‹ Bibliothèque conchyliologiqueChapitre 167 sur 500 · PINNA INGENS · texte numérisé non relu

PINNA INGENS

PiNNA INGENS. Brit. zool., n° 81.— Lister, conch., t. 379, f. 213?

Pinna. Coquille très-rugueuse, avec des stries concentriques très-irrégulières, dirigées du crochet à l'extrémité bâillante, et tournant à la charnière à peu pres à angle droit ; quelquefois formant des lamelles ou languettes ; quelques stries interrompues divergent du crochet, croisent les premières, et forment parfois sur la partie la plus large de la coquille quelques épines concaves distantes ; mais cette disposition doit être considérée comme constituant une variété, car en général la coquille n'a aucune disposition à être hérissée. On remarque, dans la variété épineuse, que les stries ou côtes d'où s'élèvent les épines ne sont jamais au delà de sept ou huit, éloignées l'une de l’autre; toutefois on ne trouve ces épines que sur de très-jeunes coquilles. Avec l’âge, cette espèce se contourne ; elle est dentelée dans différentes parties, ainsi que sur le bord ; mais les coquilles les plus parfaites et dont l'accroissement est le plus régulier, ont le côté de la charnière à peu près droit, et tournant un peu en dedans au sommet : sur le côté opposé, au-dessous du crochet, elle est concave ou dentelée; plus bas, elle s'élargit et se renfle graduellement vers la plus grosse extrémité, et elle est toujours plus longue de ce côté que de l’autre : le plus grand côté est toujours arrondi, mais il est plus anguleux près de la charnière. Les grands individus adultes sont d'une couleur corné-foncé ou plutôt opaque ; les plus petits sont plus pâles et plus diaphanes : tous plus ou moins d'un vert changeant à la plus petite extrémité. Intérieur lisse, luisant, et de couleur nacrée ; lamelleux au crochet : valves comme soudées dans toute leur longueur.

Il n’est pas rare que cette espece ait douze pouces de long et sept de large, à l'extrémité bäillante.

La distinction principale entre le jeune âge de cette espèce et la P. pectinata, consiste en ce que celle-ci est plus rugueuse, plus large en proportion de sa longueur, plus courte du côté de la charnière ; et les épines, ainsi que les côtes, sont moins nombreuses et plus distantes.

M. Pennant paraît être le seul qui ait fait mention de cette coquille, sous le nom de Pinna ingens. Il dit : « J'ai vu dans la collection du docteur Walker, à Moffat, des « exemplaires de quelques grandes pinnes trouvées aux Hébrides. Ils étaient très-ru- « gueux en dehors, mais je ne puis me rappeler s'ils étaient de la même espèce que ceux « trouvés dans la Méditerranée ou aux Indes occidentales. »

La coquille de Lister, citée ci-dessus, ressemble beaucoup à celle-ci par la forme, mais elle paraît être entièrement couverte de petites épines ou écailles, ce qui fait naitre quelque doute.

Nous avons découvert un groupe de ces coquilles dans la baie de Salcomb, dans le Devonshire. Les pêcheurs les appellent moules françaises cu scallops.

Elles se tiennent sur les fonds de sable vaseux, ou de plantes marines; on ne peut les prendre qu'à certaines époques, lorsque la mer se retire plus loin que d'ordinaire.

Elles sont dans une position verticale, la grosse extrémité a environ un pouce audessus de la surface du fond ; l'extrémité inférieure est fixée par un byssus très-grand et très-fort, si solidement attaché au gravier qu'il faut beaucoup de force pour les en arracher, et le plus souvent le byssus ne peut se détacher. Ce byssus se compose de fibres nombreuses, fines, semblables à des fils de soie, d'un brun foncé tirant sur le pourpré, de deux ou trois pouces de longueur. La plus large extrémité de la coquille est naturellement un peu ouverte, et ne peut être fermée d'aucune manière, mais l'animal peut clore lui-même sa coquille; les crochets des valves se couvrent rarement l’un l'autre d'une manière exacte.

Pendant longtemps on a annuellement pèché ces coquilles, parce que l'animal était assez en réputation comme aliment; maisil exige au moins cinq ou six heures de cuisson pour pouvoir être mangé ; lorsqu'il est bien préparé, il est à peu près aussi bon que les scallops, mais il n'est jamais aussi tendre.

Les bancs sur lesquels on trouve ces coquilles s'élèvent probablement, car après chaque marée, l'eau en laisse une grande partie à découvert, et elles deviennent facilement la proie des corneilles et des mouettes; on ne peut en trouver maintenant qu'en très-petit nombre, et il faut que la marée soit extraordinairement basse.

Nous en avons eu de toutes les dimensions, d'un pouce à un pied de longueur, et d'après leur forme générale on ne peut les rapporter à aucune des espèces de Linné. L'un des plus grands exemplaires, après que l'animal en fut retiré, pesait dix-sept onces. L'animal est en très-grande disproportion avec la coquille; 1l n’en occupe pas la moitié.

IL est certain qu'on à trouvé de petits exemplaires de cette espèce sur d'autres points des côtes britanniques, car nous l'avons remarquée dans plus d'un cabinet, confondue avec la P. pectinata : et nous sommes assez porté à croire que la figure de la P. fragilis, de la Zoologie britannique, fut copiée d'après un petit individu de cette espèce ; du moins sa grande largeur et l'absence d'épines nous portent à le croire.

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