TROCHUS CINEREUS
TROCHUS CINEREUS. Da Costa, p. 42, t. A1, f. 5, 5.
Trocaus. Nous n'avons jamais pu reconnaître cette espèce dont parle Da Costa, et qu'il dit commune dans les comtés de Sussex, d'Essex, de Cornouailles, de Cheshire, de Northumberland, et aux Orcades; il est possible que ce ne soit qu'une variété du T. cinerarius où du T. umbilicatus.
126 BIBLIOTH ÉQU E CONCHYLIOLOGIQUE.
Le docteur Pulteney la considéra comme une variété de la première ; mais nous pensons néanmoins qu'il est juste de lui donner une place distincte, à cause de quelques caractères qui peuvent faire douter qu'elle soit l'une ou l'autre de ces coquilles.
Elle est décrite ainsi : « La coquille est épaisse et forte, de la grosseur d'une cerise, de forme pyramidale obtuse, ou ne finissant pas tout à fait en pointe. »
La base est très-concave, avec quelques sillons circulaires; la bouche est arrondie et grande, l'intérieur nacré; la lèvre externe lisse et égale; la lèvre interne a deux dentelures ou légères dents, et deux sillons transverses ; de là elle s’élargit, oblique, et forme une grande cavité, au bas de laquelle est lombilic, profond, cylindrique, et si creux qu'il peut recevoir la tête d'une grande épingle. Toute cette partie est d’un cendré obscur, très-bigarré de lignes ou raies noirâtres, qui vont dans toute la longueur et qui se croisent; mais le commencement de l'ombilic est généralement nacré et d'une légère couleur verdâtre. Le corps et le turban ont cinq tours ventrus ou renflés, séparés par une ligne très-déprimée; ils sont striés cireulairement, mais faiblement, et les couleurs sont exactement les mêmes que celles de la base.
Lorsque la tunique extérieure est enlevée, toute la coquille est nacrée.
Da Costa a cité Wallace, la Conchyliologie de Lister, Dale, et Wallis, mais nous ne pouvons rien trouver qui jette plus de lumière sur le sujet.
La forme de l'ouverture indique certainement une espèce distincte, car aucun des Troques britanniques ne possède, comme caractère constant, quelque chose de semblable à deux dents; d’un autre côté, il est difficile qu'une coquille si commune, ainsi qu'on la décrit, ait pu échapper à l'attention des conchyliologistes de nos jours.
Nous devons donc conclure ou que Da Costa s'est trompé en disant que cette coquille est commune, qu'elle n’est qu'une simple variété de l’une des espèces les plus répandues ; ou soupçonner que la coquille en question est exotique, ainsi que l'indique la figure citée dans Lister, tab. 633.