INTRODUCTION
L'étude de l'histoire naturelle a occupé, pendant la seconde partie du siècle dernier, l'attention et la plume des plus grands philosophes des pays les plus éclairés du globe ; aussi l'utilité de l'ouvrage que nous publions n’a-t-elle pas besoin d'être proclamée ; nous sommes loin de ces temps d’ignorance où lesrecherches des naturalistes étaient considérées comme oiseuses et sans intérèt.
On à reconnu de nos jours l'importance de chaque anneau de la grande chaïne de la nature; et l'étude qu'on en fait devient non-seulement une source de bonheur et de jouissance dans cette vie, mais elle ajoute encore à l'amour, à l’adoration et à l'admiration de l'Étre Suprême, qui seul était capable de créer tant de merveilles.
Lorsque le grand Linné commença son Systema Nature, il ne considéra pas la conchyliologie comme digne de ses recherches particulières, parce que les coquilles ne sont que les enveloppes ou les dépouilles des animaux qu'elles renferment; mais leu: grande beauté et la variété de leurs couleurs et de leurs formes auraient naturellement attiré l'attention, si leur conservation facile ne les avait fait rechercher comme une des parties les plus attrayantes de l'histoire naturelle.
Il serait sans doute fort important pour la classification des coquilles de pouvoir ajouter à la description de ehaque espèce, l'histoire de l'animal qui habite; on a fait quelques essais de ce genre ; mais si nous refléchissons à la difficulté d'obtenir la plupart des coquilles à l'état frais ou vivantes, nous comprendrons facilement l'impossibilité de les classer invariablement d’après l'animal.
Quelle que soit la difficulté de déterminer les nombreuses espèces suivant le système de Linné ou toute autre méthode, d'après l'ordre, la situation, le nombre des dents et la forme des charnières dans les bivalves, la forme et la structure de la bouche ou ouverture dans les univalves, nous pensons cependant qu'il est plus facile d'y parvenir à l'aide de ces caractères que par ceux tirés de l'animal lui-même, à cause de l'impossibilité qui se présente de reconnaître par la dissection les parties anatomiques des plus petites espèces. Il faut donc avouer que, bien qu'arbitraire, la seule méthode de classer
ji BIBLIOTHÈQUE CONCHYLIOLOGIQUE.
les coquilles, par divisions ou genres, ne peut être basée que sur leur forme et leur structure.
Les essais des divers auteurs sur la classification spécifique sont variés, mais nous ne croyons pas qu'ils aient avantageusement modifié le plan de Linné, ou qu'ils aient le moins du monde jeté quelque lumière sur le sujet : nous devons cependant reconnaître que quelques-uns des caractères génériques de ce grand naturaliste sont insuffisants, tout en admettant qu'il est peut-être difficile de les réformer pour de meilleurs; et si l'on a généralement supposé que les animaux qui habitent les espèces d'un même genre sont semblables, nous pouvons affirmer que des coquilles de mème forme sont parfois habitées par des animaux très-différents, et qu'il n'existe qu'un très-petit nombre de testacés des genres de Linné qui soient véritablement habités par le même animal. Il reste, au surplus, beaucoup à étudier sur ce sujet, qui est encore très-obscur.
On pourrait probablement former avec avantage quelques genres nouveaux, puisqu'on a découvert un grand nombre de coquilles depuis la dernière édition du Systema Naturæ, et que toutes ces coquilles étaient inconnues à Linné; parmi ces dernières se trouvent plusieurs espèces de nos côtes qui n’appartiennent rigoureusement à aucun des genres de Linné. Cependant, à part quelques exceptions, nous n'avons apporté aucun changement à cette classification.
Nous avons établi deux genres parmi les Lepas, pour les espèces qui, d’après le docteur Pulteney, diffèrent par la forme quoique semblables par l'animal qui les habite.
Les coquilles sessiles sont appelées Balanes ; tandis que les Pédonculées conservent leur nom primitif. Les espèces à oreillettes dans le genre Ostrea, sont séparées sous la dénomination générique de Pecten ; et nous avons formé un nouveau genre voisin des Serpules, pour des espèces qui ont bien quelques rapports avec ces dernières, mais auxquelles les caractères du genre de Linné ne conviennent pas, car elles sont libres et non adhérentes par la base à d’autres corps. Nous avons appelé ce genre Vermiculum. Ces coquilles étaient en effet presque entièrement inconnues à Linné et sont plus petites que les Serpules. *
Nous avons conservé les noms vulgaires des espèces de cet auteur toutes les fois qu'ils nous ont paru convenablement imposés ; cependant, dans quelques cas, nous ayons adopté les noms donnés par plusieurs auteurs anglais, parce qu'ils étaient mieux connus des conchyliologistes de ce pays, ou parce que nous avons été forcé de les employer dans différents genres.
Nous n'avons pas l'intention de faire l’histoire de la conchyliologie d'après les premiers écrivains qui ont écrit sur ce sujet, puisque nous avons principalement cité ceux d'une date plus récente, qui ont écrit depuis que cette branche de l'histoire naturelle a été mieux comprise.
Parmi les écrivains étrangers, MARTINI, CHEMNITZ, MULLER, SCHROETER et GUALTIERI jouissent d’une haute réputation ; ils nous ont généralement servi de guides : les excellents ouvrages de deux premiers surtout, dont les nombreuses figures nous ont mis à même, à l'aide de Gmelin, de reconnaître un grand nombre des espèces de Linné.
I n'y a que peu d'auteurs conchyliologistes anglais qui arent traité ce sujet d’une manière aussi étendue : parmi Ceux-ci se trouve d'abord Lister, qui essaya le premier, en 1678, une description des coquilles d'Angleterre dans son Historia Animalium Anglie ; et dans son Synopsis, qui coutient non-seulement un grand nombre d'espèces étrangères, mais encore toutes les coquilles de la Grande-Bretagne. Cet ouvrage fut fini en 4694, et la dernière édition fut publiée à Oxford en 1770, sous la direction du docteur Huddesford.
Après Lister, Petiver fut pendant quelques années le seul qui ajoutàt quelque chose de nouveau à la conchyliologie, à l'exception cependant d'un petit nombre de naturalistes des provinces, tels que Plot, Morton, Borlase, Dale et autres. Néanmoins rien n'avait paru
MONTAGU. il
« de complet sur les coquilles d'Angleterre, pendant près d'un siècle, après les écrits de Lister, lorsque M. Pennant traita ex-professo ce sujet dans le quatrième volume de sa Zoologie Britannique, publiée en 1777, au grand avantage de la science, par l'addition de figures nombreuses et bien exécutées, et par le grand nombre d'espèces qu'il décrivit : il se conforma à peu près pour ses travaux au système de Linné.
En 41778, Da Costa fit paraître son Historia naturalis testaceorum Britannie , ou Conchyliologie britannique, avec de bonnes descriptions accompagnées de cent vint-trois figures d'espèces remarquables, la plupart inconnues des auteurs qui le précédèrent. Da Costa a suivi hardiment un nouveau système, basé sur les éléments de conchyliologie, antérieurement publiés; et il est à regretter qu'il n'ait pas au moins adopté les noms spécifiques ou les noms vulgaires de Linné, auxquels l'oreille du conchyliologiste était déjà depuis si longtemps habituée : cependant sa synonymie est assez nombreuse pour laisser facilement reconnaître chaque espèce.
A cette époque personne n'avait pensé que les plus petites coquilles de nos côtes fussent assez importantes pour fixer l'attention ou au moins pour être décrites; un essai de ce genre avait cependant été tenté à Rome par Plancus, en 1760, sous le titre Liber de Conchis minus notis in lillore Ariminensi.
Cette tâche était réservée aux infatigables recherches de M. Boys de Sandwich, qui aida si puissamment M. Walker à faire connaître toutes les coquilles microscopiques de cette côte et le mit à même de publier en 1734 un ouvrage intitulé Testacea minula rariora, dans lequel sont décrites et figurées quatre-vingt-sept petites espèces dont la plupart étaient entièrement nouvelles, Cette entreprise ouvrit un champ tout nouveau à la testacéologie britannique, et ceux qui lui consacrèrent leur attention doivent trouver la récompense de leurs travaux dans la grande beauté et l'élégance de ces espèces microscopiques. L'on doit avouer que sans ces recherches l'histoire des coquillages ne pouvait être complète. Il est probable que de nouveaux genres auraient pu être raisonnablement formés et que c'est à ces travaux que nous devons, dans le genre Nautilus, plusieurs espèces qui jusque-là laissaient une lacune dans la Faune britannique.
Depuis cette époque, on a remarqué dans l'histoire du Dorsetshire de Hutchins, le catalogue et la description des coquilles trouvées dans ce comté par le docteur Pulteney ; parmi ces coquilles, nous remarquons beaucoup d'espèces nouvelles et rares.
M. Donovan publie aussi en ce moment une Histoire des Coquilles britanniques. avec de belles figures coloriées. Cet ouvrage doit se composer de soixante numéros formant cinq volumes in-8°. Cinq de ces numéros ont déjà été livrés au public; mais on n'y remarque encore aucune espèce microscopique.
Dans les Transactions linnéennes, M. Adams a essayé de donner la figure de plusieurs petites espèces nouvelles provenant de la côte Sud du pays de Galles.
Il reste cependant encore beaucoup à faire ; car, si nous songeons à la petite partie de nos côtes soumise jusqu'iciaux recherches micrescopiques, nous ne devons pas craindre de voir de longtemps le sujet épuisé, et nous supposons que l'on connaît à peine la moitié des petites espèces qui échappent aux observat'ons faites à l'œil nu. L'Histoire de la Conchyliologie britannique, pour être aussi complète que possible, laissait désirer un travail d'ensemble systématiquement coordonné.
C'est le but que nous nous sommes proposé dans cet ouvrage, que nous avons entrepris pour faire connaître les espèces que nous avons pu découvrir, et parmi lesquelles on en trouve beaucoup d'inédites comme coquilles anglaises et quelques autres positivement nouvelles ; ce qui donne, avec les coquilles déjà connues, près de quatre cent soixante-dix espèces, nombre qui dépasse de beaucoup ce qui a paru jusqu’à présent sur ce sujet, et représente le triple de celles décrites par Da Costa. Nous espérons que cet ouvrage sera accueilli avec cette bienveillance qu'on accorde généralement à des en-
treprises si compliquées et si ardues, car nous avons fait les ‘plus grands efforts pour jeter quelque lumière sur un sujet qui fut pour nous une source de vrai bonheur et de jouissances. Nos recherches ont été très-étendues ; elles n'ont pas été bornées à des travaux de cabinet seulement, car chaque espèce a été étudiée dans la localité même qui la fournit.
Les descriptions sont aussi concises que possible, dans le but de donner une idée entière et parfaite de chaque espèce, et nous n'avons figuré que les coquilles tout à fait nouvelles, ou celles qui n'avaient paru jusque-là dans aucun ouvrage anglais, excepté dans. quelques cas où l'on a cru la chose utile pour établir des comparaisons ?. Dans beaucoup de cas, nous avons ajouté une courte description de l'animal habitant la coquille, ce qui devient d'une assez grande importance pour aider à distinguer quelques espèces à peu près voisines, quoique ce ne soit pas généralement en usage en conchyliologie. Avec un peu plus d'attention, peut-être, j'aurais pu, dans certains cas, renvoyer à l'ouvrage de Muller.
La synonymie est prise dans quelques-uns des meilleurs auteurs, et dans quelques écrits peu connus et consacrés à certaines locahtés. Nous nous sommes cependant abstenu toutes les fois que nous avons eu du doute.
Si l'on trouve quelque mérite à ce travail, le public le doit aux efforts d’un ami, qui s'est chargé non-seulement de la gravure, mais encore d'une partie du coloriage des ligures. Les coquilles, dessinées fidèlement d'apres nature, ne se laissent reprocher ni dans la forme, ni dans la couleur, cette exagtration cause de tant d'erreurs préjudiciables.
Malgré cette collaboration si nécessaire pour les plus petites espèces, j'ai hésité à faire paraître cet ouvrage. Figurer toutes les coquilles qu'il était important de connaître, était sans doute un travail au-dessus des forces de celui qui l’a entrepris.
Pour détourner de cet ami de la science la critique qui ne doit pas l'atteindre, je la désarmerai en faisant observer que le graveur est une femme qui s’exerça sans maître à ce genre de travail, et qu'elle ne réclame d’autre mérite que celui qui est inséparable du désir d'être utile à la science, en présentant des dessins corrects gravés par la même main. Ces travaux, d’ailleurs, étaient un sujet de distraction, et l'intérèt leur fut étranser, Il faut ajouter que nous n'avions pas d’abord l'intention de faire colorier toutes les figures, mais bien de ne le faire que pour quelques exemplaires imprimés sur papier supérieur; mais que, bientôt entraîné par les demandes de quelques amis, nous avons consenti à hvrer des exemplaires d’un mérite inférieur, car les planches avaient été gravées de manière à n'être vendues que coloriées. ,
Notre intention est d'être utile au naturaliste, et non de plaire à l'artiste; notre but est atteint, si les contours des objets sont corrects, et nous croyons que la science gagnera plus à ce genre de travail qu'à des gravures d’un fini soigné, mais incorrectes ou mal caractérisées.
A peu d'exceptions près, les espèces décrites dans cet ouvrage font partie de notre propre cabinet, et ont été presque toutes recueillies dans les localites qui les fournissent, soit par nous, soit par quelques amis dont les connaissances conchyliologiques et les recherches scientifiques sont trop bien connues pour laisser le moindre doute. Chaque espèce sera présentée avec l'autorité de son origine britannique, et l'on aura soin d'indiquer s'il existe de l'incertitude à cet égard.
1 Comme il était impossible de connaitre l'importance du cabinet de M. Donovan et les coquilles qu'il avait l'intention de figurer, on remarquera les mêmes espèces dans quelques parties de notre travail; car plusieurs de nos planches étaient gravées lorsque parurent les denx premiers volumes de cet auteur. Nous avions aussi l'intention de figurer quelques espèces qui l'ont été par M. Donovan ; aussi nous renvoyons à ces figures pour éviter de multiplier sans nécessité les dessins des mêmes sujets.
Sachant que plusieurs coquilles qui n'ont jamais été trouvées sur nos côtes ont été données comme espèces anglaises, nous avons eu la prudence de ne rien admettre que nous prions de le croire, par orgueil où mépris de l'opinion d'autrui, mais par le seul désir
sur la meilleure autorité ; et lorsque nous avons exprimé le doute, ce n'est pas, de dire la vérité. Nous pouvons tous nous tromper, mais l'erreur est moins facile pour celui qui n'a d'autre guide que la nature.
On verra que nous avons ajouté à notre travail la description succincte de plusieurs animaux mentionnés par Linné et d'autres auteurs, ainsi qu'un aperçu de la classification des univalves de Muller, d'après les divers animaux qui les habitent. Nous avons donné aussi un index alphabétique et systématique.
Il ne nous reste maintenant qu'à adresser nos sincères remerciements aux amis qui nous ont aidé dans cette entreprise, soit en nous confiant des espèces, soit en nous fournissant des renseignements utiles, et nous saisissons cette occasion de reconnaitre publiquement la faveur qu'ils nous ont accordée.
Parmi eux, nous avons des obligations particulières à notre tres-estimable ami et habile conchyliologiste feu M. Boys de Sandwich, dont la complaisante assistance nous à mis à même de faire connnaître presque toutes les petites coquilles trouvées sur cette côte et déjà publiées par Walker, et d'y ajouter quelques observations entièrement neuves. Qu'il nons soit aussi permis d'adresser le témoignage de notre reconnaissance à M. Henry Boys, fils de feu notre digne ami, pour la part qu'il a prise à nos tra- Vaux,
Nous sommes redevable à feu le docteur Pulteney de Blandfort, habile naturaliste, non-seulement d'un grand nombre d'espèces rares de la côte de Dorsetshire, mais encore de ses observations, qui ne nous furent pas moins utiles que son catalogue publié dans l'histoire de ce comté par Hutchins, et dont il fit un tirage à part pour ses amis.
Nous devons aussi des remerciements à M. Swainson et à M. Sowerby de Londres, pour les exemplaires qu'ils nous ont fournis et plus encore pour la liberté qu’ils nous ont immédiatement donnée de faire des recherches dans leurs collections. Notre reconnaissance est également due pour le mème motif au révérend Thomas Rackett.
L'assistance amicale qui nous a été accordée par un ardent propagateur de la science, observateur consciencieux de la nature, M. Bryer de Weymouth, et en particulier la permission qu'il nous a donnée de choisir dans son cabinet quelques-unes des coquilles les plus rares, trouvées sur cette côte, méritent notre plus vive reconnaissance, Car sa bienveillance nous a permis d'ajouter à cet ouvrage plusieurs espèces non décrites.
Enfin, notre digne ami, le docteur Latham de Romsey, n'a pas moins droit à notre gratitude, non-seulement pour la communication qu'il nous a accordée de sa riche bibliothèque d'histoire naturelle; mais aussi pour son utile collaboration. Par sa surveillance active, il a beaucoup contribué à la bonne exécution de l'ouvrage, qui sans lui et faute d'accord aurait sans doute marché moins sûrement.
Maintenant nous terminerons cette introduction en faisant remarquer que, par des recherches multipliées, nos notes sur les coquilles indigènes de la Grande-Bretagne s'étaient tellement augmentées, il y a quelques années, et surpassaient de si loin tout travail sur ce sujet, que nous avions dü les mettre en ordre, avec l'intention de publier nos découvertes à une autre époque. Mais un conchyliologiste distingué nous apprit qu'un de nos amis voulait entreprendre le même travail et qu'il serait heureux de l'assistance qu'on voudrait bien lui accorder. Nous n'avons pas hésité à abandonner notre projet en faisant des vœux pour que ce sujet fût traité par un homme plus capable, et nous avons communiqué avec plaisir les renseignements nécessaires pour sa parfaite exécuon, car nous avons toujours été disposé à prêter notre faible concours aux amis de la science. Plusieurs planches ont été gravées pour cet ouvrage; mais on ignore pour quel
motif le texte ne fut jamais imprimé; nous savons néanmoins que l'intention de l'auteur n'était pas de s'occuper des petites espèces.
Dès que nous avons eu la certitude que ce projet était abandonné, (nos regrets auraient été plus grands si l’auteur avait eu l'intention de s'occuper de tous les testacés britanniques), nous primes de nouveau la résolution de publier nos découvertes, en classant systématiquement et en décrivant toutes les : coquilles trouvées dans la Grande-Bretagne et dans les mers qui l'entourent. C'est là le but de notre travail, auquel nous avons apporté tous les soins convenables pour rassembler la synonymie des auteurs, et pour signaler les fautes qu'ils peuvent avoir commises. En vérifiant ainsi nous-mêmes les travaux précédents, nous avons rétabli la synonymie au lieu de la copier dans les citations, et cette recherche scrupuleuse nous à mis à même d'éviter la multiplication inutile des espèces, qui est une des causes principales des difficultés de la science.
Noussommes loin de croire que cet ouvrage est exempt d'erreurs; il serait au contraire surprenant de n’en pas trouver, car le sujet est compliqué et difficile; il faut en outre comprendre que dans beaucoup de cas où la description des espèces est très-laconique, le parti auquel on s'arrête dépend d'une appréciation tout individuelle, car nous pouvons nous hasarder à affirmer qu'on trouvera à peine deux conchyliologistes d'accord sur l'identité d'une grande partie des espèces (Testacea) de Linné : aussi, pour éviter ces difficultés, les auteurs ont-ils été trop souvent disposés à se copier les uns les autres. Nous avons fait tous les efforts que cette question exigeait pour suivre une meilleure direction.
Toutes les fois que nous avons signalé des erreurs, nous ne l'avons fait que dans l’intention d'éclairer le sujet et sans avoir la pensée de dénigrer un ouvrage, et nous avons la confiance qu'aucune de nos observations critiques ne pourra être considérée comme une injure. à
Nous attendons, à notre tour, de semblables dispositions de la part de ceux qui pourront à l'avenir traiter le mème sujet, lorsque le temps et les circonstances auront augmenté le catalogue des coquilles anglaises : d'ici là, nous espérons que nos efforts seront, à cause de l'intention, récompensés par l'approbation de ceux qui nous liront ; eux seuls décideront si nous nous sommes écarté du plan que nous nous proposions de suivre.