Testacée conique
4, Avec une extrémité lisse, évidée de chaque côté, pour recevoir deux cirrhes placés à la base de l'opercule qui est corné et garni d'une pointe bifide.
Il est à remarquer qu'aucun des auteurs que nous avons été à mème de consulter ne fait mention d'un animal appartenant à la classe des Serpulées, et possédant un opercule testacé (cette partie, qui a été regardée comme une langue ou trompe, est sans aucun doute un opereule testacé). On en exceptera Muller, qui à non-seulement figuré celle qui n’a qu'un seul opercule membraneux et strié, et que nous avons considérée comme appartenant à la Triquelra, mais encore a donné dans sa Zoo!. dan., vol. 111, tab. 86, le dessin de l'animal que nous avons décrit comme étant celui de la Vermicularis, avec un opercule infundibuliforme, et de plus un troisième qui paraît être le second animal que nous avons décrit plus haut.
I est évident que les espèces de Serpules irrégulièrement contournées sont plus nombreuses qu'on ne l'a cru généralement, puisque nous trouvons sept animaux très-différents habitant des coquilles de cette classe tellement semblables qu’on ne peut les définir entièrement par leur test, et quelquefois groupées toutes ensemble en une masse contournée. D'après les nombreux exemplaires que nous avons examinés, nous doutons qu'on puisse jamais établir une distinction conchyliologique pour servir exclusivement de base à cette branche de la science, bien qu'un heimintologiste puisse facilement tracer une distinction spécifique après avoir examiné avec soin plusieurs de ces animaux
Il est vrai que notre Serpula tubularia est toujours ronde ou dépourvue de toute carène ; ct sous ce rapport elle diffère de la plupart des autres, qui possèlent généralement plus ou moins une crête dorsale; maiselle a une telle ressemblance avec la Vermicularis que l'animal de la première, qui est une Amphitrite, est le seul caractère distinctif, La Triquetra et les quatre autres espèces dont les animaux ont été brièvement décrits, sont tellement liées les unes aux autres par toutes les nuances, puis de leur état tricaréné jusqu'à l'absence mème de trace de l'arète dorsale qui les unit aux deux autres, et cellesci varient tellement encore, qu'essayer d'établir une division au moyen des coquilles ne serait que se jeter dans l'erreur et la confusion ; nous renvoyons donc ceux qui désirent découvrir ces sept espèces de Serpules irrégulhièrement contournées à l'examen de l'animal qui les habite,
Il n’est pas étranger au sujet de remarquer ici en passant qu'il n’y a pas d'animal, comme la Terebella de Linné, qui ait été si peu compris par les différents auteurs, et qu'on ait essayé de définir avec aussi peu de succès; et comme nous ne pouvons croire que cette classe d'animaux avec deux tentacules en forme de plumes, et garnis d'un opercule pédiculé pour fermer l'ouverture de la coquille dont ils sont recouverts, s'accorde avec les caractères linnéens des Térébelles, nous proposons de les séparer de ces dernières et de former un genre à part des animaux qui sont entièrement confondus
avec les Serpules depuis le moment où on les a découverts, et qui se rapprochent de cette classe de Testacés.
Les animaux appartenant aux deux espèces de la division des Serpules cloisonnées, ci-après décrites, ont échappé à la plus grande attention, et ne seront probablement jamais connus, puisque l'ouverture elle-même est à peine visible à l'aide du meilleur microscope.
Au sujet du genre Fermiculum nous ne pouvons nous empêcher d'exprimer la surprise que nous ont causée les derniers doutes exprimés dans le vol. vnr des Transactions de la Société linnéenne, et nous avons été porté à conclure que l2 manque d'occasion ou peut-être d'habitude d'examiner ces petits testacés microscopiques peut seul avoir conduit à supposer que l'Intortum, le Subrotundum , V'Oblongum et le Bicorne n'étaient simplement que des variétés de la même espèce. Il est vrai qu'il y a quelques différences dans leur forme, et principalement dans celui que l'on considère comme le Seminulum de Linné; mais il n’est pas possible à un conchylhiologiste d'examiner le Bicorne sans reconnaitre à la première vue ses caractères spécifiques bien évidents. Nous nous permettrons donc d'ajouter qu'en continuant nos recherches, non-seulement nous nous sommes Confirmé dans notre opinion première, mais nous penchons à croire que les espèces de ce genre peuvent être étendues; la très-grande difficulté qu'il y a à tracer ces différences, soit en décrivant, soit en dessinant des espèces si petites et si variables, a fait que nous nous en sommes nous-même tenu à ces remarques.
SERPULA.
SERPULA LOBATA.
NAUTILUS FARCTUS. Fichtel, t.9,f.gq,h, à.
NAUTILUS LOBATULUS. Lin. trans., VITE, p. 417.
On dit qu’on je trouve à l'état fossile, aux environs de Senam, dans l'Étrurie. Nous l'avons aussi indiqué à cet état parmi des petits Nautiles de Sienne.
Nous en avons rencontré dernièrement en grande abondance sur des Sertulaires que nous avaient apportées des pêcheurs : quelques spécimens de Sertularia abietina en étaient couverts.
Quelque respectable que soit l'autorité qui place cette espèce parmi les Nautiles, nous ne pouvons nous ranger à cette opinion. Il n'y a aucun Nautilus qui soit sessile, tandis que cette espèce-ci n'est jamais détachée que par accident, et alors l'animal meurt. D'ailleurs, aucun être ne peut être irrégulier dans sa structure , et Linné admet comme caractère des Serpulées qu'elles sont souvent cloisonnées.
SERPULA CONCAMERATA.
Coquille suborbiculaire, comprimée, plate en dessous, légèrement convexe en dessus, et de couleur blanche subpellucide, avec trois tours irréguliers et de nombreuses cloisons inégales, Le tour extérieur a environ neuf cellules lustrées et renflées, de grandeur inégale, mais ordinairement une grande et une petite alternativement. Diamètre, une demi-ligne.
Cette très-pæ#ke espèce se distingue tout d'abord de la S. lobata en ce qu'elle est pourvue de cloisons qui sont infiniment plus petites et en beaucoup plus grand nombre,
polies et lustrées, et qui n'ont pas, lorsqu'on les examine au microscope, cette apparence glacée que possède invariablement la Lobata.
C'est une espèce rare, employée par l'Amphitrite ventilabrum dans la construction de son tube, que l’on a décrite dans les Testacea britannica , comme étant le Sabella penicillus; mais elle se trouve sur des Sertulaires, comme la Sabella lobata.
SABELLA.
On devait s'attendre à quelque addition à ce genre depuis la publication de la première partie de cet ouvrage; il est vrai que nous avons porté notre attention sur ce sujet, et nous devons avouer que cet examen nous à pleinement convaincu que c'était à tort que l’on classait ces tubes hétérogènes parmi les Testacés; et nous n’ajouterons à ce que nous en avons déja dit qu'un complément au système de notre grand maître, puisqu'aujourd'hui l'état avancé de la science demande absolument leur séparation, et nous sommes heureux de voir que même les disciples les plus respectueux de Linné se sont hasardés à adopter cette opinion.
Les Sabella sont à peine dignes d'occuper une place dans le cabinet des naturalistes, si ce n'est à cause de leurs jolis habitants. Si cependant on les y admet, elles se rapprochent plus de quelques genres de la classe des Zoophytes que de celle des Testacés. Il y en a plusieurs qu'il serait plus convenable d'ajouter au genre Tubularia : ou peutêtre, si on n'en tenait compte en helmintologie que pour arriver à la connaissance de l'animal et aider à leurs caractères spécifiques, elles contribueraient à rendre le système naturel plus parfait. Notre compatriote l'immortel Ellis ne s’est pas fait scrupule de classer les Sabella alveolata et penicillus parmi ses Zoophytes comme des Tubularia, et Muller a suivi son exemple. Elles n'appartiennent cependant pas réellement à ce genre pas plus qu'à l'autre, et doivent ainsi être placées dans cette classe par ceux qui considèrent le tube comme la partie essentielle de l'animal, et constituer un genre à part. Lorsque le grand Linné rejetait les Echinus de la partie conchyliologique de son système, il n'avait probablement pas tenu compte de l'analyse chimique de ces corps, car il n'aurait pas plus placé les tubes membraneux des Sabella parmi les coquilles qu'il n’y avait placé les Echinus. La découverte du phosphate de chaux dans l'enveloppe des Echinus les distingue certainement des autres corps testacés, qui ne contiennent que du carbonate de chaux.
La Sabella est distincte des Echinus et des Testacés par la composition naturelle des parties constitutives de l'animal ; car elle est, selon toute probabilité, dépourvue de phosphate ou de carbonate lorsqu'elle est dégagée de toute matière étrangère.
LT