‹ Bibliothèque conchyliologiqueChapitre 177 sur 500 · NAUTILUS LACUSTRIS. PI. 2, fig · texte numérisé non relu

NAUTILUS LACUSTRIS. PI. 2, fig

NAUTILUS LACUSTRIS. Phil. trans., LXXVI, €. 1. (Lightfoot).

HELix LINEATA. Walk., min. shells, f. 28.

Heux Niripa. Gmel., syst., p. 3624? — Turt., Lin., iv, p. 511. — Schræt., Flussconch., t. 5, f. 27?

NauriLus. Coquille comprimée, subcarénée, spirale, lisse, luisante, pellucide, de couleur cornée; quelquefois d’un brun roux : le côté supérieur convexe ; apex déprimé, concave, avec trois tours visibles, et un quatrième perdu dans la dépression ; ils sont bordés sur leur bord extérieur d'une ligne blanchâtre, opaque, ou bande, qui va spiralement au centre, à la jonction des tours : côté inférieur aplati et profondément ombiliqué; cloisons distantes; lignes ou divisions, trois seulement, visibles au tour extérieur, à peu près équidistantes et paraissant comme autant de lignes blanches, flexueuses, rayonnant de l'ombilic. Ce sont les traces des cloisons ou palettes qui divisent les chambres.

La première de ces divisions est placée bien avant dans Fouverture, la troisième, environ aux deux tiers de la circonférence : il y a quelquefois entre les deux premières divisions une longue ride de couleur plus foncée que le reste de la coquille; ouverture étroite, subcordiforme, terminant le tour principal à peu près également de chaque côté, : mais le tranchant ou bord s'échancre obliquement au côté plat ou inférieur. Diamètre, deux dixièmes de pouces, rarement un quart.

M. Walker fut le premier qui mentionna cette coquille, mais il avait passé sur la singulière structure de ses parties internes ; et en vérité nous devions supposer, par ce qu'il en dit qu'il voulait parler de l'Helix fontana, « limace rayée, avec deux lignes centrales, blanches, croisant l'ombilic. » Ce sont les deux divisions les plus visibles et souvent la coquille n’en a pas d'autre apparente.

M. Lightfoot a bien décrit ces deux coquilles et en a donné de bonnes figures dans les Transactions Philosophiques de 1786, et il dit : Celle-ci a trois ou quatre lignes blanches, qui paraissent comme des rayons à peu près équidistants depuis l'ombilic central Jusqu'à la circonférence.

Nous n'avons cependant pas encore rencontré d'exemplaire qui eût plus de trois divisions sur le tour principal, et quelquelois une sur le second et peu distantes de la bouche : 1l est possible qu'elles deviennent plus nombreuses avec l'âge.

Les cloisons ou divisions des cellules ne s'accordent pas exactement avec la deserip-

tion de M. Lightfoot : l'ouverture de ces cloisons est véritablement triradiée; les cloisons ue sont pas formées d'une seule pièce, mais bien de trois surfaces subtriangulaires, chacune parfaitement distincte et indépendante. Deux sont placées sur les côtés, elles sont égales; la troisième est un sillon élevé sur le tour intérieur ; placée en avant des deux autres et non sur la mème ligne qu’elles, et se projetant en dedans, elle donne à l'ouverture l'apparence indiquée sur la figure de face.

Cette disposition des cloisons est en effet exprimée dans les sections de la coquille données par ce naturaliste.

Quoique différente de toute autre espece de Nautilus par la disposition des cloisons (qui sont ordinairement d’une seule pièce) compactes avec une perforation tubuleuse, cette singulière et curieuse coquille ne peut cependant être placée plus convenablement dans un autre genre. Ilest probable que l’on trouverait plusieurs petites espèces de Nantiles, variées dans la structure des cloisons et quelques-unes qui ne seraient pas pourvues d'ouvertures tubuleuses, si nous pouvions facilement examiner ces coquilles; de sorte que la disposition de l'ouverture dans les cloisons aurait été appréciée avec plus de raison, (ainsi que l'observe M. Lightfoot), plutôt comme un caractère spécifique, que comme un Caractère générique.

Cette coquille peut donc être regardée comme la seule espèce de Nautile d’eau douce mentionnée jusqu”ici.

L'animal est une limace aquatique ou limaçon ; il a deux tentacules filiformes trèslongs et délicats, à la base desquels sont deux yeux, placés sur la tête, et non sur les tentacules rétractiles, comme ceux de l'espèce terrestre.

Lorsque l'animal se dilate, la tête, la queue et le corps sont poussés en avant, à travers l'ouverture triradiée par des points séparés : la Lète par le rayon du milieu; quand il est mort, il se contracte en dedans des deux cloisons extérieures, mais jamais, autant que nous ayons pu l'observer, au delà de la troisième; ce qui couvre toujours cette division.

M. Walker dit qu’on trouve cette espèce sur les roseaux, dans les ruisseaux de Hernhill, dans le comté de Kent; on la trouve aussi à Sandwich; c’est de là que nous l'avons reçue par M. Boys.

M. Lightfoot dit qu’on la rencontre dans les étangs profonds où l’eau est claire, adhérente aux racines de Carices, et qu'elle fut trouvée près de l'église d'Upton, non loin d'Eton, dans le Buckinghamshire.

On la trouve aussi dans le voisinage de Londres, comme nous en avons été informés par M. Swainson, qui eut la bonté de nous en procurer plusieurs exemplaires pris sur des plantes aquatiques, dans les étangs et les marais aux environs de Rotherhithe, où elle est assez commune.

Il paraît que le docteur Solander connaissait cette coquille, puisqu'il envoya à M. Boys, sous le nom de Nautilus segmentinus, avant la publication des coquilles microscopiques de Walker, et par conséquent avant qu'elle ne fût décrite comme un Nautilus par Lightfoot.

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