussi difficile qu'inutile, parce que c'est le catalogue qui, par les numéros, indique la place où se trouve chaque ouvrage, jusqu'à la plus petite brochure. Aucun des essais que Ton a faits, en disposant une bibliothèque dans l'ordre rigoureux d'un système bibliographique, n'a réussi, et l'expérience prouvera toujours l'impossibilité de l'exécution d'une pareille entreprise.

4. La méthode de disposer une bibliothèque dans l'ordre alphabétique ne présente d'autre avantage que celui de pouvoir trouver un livre sans consulter le catalogue ; elle a, de plus, tous les inconvénients dont on vient de parler et que l'on doit toujours chercher à éviter.

5. Une autre manière employée dans quelques bibliothèques d'Allemagne, c'est de donner une place irwariable à chaque volume, en indiquant à cet effet, sur son étiquette, l'armoire et la tablette qu'il ne doit plus quitter ; mais elle présente également trop d'inconvénients pour l'adopter, ne serait-ce que par la raison seule que toute intercalation ou le moindre déplacement d'un seul volume devient impossible sans le changement complet du numérotage d'un ou de plusieurs corps de bibliothèque.

6. La classification des titres dans le catalogue systématique ou alphabétique se fait , il est vrai , sans égard à la différence des formats , aux dates ou à toute autre particularité ; mais il n'en est pas de même sur les rayons :

îà , les livres doivent être réunis par format , et par classe, division , subdivision , suivant les localités et le nombre de volumes. Remplir les corps de bibliothèque , de haut en bas, de volumes d'un même format , est incommode pour les recherches et souvent nuisible aux livres ; car , en plaçant des petits formats sur les tablettes du bas , on oblige à se baisser beaucoup pour lire les étiquettes et prendre les volumes. Mettre siu- les tablettes supérieures des in-folio est plus incommode encore , surtout si Ton est obligé , pour les atteindre , de monter sur une échelle. Le mieux est donc de placer les in-folio sur les rayons du bas , ensuite les in-4° , et de continuer ainsi , en diminuant de format à mesure que les rayons sont plus élevés.

7. Au reste , une étude particulière , que l'on ne peut faire que par la pratique , est celle de connaître les classes et divisions qui se distinguent par leur format. Par exemple , les bibles , les Pères de l'Eglise , les conciles et scoliastes , exigent plus de place pour les in-folio que pour les in-4'' et in-S" ; les belles-lettres , au contraire , ne demandent presque que des rayons à la hauteur d'in-8° et in-12 ; l'histoire naturelle , la géographie, les voyages , les antiquités , l'architecture , fournissent , en j)roportion égale , des in-4° et des in-8", mais demandent une place particulière pour les atlas qui accompagnent ordinairement ces sortes d'ouvrages.

8. Lorsque les localités l'exigent , on peut réunir les formats qui diffèrent peu en hauteur , tels que rin-8 avec rin-4° , et l'in-iS avec rin-12 ; on peut aussi joindre l'in-folio oblong à rin-4° , rin-4*' oblong à rin-8° , et ainsi de suite. Mais pourquoi éloigner ainsi des volumes de leur format naturel ? Ce n'est convenable que lorsqu'un volume fait partie intégrante d'un ouvrage d'un format inférieur , comme les atlas des

voyages, des livres d'histoire naturelle, etc. La grandeur du papier et les marges de certains volumes obligent aussi quelquefois à les mettre avec un format plus grand que celui indiqué par \ai justification typographique. Dans tous les cas , il est indispensable que les catalogues fassent mention des transpositions de ce genre.

9. Quant aux volumes d'un format qui dépasse l'infolio ordinaire , qui empêche de les ranger à la place que leur assigne leur contenu , l'endroit le plus convenable pour eux est le dessous de tables , où peuvent être mis les plus grands atlas, et d'où on les prend facilement pour les ouvrir de suite sans être obligé de les porter quelquefois au bout de la salle pour les poser sur une surface apte à les recevoir.

10. L'aspect agréable de l'ensemble d'une bibliothèque , produit par une certaine recherche dans l'arrangement des livres et par une grande propreté , doit être aussi sensible que lorsque l'on parcourt une galerie de tableaux , un cabinet de médailles ou une collection d'histoire naturelle. Cette coquetterie sied tout aussi bien à ces établissements que la mise propre et soignée à un homme bien élevé.

11. Dans le travail du placement des livres sur les rayons, la première règle à suivre est de ne pas y poser un seul volume sans qu'il soit dûment collationné , catalogué , estampillé , étiqueté , et , s'il est possible , relié. Ensuite on a soin que les volumes d'un même ouvrage, placés sur la tablette, se suivent toujours de droite à gauche , c'est-à-dire que le premier soit à droite et le dernier à gauche. De cette manière , en empilant un ouvrage , le premier volume se trouve toujours en dessus.

Il n'en est point de même pour les numéros d'ordre de chaque livre : on les commence par la plus basse tablette , et on les continue en serpentant jusqu'au haut

du corps de bibliothèque. Le dessin ci-contre démontrera que les numéros 3i , 82 , etc. , se trouvent immédiatement au-dessus du n° 3o , placé sur la tablette inférieure. Si on ne serpentait pas ainsi d'une tablette à Fautre , on serait forcé de retourner à la suivante , et on s'exposerait , sans nécessité , à une fatigue et à une perte de temps aussi désagréables qu'inutiles.

12. Il faut porter le plus tôt possible les nouvelles acquisitions aux catalogues et les mettre à leur place. Par ce moyen , le classement des nouveaux livres se fait insensiblement , et ne présente pas l'effrayant travail d'une grande quantité de volumes à inscrire , à étiqueter et à placer tout à la fois.

L'accumulation est toujours plus grande que l'on ne pense , même dans la plus petite bibliothèque , et devient bien vite encombrement ; on redoute d'entreprendre la besogne , on diffère de jour eft jour , le nombre augmente , et le premier pas vers le désordre est fait. Rien de tout cela n'arrive quand on exécute le travail au fur et à mesure qu'il se présente.

13. Une chose importante est de ne pas être à l'étroit dans la place destinée aux livres : le manque d'espace nécessaire aux volumes en rend le placement difficile , l'usage incommode , et fait souvent renoncer à une recherche intéressante. Quel est l'homme , quand même il n'aurait que quelques centaines de volumes , qui n'a pas fait l'expérience de ces inconvénients , lesquels augmentent en proportion de l'étendue d'une bibliothèque?

Savoir tirer bon parti de la disposition d'un local , c'est un grand avantage quand on manque de place , et souvent on s'étonne de ce qu'on a pu loger im si grand nombre de volumes dans un emplacement qui auparavant n'en contenait que les trois quarts ou les deux tiers. L'expérience seule peut donner celte habileté dans le

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if

maniement des livres , ce coup d'œil juste pour les distances et la patience de ne pas se laisser décourager par plusieurs essais avant d'avoir atteint le but désiré.

14. La distance à observer entre les rayons se règle d'après les formats auxquels ils sont destinés, mais elle doit être un peu plus grande par rapport à la différence des papiers , ou pour prendre facilement les volumes. Les in-folio se placent sur les rayons les plus bas , et ainsi graduellement les plus petits sur les rayons supérieurs. On doit chercher à acquérir , pour cette besogne, la connaissance spéciale de toutes les localités des salles dans lesquelles une bibliothèque est placée, pour pouvoir en utiliser chaque coin propre à recevoir des volumes.

15. Outre les ouvrages dont le format excède celui de l'in-folio ordinaire , et que l'on est obligé de placer à part, il y en a encore d'autres qui, par le genre de leur exécution , leur rareté , leur contenu, etc. , demandent pour leur conservation à être rangés séparément : tels sont les livres imprimés sur parchemin , ou dont la reliure est remarquable, ornée d'or , d'argent , de pierres fines, etc. ; ceux remarquables par leur perfection typographique , ceux enrichis de gravures , de peintures ou de dessins de valeur , accompagnés de lettres ou de notes autographes ; enfin ceux d'une grande rareté. On aime aussi à employer les mêmes précautions pour les incunables , les éditions princeps , les Aides , les Juntes , les Elzevirs, etc.

16. Il y a encore un cas où on est forcé d'avoir une partie des livres séparée de l'ensemble ; c'est lorsque le legs d'une collection particuhère a été fait sous la condition expresse de la laisser dans son entier, sans l'intercaler dans la grande bibliothèque. Pareille clause présente plus d'un embarras et beaucoup de lenteurs dans le ser-

vice général, et, pour tel motif que ce soit, que l'on éloigne ua seul volume ou des centaines, de leur place na-tuielle, on ne peut diminuer les inconvénients qu'en portant les titres dans les catalogues avec l'indication de la place que ces livres occupent , à moins que l'on n'agisse avec une telle disposition testamentaire comme avec une maison que l'on démolit pour cause à! utilité publique ; ce qui vaudrait mieux dans certaines circonstances , que l'observation servile de la volonté vaine ou capricieuse d'un testataire.

Des Étiquettes et du Numérotage.

1. On ne peut assez recommander de donner aux volumes leur étiquette définitive, et de les mettre à leur place aussitôt que leurs classe et numéro sont fixés par le catalogue. L'urgence de cette mesure , pour entretenir constamment l'ordre établi , et l'économie de temps qu'elle présente dans les recherches des livres, sont trop évidentes pour en détailler tous les motifs ; mais comme ces étiquettes doivent être les guides infaillibles pour toutes les personnes employées dans une bibliothèque , même pour les hommes de peine qui époussettent les livres , leur confection et leur application solide sur le dos des volumes ont leur importance relative ; car le frottement finit par les salir, les effacer, les détacher et même les user. Il est donc nécessaire, pour prévenir des recherches inutiles et le désordre , de répéter ces numéros sur l'intérieur du carton de la reliure , et non sur une des gardes des volumes, qui peut être arrachée et se perdre; tandis que la couverture s'ouvre de suite et dispense de chercher sur les gardes.

Il faut, en outre, coller ces étiquettes le plus haut possible sur le dos des volumes , afin que si on est obligé de doubler les rangées , les numéros de celle de derrièrq

puissent être vus plus facilement par-dessus le premier rang. Sur les volumes qui sont trop minces de dos pour y appliquer une étiquette , on la colle sur le recto de la reliure, tout en haut à gauche, de manière qu'elle soit visible en tirant un peu le volume.

2. On peut orner ces étiquettes de mille manières , des armes du propriétaire, d'emblèmes analogues à chaque classe , etc. , ou les faire imprimer en lettres d'or par le relieur sur le dos du volume, au-dessus du titre de l'ouvrage. Si cependant on ne veut pas employer ce dernier moyen, il est nécessaire de coller d'abord les étiquettes de papier avec de la bonne colle de pâte , et ensuite d'y écrire les numéros ; on évite par là les erreurs en collant de fausses étiquettes, et l'inconvénient que l'écriture s'entoure d'un bord jaune, ce qui arrive toujours quand on colle un papier écrit.

Choisir une couleur particulière pour les étiquettes de chaque classe paraîtrait , au premier abord , un moyen pour faciliter l'arrangement des livres ; mais comme on ne peut se servir que de papier de couleur claire , afin que l'écriture ressorte suffisamment , elles pâlissent dans Tespace de peu de mois , et cet avantage disparaît en même temps. Il vaut mieux , pour atteindre ce but , donner à chaque classe une reliure ou dorure différente,

3. Pour abréger la recherche des livres , on appose sur les corps de bibliothèque la lettre de la classe qu'ils renferment, et on indique sur le bord de l'épaisseur visible des tablettes les premier et dernier numéros qui s'y trouvent placés. Cette indication abrège les recherches; car, au lieu de s'orienter en tâtonnant et en examinant plusieurs rayons pour trouver un volume , on voit du premier coup d'œil si l'armoire le renferme. On peut même donner à ces inscriptions une certaine élégance qui ne dépare jamais une bibliothèque.

De PEstampillage.

1. L'usage de marquer le titre des livres d'une bibl thèque particulière, des armoiries ou du chiffre du p priétaire, pratique qui, établie par la vanité, n'est d'j cune utilité, qui a le grand inconvénient de déparer belles éditions et souvent d'en diminuer la valeur, est contraire de première nécessité dans une bibliotlièt livrée au public, pour prévenir le vol et pouvoir rect naître partout la propriété de la bibliothèque. Cette tampille doit être apposée non-seulement sur le titi mais encore sur une page déterminée au milieu du ^ lume , et sur la dernière. Pour distinguer ensuite les vres rebutés ou mis en vente, on doit ajouter un timl spécial , ou toute autre marque qui indique que le v lume est mis au rebut.

2. Ces sortes de marques se font ordinairement. av un timbre et de l'encre à imprimer ; mais, pour qi l'empreinte sèche vite et ne macule pas, on a soin d'c jouter à l'encre la quantité nécessaire de vernis siccati On peut aussi apposer la marque par le moyen d'un plaque de cuivre découpée, sur laquelle on frotte ave une petite brosse de l'encre de la Chine ; mais cette mé thode est trop longue pour un grand nombre de volumes Enfin les particuliers qui tiennent à ce que leur bibliothèque porte un signe de propriété, sans toutefois nuire aux livres, peuvent faire graver leurs armoiries ou autre insigne, et en coller l'imprimé dans l'intérieur des cartons de la reliure, ou les faire imprimer en or en dehors par le relieur.

3. Les personnes qui aiment à inscrire au catalogue de leur bibliothèque ou dans leurs livres le prix que chaque ouvrage leur a coûté , et qui veulent le marquer d'une manière inintelligible à toute autre personne ,

peuvent facilement le faire en adoptant un chiffre quelconque ; par exemple :

ABC DEFGH I K 1234567890 Ainsi, pour 23 fr. 80 c. , on mettra BC. hk ; 157 » 75 » AEG. ge.

Les majuscules désignent les francs, les minuscules les centimes. On peut varier ces chiffres de 1250 manières : on n'a qu'à commencer par une autre lettre de l'alphabet, ou en faire autant en reculant; par ex. : efgh iKLMNO , ou KiHGFEDCBA. Lcs alphabets grec, hébreu, arabe , présentent la même facilité.

De la Reliure.

1 . La reUuie est un des principaux moyens de conservation matérielle et d'ornement des livres; mais tels considérables que puissent être les revenus d'une bibliothèque, il faut que les reliures soient graduées d'après l'importance des ouvrages ; car il serait aussi déplacé de faire couvrir en maroquin enrichi de dorures un pamphlet éphémère que d'employer la basane ou un cartonnage pour un chefd'œuvre de la science ou des arts. Qu'un amateur riche ait dans sa bibliothèque un certain nombre de volumes décorés de reliures les plus belles et le plus à la mode , pour montrer tout ce que l'art , le goût du jour et même le caprice ont produit dans ce genre , mais que ce soient des livres propres à être habillés de telle ou telle façon, et que tout le reste de la bibliothèque soit relié d'ime manière élégante ou simple , mais bonne.

2. Dans les bibliothèques dont les fonds ne sont pas assez considérables pour permettre de suivre le principe, que l'extérieur, par sa richesse, doit répondre au mérite de l'intérieur de l'ouvrage, il vaut mieux se contenter

d'une reliure très-modeste, que de placer sur les rayons des livres brochés : rien n'est plus contraire à leur conservation que l'état de brochure , qui ne présente que des dangers.

3. La reliure la plus ordinaire est celle en basane ou en veau ; en la variant de dorure et de couleur, elle convient à toutes les fortunes , à toutes les bibliothèques et à tous les ouvrages; celle en parchemin, en maroquin, en cuir de Russie, en velours, etc., n'est à employer que dans les cas exceptionnels.

4. Il ne suffit pas qu'une reliure soit belle, il faut qu'elle soit solide; mais c'est une règle malheureusement trop négligée, même par les plus habiles relieurs : ils sacrifient tout au coupd'œil et donnent peu ou rien à la solidité.

Un genre très-convenable, et adopté par un grand nombre d'amateurs, est celui de la demi-reliure à dos de veau ou de maroquin, non rognée, avec marges. Posés sur les tablettes, ces volumes sont aussi élégants que ceux d'une reliure pleine , et tout aussi solides pour l'usage. Cette reliure joint à ces avantages la modicité du prix, et la faculté de protéger la grandeur des marges ; chose importante pour les amateurs, qui en payent souvent la ligne au poids de l'or. Le désir des bibliophiles de conserver les marges va si loin, qu'ils n'y laissent approcher aucun fer tranchant, et qu'ils font quelquefois recouvrir de la plus belle reliure un livre non rogné, et même non ébarbé. Pourquoi blâmerait-on cette passion de posséder certains livres dans l'état le plus parfait possible, lorsqu'on trouve fort naturel que chacun cherche à avoir intact et beau tout objet de tel genre que ce soit?

5. La connaissance technique de la reliure est nécessaire pour ne pas s'exposer à des dommages réels. Il faut

Savoir faire le choix d'un relieur, pouvoir apprécier son travail et lui en indiquer les défectuosités, sinon on aura des livres mal reliés, ornés sans goût, et sans solidité. Une preuve que le bon travail est toujours estimé, c'est que les anciennes reliures des Duneuil, Derome, Padeloup et autres, sont encore aujourd'hui aussi recherchées que les plus beaux chefs-d'œuvre , sortant des ateliers de Paris et de Londres.

6. Jusqu'au xvi^ siècle, on se servait, pour la reUure des livres , de planchettes de bois en place de carton ; mais la manière de les couvrir, comme aujourd'hui, variait à l'infini et était fort dispendieuse : on y employait des étoffes précieuses , brochées d'or et d'argent , ou chargées de broderies ; on les enrichissait de perles , de pierres fines, d'agrafes d'or et d'argent , on garnissait les plats et les coins de plaques et de grosses têtes de clous en même métal pour empêcher le frottement. Depuis, on a remplacé le bois par le carton, ce qui rend les volumes plus légers et les expose moins aux vers ; on a renoncé aussi aux couvertures d'étoffes comme trop coûteuses et peu solides.

7. On emploie généralement trois genres de reliure : la reliure pleine, la demi-reliure (l'une et l'autre en maroquin, cuir de Russie, parchemin, veau, basane), et le cartonnage (couvert en papier, en toile, ou en percale de couleur). La demi-reliure, quand elle est bien faite, joint à la solidité et à l'élégance de la reliure pleine le grand avantage d'un prix beaucoup moins élevé. Cependant les volumes minces, et dont le contenu ne fait pas prévoir un usage très-fréquent, peuvent recevoir un simple cartonnage, mais il faut qu'il soit bien fait.

8. Des motifs particuliers forcent souvent à faire ce qui est contraire aux règles que l'on doit suivre dans l'administration d'une bibliothèque ; un des plus puis-

sants , c'est la grande économie à laquelle obligent les fonds disponibles, qui ne sont ordinairement suffisants que grâce à une sage gestion.

La reliure des livres , qui est toujours une dépense considérable, doit donc y être soumise comme toute autre dépense ; mais l'économie la plus mal entendue est celle de faire relier plusieurs ouvrages en un seul volume , quand même leur contenu serait de même nature : nonseulement les subdivisions delà classification systématique peuvent exiger leur séparation , mais encore on est parfois obligé de priver les lecteurs de plusieurs écrits pour en satisfaire un seul.

La meilleure méthode , pour éviter les inconvénients qui résultent de ce genre de réunions , est de donner à ces minces volumes une brochure solide , couverte de légers cartons , et de les réunir dans des boîtes en forme de gros volumes , dans le genre de celles à l'usage des catalogues en feuilles'. Si cependant on est obligé de laisser ces volumes tels qu'ils sont , on les place suivant le titre du premier ; mais on a le plus grand soin d'inscrire , dans le catalogue et à leur place respective , tous les ouvrages qu'ils contiennent. On adapte , en outre , au titre de chacun d'eux une languette ou canon ^ en parchemin , pour faciliter les recherches.

9. Une reliure réunissant toutes les qualités que les connaisseurs aiment à y trouver est chose bien rare; car cette enveloppe , si utile pour l'usage des livres , si nécessaire à leur conservation , est soumise à tant de manipulations en passant par les mains d'un ouvrier avant d'être achevée , qu'il y a presque toujours, au moins , une partie de négligée. Il ne suffit pas qu'un volume soit plié avec précision , bien battu , cousu et

* Voyez la gravure, p. 50.

*Petit signet collé sur la marge ctla dépassant de quelques lignes.

endossé avec précaution , il faut que les tranchefiles soient arrêtées à tous les cahiers , la gouttière bien coupée , le dos arrondi convenablement à la grosseur du volume ; le carton d'une force proportionnée au format , coupé juste d'équerre ; les côtés bien é vidés , pour que le livre s'ouvre facilement , sans risque de casser le dos , ni de le déformer ; il faut encore que la peau dont le volume est couvert soit parée de manière à ne pas faire d'épaisseur sur les coins, et sans être trop mince, afin qu'ils ne s'écorclient pas au moindre frottement ; enfin , que la dorure soit brillante , nette et de bon goût. Un relieur se distingue, en outre, dans son travail, par le soin qu'il met à conserver les marges aussi grandes que possible , à placer les gravures avec intelligence , à prévenir le maculage , etc.

C'est afin de pouvoir examiner ces diverses parties d'une reliure , qu'il faut en savoir apprécier tous les détails , connaissance que l'on n'acquiert qu'en visitant les ateliers mêmes , ou par une longue expérience.

10. On reproche , avec raison , aux reliures anglaises, et plus encore à celles faites à leur imitation , les dos brisés trop plats et à faux nerfs , la façon des mors , et les ornements surchargés. Deux autres défauts du plus grand nombre de reliures sont qu elles s'ouvrent difficilement et se referment mal : l'un empêche de bien lire , et plus encore de travailler si l'on consulte plusieurs volumes à la fois ; l'autre laisse pénétrer dans l'intérieur des livres la poussière et les vers.

11. Les dos ronds sont, sans doute, moins agréables à la vue que les dos plats , lorsque les livres sont rangés sur les rayons ; mais ils sont plus durables , surtout pour les gTands formats. Quant aux in-8° et aux plus petits volumes , les dos plats peuvent être faits assez solidement, et permettent une plus grande égalité dans la dorure : ce

qui flatte l'œil , quand plusieurs volumes uniformes se louchent , dont les filets sont d'accord et se suivent bien en ligne droite.

12. Il en est de même des nerfs : les faux nerfs ne sont que de parade , tandis que les nerfs véritables conservent la reliure et sont aussi nécessaires à un gros et grand volume qu'ils ornent , que par le genre de dorure qu'ils permettent. Toutefois il faut que la grosseur et le nombre des nerfs soient en rapport avec le format et la force du livre.

13. Les mors, quand ils sont trop carrés, produisent des plis désagréables au fond des cahiers et absorbent une partie de la marge intérieure ; quelquefois même ils sont cause que les premières et les dernières feuilles s'usent et se brisent promptement , surtout aux ouvrages d'un fréquent usage. Il faut donc sacrifier l'élégance de ces mors carrés à ceux en biseau ou chanfrein , qui conservent davantage les volumes.

14. La dorure , qui , il est vrai , ne contribue en rien à la bonté d'une reliure , ajoute , par compensation , beaucoup à sa beauté ; elle est l'objet qui attire à un haut degré l'attention des amateurs , et contribue essentiellement à orner une bibliothèque. Un relieur peut donner des preuves de son intelligence par le choix de cet embellissement ; mais ordinairement la composition des fers est mal entendue , surchargée , sans goût , ou présente un mélange d'ornements sans harmonie , étrangers et même entièrement opposés au contenu des livres.

C'est surtout dans les titres qu'il se commet les bévues les plus ridicules ; et comme on ne peut exiger d'un relieur, bien qu'il soit un habile ouvrier , de savoir convenablement abréger ceux qu'il place sur le dos des volumes , on devra les prescrire ; car ces litres , bien réduits, facilitent beaucoup les recherches , et plus encore,

si on y ajoute la date de réditioii, ou la ville, rimprimeur ou toute autre indication par laquelle un livre se distingue.

De la Collation.

1 . Il est indispensable de collationner chaque volume qui revient de chez le relieur, d'examiner s'il n'y a pas de feuilles déplacées, si toutes les gravures s'y trouvent , si elles sont garanties par un papier Joseph , si les cartes et grandes feuilles sont collées sur onglet et pliées de manière que l'on puisse les développer avec facilité, sans risquer de les déchirer.

2. La collation, avant la reliure comme après, est , en outre, une chose si nécessaire à connaître , qu'un bibliothécaire doit y apporter beaucoup d'application, car elle seule donne la certitude qu'un ouvrage est complet et sans défaut. Ce travail, généralement regardé comme puiement mécanique, ne l'est cependant pas : il demande autant d'attention que de connaissances sur la composition matérielle des livres, et varie presque à chaque volume. Les produits des premiers temps de la typographie présentent de grandes difficultés par l'absence des signatures et de la pagination , et exigent précisément par leur ancienneté et leur rareté un examen plus scrupuleux , souvent même une comparaison minutieuse avec un autre exemplaire reconnu complet.

3. La méthode habituelle pour collationner est celle de vérifier la pagination et la signature, si c'est un ouvrage de plusieurs volumes, de s'assurer si toutes les feuilles sont du même volume, et si le dernier contient la fin et complète l'ouvrage. Les livres à gravures demandent une inspection spéciale, tant pour le texte et le nombre des planches que pour la bonté des épreuves et pour leur placement.

4. Un genre de livres encore qui ne peuvent être bien vérifiés qu'à l'aide d'une instruction spéciale , ou même d'un autre exemplaire^ sont les œuvres de plusieurs polygraphes , les collections et séries d'auteurs classiques, de mémoires, de journaux, etc. Sans un pareil guide, il serait impossible , par exemple, de collationner les Mémoires de l'Académie de Berlin , la Description de l'Egypte , les grands et petits Voyages, le Moniteur, et tant d'autres.

5. Quanta certaines curiosités bibliographiques qui ne sont remarquables que par des cartons, des feuilles supprimées ou ajoutées, des illustrations , même par une faute, ce n'est qu'en ayant connaissance de ces particularités, ou par des recherches dans les ouvrages bibliographiques, qu'on peut les reconnaître.

6. Enfin , si l'on rencontre quelque défectuosité , il faut en faire mention dans le catalogue et employer tous les moyens possibles pour y remédier ; et, afin qu'on ne les perde jamais de vue, on tient un état exact de tous les dcfects au fur et à mesure qu'on en découvre.

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