ARCA FUSCA
ArcA FUusCA. Don., brit. shells, v, 1.458, 1.3, 4. — Balarus Bellonti, List, conch., t. 367, f. 207.
Coquille finement réticulée, d'une couleur brun-pourpré, dépourvue de marques.
Elle ressemble par son extérieur à l’Arca Now, dont elle diffère cependant sous les rapports ci-après : elle est plus longue en proportion de sa largeur, et les stries, excepté celles placées entre les deux angles à l'extrémité la plus longue, sont beaucoup plus fines : l'A. Noæ a les côtes beaucoup plus rapprochées. Dans la Fusca, l'angle supérieur de l'extrémité la plus longue est ordinairement beaucoup plus court que l'angle inférieur, ce qui est le contraire des autres espèces. Mais la principale différence entre ces deux coquilles, c’est la bande de couleur marron, ondulée ou en zig-zag, qui traverse diagonalement l'Arca Noæ, et parait ètre un caractère invariable, attendu que dans l'A. fusca elle manque complétement.
A l'époque où furent publiés les Testacea britannica, nous n'avions encore trouvé que deux très-petits exemplaires de chacune de ces espèces; comme ils étaient privés de marques et n'étaient pas vivants, nous les considérions alors comme étant des Arca Noe, c'est ainsi qu'ils furent décrits dans cet ouvrage ; mais après un examen plus récent, nous pensons que ce sont réellement de jeunes À. fusca.
La figure donnée aussi par M. Donovan pour un spécimen anglais de l'A. Noæ, dans la même planche citée plus haut, ressemble tellement à notre dessin, que si ce n'était la figure grossie qui représente de fortes stries longitudinales, nous n'aurions pas hésité à la prendre pour la Fusca, bien qu'elle fùt dépourvue de ses bandes remarquables diagonales, et de l'angle ordinaire assez large qui fait suite à la charnière, à l'extrémité la plus longue, dans l'A. Noæ. Si cependant c'est un petit échantillon de cette coquille qui, étant dans son jeune âge, n'a pas encore ses caractères, nous pouvons conclure de bonne foi que le jeune individu qui a servi pour notre dessin est aussi de cette espèce. Nous devons cependant remarquer que nous avons vu dernièrement une À. Noæ vivante, large de trois quarts de pouce, prise par M. Laskey, dans le Cornouailles, et une autre plus petite, de Dunbar, en Ecosse : toutes deux, quoique petites, avaient les marques brunes diagonales et étaient garnies de fortes côtes; la première était recouverte d'un épiderme brun écailleux et profondément frangé aux angles de l'extrémité la plus petite.
L'auteur des British shells fait observer que le dessin qu'il a donné de l’Arca fusca est celui d’un échantillon trouvé avec d'autres dans le Cornouailles. C’est à la côte sud du Devon, sur le sable et sur les rochers, à Milton, où elle est assez commune, que nous avons aussi trouvé cette espèce dans tous les états intermédiaires de grosseur, depuis celle d’un grain d'orge jusqu'à celle de trois quarts de pouce de long et un pouce et demi de large, et, en les comparant avec des échantillons exotiques auxquels le docteur Solander a donné le nom de Fusca, il n’y a aucun doute que ce ne soit identiquement la même espèce. Comme beaucoup de coquilles de ce genre, elle est, à son état parfait, recouverte d'un épiderme velu, et l'animal se sert de son byssus pour s'attacher fortement aux fissures des rochers. Lister dit que c'est une coquille occidentale.
ARCA PILOSA.
Nous désirerions sincèrement qu'il nous fût possible de déterminer d'une manière satisfaisante la différence réelle qui existe entre cette coquille et l'Area glycymeris, puisqu'il v a tant d'opinions qui semblent prévaloir, Linné considérait cette différence comme peu importante, ainsi qu'il l'a prouvé dans les descriptions qu'il en a faites.
En consultant quelques conchyliologistes de nos amis nous avons vu qu'ils étaient moins avancés que nous. L'un nous a envoyé deux coquilles qu'il considérait comme deux espèces, mais qui évidemment n’en formaient qu'une, différant seulement par le nombre des dents ; toutes deux étaient également suborbiculaires et équilatérales, et c'était sans
aucun doute celle qu'on trouve si communément à Guernesey et sur les côtes occidentales de l'Angleterre. Nous avons reçu d’un autre une espèce tout à fait différente de la Glycymeris, et en outre un échantillon de la Pilosa; la première est sans doute l'Arca deusta du docteur Solander et du Museum Portlanticum, n° 53. Elle est bien figurée par Knorr, tab. 14, f. 3, et existe dans le cabinet de M. Wood, sous le nom d’Arca deusta de Solander.
Beaucoup d'auteurs sur la conchyliologie d'Angleterre ont donné la coquille que l’on regarde généralement comme la Pilosa pour la Glycymeris; mais les auteurs du Descriplive catalogue of British testacea nous ont appris que M. Sowerby le premier avait affirmé que cette coquille était d'Angleterre, qu'il l'avait trouvée sur la côte de Cornouailles, et qu'elle n'était pas rare sur les côtes de Guernesey. La Pilosa est commune dans cette île, nous pouvons parler d’après notre propre expérience; nous l'avons aussi trouvée en grande abondance près de Falmouth, dans le Cornouailles ; mais si la coquille trouvée par Sowerby est la même que celle citée dans Knorr par les auteurs du Descriplive Catalogue, nous devons aussi admettre sans hésitation qu’elle est distincte de la Pilosa, quoiqu’à notre connaissance on ne l'indique pas comme provenant de Guernesey. Nous n'avons cependant pas l'intention de contester que l'Arca Deusta ait été trouvée en Angleterre, mais seulement que ce n'est pas la coquille commune de Guernesey; ce qui ne nous donne pas la conviction que c'est l'Arca Glycymeris de Linné. L’Arca de Guernesey, figurée par Lister, (ab. 247, et particulièrement indiquée comme telle, est parfaitement distincte de celle citée dans Knorr. On la regarde cependant comme une Glycymeris. Il est vrai que Lister l'appelle Chama Glycymeris de Balloni, mais c'est évidemment notre Pilosa. En somme, nous croyons que Linné a fait deux espèces d'une des variétés qui ont été observées dans la Pilosa.
Nous avons trouvé sur les côtes du Devonet du Cornouailles plusieurs centaines de coquilles qui sont généralement considérées comme étant l’Arca pilosa, et parmi lesquelles il y a une très-grande variété, tant dans la couleur que dans les stries et le nombre de dents, comme aussi dans le contour qui est plus orbiculaire ou déprimé. Il est évident que les jeunes sont croisées et aplaties, et que les vieilles perdent non-seulement leurs belles marques, mais encore leurs stries transversales, et celles longitudinales deviennent obsolètes ; quelquefois ces coquilles sont un peu inéquilatérales; les plus vieilles seules ont des poils.
Toutes ces circonstances nous font penser que la Pilosa et la Glycymeris de Linné ne sont véritablement que deux variétés de la même espèce différant très-peu entre elles.
Chemnitz et Gmelin ont aussi renvoyé au dessin de Lister, tab. 247, pour la Glycymeris; et on peut aussi bien y rapporter comme variétés les figures des Arca undata et marmorala de Chemnitz, vol. 7, tab. 57, fig. 560 et 563. Si nous en jugeons par les spécimens de notre cabinet qui ont été pris sur les côtes d'Angleterre, c'est réellement la mème espèce, car on les eût pris pour figurer la coquille en question qu'ils n’auraient pa être mieux dessinés, et nos échantillons sont évidemment l'Area commune, que l’on trouve principalement sur nos côtes occidentales et à Guernesey, et ce sont très-certainement de jeunes individus de la Pélosa. |
ARCA ROSTRATA. PI. xi, lig. 5.
ARCA ROSTRATA. Gmel., syst., p. 3308. — Turt., Lin., iv, p. 251.— Chem., conch., vi, t. 55,f. 550, 551.
Coquiue subovale, l'extrémité plus petite se termine par une lèvre réfléchie ou arquée; l'extrémité opposée est arrondie; umbo petit, presqu'au centre, un peu ineliné,
les crochets sont rapprochés. La coquille est tout entière d'une couleur de corne pâle subpellucide, lustrée et garnie de stries transversa'es très-fines et régulières; et si on la gratte avec un burin, on voit à l'aide d’une lentille des stries agréablement inclinées à la partie supérieure, depuis l'umbo jusqu'à l'extrémité en forme de bec; les stries se contrarient, et traversent brusquement et en formant des angles plusieurs légères rides longitudinales qui ne se trouvent que sur cette partie. L'intérieur est d'un poli achevé et le bord est plat; les dents sont nombreuses de chaque côté du crochet divisé à cet endroit par une dépression privée de dents. Les dents sont angulaires, et chaque série formée par des angles est placée autour du centre. Longueur, un demi-pouce ; largeur, trois quarts.
Bien que cette belle et rare espèce d’Area ait été décrite comme habitant les mers de Norwége et la Baltique, on ne l'avait jamais supposée sur les côtes de la Grande- Bretagne ; mais, d'après l'autorité probante de M. Laskey, nous pouvons l'ajouter au catalogue des coquilles indigènes. M. Laskey en a pris, au moyen de la drague, plusieurs valves séparées et un exemplaire vivant, près du cap Saint-Abbs en Ecosse. On la décrit ordinairement comme étant recouverte d’un épiderme verdâtre probablement étranger à cette coquille, puisquele specimen anglais dont il est question était parfait, très-bien conservé, et n'avait rien qui le recouvrit ainsi qu’on l’a représenté jusqu'ici.
ARCA TENUIS. PI. x1r, fig. 4.
Coquille subcordiforme, polie, blanche avec un épiderme de couleur olivâtre ; umbo très-petit ; crochet légèrement incliné et placé près d’une extrémité. Intérieur poli, blanc et quelque peu nacré, bord mince et entier, charnière pectinée avec environ quinze dents élevées placées en dedans du bord, six sur un côté et neuf sur l’autre, separées par une petite plaque concave qui s'étend en arrière. Le plus grand diamètre est d’un quart de pouce, et la longueur est un peu moindre cette nouvelle, rare et délicate espèce d'Arca a été décrite d'après un specimen parfait du cabinet de M. Laskey, qui l'a trouvé sur la côte près de Dunbar.
PECTEN
PECTEN OBSOLETUS.
PECTEN OBSOLETUS. Br. zool., t. 4, f. 66.
PECTEN LÆvis. Test. bril., p. 150.
OSTREA OBSOLETA. Linn. Trans., vi, p. 100.
OsTReA LÆvVIS. Linn. Trans., vit, p. 100, t. 5.
L'obscurité dont cette espèce, le Pecten lœvis et glaber de Pennant ont été entourés par les descriptions très-courtes et vagues des auteurs qui les ont décrits, nécessite une étude plus approfondie pour sortir de la confusion. M. Pennant annonce que son o0bsoletus est poli et a huit raies obsolètes; son dessin est rayé et non pas strié, et les raies sont presque aussi larges que les sillons ou dépressions intermédiaires, mais ne vont pas tout à fait jusqu’à l'Umbo. Da Costa, qui décrit un Pecten sous le nom de parvus, en renvoyant à l'obsoletus de Pennant dit : « Il a de nombreuses stries fines, longitudinales, et a des intervalles irréguliers, elles dépassent de beaucoup quelques-unes des huit ou dix raies que Pennant dit obsolètes. Les stries entaillent le bord très-finement, et quelques stries légères et en petit nombre traversent la coquille. » Donovan a donné
un fort bon dessin d'un Pecten qui s'accorde exactement avec la descriplion de Da Costa, et 1l cite le parvus de cel auteur et l'obsoletus de Pennant; mais aucun de ces écrivains n'a remarqué le caractère le plus essentiel, les stries très-finement entrecroisées qui, à l'aide d'une forte loupe, ressemblent à du chagrin; les deux échantillons se ressemblent à peine sous les autres rapports. Il n'est pas étonnant que M. Pennant ait dit que sa coquille était polie, ni que quelque autre conchyliologiste, n'ayant pas l'habitude de la loupe, ait laissé passer ce caractère qui n’est pas visible à l'œil nu, la coquille étant dans ce cas parfaitement unie. Nous avons placé cette espèce dans notre cabinet comme étant le Pecten lœvis de la Zoologie britannique ; et nous avons rapporté à cette espèce des variétés, avant d’avoir été à même de comparer les trois espèces en question. Depuis nous avons pu heureusement nous les procurer, et l’obsoletus présente lui-même tant de variétés qu'on peut à peine les rapporter aux descriptions qu'on en a faites jusqu'ici ni leur fixer d'autre caractère que l'aspect chagriné, qui est invariable. Quelquesuns, il est vrai, ont les huit ou dix côtes plus proéminentes, tandis que beaucoup sont presque aplatis et sans côtes; d'autres ont des côtes intermédiaires très-nombreuses rapprochées du bord. Un échantillon que nous avons devant nous a quinze petites côtes, et aucune d'elles n'est plus grande que les autres. Une autre variété, de M. Laskev, qui l'a trouvée en Écosse, a trente côtes fines et obsolètes, et en outre six grandes élé-" vations qui ne séparent pas les plus petites, mais qui sont recouvertes par ces dernières : elle possède de plus, comme les autres variétés, de petites stries entrecroisées, caractère invariable qui n'existe ni dans le P, glaber ni dans le lœvis.
Nous reconnaissons nous-même que nous avons été embarrassé pour séparer ces Coquilles, et nous désirons vivement que celles décrites dans les Testacea britannica pour le Pecten lœævis puissent être considérées comme des variétés de cette espèce.
PECTEN GLABER. PI. xr, fig. 8, 8a.
PECTEN GLABER. Brit. zool., n° 86.
Les conchyliologistes remarqueront que cette espèce, due à M. Pennant, et dont tous les écrivains qui lui ont succédé ont fait mention, est également restée dans l'obscurité quant à son identité, et on ne peut alors que copier la description de la Zoologie britannique. Il n’est pas facile de déterminer sila coquilleen question est une variété del’Ostrea glabra de Linné, mais nous avouons que c'est presque probable à en juger, par le seul caractère des doubles rayons internes ; et nous doutons fort peu que la coquille décrite ci-après ne soitle glaber de Pennant, si nous avons égard aux variétés auxquelles sont sujettes plusieurs espèces de ce genre, ainsi que nous l'avons remarqué pour la précédente. Le spécimen qui a servi à la description suivante et au dessin qu'on en a fait nous a été donné par M. Laskey, qui l'a trouvé sur la cote d'Ecosse près de Dunbar.
La coquille est bigarrée de brun-rougeàtre et de jaune, mince et presque polie, mais non lustrée; elle a sept rayons arrondis, pas très-élevés; les oreillettes sont grandes, presque égales ; l'une est réticulée, l'autre est seulement striée. L'intérieur est singulièrement marqué de vingt-un rayons plus minces, les seize du milieu sont placés de quatre en quatre ; ce qui fait dire qu'il y a quatre rayons entre les sillons que forment les rayons extérieurs, et les deux séries du milieu de ces rayons quaternés sont rapprochées, les autres sont quelquefois écartées; la couleur est plus pâle qu'à l’extérieur, sauf à là partie supérieure vers la charnière; longueur, trois quarts de pouce ; largeur un peu moindre.
M. Pennant donne à sa coquille quinze rayons minces. Dans l'échantillon que nous avons devant les veux il y a quelque légère apparence de rayons intermédiaires dans les dépressions qui séparent ceux apparents : ils sont formés par les sillons qui existent entre
les rayons rapprochés de l'intérieur. M. Pennant décrit ainsi l'intérieur de sa coquille : « marqué de rayons diviséspar un seul sillon. »Il est difficile de s'expliquer ce que l’auteur a entendu par cette description, mais il est évident qu'il a observé quelque chose d'extraordinaire dans la structure de cette partie de la coquille; tout cela nous fait considérer cette espèce comme étant celle qui est restée si longtemps dans l’obscurité et que les collecteurs ont tant cherchée.
Ceux qui seront assez heureux pour se procurer cette coquille observeront, à l’aide d'une loupe, qu'elle est très-finement striée à son centre, mais qu’elle ne possède pas de stries longitudinales comme le P. obsoletus.
PECTEN DISTORTUS.
OSTREA SINUOSA. Linn., trans., Vu, p. 99. — Pult. hutch. Dorset, t.10, f.3, 6.
C'est probablement l'Ostrea sinuosa de Gmelin, p. 3319, puisqu'il renvoie seulement aux ouvrages de Lister qui décrivent exactement cette espèce, et non pas le Pusio qu'on y rapporte si généralement.
PECTEN LÆVIS.
PECTEN LÆvis. Brit. z0ol., n° 67.
Cette coquille est aussi peu connue que le P. glaber, personne n'ayant jeté de nouvelle lumière sur ce sujet depuisla publication de la Zoologie britannique. Il est de toute probabilité que c'est une espèce très-rare, et nous croyons qu’elle n'existe dans aucun autre cabinet de coquilles anglaises que dans le nôtre. Il n’y a rien à ajouter aux caractères essentiels de la courte description de M. Pennant : «elle est très-unie, avec des oreillettes inégales et striées. »
Le plus grand des échantillons que nous ayons n'excède pas un demi-pouce de diamètre, et la largeur égale presque la longueur ; elle est unie et lustrée, si ce n’est au centre où elle a de légères rides irrégulières : une des oreillettes est très-grande, l'autre petite et légèrement striée longitudinalement : la couleur est presque blanche, ou cendré-pàle; c'est une coquille très-mince semi-diaphane, et qui peut à la première vue se distinguer de la variété plate du P. obsoletus en ce qu'elle n'a pas cette apparence chagrinée que lui donnent les petites stries entrecroisées. Où a trouvé l'échantillon cité plus haut dans le port de Falmouth ; un semblable mais plus petit a été pris avec des Sertularia sur la côte du Devon, et on en a pêché au moins vingt petites valves très-mutilées avec une nouvelle espèce de madrépore dans les eaux profondes de la même côte.
PECTEN FRAGILIS.
OSTREA FRAGILIS. (rmel., syst., p. 3332. — Turt. lin., IV, p. 272.
PECTEN FRAGILIS. Chemn. conch., Vi, p. 349, t. 68, Ê. 650?
Coquille subovale, oblongue, convexe, fragile, subpellucide, blanche, ayant de nombreuses stries longitudinales, légèrement ondulées avec deux ou trois autres intermédiaires, très-petites ; valves égales, inéquilatérales ; un des côtés est droit, l’autre est arqué; oreillettes petites, égales ; umbo proéminent, petit, uni; crochets distants. L’intérieur est uni, blanc ; charnière un peu oblique. Longueur, trois quarts de pouce; largeur, pas tout à fait un pemi--pouce.
On a pris plusieurs de ces coquilles sur la côte du Devon, elles étaient mêlées à des Sertularia dans les interstices d'une nouvelle et intéressante espèce de corallines,
Nous croyons que c'est le premier exemple d’un Pecten irrégulier et subauriculé
trouvé dans nos mers. Il se rapproche de l'Ostrea fasciata de Linné. Mais, en les comparant on voit qu'ils ne s'accordent pas sous le rapport de la charnière et que le Pecten possède des stries en beaucoup plus grand nombre indépendamment de celles plus petites intermédiaires que ne présente pas cette coquille. Il est vrai qu'iln'y a qu'une petite différence entre le P. fragilis et le fasciata de Chemnitz, mais le premier est plus long en proportion et plus aplati. Comme nous n’avons pas les moyens de comparer nos échantillons avec un fragilis exotique, nous le donnons avec quelque doute; cette coquille semble être une production rare de Nicobar et s'accorde avec le dessin cité plus haut ; ces stries sont moins nombreuses que dans nos spécimens. Ce ne sont pas cependant des objections suffisantes pour nous faire multiplier sans nécessité les espèces, puisqu'elles s’accordent parfaitement sous les autres rapports.
PECTEN SUBAURICULATA. PI. xu1, fig. 6.
Coquille ovale, oblongue, pellucide, blanche, équilaterale, équivalve, garnie de petits appendices ou suboreillettes égales, angulaires et ayant de nombreuses stries longitudinales qui rendent le bord légèrement crénelé ; il y a au milieu deux stries plus apparentes que le reste, parce qu’elles sont opaques et qu’on les voit également à l'intérieur; caractère que l’on a trouvé dans plusieurs échantillons examinés. Longueur, un quart de pouce; largeur, moitié de la longueur.
Cette petite espèce de Pecten nouvelle et très-curieuse diffère essentiellement du fragilis en ce qu'elle est tout à fait équilatérale et dépourvue des stries intermédiaires les plus fines, et que la charnière forme un angle droit avec la coquille et ne penche vers aucun côté.
On a pris plusieurs de ces coquilles avec la dernière dans les eaux profondes.
ANOMIA.
ANOMIA CYMBIFORMIS.
Linn. trans., Viu, p. 104, t. 3, £. 6.
Coquille subovale, subpelluciäe, blanche; la valve supérieure est très-convexe et se resserre vers l’umbo en un crochet allongé qui est recourbé sur l'autre valve; elle est légèrement ridée transversalement, et quelquefois on peut voir à l'aide d’une loupe des stries peu nombreuses, minces, longitudinales et ondulées. La vaive inférieure, comme dans les coquilles de ce genre, a la forme du corps auquel elle est fixée. La perforation est formée comme celle de l'éphippium. La longueur de cette coquille excède rarement un quart de pouce; la largeur a quelque chose de moins.
Nous connaissions la valve supérieure de cette coquille longtemps avant la publication des Testacea britannica, mais ne pouvant en cet état déterminer avec quelque certitude le genre auquel elle appartenait, 1l n'en a pas été fait mention. M. Laskey l'a trouvée en cet état incomplet en Écosse, et ce n'est que tout récemment que nous en avons obtenu un petit nombre d'échantillons parfaits sur des Sertularia abietina et anlennina.
Tous les testacéologues savent que les coquilles de cette classe sont parasites et de dimension variable, mais dans cette espèce-ci la convexité de la valve supérieure suffit pour la distinguer des espèces ordinaires : on rencontre quelquefois des exemplaires
de cette valve qui ressemblent assez à une Patelle, et ne diffèrent pas beaucoup d’une variété dela jeune P. ungarica avee l'extrémité du crochet mutilée.
Depuis que ce qui précède a été préparé pour l'impression, les auteurs du Descriptive catalogue of british shells ont décrit et figuré cette espèce d’après des échantillons pris sur la côte de Caithness. Nous avons examiné aussi un spécimen venant d'Écosse, dans lequel les stries étaient très-apparentes.
MYTILUS.
MYTILUS DISCREPANS. PI. x, fig. 42.
Cette espèce parait être assez répandue sur toute cette île; nous l'avons trouvée sur presque toutes nos côtes de l’est à l'ouest, du Lincolnshire au Cornouailles, et ne dépassant jamais un demi-pouce en largeur. Elle n'est pas rare à cet état près de Dunbar, dans le nord de l'Angleterre; mais nous avons été surpris lorsque MM. Boys et Laskey nous ont informé qu'ils en avaient pèché dans le détroit de Forth plusieurs qui n'avaient pas moins d'un pouce et demi de largeur, et une, entre autres, qui avait réellement deux pouces ; un échantillon de la première de ces dimensions, que nous a donné M. Laskey, nous permet de certifier que c’est la même espèce. Il n’y a aucune différence, si ce n'est dans la couleur de l'épiderme, qui est presque noir et manque ordinairement à l'umbo.
Ceci montre combien il est difficile de déterminer l’exacte dimension d'une coquille et combien il faut de précautions pour admettre la taille comme moyen de déterminer une espèce. Nous ne pouvons nous empècher ici de parler de deux espèces supposées dece genre, le modiolus et lebarbatus, que nous croyons fortement être le même ; car on rencontre chez eux l'épiderme fibreux, ce qui laisse peu de doute que l'on n'ait pris un jeune modiolus pour le barbatus.
Depuis que ce qui précède a été préparé pour être imprimé nous avons eu le bonheur de trouver notre opinion d'accord, en ce qui touche les dernières coquilles nommées, avec celle de deux conchyliologistes respectables, qui ont publié dernièrement leurs observations en commun. Nous ne pouvons nous empêcher en même temps d'exprimer notre surprise de ce qu'ils ont réuni notre Mytilus discors et le discrepans, deux espèces si essentiellement différentes par leur forme et par leurs caractères, ce qui jamais auparavant n'avait laissé l'ombre du doute. Ces deux coquilles, de la côte d'Écosse, ont été trèsbien séparées par l’auteur auquel nous avons renvoyé pour les précieuses remarques additionnelles sur cette espèce. Nous ne pouvons donc attribuer une telle opinion qu'au manque d'échantillons pour comparer chacune de ces espèces; et notre opinion se fortifie, lorsque nous consultons les fig. 8 et 9 de la pl. 3 du vol. 8 des Trans. of the Linn. soc. 11 convient de sauver de l'oubli une espèce qui a des caractères distinctifs beaucoup plus tranchés que plusieurs autres du genre qui sont considérées comme différentes, parce que de précédents naturalistes célèbres leur ont donné une place plus distincte que ne le fait la conviction personnelle des naturalistes modernes, et cela, d'autant plus qu'il faut avoir égard à l'autorité des opinions en présence. Avec une conviction aussi prononcée, nous serions blämable de garder le silence, et nous croyons qu'à l’aide de la figure que nous donnons d’un exemplaire d’une grande taille, il ne pourra, à l'avenir, y avoir de doute mème pour ceux qui n'auraient pas l'occasion de comparer les coquilles.
On n'a jamais trouvé le Mytilus discrepans sur l'Ascidia mentula; et on ne trouve
guèrele A7. discors que sur l'enveloppe extérieure de cet animal ou sur quelques grands Fucus ; il y a sur la côte occidentale des Ascidies qui en sont tellement garnies qu'elles en sont presque couvertes; on en compte quelquefois vingt ou trente sur un vieil individu, et ce n’est que sur ces Ascidies qu'on les trouve alors d’une taille supérieure. En consultant la description qui précède, on ne peut pas se tromper sur la détermination des espèces.
On a dit qu'on trouvait toujours les discors exotiques rassemblés et garnis d’un byssus de soie jaunâtre ; mais nos amis ni nous n'avons jamais rien rencontré de pareil dans les spécimens d'Angleterre. On les a quelquefois trouvés sur les côtes occidentales fixés aux tiges et aux racines du Fucus digitatus, et c'est ainsi, nous a-t-on dit, qu'on les trouve ordinairement en Écosse.
Les personnes qui sont à même de consulter Chemnitz trouveront dans le vol. vu. tab. 86, fig. 767, une bonne figure d'un grand spécimen de Mytilus discrepans, qui s'accorde parfaitement avec ceux trouvés en Écosse. Ce conchyliologiste, ainsi que quelques autres, l'a confondu avec le M. discors, et l'a donné comme étant une variété de cette coquille ; et il nous dit que sa coquille vient de Suède: d'où l'on peut conclure que les mers du Nord sont plus propres au développement de cette espèce.
MYTILUS STAGNALIS.
MyriLus STAGNALIS. Gmel. syst., p. 3362. — Schroet., Flussconch., t. À, f. 1. — Br. misce., 1, t. 16.
On observera que Gmelin, sur l'autorité de Schroeter, a décrit sous ce nom une coquille qu'il compare au M. cygneus, dont elle diffère seulement en ce qu’elle est plus large et moins convexe. Sur l'autorité de M. Sowerby, nous lui avons donné place comme une espèce anglaise, mais nous doutons fort qu’elle soit distincte du M. cygneus. La coquille trouvée par un ami de M. Sowerby, sur un des bords du lac du jardin de Kew, diffère de celle de Schroeter par le caractère qu’on donne comme le plus essentiel pour la distinguer du cygneus; car au lieu d’être moins convexe que ce dernier, on a reconnu qu'elle l'était plus. Après tout, lorsqu'on examine un grand nombre de ces coquilles, on trouve les gradations qui unissent ces deux espèces supposées, et l'on ne peut en tirer un point de distinction essentiellement caractéristique.
C'est à peine s’il y a une espèce de testacea, dont les extrèmes ou deux échantillons très-différents, examinés séparément par le conchyliologiste le plus capable, ne soient jugés distincts ; tandis que s’il peut consulter les grandeurs intermédiaires et les gradations, son opinion changera entièrement. Nous avons remarqué plus haut la grande ressemblance qui existe entre plusieurs espèces de ce genre, dépourvues de caractères distinctifs fixes, et nécessairement l'opinion sera fondée alors sur les spécimens consultés.
Cela posé, nous ne sommes pas convaincu, quant à présent, que le M. avonensis soit le même que le M. anatinus, quelque déférence que nous ayons pour une opinion récemment émise sur ce sujet dans le vol. vu des Linn. trans.
MYTILUS DECUSSATUS. -
Myrizus FABa. Gmel., syst., p. 3359? — Chemn., conch., vin, €. 85, Ê. 761?
Coquille ovale dans sa longueur, ayant l'umbo placé à l'extrémité la plus petite et les côtés égaux. Elle est très-mince, pellucide, d'un blanc de perle lorsqu'elle est dépouillée de l'épiderme (qui est d'un brun-olive pâle) ; elle a aussi des stries fines longitudinales croisées transversalement de stries plus petites qui lui donnent une apparence treillissée lorsqu'on l'examine au microscope. L'intérieur est uni avec un poli nacré; il y a à la
charnière une petite dentelure, et le bord contigu est légèrement dentelé ; près du bord antérieur, il y a un seul sillon transversal réfléchi, mais nous ne pouvons déterminer si c'est un Caractère constant ou bien accidentel. Nous n'avons réellement pu examiner qu'une seule valve de cette curieuse petite coquille, et cela gràce à M. Laskey, qui l’a trouvée dans le sable, sur la côte d'Écosse. Elle a environ un huitième de pouce en longueur, et pas tout à fait autant en largeur. La convexité de la valve lui donne l'apparence d’une Patelle; mais la charnière indique une bivalve dépourvue de dents. Nous ne la donnons cependant pas sans avoir quelque doute sur la place qui lui est propre.
MYTILUS PLICATUS.
Myrizus PLICATUS. Gmel., syst., p. 3358. — Chem., conch , vu, t. 82, f. 733, a, b.
Coquille oblongue, tronquée à une extrémité, près de l’umbo; elle est extrêmement mince, pellucide et inégale à sa surface, légèrement plissée et irrégulièrement ridée à son centre: les crochets sont extrêmement petits, un peu recourbés et placés à une extrémité; celle opposée est quelquefois la plus large. Intérieur très-brillant, avec une légère teinte nacrée ; la charnière est entièrement dépourvue de denticules. Sa longueur n'atteint pas un demi-pouce, et sa largeur est double de la longueur.
Cette espèce a quelque chose du Mytilus præcisus, mais elle en diffère par la forme de l’umbo, et en ce qu'elle est pellucide et bäillante à l'extrémité antérieure. Il peut v avoir cependant quelque doute pour savoir si c'est réellement la coquille figurée par Chemnitz ; elle lui ressemble du moins tellement que nous n’osons pas la donner comme une espèce distincte, bien qu'elle soit décrite comme une coquille rare de Nicobar.
La mème personne qui a trouvé la dermère espèce, a pris ceile-ci vivante près de l’île de Sky, dans l’année 1806.
MYTILUS UMBILICATUS.
Nous ne pouvons nous empêcher de douter que le M. uwmbilicatus soit une espèce distincte ; M. Pennant fut le premier qui le publia, et il fut ensuite décrit par d’autres auteurs anglais d’après son autorité. Il y a cependant quelques circonstances qui font penser avec raison que ce n'est qu'un jeune du M. modiolus. Il faut avouer que telle est depuis longtemps notre opinion, mais nous ne nous sommes jamais aventuré à la publier, Jusqu'à ce que nous ayons trouvé d’autres conchyliologistes portés à s'accorder avec nous. M. Laskey nous informe qu’il possède un spécimen du Mytilus demessus, et un autre du M. edulis, qui ont des dépressions semblables ; et nous en avons un de la dernière espèce dans notre cabinet; il est donc raisonnable d'en conclure que le modiolus peut prendre accidentellement la forme sous laquelle nous trouvons l’umbilicatus.
On ne mera pas qu'il n’y ait d'autre différence entre ces coquilles que la dépression du crochet, et la rareté de la dernière favorise la supposition. Elle n’a été décrite par aucun auteur étranger, etnous ne croyons pas que les collecteurs anglais l'aient rencontrée plus de deux ou trois fois.
Toutes ces raisons font que nous ne pouvons nous empêcher d'être d'accord avec Fopinion de M. Laskey et de quelques autres conchyliologistes qui pensent que les trois espèces de Mytilus décrites plus haut, le curtus, le modiolusetl'umbilicatus de la Zoologie brilannique, ne sont qu'une seule et même espèce.
La grande variété qu'on observe dans la forme du Mytilus edulis doit aussi favoriser l'opinion que l'éncurvatus, décrit dans l'origine par Pennant, n’est autre chose qu'une coquille de cette espèce. La torsion difforme semble être occasionnée parce qu'elles sont fixées dans les crevasses des rochers. Elles ne sont certes pas rares sur la plupart de nos côtes, où on peut les trouver de toutes les grandeurs.
PINNA