VENUS PULLASTRA
VENUS PULLASTRA. Chem., conch., var, t. 42, f. 439. —Lin., trans , vi, t. 17, f. 13- 14. (Wood.)
Venus. Coquille subovale, finement treillissée, extrémité antérieure subtronquée ou un peu anguleuse comme la précédente ; elle approche tellement de la Venus decussata, qu'on l'a généralement confondue avec cette coquille.
Les distinctions principales sont que la première n'arrive pas à la taille de l'autre ; que les stries dans les deux directions sont beaucoup plus fines, régulières et égales sur toutes les parties, excepté à l'extrémité antérieure, où souvent elles forment des sillons transverses : les dents sont à peu près semblables, mais en général plus régulières et plus rapprochées ; l'impression est plus grande, puisqu'elle dépasse la moitié de la largeur de la coquille, et est jointe au bord marginal (mentionné dans la description de l’autre espèce) ou passe très-près, depuis la base jusqu'à la moitié de la longueur.
C'est une coquille beaucoup plus élégante, surtout lorsqu'elle est jeune, bigarrée de brun et de cendré ou de lignes en zig-zag, et pourprées ; quelquefois radiée de la mème manière depuis la charnière jusqu’au bord opposé; la couleur du fond des coquilles plus âgées est ordinairement brune ; celle des plus jeunes blanche, parfois avec un petit nombre de taches à l'extrémité antérieure. La plus grande taille est d'un pouce trois huithèmes en longueur, et de deux pouces en largeur : ordinairement elle est plus large, proportionnellement à sa longueur, que la V. decussata ; mais c'est seulement par l'examen général des dents que nous apercevons la différence matérielle que M. Wood exprime entre ces deux coquilles ; et nous devons avouer que sous ce rapport on passe si graduellement de l'une à l’autre, qu’on ne peut leur tracer aucun caractère principal.
M. Wood est cependant le premier auteur anglais qui ait, avec raison, séparé ces coquilles, à la définition desquelles on peut ajouter que le caractère principal, indépendamment de la structure, de la situation de la cicatrice, se trouve dans la conformation de l'animal; celui de la V. decussata possède (comme nous l'avons déjà dit) deux tubes séparés, tandis que les tubes de l’autre ne sont pas si longs, et sont réunis presque dans toute leur longueur, excepté à l'extrémité.
On trouve cette espèce avec la précédente ; les gens du peuple en font souvent leur nourriture, et dans quelques parties du Devonshire on l'appelle indistinctement Pullers ou Pullets.
Il paraît peu douteux que quelques-unes des élégantes variétés de cette coquille ont été décrites sous d’autres dénominations : la figure à laquelle nous avons renvoyé dans Chemnitz, a exactement la forme et la taille de la nôtre, et’ nous l'avons vue tachée de la même maniere. Nous possédons d’autres variétés avec les taches de la Venus textrix du même auteur (vol. vu, tab. 42, fig. 443); la première est citée par Gmelin, pour la Venus litterata ; il n'est pas facile de décider si la nôtre est un exemplaire plus ou moins altéré de cette espèce.