‹ Bibliothèque d'AnjouChapitre 16 sur 89 · D. Housseau, n · texte numérisé non relu

D. Housseau, n

4. Donnée par Tresvaux, Append. XXVI, p. 487; — Cf. Chrcniq, des Eglises d'Anjou, (St-Scrge, p. |35).

5. Chron. des Comtes d'Anjou (pp. 96, io3) ; Ckron, des Eglises d'Anjou (St-Florent, p. 273).

6. Chron. de Touraine (p. 118-187). — Ibid. Comtes d'Anjou, p. 97. — Mabillon, Annal. Ben. t. IV, p. 195. — Raoul Glaber (Historiarum, lib. II, cap. IV, n* 6, éd. Prou., p. 32).

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de TArchevesque soumit son Monastère au siège de Rome, ayant obtenu de Jean un privilège qui prîvoit les Evesques de toute Juridiction sur ce lieu. Je laisse le reste de cette affaire, il suffit de dire que Serge IV, députa un Evesque qui dédia l'Eglise, Tan 1012. Foulque avoit commencé ce Monastère vers Pan 1007. Nous avons la Charte de la Fondation de Beaulieu dans la Gaule Chrestienne ^ Elle est très-considérable, et le Comte y spécifie tous les biens et les droits qu'il donna à cette nouvelle Abbaye, qui est peu importante aujourd'huy. Les maux que Foulque avoit causez à l'Eglise de Tours, obligèrent l'Archevesque, Hugue, non-seulement à refuser au Comte de dédier l'Eglise de Beaulieu, mais mesme à Texcommunier, (Epist. g g). Car nous apprenons d'une Lettre de Fulbert*, Evesque de Chartres que ce Prélat écrivit aux Evesques de France et à Fulbert de faire la mesme chose. Mais Fulbert jugea qu'il estoit plus digne d'un Evesque d'écrire d'abord au Comte, de l'avertir de son devoir, et le prier d'avoir soin de son âme en apaisant la colère de Dieu, parce que sa fin estoit proche. Il neparoist pas que cette Lettre ait eu aucune suite, parce que Foulque avoit fait la guerre à Odon, Comte de Chartres, de Blois et de Tours à l'instigation du Roy Robert.

Mais je dois faire une remarque assez intéressante pour notre Histoire : c'est que l'affaire dont je viens de parler s'estant passée sous le Pape Jean XVII et Serge IV son successeur * qui ont gouverné PEglise Romaine depuis l'an ioo3, et Fulbert de Chanres s'y estant intéressé avant mesme la Dédicace de l'Eglise de Beaulieu, il est évident que Fulbert fut fait Evesque de Chartres Tan 1007, et que ceux qui veulent différer son ordination à l'an 10 16 ou 10 17, se trompent manifestement.

Foulque poussé par la Reine Constance, sa nièce, ayant fait tuer un des principaux officiers du Roy^ cette affaire fit grand bruit; les Juges déclarèrent que Nerra estoit criminel de lèze-majesté, (car Hugue accompagnoit le Roy dans une chasse,) pour avoir reçeu dans ses terres et protégé les meunriers, en sorte que plusieurs crurent que les Evesques dévoient l'excommunier solennellement le jour de la Pentecôte. Mais Fulbert, Evesque de Chartres, qui estoit présent et quelques autres demandèrent trois semaines de temps pour écrire au Comte et obtinrent du Roy que la punition ne tomberoit que sur les biens des coupables. Fulbert écrivit tout cela au Comte. Il l'avertit qu'il devoit se représenter avec les auteurs du Crime, ou les chasser de ses Terres pour l'honneur du Roy ; qu'il doit se purger, comme il l'avoit promis, par F Abbé de S. Aubin et appaiser la colère du Roy par une humble satisfaction, parce que s'il ne vouloit ni représenter les coupables à la justice, ou les chasser, il seroit retranché de la communion. Il y a toute sorte d*apparence que Foulque suivit des conseils si modérez et si salutaires.

L'an 1024, ou peu après, Foulque écrivit au Roy Robert de la part de Guillaume Comte de Poitiers et Duc d'Aquitaine, {Epist. i5), qu'il estoit sollicité par les Italiens d'accepter le Royaume d'Italie au refus du Roy. Il marque, ce que Guillaume désiroit du Roy et les promesses qu'il faisoit. Foulque appelle le Roy son Seigneur et Guillaume son maître, parce qu'il tenoit de luy la Saintonge et le Loudunois. Cette Lettre est assurément de Foulque. Hugue de Cléers * rapporte un Ecrit de Foulque Je Jerosolymitain, que ce Comte avoit fait, sur la charge de Maire ou de Sénéchal de France, que le Roy Robert luy avoit donnée et à ses prédécesseurs ; et il ajoute qu'il avoit vu cet Ecrit dans l'Eglise ou le Monastère du S* Sépulcre de Loches dont Foulque fut

t. Gallia Christ., vet. IV, 149.

2. D. Bouquet, (Historiens de France, t. X, pp. 480 à 483, lettre LXXVI} et ses œuvres, éd. Ch. de Villiers, 1608.

3. V. la bulle de ce pape relative à cette affaire apud D. Housseau, 357 (ann. 10 12).

4. Chron. des Comtes d'Anjou (de majoratu et senecalsciâ Francis, p. 390).

fondateur. Ainsi il ne faut pas attribuer cet Ecrit à Foulque qui fut roy de Jérusalem, un siècle après la mort de Nerra, mais à Nerra mesme qui fut surnommé le Jerosolymitain par quelquesuns, à cause des trois voyages qu'il fit à Jérusalem.

11 y a néanmoins des Auteurs qui n'en comptent que deux *.

Enfin, Eveillon produit encore une Charte de Foulque, par laquelle il restitue à l'Eglise Cathé« drale d'Angers, la moitié des péages du Pont d'Angers qui est sur la rivière de Mayne, dont il s'estoit emparé après la mort de son père. Il fit cela l'an looo, à la prière del'Evesque Raynauld*.

BOUCHARD DE BRIOLÉ, Trésorier de l'Église d'Angers

Ann. 1055* — Bouchard» Seigneur de Briolé, homme noble, estoit Trésorier de l'Eglise de S. Maurice dès l'an 1028, car Foulque Nerra ayant fondé l'Abbaye de Ronceray pour des Religieuses, il souscrivit la Chane avec la qualité de Trésorier après l'Evesque Hubert et avant Goslen, Doyen, et Primolde Archiprestre *.

Vers l'an io5o, Bouchard donna l'Eglise de S. Marcel de Briolay aux Religieux de S. Serge d'Angers. Nous avons le Titre de sa Donation qui est considérable* . 11 nous y apprend qu'il estoit Clerc et Trésorier de l'Eglise de S. Maurice, qui est la Cathédrale d'Angers. Il possédoit de plus un bénéfice laique qu'il avoit eu de l'héritage de son père qui l'avoit possédé par le don que luy en avoit fait le Comte Geoffroy Martel fils de l'illustre Comte Foulque.

Bouchard souffrit de grands travaux dans une infinité de guerres et d'affaires sous ces princes très-belliqueux. Enfin la bonté divine ayant accordé la tranquillité à l'Anjou et voulant témoigner à Dieu sa reconnoissance de l'avoir conservé parmi tant de périls, il donna aux serviteurs de Dieu de l'Abbaye de S. Serge, afin d'augmenter le culte de Dieu, l'Eglise de S. Marcel dans sa ville de Briolay, pour la posséder libre et exempte de toutes coutumes, comme il l'avoit receuë autrefois du Comte Foulque, et depuis peu, du Comte Geoffroy et du Seigneur Hubert, Evesque d'Angers. Bouchard donna encore quelques autres biens à Dieu dans la main de l'Abbé Hubert et de ses Religieux, après en avoir obtenu le pouvoir et l'autorité de ses Seigneurs, le Comte Geoffroy et l'Evesque Hubert. La Charte fut signée par Bouchard, son frère Ingelger, ses fils Hilaire et Ingelger, Guillaume Comte de Poitiers, Judith femme de Bouchard, l'Evesque Hubert, le comte Geoffroy, sa mère Hildegarde et sa femme Agnès. Ainsi il faut mettre cette pièce vers l'an 1045'; car on dit que Hildegarde est morte l'an 1046. Pour l'Abbé Hubert, il estoit Abbé de S. Aubin et on prétend qu'il gouvernoit le Monastère de S. Serge lorsque les Evesques Rainauld et Hubert le rétablirent*. Bouchard laissa deux fils: Ingelger et Hilaire. Le premier fut père d'Artaut de Briolay et de Hersende. Artaud eut trois fils, Geoffroy, Ingelger et Abbon. — Briolay est un nom celtique qui s'est conservé dans notre langue, et qui signifie Pont^sur^Loir. Ainsi il est croyable que les Gaulois appelloient ce lieu, Briveled.

I. Mabille (Introduction auxchron. des Comtes d'Anjou), p, LXXVIII.

a. V. Cette charte, du 17 janvier looi, Cart. Noir de St Maurice d* Angers; — (D.Housteau, n° Sig] ; — (tis, Bîbl. d'Anger$, n* 65 1); — Eveillon, Apologia adversus disputationem, etc. et Vintroduction aux Chron, des Comtes d* Anjou p. LXXIX).

3. Cartul. du Ronceray, f» i ; — Marchcgay, CartuL Beatce Mariât pp. 3 et 3 ; — Thorode, Notice sur la ville d'Angers (chap. III, abbayes, le Ronceray).

4. Tresvaux, Hist. de l'Eglise d'Angers, t. J, Âpp. XVI, p. 463 ; — Hiret, des Antiquité^ d'Anjou^ p. 363 ; — Â. de Soland, De la puissance féodale des seigneurs de BrioUay, p. 3.

5. Cf. Tresvaux, Hist, de VEglise d'Angers, t. I, liv. IV, p-^iS;.

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