‹ BibliothéconomieChapitre 60 sur 104 · TRAVAUX DE L'IMAGINATION · texte numérisé non relu

TRAVAUX DE L'IMAGINATION

Poésie.

Poésie.

Narrative.

Lyrique.

Dramatique.

/'Epopée, j Roman, i Nouvelle.

V Conte.

, Odes. Cantates.

Tragédie. )

Comédie. ^Déclamation.

Drame. }

Opéra.

Pastorale.

Dialogue.

Pantomime-Danse.

Critique.

/ Dansles sciences. / Scholiaste.

\ Journalisme.

Arts. v Commentateurs.

•# .^..- (Instrumentale. ) -,, , . . . .

Muttque. . . . J yocale j Théorie et Pratique.

Peinture. . (Ses genres.

(Gravure.

Sculpture

Architecture. . Civile.

(Tribune (forum), Barreau.

Chaire.

duire. [ Vers.

! religieux ( philosophi nolitiaues

Tkéoriedes sys-( r^ieu\?u mystiques.

ternes ) Philosophiques.

politiques (sociaux , économique»).

Tkéoriedes mé- ( scientifiques. thodes { littéraires.

Art (Artifice de nomenclature). Vocabulaires, Lexiques.

16. Le système de Camus , dont il est souvent question dans les ouvrages de bibliographie , et que son auteur a développé dans ses Observations sur la distribution et la classification des livres d'une bibliothèque (l), est l'exposition de la marche des idées et des études de l'époque (an iv de la république ), et en porte le cachet bien marqué. — Tout ingénieux qu'il

Euisse être , son application en pratique présenterait ien des difficultés.

17. En Allemagne , on suit assez généralement l'ancien système de Willcr (V. page 127, § 7.), avec la différence cependant que l'on n'y adopte point cinq grandes classes, dans lesquelles on a souvent de la peine à ranger les diverses subdivisions ; les Allemands divisent les connaissances en douze, quinze, vingt classes , d'importance égale , dont la dernière est tou-

(1) Mémoires de l'Institut de France ; Belles-Lettrea et Beaux- Arts, Tome 1er, p. (J43 et éuiv.

jours celle des mélanges. — Voici les nomenclatures qui présentent le mieux ce genre de systèmes :

classification de my mens (Libraire à Leipsick). (1)

Théologie.

Jurisprudence.

Médecine et Chirurgie.

Philosophie.

Pédagogie.

Philologie.

Histoire, Biographie, Antiquités, Mythologie.

Géographie, Statistique, Cartes.

Histoire naturelle.

Economie, Technologie.

Politique.

Mathématiques, Astronomie.

Art militaire.

Commerce.

Belles-Lettres, Arts d'imitation, Musique, etc.

Mélanges.

classification de scHRETTixGEB ( Conservateur de la bibliothèque royale-centrale à Munich).

Philologie.

Histoire.

Mathématiques.

Philosophie.

Anthropologie.

Physique.

Théologie.

Jurisprudence.

Statistique.

Médecine.

Mélanges.

(1) Dans son Catalogue semestriel.

18. Les Anglais, dans leur classification, adoptent principalement l'ordre alphabétique ; peu de leurs catalogues sont rédigés par classes , divisions et subdivisions ; et dans ceux qui le sont, on adopte les mêmes principes qui dominent en France , el avec les mêmes variations.

19. Au résumé , quand on n'est pas obligé de respecter une classification déjà établie dans une bibliothèque, et qu'on aies mains libres pour en former une, il faut bien se pénétrer de l'impossibilité de créer un système à la satisfaction de tout le mqnde; les habitudes , les prédilections pour certaines études , les opinions religieuses et politiques de chacun y demanderont toujours des changements et même une interversion complète de l'ensemble.

20. Si l'on voulait établir un système conforme à l'esprit de notre temps, on serait forcé d'être assez hérétique pour ne plus mettre en premier la classe- Théologie, mais bien celle Histoire, qui sert de guide dans toutes nos situations publiques et privées, et qui murait les preuves de la véritable théologie. On ferait suivre toutes les branches du savoir positif des hommes , et on ne mettrait la théologie qu'en tête des ouvrages ;l'imagination et de spéculation. Mais le temps n'est point encore venu pour qu'un pareil système puisse être reconnu, et il sera bien difficile d'introduire une réforme, même raisonnable, dansie système consacré par une routine de plus d'un siècle. En attendant, on fera bien de suivre l'ancienne classification , sauf quelques améliorations indispensables dans les divisions ;

ar un système, même suranné et médiocre, mais bien ibservè dans le classement, est toujoursplus utile qu'un système moderne mal suivi ou obscur.

21. Au surplus, un moyen facile et immanquable )Our éviter de longues recherches dans les cas dou-

| :eux , ou pour des personnes peu exercées à se servir l'un catalogue, c'est d'y ajouter une table alphabétique de toutes les classes jusqu'à la dernière des subdivisions, avec des renvois aux pages. Une telle table

164 dés Catalogues.

indiquera à l'instant si l'on doit chercher la Numismatique dans la classe des Arts et Métiers ou dan« celle de l'Histoire ; la Géographie dons la classe def Sciences ou dans celle de l'Histoire, etc. Enfin, une table des auteurs compléterait ce travail.

22. Beaucoup de difficultés se présenteront encore ei dressant un catalogue systématique : principalemen lorsqu'il paraît un ouvrage sur une matière jusqu'alors inconnue , telle que le galvanisme ou la phrénologie ignorés il y a cinquante ans, ou un livre de géographie politique d'un état récemment formé ou qui n'exista plus. Les révolutions politiques, comme les découvertes dans les sciences , offrent constamment des exemple* de ce genre. Cependant, il faut être aussi circonspeci dans la suppression d'une ancienne division que dans la création d'une nouvelle.

23. On doit encore se mettre en garde contre les titres qui promettent trop, ou autre chose que ce que les ouvrages contiennent, et examiner ceux-ci avec attention pour leur assigner la place qui leur revient. Lorsque le contenu laisse en doute , on fait un renvoi d'une place à celle où le livre se trouve classé. Pai exemple, la biographie d'un Réformateur et Écrivain est-elle à placer dans l'histoire littéraire, ou dans l'histoire ecclésiastique , ou parmi les biographies des hommes célèbres? Ce n'est donc qu'en consultant le livre même que l'on peut décider et éviter les méprises les plus grossières et les plus ridicules, dont on trouve des exemples dans plusieurs catalogues, même dans ceux qui du reste ont du mérite .

24. Dans les titres des livres qui composent les diverses divisions , on doit adopter l'ordre quelquefois al phabétique, quelquefois chronologique, suivant le genre des ouvrages. Par exemple, les biographies, d'après l'alphabet des noms ; les classiques , d'abord alphabétiquement, et ensuite par date des éditions.

25. Quant au mécanisme du classement des titres, il est absolument le même que celui de l'ordre alphabétique : on commence par les distribuer en grandes

classes, et on continue le triage de chacune d'elles , d'abord par divisions, ensuite par subdivisions, jusqu'au dernier échelon du système adopté.

1. Sous la dénomination d'Incunables (4 ) ou Paléo* 'ypes (2), on comprend les livres imprimés depuis l'intention de la typographie jusqu'en 1500, parce qu'alors es parties techniques de cet art avaient atteint le de- ?ré de perfection qu'on leur reconnaît encore aujourî'hui. Si Maittaire, Panzer, Kaiser, Uffenbach, ScheU îorn et autres mettent ce terme jusqu'en 1520, 1523, 1536, c'est que ces auteurs s'occupent plutôt de l'hisoire de l'imprimerie que spécialement des incunables, ju'on ne peut plus appeler ainsi , lorsqu'ils s'éloignent le plus d'un demi-siècle du berceau de cet art.

2. Ces anciens livres , qui forment la transition des nanuscrits aux livres imprimés , sont d'autant plus importants qu'ils sont des documents authentiques pour histoire de l'imprimerie , et ouvrent un vaste champ

iux recherches intéressantes des bibliographes. Ilspréentent, en outre, par leurs illustrations, des matériaux >our l'étude de l'histoire des arts , et par les éditions irincepg , ils rendent les services les plus essentiels aux '•tudes des anciens classiques.

3. Dans une bibliothèque, ils attirent l'attention du •ollectionneur par leur âge , par les particularités de eur exécution et par le contenu qui les rangent dans es classes suivantes :

(i) Incunabula signifie berceau, commencements.

(2) Paléotype dérive de itcdçt,ios, ancien, et TfclWe, modèle, signe

a. Les avant-coureurs (ocyïographes) (1) et premier I essais de l'imprimerie et les impressions avec des ca ractères mobiles qui portent une date et qui commer cent avec les lettres d'indulgence du pape Nicolas \ I (1454), quoique le premier livre d'une date incontesta ble, gui soit arrivé jusqu'à nous, est toujours le Psautie J de 1457 (4).

6. Les premières impressions de certains pays oud j certaines villes , qui font partie des raretés bibliogra phiques.

c. Celles qui sont imprimées en langues étrangère ou avec des types particuliers. — Les plus anciens sor en caractères gothiques; plus tard on employait le lettres rondes ou romaines qui commençaient alors être en vogue, surtout en Italie. — Quelques mots grecs d'abord gravés en bois , se trouvent pour la premier fois dans le De Officiis de Cicéron, de 1465, et dans 1 Lactance de la même année. Le premier volume entiî rement imprimé en grec, est la grammaire grecque d Lascaris, de 1476.

d. Les produits de certaines imprimeries d'où n'es sorti qu'un petit nombre de volumes ; par exemple, celle de Adam Rot, de Arnaud de Bruxelles, de Kune d Memmingen, et autres.

e. Les impressions dans lesquelles on peut suivre 1 marche de la perfection de la typographie , telles qu J. Niderf prœceplorium divinœ Hegis. f°. Cologne Koelhof. 1473 , qui est le premier livre où on voit de signatures; leSermo ad populum prœdicabilis. 4°. Co

(t) Xylographes ( ?ô)ov bois, et yp&f&v» écrire), dénominatio donnée aux impressions qui ont fait naître la première idée de mulii plier les livres par le moyen mécanique des types mobiles. — Les pre ductions xylographiques les plus anciennes remontent à 1-425 où, poo imiter l'écriture , on gravait en relief sur des planches de bois , dt lignes et même des pages entières, sur lesquelles on tirait les épreuve par le même procédé que l'on emploie encore aujourd'hui pour imprime les cartes à jouer. — Ce premier pas fait, les inventeurs de l'imprimeri sur caractères mobiles :>'en sont emparé pour ouvrir la carrière à 1 perfection où nous voyons aujourd'hui l'art typographique.

(?) Psalterium. latinum, etc., grand in-K (Mayencc). 1457,

foES INCUNABLES* ^Î6?

ogne. Ter Hoernen, 1470, qui est le premier avec patination; le Cicero de Ojficiis de 1465, qui est le prenier du format in-4°, et le Officium B. Mariœ Virgin. \2°. Venise. N. Jensori 1473, qui est le premier en petit or mat. — Les feuillets de litre, ou frontispices, ne se •encontrent que depuis 1485.

f. Les essais de l'emploi des arts calcographiques jour orner les livres : le premier accompagné de graurcs sur cuivre , est il Monte Santo di Dio , del Ànlolio de Siena. f°. Florence, 1477. — Les gravures en •ois et les miniatures sont beaucoup plus anciennes que imprimerie avec des caractères mobiles ; ce sont même lies qui ont donné l'idée des xylographes, qui de leur ôté ont ouvert la voie à celte grande invention.

g. Les livres qui se distinguent par une exécution fiatériclle particulière : par exemple, ceux qui sont imprimés sur peau de vélin, en lettres d'or, etc. — Parmi 3S incunables il y en a plusieurs , surtout du premier 2mps de l'art , dont l'édition entière a été tirée sur eau de vélin (i), et dont les exemplaires sur papier sont caucoup plus rares et plus reenerckés que ceux qui ont sur vélin. Par cette même raison, de la rareté seumicnt, donne-t-on la préférence aux exemplaires, sur eau de vélin, des anciens imprimeurs qui tiraient prinipalemcnt sur papier, tels que Schweinheim et Panarlz à Rome.

h. Enfin , il y a certaines collections ou suites d'inunablcs que Ton aime à posséder ; surtout celle d' Âlopa e Florence , composée des six ouvrages grecs (2) seuîment , imprimés en capitales, celle des auteurs grecs mprimée en lettres rondes à Milan (3), celles de Schweiheim, de Pannarlx, des Aide, des Junte, et quelques utres de cette époque.

(1) p. e. ]&Biblia latina. 2 vol. in-f°. s. I. (Gutenberg àMayence). 450-1455.

(2) Anlhologia, Âpollonius-Rhodius, Euripides, CaUimachus, jnomœ, Musœus. 1494-1496.

(3) Le premier de cette collection est le Lascaris de 1476, et 1« lernier, le Suidas, de 1499.

168 DES OCtN'ABLES.

4. De même que les manuscrits , par leurs indic caractéristiques , désignent l'époque et le siècle où ont été écrits , les incunables , sans date , ont les leu par lesquels ils se font connaître. Les principaux de c indices sont :

L'absence d'un feuillet de titre, ou frontispice ;

L'absence des lettres capitales au commencement d chapitres et des alinéas ;

La rareté de ces divisions mêmes;

Le non-emploi des virgules et des points-virgule.

L'inégalité et la grossièreté des types;

Le manque de pagination;

Le manque des signatures et des réclames ;

La solidité et l'épaisseur du papier ;

La non-apposition des noms de l'imprimeur, du lie et de l'année ;

La grande quantité d'abréviations ;

Les points carrés, le trait oblique en place du poil sur les i^ etc.

5. Toutes ces particularités exigent que dans le cat logae , ces volumes soient mentionnés d'une manièi très-circonstanciée : il faut marquer avec la plus grand exactitude, outre l'auteur et le titre, le genre de cara< tère, la pagination, le nombre des lignes et des colonne sur chaque page, les signatures , le nombre de volume; le format, la ville, l'imprimeur, l'année et même les d« fectuosités qui se trouvent assez souvent dans ces ar ciens livres qui ont passé par plusieurs siècles.

6. Quelquefois la date , le nom de la ville, de l'im primeur, de l'auteur, paraissent manquer, mais ils s trouvent souvent soit dans la dédicace, soit dans la pn face ou autres liminaires, ou à la lin du volume. Si c( pendant on cherche vainement ces indications, on copi les premières et les dernières lignes. Les ouvrages de Laserna-Santandcr, Brunet, Ebcrt, Panzer, Audîffredi Francke et autres, plusieurs fois cités dans ce volume en présentent des exemples parfaits de ce genre ; mai le plus complet, le plus riche et le plus moderne qu< nous possédons maintenant sur les incunables, c'es

celui de Hain (1) qui dispense presque de consulter le plus grand nombre de ses prédécesseurs.

7. Pour donner une idée juste de la manière dont on rédige la description de cette espèce de curiosités , on en donne une ici, prise au hasard dans le Manuel de Brunel :

Cy commence le Livre de Boè'ce de Consolation de Pli ilosophie, compilé par Reynier de Sainct-Trudon, etc. Fait et imprimé à Bruges, par Colard Mansion, Van et jour dessus dit ( 1477 , la veille des SS. Apôtres Pierre et Paul ), in-f°. Un volume grand in-f° de 279 f. imprimés à deux colonnes , en gros caractères gothiques, sans chiffres, réclames ni signatures. Les 16 premiers feuillets contiennent la préface et la table, et commencent par :

« Cy commence le livre de Boecc de consolation de phylosophye compile par vénérable nomme maistre Reynier...., de Sainct ïrudon docteur en Saincte Théologie et nagaires translate de latin en francois par un honnestc clerc désole qrant sa consolatiô en la translation de cestui liure et pmierement le proheme.

Le 17e feuillet est blanc, et le texte commence au 18e. On lit dans l'avis du Translateur, placé au verso de Tavant-dernier feuillet , et au recto du dernier feuillet, la date : en l'an m. cccc. Ixxvij , la veille des Sains Apostres Pierre et Paul.

Cet avis est terminé par la souscription : Fait et imprime a Bruges par Colard f

(1) Ladov . Hain ; Repertorîum bibliographîcum, in quo libri oœnes ab arte typographie, inventa usque ad a. 15(30. typi3 expressi ord. alphabet, enumerantur vel recensentur. 4 parties en 2 yoI. 8". Stuttgard, .828-1*58.

Mansion lan et jour

dessus dis.

8. La classification des incunables est toute particulière , parce que l'intérêt que ces livres présentent est de deux genres : l'un est produit par leur mérite littéraire, l'autre par leur exécution matérielle. Cependant, leur importance principale ayant rapport à l'histoire littéraire et à l'art de l'imprimerie , il est rationnel de les classer par pays et villes, ensuite par nom d'imprimeur, enfin d'après leur date ; néanmoins, il ne faut pas négliger de porter leurs titres à leurs places respectives dans les catalogues généraux.

1 . La science des anciens manuscrits est une étude itoute particulière ; elle demande , outre une grande familiarité avec les langues anciennes et l'habitude de lire les écritures des siècles reculés , la connaissance approfondie de l'histoire littéraire et des auteurs classiques de l'antiquité. Mais les études paléographiques ne sont pas assez répandues; peu de personnes savent préciser l'âge de ces manuscrits; on ignore ordinairement leur véritable origine, le sort qu'ils ont eu jusqu'à nos jours, les variations que chaque siècle a introduit dans les caractères et dans l'orthographe ; même les moyens techniques employés à l'exécution matérielle de ceg précieux volumes et des peintures qui les ornent, restent douteux.

Cette partie de la bibliographie étant trop étendue pour être traitée ici dans tous ses détails , elle fera le sujet d'un travail spécial que l'auteur se propose de publier plus tard (i ) ; toutefois il croit utile d'en donner ici un aperçu sucinct.

(1) On possède déjà plusieurs bons ouvrages qui peuvent servir à acquérir les premières connaissances diplomatiques ; les meilleurs sont ;

DES MANUSCRITS. 17fr

2. Le mérite littéraire des manuscrits consiste dans l'importance du sujet et dans la correction présumée du texte, et le mérite matériel dans l'ancienneté, dans la beauté de l'exécution et dans le bon état de conservation. Toutes ces qualités réunies dans un tel volume doivent nécessairement en faire un document précieux pour l'histoire littéraire, et un des joyaux les plus désirables pour un amateur.

3. Le plus grand nombre des anciens manuscrits qui sont venus jusqu'à nous , sont écrits ou sur papier ou sur parchemin : le papier est fait de papyrus d'Egypte , de coton ou de soie ( char la bombycina ) , inventé dans l'Orient, vers 706 de J.-C, dont on se servait jusqu'au xive siècle, même encore après l'invention du papier de chiffon de lin.

4. Des plumes à écrire, on n'en trouve mention que dans le vne siècle; quant aux encres, la noire a été d'usage dès les temps les plus reculés, à l'exception que la toute ancienne ne contenait point de vitriol comme la nôtre , mais était composée de noir de fumée de bois , de résine ou de poix, de noire d'ivoire, de charbon pulvérisé, etc. L'encre rouge, déjà employée dans les manuscrits très-anciens, était de la plus grande beauté ; on s'en servait pour les initiales , les premières lignes et sommaires des chapitres (delà le mot Rubrique).

Le Moine; Diplomatique pratique; ou Traité de l'arrangement des Archives et des Chartes. 4o. Metz 1765. — Avec un supplément sur la méthode pour déchiffrer les anciennes écritures, par Bartheney, avec 55 planches. 4o. Paris. 1772.

F. A. de Landine; Essai historique sur les manuscrits, leur matière, leur ancienneté, leurs ornements, etc., dans son ouvrage : Manuscrits de la bibliothèque de Lyon. 3 vol. 8°. Lyon. 1812. Vol. 1.

A. Chassant; Paléographie des Chartes et des Manuscrits du xio au xvue siècle. Avec 8 gravures. 8o. Evreux , 1839.

A. F. Pfeiffer; Ileber Buecherhandschriften. 8o. Erlangen. 1810.

Tassin et Toussain : Traité de diplomatique , où l'on examine les fondements de cet art; on établit des règles sur le discernement des Titres, et l'on expose historiquement les caractères des bulles, etc. 8 vol. 4o. Paris. 1750.

De Vaines : Dictionnaire raisonné de diplomatique, contenant les règles principales pour déchiffrer les anciens titres, diplômes et monument, etc., avec gravures. 2 vol. 8<?. Paris. 1774.

Moins souvent trouve-t-on l'emploi de l'encre bleue, et plus rarement encore les verie et jaune. — On se servait aussi d'or et d'argent puur écrire les initiales et même des manuscrits entiers qui, au reste, à cause de la cherté de leur exécution , sont très-rares.

5. La forme primitive des manuscrits anciens est celle d'un rouleau ( volumen ) , qui est la plus ancienne (l) ; plus tard, ce fut celle de livres ou cahiers cousus ensemble {codices).

6. Les copistes, chez les anciens, étaient principalement des esclaves ou des affranchis (scribœ, librarii) ; au moyen-âge ce furent les moines, parmi lesquels les Bénédictins étaient obligés à ce genre de travail par la règle de leur ordre.

Les correcteurs relisaient et corrigeaient ensuite les manuscrits, et les rubrica tores les ornaient.

7. Les indices des diverses époques de leur antiquité, que l'on trouve dans l'écriture même , sont cependant, pour l'étude bibliographique, plus importants que ces parties de l'exécution matérielle des manuscrits.

La connaissance de l'âge des manuscrits grecs , par les traits de l'écriture , est plus difficile que celle des latins, parce que la seule marque caractéristique dans l'écriture grecque se voit dans sa légèreté et dans sa grâce, qui augmentent à mesure de sa plus grande ancienneté ; plus elle s'approche des temps modernes , et plus elle devient lourde et raide. — Le manque ou la présence des accents ne décide rien à cet égard. En tout cas , on ne trouvera guère des manuscrits grecs plus anciens que du vne ou vie siècle.

8. L'écriture des manuscrits latins est distinguée 'par les divers genres qu'elle présente : d'abord par

majuscules et minuscules , ensuite par les différentes formes adoptées à certaines époques et chez les diverses nations (Scriplura romana , longobardica et carolingica) ; la gothique, qui n'est qu'une écriture de minuscules carrées et ornées, forme, depuis le xii°

(1) Dans laquelle les Troubadours écrivaient encore leurs poésies.

siècle, un nouveau genre. Cependant, chacune de ces écritures se fait remarquer par plusieurs particularités qui établissent des règles de chronologie d'après lesquelles on juge l'antiquité d'un manuscrit.

9. A l'exception du point, les signes de ponctuation ne se voient presque jamais dans les manuscrits antérieurs au vme siècle ; même encore dans ceux du xv° on trouve quelquefois ces signes remplacés par des barres diagonales.

10. Les manuscrits qui ne sont coupés ni en chapitres , ni en alinéas ou autres divisions , sont toujours très-anciens ; les réclames commencent dans le xn« siècle, et plus les abréviations sont rares ou faciles £ comprendre , plus l'écriture est ancienne. Enfin, dans les manuscrits d'une grande antiquité, tous les mots se tiennent et se suivent sans aucune interruption; ce n'est que dans le ixe siècle que la méthode de séparer les mots est devenue plus générale , quoiqu'on trouve des manuscrits des xive et xv° siècles, où tous les mots se suivent encore sans aucune séparation. Les chiffres arabes commencent à se rencontrer dans les xne et xme siècles.

11. Beaucoup de manuscrits portent h la fin l'indication du lieu où ils ont été écrits, quand et par qui ; mais, sans la coïncidence des signes de reconnaissance dont on vient de parler, on risque encore d'être induit en erreur parce que souvent la date n'a rapport qu'à l'époque de la copie, ou à une partie seulement du volume ; ou, ce qui est plus trompeur, elle est supposée.

12. Depuis la découverte des manuscrits d'ÏIerculanum, nous avons la preuve irrécusable qu'aucun des manuscrits que nous possédons , n'est d'une date plus ancienne que les premiers siècles de l'ère chrétienne. Le seul que l'on connaisse de tous les auteurs classiques, et présumé plus ancien que cette époque, c'est un fragment de l'Iliade , découvert en 1825 , sur l'île Eléphantine, en Egypte, par un français voyageant pour le compte du riche anglais Banks; il contient 800 à

900 vers , en commençant au 160e , est écrit sur papyrus en majuscules , d'une belle conservation et probablement du temps des Ptolémées.

13. Au moyen-âge , pour économiser la dépense du parchemin, on effaçait ou grattai! l'écriture d'anciens manuscrits, pour y écrire de nouveau des missels antiphonaires , etc. Cette économie nous prive sans doute maintenant des plus précieux ouvrages de l'antiquité classique , et ne nous laisse que des regrets. Ces manuscrits, nommés Palimpsestes (codices rescripti , rasï l), font partie des grandes raretés, et sont de la plus haute importance , s'ils contiennent quelque morceau perdu ou inconnu d'un auteur estimé. Heureusement cet usage, si pernicieux pour les lettres, a cessé dans le xive siècle , où le papier de chiffon est devenu plus commun.

14. Quoique les manuscrits soient aussi bien des livres que les volumes imprimés, leur rareté , leur importance littéraire et philologique , leur exécution technique, et leur prix en font cependant un genre tout particulier, et les en séparent très-distinctement. Aussi la rédaction d'un catalogue de manuscrits exige-t-elle des connaissances spéciales et une exactitude plus grande encore dans la description de la partie matérielle, que celle des imprimés; car tout manuscrit est unique, varie à chaque copie d'un ouvrage, et présente des particularités qui lui sont propres. Il serait donc difficile de donner une règle générale pour cette description, mais, sauf les exceptions, elle doit contenir :

Le titre dans tous ses détails :

Le format , ou plutôt la grandeur par centimètres , parce que les manuscrits ne se composant pas de feuilles ployées , on no peut indiquer leur format pour constater avec précision l'identité d'un volume ;

Sur cruelle matière il est écrit : sur papier, sur vélin ou autre :

1' Ang. }!aï: Scriptorum veteram nova collcctio vatican;s codicitas édita. 10 vol. in-i<>. Rome. 1827.-1858.

Si le nom de l'auteur s'y trouve oui ou non ; Les paroles par lesquelles il commence et se termine ; S'il a des notes, des ornements, des peintures, etc.; S'il est divisé en livres, en chapitres ou autres; Le nom de l'écrivain ou copiste , et s'il est entièrement de la même main ; Dans quelle ville, ou dans quel lieu ; Dans quelle année ; Combien de feuillets ; Si la reliure en est remarquable ; Son historique, ses anciens possesseurs ; S'il en est fait mention dans quelque ouvrage.

15. Un grand nombre de volâmes manuscrits renerment plusieurs ouvrages ou pièces réunis; l'examen e plus minutieux en est donc indispensable pour bien onnaître ce que chaque volume contient et pour en nscrire les titres à leurs places respectives en renoyant au numéro collectif qu'ils portent.

16. Quanta la classification même des manuscrits, îllc est nécessairement subordonnée au nombre qu'une )ibliothèque en possède ; s'il n'est pas considérable, on )cut les placer dans le catalogue des livres imprimés en ête de chaque division ou subdivision; si, au contraire, 1s sont assez nombreux pour former un certain ensem- )le, on les classe par langues et chronologiquement ou uivant le système bibliographique adopté pour le reste le la bibliothèque , et on en dresse un catalogue particulier.

17. A la bibliothèque royale de Paris , la plus riche le toutes , les manuscrits sont classés par fonds qui >ortent les noms de ceux qui les ont légués ou vendus u roi, et chaque fonds est classé par langues.

i . Langues anciennes.

1° Hébreux.

2° Syriaque.

3° Samaritain.

4° Copte.

5° Ethiopien.

6° Arménien.

7° Arabe.

8° Persan.

9° Turc.

10° Chinois.

11° Indien.

12° Siamois.

13° Grec.

14° Latin.

B. Langues modernes.

1° Français.

2° Italien.

3° Anglais.

4° Espagnol.

5° etc.

Dans le catalogue imprimé de cette vaste bibliothèque, la diversité des langues a réglé les divisions, qui sonl subdivisées d'après les cinq grandes classes des imprimés.

18. Enfin, de même que des catalogues de Francke (I), de Barbier (2), et quelques autres, serviront toujours de modèle pour la partie des livres imprimés , le catalogue de Bandini (3) a été jusqu'ici le modèle pour tous ceux qui ont rédigé des catalogues de manuscrits ; cependant, plusieurs autres ouvrages du même genre ( 4 ) méritent avec raison le même éloge , et facilitent beaucoup , par leur richesse de notes , une pareille besogne.

(fc) /. M. Franche ; Catalogua bibliotbeese Bunaviana?. G vol. 4». Lipsiae. 1750-1756.

(2) A. A. Barbier; Catalogue de la bibliothèque du Censeil-d'Etat.

2 vol. fo. Paris. 1803.

(3) A. M. Bandini : Catalogue corlicam mss. bibliothecae Mediceae- Laurentianœ. 8 vol. fo. Florentine. 1704-1778. (5 vol. MS5. grecs. 4 vol. mss. latins. 1 vol. M*s. italiens).

Riblioth^ca Leopoldino-Laurentiana , sive Catalogue MSS., qui jussu Pétri Leopoldi in Laurentianam translata sunt.

3 vol. fo. ibid. 1791-1793.

(4) Morelli ; Codices mss. latini bibliotheese Nanianae. 2 vol. 4«. Venetiae. 1776.

S. E. Assemann ; Catalogns codicum mss. orientalium bibliolhwa

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