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F. DE LA DISPOSITION CALLIGRAPHIQUE DES CATALOGUES

1. L'exécution calligraphique d'un catalogue, quoique souvent négligée , contribue néanmoins beaucoup aie rendre plus commode et plus utile. La netteté et la régularité dans la disposition des lignes , le soin que l'on a de faire ressortir , par un caractère différent , le nom d'auteur ou le mot d'ordre , facilitent l'œil de trouver ce qu'il cherche ; tandis qu'un catalogue d'une mauvaise écriture , sans arrangement régulier, fait reculer devant les recherches que Ton voudrait y faire.

2. En dressant un catalogue , alphabétique ou systématique, il est nécessaire de laisser assez de place pour intercaler facilement les nouvelles acquisitions, ïl faut donc que le catalogue soit composé de cartes ou de feuillets détachés; ou, s'il est écrit sur des volumes reliés, qu'il y ait, entre chaque article, de grandes lacunes blanches.

3. L'une et l'autre méthodes ont leurs inconvénients et leurs avantages : la première demande le plus grand soin , afin qu'aucun titre ne soit égaré ou déplacé par une main maladroite ou brouillonne ; ce qui interdit nécessairement d'en abandonner l'usage à tout-venant; mais aussi elle permet autant d'intercalalions et de changements que l'on voudra,

4. La seconde méthode , il est vrai , donne la facilité de feuilleter le catalogue sans risquer le moindre désordre; mais les changements deviennent impossibles sans ratures , et les intercalations , dont on ne peut jamais prévoir ni le genre ni le nombre , remplissent bientôt toutes les lacunes , et forcent à établir des volumes supplémentaires.

5. Il s'agit, par conséquent, de choisir entre deux maux le plus petit, et on ne peut hésiter à préférer la première méthode à toute autre , parce qu'elle offre la plus grande facilité aux classements, aux augmentations et aux transpositions continuellement nécessaires, et parce qu'on peut supposer que les personnes qui consultent un catalogue ont assez d'habitude de s'en servir et assez d'attention pour n'y causer aucun dérangement. La seconde , au contraire, ne prévient que ce dernier danger, sans avoir aucun des avantages de la première.

6. En transcrivant les titres sur les caries, on laisse en tête une place suffisante pour le numéro provisoire, et en bas autant pour les lettres et numéros d'après lesquels chaque ouvrage est placé définitivement. Voici un exemple :

Précis hislor. de la Révolution franc., par de Lacrelelleje, 5 vol.

in-18. Paris, 1801—

Chaque renvoi d'un mot , d'un nom , d'une classe à une autre, doit être écrit sur une carte séparée, pour être classée à sa place.

7. Pour conserver l'ensemble des cartes dans l'ordre établi, il ne faut jamais les percer et les enfiler en paquets , ce qui rend les recherches très-incommodes et empêche d'intercaler avec facilité de nouvelles cartes; on fait faire de grandes boîtes ou cases , partagées en petits compartiments de la largeur des cartes, dans lesquels on les pose debout, de manière qu'elles en sortent du tiers de leur hauteur. Le nombre de cases se règle d'après le nombre de cartes , qui demande des divisions proportionnelles.

8, Quand on se sert de bulletins ou feuillets de papier au lieu de cartes , on les fait régler perpendiculairement en huit colonnes , dans lesquelles on inscrit :

L'Auteur ;

Le Titre;

Le Nombre de Volumes ;

Le Format ;

La Ville et le libraire ;

La Date ;

La Lettre distinctive de la classe et de la division ;

Le Numéro d'ordre.

Il est bien entendu que la largeur de chaque colonne doit être proportionnée à ce qui doit y être inscrit; que le format , par exemple , ne demande que la place de deux chiffres ; le titre , au contraire , le plus possible. ( Voir le modèle N° 2 des gravures. )

Pour rendre commode l'usage d'un catalogue de ce genre, et pour éviter que l'ordre des bulletins ne soit dérangé, on fait confectionner, d'après le format, des boîtes de carton (voir les nos 4 et 5 des gravures), qui permettent d'y feuilleter sans les ôlcr. On met sur ces boîtes des étiquettes , pour les placer comme des volumes ; on se sert aussi d'une reliure mobile (1) dont l'usage est adopté dans beaucoup de bibliothèques. Ce mode de reliure a l'avantage , par son mécanisme très-

(1) Inventée par M. Reichmann à Paris (rue St.-Benoist S. G., If)}, chez qui on trouve des appareils pour tous les formats et à tous les pris, depuis " fr. jusqu'à 7>0 et#SO fr., selon leur grandeur ou élégance.

simple, de permettre de relier provisoirement soimême , promptement et sans le secours de lacet ni de piqûre, toute espèce d'ouvrages publiés par feuilles ou livraisons , au fur et à mesure de leur publication. La facilité qu'offre cette reliure de former et de disjoindre, à volonté, un volume encore inachevé, d'en augmenter ou diminuer le nombre de feuilles , la rend infiniment utile pour la conservation de pièces volantes, d'opuscules, de gravures, etc.

9. Cependant, si le grand nombre de cartes ou de feuillets volants prend trop de place , si l'usage cesse d'en être commode , on peut les inscrire , suivant leur classification, sur des feuilles entières pour être reliées. Mais que l'on se garde bien de détruire ces premiers éléments , car on en aura toujours besoin pour des vérifications ou de nouvelles classifications. Il faut même continuer à faire des cartes, ou bulletins, des nouvelles acquisitions, pour les transcrire sur le catalogue en volumes , et pour les intercaler ensuite dans l'ancienne série.

10. Un autre moyen, c'est de se servir, en place de cartes ou de feuillets, de petites Bandes, de même grandeur, de papier mince, sur lesquelles on transcrit les titres. On les classe comme les cartes, et on les colle, dans l'ordre voulu , sur de grandes feuilles , que l'on fait relier après. Ondoit laisser enblanc le verso de ces grandes feuilles, pour pouvoir faire des notes en regard du recto suivant, couvert de bandes collées. On concevra, au reste, que ces bandes, qui sont destinées à être collées, doivent également n'être écrites que d'un côté.

Si l'on écrit ces bandes avec soin et uniformité , et si on les calle proprement et avec régularité, un tel catalogue peut être assez bien , sans trop choquer la vue même d'un bibliomane.

11. Souvent aussi on est obligé de reclasser un catalogue imprimé. Dans ce cas, on en prend deux exemplaires : dans l'un, on barre, avec de l'encre ou du crayon rouge, toutes les pages paires (2, i, 6,8. etc. ) ; dans l'autre, les pages impaires (1,3, S, 7, etc.). Cela fait,

on découpe les titres qui se trouvent dans les pages non biffées y on les classe et on les colle sur des feuilles , comme il vient d'être dit.

12. Enfin une dernière méthode pour l'exécution calligraphique des catalogues est celle de transcrire immédiatement les titres dans un registre, relié et disposé par la réglure, pour former le catalogue définitif. Mais ce mode a plus d'un inconvénient, ne serait-ce que l'impossibilité d'estimer, à l'avance, la place nécessaire pour chaque lettre, syllabe ou matière, ou le feuilletage continuel, ou la difficulté de pouvoir faire , sans rature , le moindre changement et redressement d'erreur.

Dans les cas où on serait cependant forcé d'employer cette manière, que l'on ne soit, du moins, pas avare de papier, et qu'on laisse amplement de place pour pouvoir ajouter des titres sans être gêné et sans être obligé de faire des volumes supplémentaires. Cette précaution est surtout nécessaire pour le catalogue alphabétique , où on ne peut jamais prévoir ce que l'on aura à intercaler. Le mieux est de taire la copie sur des cahiers volants de quatre à six feuilles, et de ne les faire relier que lorsque tout le travail est terminé ; ce moyen permet nonseulement de faire une séparation égale des volumes , mais aussi de remédier plus facilement aux erreurs , par le remplacement d'une ou deux feuilles. Le format in-fo est celui qui, en général , convient le mieux à ces sortes de catalogues.

13. Les deux modèles nos 8 et 9 des gravures sont les plus convenables pour l'un et l'autre genres, et peuvent être modifiés selon les circonstances. Le choix du papier n'est même pas indifférent ; il faut qu'il soit de belle qualité, pour que l'on y écrive volontiers et proprement , et bien collé , pour résister aussi longtemps que possible à l'usage fréquent auquel un catalogue est exposé.

14. Outre les catalogues alphabétique et systématique, quelques bibliothèques d'Allemagne en possèdent un troisième ( Lokal-Katalog) , où se trouvent inscrits

les livres d'après l'ordre dans lequel ils sont rangés sur les tablettes. Un semblable catalogue est aussi superflu qu'incommode pour la moindre recherche, et ne peut servir que d'inventaire pour le récolement.

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