SABELLA CIRRATA
TEREBELLA CIRRATA. Gmel., syst., p. 3112. — Turt., Linn., 11, p. 83.
SABELLA. Tube épais, fragile, se rétrécissant un peu, composé de sable, mêlé de glaise, faiblement agglutinés; mou lorsqu'il est humide, et rude lorsqu'il est sec. Longueur, six ou sept pouces; diamètre, un demi-pouce ou davantage, un quart à l'ouverture.
C’est une espèce qui vit en groupe, mais non adhérente; elle se tient sur un fond va-
seux, entre la haute et la basse marée, dépassant la surface de l’eau d'environ un pouce; elle est tellement molle qu'il est difficile d'obtenir plus de deux ou trois pouces de tube parfait.
Nous n'avons jamais remarqué cette espèce que sur une branche, près de Kingsbridge. C'est le tube de la Terebella cirrata ; et puisqu'il n'a pas encore été décrit, que nous sachions, comme espèce anglaise, quoiqu'il ait autant de titres que beaucoup d'autres à une place dans le genre Sabella, il ne pouvait être omis.
L'animal est garni de deux séries de tentacules ou antennes; ceux de la lèvre supérieure, autour de la bouche, sont tres-nombreux, longs, filiformes et d'une couleur pèle; ils se contractent ordinairement en boucles ; les autres, situés derrière la tête, sont aussi nombreux, courts, droits, branchus, et de couleur de chair rougeàtre; lorsque le corps est étendu, il a près d'un pied de longueur ; les segments, au nombre de quatrevingt-dix, sont garnis, comme d'ordinaire, de faisceaux et de branchies ; les tubercules sont très-proéminents, mais les nœuds ne sont pas renflés comme dans l'animal de la $. conchilega; couleur pèle, tirant sur le brun pourpré à la partie supérieure près de la tête ; en le serrant entre les doigts, il laisse échapper une liqueur rouge.
Quand il sort de son tube, il devient beaucoup plus grand à la partie antérieure du corps que ne paraît le comporter le tube, mais il se rétrécit beaucoup vers l'extrémité postérieure.
Suivant toute probabilité, cette classe d'animaux amorphes restera toujours dans une grande obscurité; la grande similitude qui existe entre le plus grand nombre, les différences apparentes à l’état vivant et quand ils sont morts, surtout lorsqu'on les a conservés dans l'esprit de vin, occasionneront toujours une grande difficulté pour la distinction qu'on en voudra faire.
Les animaux de la S. chrysodon, de la conchilega et de la cirrata se rapprochent tellement les uns des autres, vers la tête ou la partie antérieure, qu’une comparaison est absolument nécessaire pour les distinguer ; le corps présente quelques différences , mais on ne peut pas entièrement compter sur le nombre des segments dans quelques espèces; les étuis ou tubes, aussi bien que les habitudes des animaux, offrent de bons caractères accessoires.