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DES ÉTIQUETTES ET DU NUMÉROTAGE

leur importance relative ; car le frottement finit par les salir, les effacer, les détacher et même les user. Il est donc nécessaire, pour prévenir des recherches inutiles et le désordre , de répéter ces numéros sur l'intérieur du carton de la reliure , et non pas sur une des gardes des volumes , qui peut être arrachée et se perdre ; tandis que la couverture s'ouvre de suite et dispense de chercher sur les gardes.

Il faut, en outre , coller ces étiquettes le plus haut possible sur le dos des volumes, afin que si on est obligé de doubler les rangées , les numéros de celle de derrière puissent être vus plus facilement par-dessus le premier rang. Sur les volumes qui sont trop minces de dos pour y appliquer une étiquette, on la colle sur le recto de la re!iure , tout en haut à gauche , de manière qu'elle soit visible en tirant un peu le volume.

2. On peut orner ces étiquettes de mille manières , des armes du propriétaire , d'emblèmes analogues à chaque classe , etc. , ou les faire imprimer en lettres d'or par le relieur sur le dos du volume , au-dessus du litre de l'ouvrage. Si cependant on ne veut pas employer ce dernier moyen , il est nécessaire de coller d'abord les étiquettes' de papier avec de la bonne colie (1), et ensuite d'y écrire les numéros ; on évite par là les erreurs en collant de fausses étiquettes, et l'inconvénient que l'écriture s'entoure d'un bord jaune, ce qui arrive toujours quand on colle un papier écrit.

Choisir une couleur particulière pour les étiquettes de chaque classe paraîtrait , au premier abord , un moyen pour faciliter l'arrangement des livres ; mais comme on ne peut se servir que de papier de couleur claire, afin que l'écriture ressorte suffisamment , elles pâlissent dans l'espace de peu de mois, et cet avantage disparait en même temps. Il vaut mieux ,

(1) La meilleure colle à cet usage est composée de 1/10 de colie forte et 9/10 de colle de pâte, à laquelle on ajoute une quanti:é proportionnée d'alun dissous , le tout bien mêlé ensemble. En l'employant , on peut, si elle est trop forie, la délayer avec un peu d'eau

chaude.

de l'estampillage. 55

pour atteindre ce but, employer une forme particulière pour les étiquettes de chaque classe , ou donner une reliure différente , ou y faire apposer en or , par le relieur , la lettre distinctive.

3. Pour abréger la recherche des livres , on appose sur les corps de bibliothèque la lettre de la classe qu'ils renferment , et on indique sur le bord de l'épaisseur visible des tablettes les premier et dernier numéros qui s'y trouvent placés. Cette indication abrège les recherches ; car, au lieu de s'orienter en tâtonnant et en examinant plusieurs rayons pour trouver un volume , on voit du premier coup-d'œil si l'armoire le renferme. On peut même donner à ces inscriptions une certaine élégance qui ne dépare jamais une bibliothèque,

XYÏ.

DE L'ESTAMPILLAGE.

i . L'usage de marquer le titre des livres d'une bibliohèque particulière , des armoiries ou du chiffre du propriétaire, pratique qui, établie par la vanité, n'est l'aucune utilité, et quia le grand inconvénient de déparer les belles éditions et souvent d'en diminuer la valeur, >st au contraire de première nécessité dans une bibliohèque livrée ait public, pour prévenir le vol ctpouoir reconnaître partout la propriété de la bibliothèque, blette estampille doit être apposée non-seulement sur e litre, mais encore sur une page déterminée au milieu lu volume (1), et sur la dernière. Pour distinguer enuile les livres rebutés ou mis en vente, on doit ajouter m timbre spécial , ou toute autre marque qui indique jue le volume est mis au rebut.

2. Ces sortes de marques se font ordinairement avec n timbre et de i'encre à imprimer; mais, pour que

(l. A la Bibliothèque royale à Paria, c'est la page 101.

l'empreinte sèche vite et ne macule pas , on a soin d'à jouter à l'encre la quantité nécessaire de vernis sicca tif. On peut aussi apposer la marque par le moyen d'un< plaque de cuivre découpée, sur laquelle on frotte avei une petite brosse de l'encre de la Chine; mais cette mé thode est trop longue pour un grand nombre de volu mes. Enfin, les particuliers qui tiennent à ce que leu bibliothèque porte un signe de propriété, sans toutefoi nuire aux livres, peuvent faire graver leurs armoirie ou autre insigne , et en coller l'imprimé dans l'intérieu des cartons de la reliure, ouïes faire imprimer en o en dehors par le relieur.

3. Les personnes qui aiment à inscrire au catalogu de leur bibliothèque ou dans leurs livres le prix qu chaque ouvrage leur a coûté, et qui veulent le marque d'une manière inintelligible à toute autre personne peuvent facilement le faire en adoptant un chiffre que conque ; par exemple :

ABCDEFGHIK 1 234367890

Ainsi, pour 23 fr. 80 c, on mettra BC. hk; — 157 » 75 » — AEG. ge.

Les majuscules désignent les francs, les minuscules 1 centimes. On peut varier ces chiffres de 1250 manière on n'a qu'à commencer par une autre lettre de q phabet, ou en faire autant en reculant; par ex. : ef< iklm>o, ou kihgfedcba. Les alphabets grec, héhre arabe, présentent la même facilité.

1. La reliure est un des principaux moyens de C( servation matérielle et d'ornement des livres; maist considérables que puissent être les revenus d'une

bliothèquc , il faut que les reliures soient graduées d'après l'importance des ouvrages ; car il serait aussi déplacé de faire couvrir en maroquin enrichi de dorures un pamphlet éphémère que d'employer la basane ou un cartonnage pour un chef-d'œuvre de la science ou des arts. Qu'un amateur riche ait dans sa bibliothèque tin certain nombre de volumes décorés de reliures les plus belles et le plus à la mode pour montrer tout ce que l'art , le goût du jour et même le caprice ont produit dans ce genre , mais que ce soient des livres propres à être habillés de telle ou telle façon , et que tout le reste de la bibliothèque soit relié d'une manière élégante ou simple, mais bonne.

2. Dans les bibliothèques dont les fonds ne sont pas assez considérables pour permettre de suivre le principe, que l'extérieur, par sa richesse, doit répondre au mérite de l'intérieur de l'ouvrage , il vaut mieux se contenter d'une reliure très-modeste, que de placer sur les rayons des livres brochés : rien n'est plus contraire à leur conservation que l'état de brochure, qui ne présente que des dangers.

3. La reliure la plus ordinaire est celle en basane ou en veau ; en la variant de dorure et de couleur, elle convient à toutes les fortunes , à toutes les bibliothèques et h tous les ouvrages ; celle en parchemin, en maroquin, 'n cuir de Russie, en velours, etc., n'est à employer que lans les cas exceptionnels.

4. Un genre très-convenable, et adopté par un grand îombre d'amateurs , est celui de la demi-reliure à dos le veau ou de maroquin, non rognée , avec marges. ^osés sur les tablettes, ces volumes sont aussi élégants pe ceux, d'une reliure pleine, et tout aussi solides pour usage. Cette reliure joint à ces avantages la modicité lu prix , et la faculté de protéger la grandeur des marges , chose importante pour les amateurs qui en paient ouvent la ligne au poids de l'or. Le désir des biblio- •hilesde conserver les marges va si loin, qu'ils n'y laisent approcher aucun fer tranchant, et qu'ils font quel- [uefois recouvrir de la plus belle reliure un livre non

rogné , et même non ébarbé. Pourquoi blâmerait-on cette passion de posséder certains livres dans l'état le plus parfait possible , lorsqu'on trouve fort naturel que chacun cherche à avoir intact et beau tout objet de tel genre que ce soit?

5. Il ne suffit pas qu'une reliure soit belle , il faut qu'elle soit solide; mais c'est une règle malheureusement trop négligée, même par les plus habiles relieurs : ils sacrifient tout au coup-d'œil et donnent peu ou rien à la solidité.

•■ 6. La connaissance technique de la reliure est nécessaire pour ne pas s'exposer à des dommages réels. Il faut savoir faire le choix d'un relieur, pouvoir apprécier son travail et lui en indiquer les défectuosités, sinon on aura des livres mal reliés , ornés sans goût, et sans solidité. Une preuve que le bon travail est toujours estimé, c'est que les anciennes reliures des Dusseuil, Derome, Padeloup et autres, sont encore aujourd'hui aussi recherchées que les plus beaux chefs-d'œuvre sortant des ateliers de Paris et de Londres.

7. Jusqu'au xvie siècle, on se servait, pour la reliure des livres , de planchettes de bois en place de carton; mais la manière de les couvrir, comme aujourd'hui, variait à l'infini et était fort dispendieuse : on y employait des étoffes précieuses , brochées d'or et d'argent , ou chargées de broderies ; on les enrichissait de perles . de pierres fines , d'agrafes d'or et d'argent; on garnissait les plats et les coins de plaques et de grosses tête; de clous en même métal pour empêcher le frottement Depuis, on a remplacé le bois par le carton, ce qui rem les volumes plus légers et les expose moins aux vers j on a renoncé aussi aux couvertures d'étoffes comra< I trop coûteuses et peu solides.

8. On emploie généralement trois genres de reliure la reliure pleine, la demi-reliure ( l'une et l'autre en ma I roquin, cuir de Russie, parchemin, veau, basane), et 1 I cartonnage ( couvert en papier, en toile, ou en pcrcal • de couleur ). La demi-reliure, quand elle est bien faite joint à la solidité et à l'élégance de lu reliure pleine 1

grand avantage d'un prix beaucoup moins élevé. Cependant les volumes minces , et dont le contenu ne fait pas prévoir un usage très-fréquent , peuvent recevoir un simple cartonnage, mais il faut qu'il soit bienfait.

9. Des motifs particuliers forcent souvent à faire ce qui est contraire aux règles que l'on doit suivre dans l'administration d'une bibliothèque ; un des plus puissants , c'est la grande économie à laquelle obligent les fonds disponibles , qui ne sont ordinairement suffisants que grâce à une sage gestion.

La reliure des livres , qui est toujours une dépense considérable, doit donc y être soumise comme toute autre dépense; mais l'économie la plus mal entendue est celle de faire relier plusieurs ouvrages en un seul volume, quand même leur contenu serait de même nature: non-seulement les subdivisions de la classification systématique peuvent exiger leur séparation, mais encore on est parfois obligé de priver les lecteurs de plusieurs écrits pour en satisfaire un seul.

10. La meilleure méthode , pour éviter les inconvénients qui résultent de ce genre de réunions , est de donner à ces minces volumes une brochure solide, couverte de légers cartons, et de les réunir dans des boîtes m forme de gros volumes, dans le genre de celles à l'usage des catalogues en feuilles (l). Si cependant on est obligé de laisser ces volumes tels qu'ils sont , on les 3lace suivant le titre du premier ; mais on a le plus ?rand soin d'inscrire, dans le catalogue et à leur place espeelive, tous les ouvrages qu'ils contiennent. On idapte, en outre, au titre de chacun d'eux une languette m canon (2) en parchemin, pour faciliter les recherches.

11. Une reliure réunissant toutes les qualités que les "onnaisseurs aiment à y trouver, est chose bien rare ; car •ette enveloppe , si utile pour l'usage des livres, si nécessaire à leur conservation , si agréable à la vue du

(1) Voyez les gravures nos 4 et 5.

(2) Petit signet collé sur la marge et la dépassant de quelques milli-» . îètres.

bibliophile, est soumise à tant de diverses manipulations en passant par les mains des ouvriers avant d'être achevée, qu'il y a presque toujours, au moins, une partie de négligée. Il ne suffit pas qu'un volume soit plie avec précision , bien battu , cousu et endossé avec précaution, il faut que les tranehefiles soient arrêtées à tous les cahiers, la gouttière bien coupée , le dos arrondi convenablement à la grosseur du volume ; le carton d'une force proportionnée au format, coupé juste d'équerre ; les côtés bien évidés , pour que le livre s'ouvre facilement, sans risque de casser le dos, ni de le déformer ; il faut encore que la peau dont le volume est couvert soit parée de manière à ne pas faire d'épaisseur sur les coins, et sans être trop mince, afin qu'ils ne s'écorchent pas au moindre frottement ; enfin, que. la dorure soit brillante, nette et de bon goût. Un relieur se distingue, en outre, dans son travail, par le soin qu'il met à conserver les marges aussi grandes que possible , à placer les gravures avec intelligence, à prévenir le maculage, etc.

C'est afin de pouvoir examiner ces diverses parties d'une reliure, qu'il faut en savoir apprécier tous les détails, connaissance que l'on n'acquiert qu'en visitant les ateliers mêmes, ou par mie longue expérience.

Le Manuel du Relieur, faisant partie de YEncyclopédie-Roret , servira de guide très-utile aux personnes qui veulent se familiariser avec la partie technique des travaux de la reliure.

12. On reproche, avec raison, aux reliures anglaises, et plus encore à celles faites à leur imitation , les dos brisés trop plats et à faux nerfs, la façon des mors , el les ornements surchargés. Deux autres défauts du plus grand nombre de reliures sont qu'elles s'ouvrent difficilement et se referment mal ; l'un empêche de biei lire , et plus encore de travailler si l'on consulte plusieurs volumes à la fois ; l'autre laisse pénétrer danf l'intérieur des livres la poussière et les vers.

13. Les dos ronds sont, sans doute, moins agréable* à la vue que les dos plats, lorsque les livres sont rangéi

;ur les rayons ; mais ils sont plus durables, surtout pour es grand formats. Quant aux in-8» et aux plus petits > olumes , les dos plats peuvent être faits assez soiidenent , et permettent une plus grande égalité dans la lorure : ce qui flatte l'œil, quand plusieurs volumes uniormes se touchent , dont les filets sont d'accord et se iuivent bien en ligne droite.

14. Il en est de même des nerfs : les faux nerfs ne ;ont que de parade, tandis que les nerfs véritables conservent la reliure et sont aussi nécessaires à un gros et rrand volume qu'ils ornent, que par le genre de dorure pi'ils permettent. Toutefois, il faut que la grosseur et le lombre de nerfs soient en rapport avec le format et la orce du livre.

15. Les mors, quand ils sont trop carrés, produisent es plis désagréables au fond des cahiers et absorbent ne partie de la marge intérieure ; quelquefois même s sont cause que les premières et les dernières feuilles usent et se brisent promptement, surtout aux ouvrages 'un fréquent usage. Il faut donc sacrifier l'élégance e ces mors carrés à ceux en biseau ou chanfrein, qui mservent davantage les volumes.

16. La dorure, qui, il est vrai, ne contribue en rien la bonté d'une reliure , ajoute , par compensation , >aucoup à sa beauté ; elle est l'objet qui attire à un haut ;gré l'attention des amateurs, et contribue essentielleent à orner une bibliothèque. Un relieur peut donner ts preuves de son intelligence par le choix de cet em- •Uissement ; mais ordinairement la composition des rs est mal entendue, surchargée, sans goût, ou préntc un mélange d'ornements sans harmonie, étrangers même entièrement opposés au contenu des livres.

17. C'est surtout dans les titres qu'il se commet les vues les plus ridicules ; et comme on ne peut exiger

' m relieur, bien qu'il soit un habile ouvrier, de savoir

; nvenablement abréger ceux qu'il place sur le dos des

lûmes, on devra les prescrire ; car ces titres, bien ré-

its, facilitent beaucoup les recherches, el plus encore,

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