PREMIERE COLLECTION
Ecrivains de V Histoire germanique > pdf Èufcara
GottJhelf Stmve (i).
Le premier volume de ce Recueil contient plusieurs chroniques où les croisades tie sont pour ainsi dire qu'indiquées,
(i) Reram Germanicorum scriptores, etc., ccirante Burcarda Gottelfio' Stniyio Argchtfrctif 1717^ 3 YOl. ionibb > '
et ^ut lesquelles i^ous ne pouvons nous arrêter : tels sont la chronique de Mathieu , maréchal de Bappeinheim ; une autre chronique d'Autriche , qui paraît faire partie de ce premier ouvrage , et l'extrait de 1 -aûcienne cnrbnique de Ratishonne, que Striive croit être d'Hermann, abbë d'Altahé. On trouve dans cet extrait , sous la date de 1 096 , un petit récit du départ des premiers croisés , intitulé : expédition étonnante et inouie {mira et inaudita expeditio ) . « H partit , dit » l'auteur, de diverses provinces et de divers états ime » infinité d'hommes, qui étaient comme poussés par un mou- » vement de l'âme {motu inentis compuncti) à combattre les » persécuteurs de JérasalQ^).. C'étaient non-seulement des » guerriers , mais des évêques et des abbés , des clercs et des » moines , des pères de famille qui abandonnaient leurs » affaires, leurs femmes etleursenfans. Tous, se confiant » dans leur nombre , forcèrent en plusieurs viUes les Juifs à » se faire baptiser , ou les tuèrent. Quelques-uns de ces Jui£s. H. se tuèrent eux-mêmes. La multitude des pèlerins s'aug- 4» mentant sur la route , ils s'éloignèrent grandement de leur 3». but; car ils commencèrent dans la Hongrie et les provinces^ >» adjacentes à vivre de pillage et à se livrer à des excès. » (II parait , suivant l'auteur, que les pâerins ne s'étaient pas éloignes de leur but en tuant les Juifs , car il ne leur en fait aucun reproche ; selon lui , ils ne commirent des excès €[ue lorsqu'ils pillèrent les Hongrois). Yoyez ce que dit à ce sujet l'abbe Ëkkard (coUection amplissime de Martène.) « Les barbares, qui ne purent les supporter, les.massacrèrent ». ou les noyèrent , et réduisirent en servitude les femmes 9 et les: enfans qui les suivaient. Aux premières heures de la » nuit, les HongBois, portant de leurs demeures y tombèrent M sur les pèlerins qui dévastaient les lieux d'alentour et fai- » siaient ainsi des choses si contraires au but de leur péleri- » nage. Ce jour-là ils. en tuèrent une multitude innombrable ;: n le reste se dispensa. »
La- chronique remarque que le 7 des ides d'août , il y eut une éclipse de lune qui fut plus forte que de coutume. Du reste , l'auteur ne fait qu'indiquer kt prise de Nicée , d'Antioche et de Jérusalem^
SouJs le m?me titre de cette chronique de Ralisbonùe , vient une partie de celle dés monastères de Saint-Ulric et de S^if^.-Afr.e (l>; il y est question , ,mais ^saujci^ détail, de l'exi>ediiion de Frédéric 1^*^ i des préparatifs, de la croisade
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(i) Alla pars chroaicx mona&ferH SSUlrîcif I Ari;aD^pk ^99^ </' ••
ffe l'empereur Henri , en 1 1 95 , de celle de"!l 21 7 , de la prise de Damiette , Tannée suivante , de la reddition de cette place trois ans plus tard, du concile de Lyon en 1245 et de la première croisade de saint Louis. L'auteur s'est un peu plus étendu sur le concile de Lyon , et Féditeur a rapporté en note divers passages d'auteurs contemporains qui accusent ou justifient Frédéric du crime de blasphème. Il fait remarquer que ce cbef d'accusation ne fut point porté dans la sentence d'excommunication prononcée au concile , mais bien dans une lettre du pape écrite après le concile.
Les Annales de Henri Stéron ( I ) , moine d'Altabé , offrent sur la mort de saint Louis, en 1272, quelques détails déjà connus ; elles en ajoutent d'autres que nous allons rapporter sur les événemens qui suivirent l'arrivée de Charles , roi de Sicile , en Afrique :
« Quoique les Sarrasins, disent- elles , fussent en plus M grand nombre que les chrétiens , ils n'osaient cependant » se mesurer avec eux dans un combat général , mais ils » leur causaient beaucoup d'incommodités par des embû- » ches et des moyens ^u'on n'a pas coutume d'employer à D la guerre. En voici un entr 'autres : Ce pays est très-sa- » bloneux , et dans les temps de sécheresse il est couvert » de poussière. Les Sarrasins placèrent plusieurs milliers M d'honunes sur une montagne voisine du camp des croisés , » et lorsque le vent soufflait de ce côté , les: Sarrasins » remuaient le sable et la poussière qui incommodaient fort » les chrétiens. Mais enfin . quand la pluie eut abattu la » poussière , les chrétiens, qui avaient diverses machines de » guerre , résolurent d'attaquer Tunis par terre et par eau. » Les Sarrasins , voyant leurs dispositions , furent saisis de j» crainte et traitèrent avec eux. »
Après avoir rapporté le traité de paix qui fut conclu , et que nous avons fait connaître dans l'histoire des croisades , les annales parlent de l'arrivée du prince Edouard, d'abord sur les cotes d'Afrique , ensuite à Saint-Jean ^'Acre ,. de l'as* sassiimt tenté sur sa piersonne , etc. Elles donnent peu de détails sur le concUe ae Lyon , tenu en 1 274, et sur la Vuine d'Acre en 1291. .
A l'occasion de la mort de l'évêque de Salzbourg , arrivée * en 1305, les annales copient des lettres du;pape Nicolas IV, datées de 1292, par lei^uelles le souverain pontife ordon- ^ nait à ce prélat de fair^ tenir des conciles provinciaux ,^oà': l'on aviserait aux moyens de venir au secours de la Terre->
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(i) Annales Henrîci Stcronis monachi All^krac înTerîot^y ; ^: S^^!'-''- ' *
4 ^IBLIOTHÈQUl:
Sakile. En parlant du concile tenu à Vieline en 151 ) , elleis • disen'f; que « le pape Clément Y chargea les frères hospitaliers n de Saint-Jean de Jérusalem de faire prêcher la croisade dans » toute la chrétienté. Plusieurs milliers de chrétiens se croi- » sèrent ; mais lorsqu'ils furent arrivés au palais du pape n {ad curiam papœ) j ce pontife les dégagea de leur serment , » et leur ordonna de retourner chez eux. »
Les deux chroniques du premier vdiume de Struve qui méritent de fixer plus particulièrement notre attention , et qui demandent une plus longue analyse , sont les annales du moine Godefroy, et le récit de l'expédition de Frédéric P''. en Asie, par Tagenon.
Armâtes de Gode f roi ^ moine de Saint^PantaUon ^ cù
Cologne (i)*
L'auteur de ces Annale^ Vivait du temps /le l'empereur Frédéric II. Son ouvrage contient un récit abrégé des croisades qui ont eu lieu pendant le règne des deux empereurs Frédéric F*", et Frédéric II. Le^tyle de cet historien est comme celui de la,plupart des chroniques du temps ; il ne s'anime jamais, soit qu'il raconte des événemens extraordinaires ou des événemens malheureux , et soii récit n'est parfois interrompu que par des réflexions pieuses qui n'annoncent guères que la résignation d'un bon chrétien» Kous devons dire néanmoins qu'il est en général remarquabk par son exactitude , et qu'il nous a conservé un grand nombre de pièces diplomatiques, qui sont d'une grande utilité pour l'histoire.
Godefroi , dont la chronique commence à Tannée 1 1 62 , ne parle de la Terre-Sainte qu'à la date de 1 173. Il nous apprend que Henri , duc de Saxe , se rendit à Jérusalem , suivi de cinq cents chevaUers* Le chroniqueur se borne à dire que le noble pèlerin allemand obtint d'un, prince musulman la liberté de plusieurs captifs chrétiens. Dans Ist même année, le roi du Caire {Babylonice) envoya une ambassade à Frédéric P*^. pour lui demander sa fille en mariage; il promettait de se faire chrétien avec tous ses sujets ; Frédéric accueillit les ambassadeurs musiilinans, et les retint «n Occident pendant plusieurs' mois ,' leur permet-^ tant.de visiter les villes de son empire,, et d'observer les^ n^Qcurset les usages de ses peuples. Les historiens arabes par^
(i) Godefridi monachi Sancû PanUleonb apud coloaiaift Agrippinen» Annalef -^ ete, , ( t, I y p. 33^)> : ,. .-. >
DES CROTSABES. D.
lent de cette ambassade, mais it est difficile de croire que Jie sultan du Caire ait promis de se faire chrétien , lui et ses sujets, surtout lorsqu'on voit dans la même chronique, 1 1 74, des ambassadeurs de Jérusalem venir à la rencontre de Frédéric aux pieds des Apennins , lui offrant plusieurs pré- «ens, des pommes d'or remplies de musc, et sollicitant de puissans secours contre les attaques et les menaces continuelles des païen», qui voulaient détruire l'empire chrétien, d'Orient. •
Godefroi ne parle plus des colonies chrétiennes qu'à Tannée 11 87, où il raconte la bataille de Tibériade et l'invasioii de Saladin. « Cette année, dit-il, la voix de la tourterelle » {vox' turturis) vint frapper de ses sons lamentables les » frontières des chrétiens et les extrémités du monde, m L'auteur rappelle ici la lettre adressée par le précepteur du temple au pape Urbain , et il ajoute qu'une lettre semblable fut écrite à Frédéric, empereur des Romains. A la nouvelle des derniers désastres de la Terre-Sainte , le pape envoya en France , et dans les pays au-nlelà des Alpes , Henri d'Albano , cardinal évêque , avec un député du royaume de Jérusalem „ afin d'exhorter tout homme en état de porter les armes à entreprendre le pèlerinage d'outre-mer pour l'amour du Christ et la dâivrance de la croix. Dans cette année, 1 187, on vit au temps delà moisson de petits globes de feu se succéder rapid^nent et raser la terre, ce que plusieurs regardèrent comme le pronostic d'une expédition à Jérusalem. Dans le même temps, il y eut une éclipse de soleil qui dura depuis la sixième heure j-usqu'^ la huitième. L'année suivante , quel<jues-uns affirmèrent avoir vu trois lunes dans une méioe nuit; sur ces trois lunes on avait remarqué une tache blanche traversée au milieu par le signe de la croix. Au dimanche de lœtare de la même année, il se réunit à Mayence une assemblée solennelle de tous les princes d'Allemagne , des principaux du clergé , de la noblesse et du peuple. L'empereur et le roi des Romains son fils Tavaient nommée d'avance la diète ou la cour de Jésus-Christ {curia Chrislî). Le cardinal Henri d'Albano, légat du pape, y as-t sista. Frédéric ayant demandé à cette assemblée s'il lui convenait de prendre la croix sur-le-champ ou d'attendre Tan-^ née suivante , on lui répondit par acclamation qu'il ne devait point différer de se croiser ; il reçut donc la croix des mains de l'évêque de "Wurtzbourg ; tous les assistans applaudirent à cette sainte détermination en versant des larmes de joie. L'évêque de Mastreicht , le comte de Çîueld^e^ jet d'autres qu'on n'avait pju mettre d'accoird aupa-*
ravant , se réconcilièrent alors , sans autre médiateur que l'esprit de Dieu , et plusieurs d'entre eux firent le serment de marcher contre les infidèles.
L'empereur envoya l'arclieTéque de Mayence auprès du roi de Hongrie pour préparer la route des croisés , et pourvoir à l'approvisionnement de l'armée chrétienne. A son retour , l'archevêque dit qu'il avait été réglé qu'on donnerait par jour aux Hongrois un marc pour la nourriture de cent chevaux, et autant pour quatre gros bœufs. On voit par ce récit de Godefroi, qu'on ne manqua point de prévoyance dans cette troisième croisade comme dans celles qui avaient précédé j ce qu'on va lire prouve que Frédéric n'avait négligé aucun des moyens de la prudence hmnaine, et que des négociateurs habiles avaient partout devancé les soldat». Vers le temps de l'Ascension, Henri, comte de Hollande , fut envoyé par l'empereur d'Allemagne auprès de Saladin. Frédéric déclarait au sultan du Caire qu'il allait rompre l'alliance naguère contractée avec lui , qu'il ne pouvait plus être son ami, et que tout l'empire romain se lèverait pour lui faire la guerre , s'il n'abandonnait promptement Jérusalem et la Terre-Sainte , s'il ne rendait la Croix du Seigneur, qu'il avait enlevée , et s'il ne se hâtait de donner satisfaction pour tous les chrétiens qu'il avait tués ou faits prisonniers. Cette ambassade , que les chroniqueurs rapportent avec une
Srande simphcité, mais sur laquelle ils ne donnent aucun itail, est un des plus beaux spectacles des temps de la chevalerie. Il ne nous reste que la lettre de Frédéric et la réponse de Saladin, qui ont été recueillies par plusieurs chroniques contemporaines. (Voyez Gauthier Yinisauf ). Frédéric fit partir en même temps Godefroi de Vissembach, et le chargea d'aller auprès du sultan d'Icône , son ancien allié, pour le prévenir du passage des croisés Teutons à travers l'Asie mineure. Le sultan répondit d'une manière très-favorable , mais l'événement ne tarda pas à prouver que ses paroles n'étaient pas sincères. Une ambassade fut envoyée aussi à l'empereur grec Isaac , qui , rempU , selon sa coutume , du poison de la malice, n'accueillit ni ne congédia les ambassadeurs comme il convenait. (Voyez pour cette ambassade la lettre de l'évêque de Passaw , la relation de Tagenon et celle de l'anonyme. )
L'empereur écrivit avant Noël aux princes de l'empire qui s'étaient croisés, pour les avertir de se rendre à Ratisbonne le jour de Saint-George, et de se tenir prêts à partir, parce qu'ils devaient de là se mettre en marche contre Saladin i depuis Noël jusqu'à la mi-carême, deç troupes de
DES GR0ISADK9. 7
trols& k pied et à cheral , aussi nombreuses que les étoiles et le sable de la mer, couvrirent les grandes routes et tou9 les bords du Rhin ; Godefroi remarque ici qu'il n'y eut qu'un très-petit nombre de croisés qui purent passer la mer, le roi de Sicile ayant défendu , sur la demande de l'empereur, que les pèlerins s'embarquassent dans ses ports , parce que les vivres leur auraient manqué, et que les premiers qui auraient passé n'auraient pu rien entreprendre avant l'arrivée des princes et de l'empereur lui-même ; cependant le même chroniqueur nous dit dans un autre endroit de son histoire qu'on avait construit à Cologne quatre vaisseaux qui portaient chacun quinze cents hommes , pourvus d'armes de toute e^>ece et de vivres pour trois ans. Il ajoute qu'à la mi-caréme, des vaisseau^c, arrivant de toutes parts et i<s réunissant ensemble , déployèrent leurs voiles et mirent en mer. AfH'ès dix jours d'une navigation heureuse (nous suivons toujours notre chroniqueur), ils abordèrent à la terre ie Saint- Jacques en Galice. Ils étaient au nombre de soixante et portaient plus de dix mille guerriers. Les croisés montés sur cette flotte , ayant débarqué sur un terrain aride , se mirent en marche pour aller prier saint Jacques. Mais le bruit s'étant répandu dans le pays qu'ils voulaient enlever de force le chef de ce saint , les habitans de Com-
Estelle se rassemblèrent pour leur interdire l'entrée du u où reposait l'apôtre ; il y eut à cette occasion quelques pèlerins de tués ; mais par l'intervention d'hommes prudens, te tumulte s'apaisa. La flotte, remettant à la voile, se dirigea vers les côtes d'Afrique , où les croisés s'emparèrent d'une ville populeuse nommée Mbur, qu'ils livrèrent au pillage , et dont lés habitans furent massacrés ; la flotte arriva ensuite dans la Terre-Sainte.
Godefroi , revenant à l'armée qui devait marcher sous les ordres dé l'empereur, rapporte que le j.our de Noël on vit arriver miUe fantassins et cinq cents cavaliers , envoyés par le sultan d'Icône. Le prince musulman envoyait ce grand nombre dé guerriers auprès de Frédéric , afin d'inspirer plus de coAnance. Il promettait d'être lui et les siens aux ordres de l'empereur et de son armée. (Le sultan d'Icône, dont il est ici question , est mentionné par l'historien des Attabecks, qui l'appelle KiUg-Arslan. Nourredin l'ayant accusé de suivre la secte des philosoplies ^ il fut obligé de renouveler sa profession de foi musulmane. Lliistorièri arabe Boheddin lui reproche d'avoir été l'ami des Allemands, et d'avoir favorisé leurs expéditions. Il fut à la fin dépouillé par ses fUs de son autorité. Ces circonstances paraissent
6 EIBLlOTBËqUE
ravaat, se réconcilièrent alors, sans autre médiateur que l'esprit de Dieu, et plusieurs d'entre eux ilrent Le serment de marcher contre les infidèles.
L'empereur envoya l'archevêque de Mayence auprès du roi de Hongrie pour préparer la route des croisés , et pourvoir à l'afmrovisionnement de l'armée clire'tienne. Asou retoui' , l'archevêque dit qu'il avait c'té réglé qu'on donnerait par jour aux Hongrois un mare pour la nourriture de cent chevaux , et autantpour quatre gros bœufs. On voit par ce re'cit de Godefroi, qu'on ne manqua point de prévoyance dans cette troisième croisade comme dans celles qui avaient précédé; ce qu'on va Ure prouve que Frédéric n'avait né-
tltgé aucun des moyens de la prudence humaine, et que es négociateurs habiles avaient partout devancé les soldat». Vers le temps de l'Ascension, Henri, comte de Hollande, fut envoyé par l'empereur d'Allemagne auprès de Saladin. Frédéric déclarait au sultan du Caiie qu'il allait rompre l'alliance naguère contractée avec lui, qu'il ne pouvait plus être son ami, et que tout l'empire romain se lèverait pour lui faire la guerre , s'il n'abandonnait promptement Jérusalem et la Terre-Sainte, s'il ne rendait la Croix du Seigneur, qu'il avait enlevée, et s'il ne se hâtait de donner satisfaction pour tous les chrétiens qu'il avait tués ou faits prisonniers. Cette ambassade , que les chroniqueurs rapportent avec une graude simpUcité, mais sur laquelle ils ne donnent aucun détail, est un des plus beaux spectacles des temps de la chevalerie. Il ne nous reste que la lettre de Frédéric et U réponse de Saladini qui ont été recueillies p«r plusieiu^^ chroniques contemporaines. (Voyez Gauthier YinisauH^H Frédéric fit partir en même temps Godefroi de VisserabÉM^^ et le chargea d'aller auprès du sultan d'Icône, son «mI^^H allié, pour le prévenir du passage des croisés Tcaton» ■ A travers l'Asie miueure. Le sultan répondit d'une manière très-favorable , mais l'événement ne tarda pas ^M prouver que ses paroles n'étaient pas sincères. Uat m ' sade fut envoyée aussi à l'empereur grec Isaac , qui ■ pli , selon sa coutume , du poison de ta nutiice, »'»cci' ne congédia les ambassadeurs comme il cuttv" pour cette ambassade la lettre île Vcrêiv relation de Tagenou et celle de l'aiioi)'
L'empereur écrivit avant Rocl : —
qui s'étaient croisés, pour les av< bonne le jour de Saint-George-^
ËEirce qu ils devaiet^-<~ idin ; depuu J^Q^
DES CHOISADKS. 7
croisas à pied et k cheval , aussi nombreuses qae les étoiles et le sable de la mer, couvrirent (es grandes routes et tous les bord» du Rhin ; Codefroi remarque ici qu'il n'y eut qu'an très-petit nombre de croisés qui purent passer la mer, le roi de Sicile ayant défendu , sur la demande de l'empereur, que les pèlerins s'embarquassent dnns ses ports , parce que le» Tivres leur auraient manqué, et que les premiers qui auraient passé n'auraient pu rien entreprendre avant l'arrirée des princes et de l'empereur lui-même ; cependant le même chroDÏqueuF nous dit dans un autre endroit de son histoire qu'on avait construit à Cologne quatre vaisseaux qui portaient chacun quinze cents hommes , pourvus d'armes de toute espèce et de vivres pour trois ans. Il ajoute qu'à la mi-carême, des vaisseaux, arrivant de toutes parts et se réunissant ensemble , déployèrent leurs voiles et mirent en mer. Après dix jours d'une navigation heureuse (nous suivons toujours notre chroniqueur), ils abordèrent à la terre de Saint-Jacques en Galice. Us étaient au nombre de soixante et portaient plus de dix mille guerriers. Les croisés montés sur cette flotte , ayant débarqué sur un terrain aride , se mirent en marche pour aller prier saint Jacques. Hais le bruit s' étant répandu dans le pays qu'ils voulaient enlever de force le chef de ce saint, les liabitans de Com-
Estelle se rassemblèrent pour leur interdire l'entrée du u où reposait l'apGtre ; ily eut à celte occasion quelques Eélerins de tués ; mais par l'intervention d'hommes prudens, I tunmtte s'apaisa. La flotte, remettant à [a voile, se dirigea TCT» lei cAtet d'Afrique . oiiles croisés s'emparèrent d'une ^^^^^^~~^"i«ommée ^Ibtir, qu'ils livrèrent au pillage , '' ms furent massacrés ; la flotte arriva en- 'fi-Sainte.
il l'armée qui devait marcher sous les " que le jour de Noël on vit
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sfSFOir^étê ignorées de tous les chroniqueurs d'Occideiit.yoye? les auteur^s arabes.) Dans le même temp$. qu'arrivaient ie$ ^n;i^ass^eurs.dlGone (nous reprenons le récit de Godefroi)> vinrent des envoyés du roi de Servie , qui faisait les ^lêmes promesses. Frédéric accueillit ces ambassadeurs avec la plus ffrande. magnificence , glorifiant Dieu de l'hoiuiieur que lui ^dsa^nt des princes qu'il n'avait jamais çnlendu nommer* .^ La chronique de Godefroi parle assez longuement du, dé-r part de l'emnereue et de son atmée. D'après son récit, cette, ^mée était dç trente mille hommes , dont quinze mille ca-: yaliers d'élite. Frédéric pas$a les {êtes de la Pentecôte à iPçesbourg , çt tint dans cette ville une diète o.ù la paix pul»lique fut jurée. Dans cette assemblée., on fît de&.toi$ contre tous cçux qui violeraient la paix et la justice ; on s'occups^ 9U5si d!e faire des çéglemeiis sévèrçs; pour maintenir l'ordre çt la discipline p^rmi, les pèlerins. Le roi de Hongrie, venu, 9u-devant de l'armée qui allait traverser ses états, offrit à l^empereur une t^nte d'up, grand travaiji , que trois chariots pouvaient à peine transporter; le monarque hongrois prit toutes les imesures nécessaires pour que les croisés' ne. manquassent point de vivres sur leur route« Quand l'armée arriva à la ville de Saint^Georges ( Strigoniuin, o^Grau), elle, trouva. un vaste édifice tout i;ena(plL dç fa^rine ; chacun, dit le moine Godefroi,. pouvait en prendre à discrétion^ Arnold: deLubeç , qui rapporte le même fait, dit que l'emppreur fît distribuer toute cette farin.e au pauvre peuple , pauperi por-. jpii/o. Notre chroniqueur est du petit nombre des historiens; de cette époque quji ne négligent point de parler des me^ sures qu'on prenait alors po^r assurer la siâ^sistance et la xnarche d'une -aru\ée. Il nous apprend que Frédéric séjourna huit jours kBrandeis ou Brandusluni, pour se pi:ocurer des voi**. turesde transport çt autres choses nécessaires pour la route.. Peu de temps après , l'empereur tint à Belgrade une cour de. justice, où deux gentilshommes, d'Alsace furent condamnés, à être décapités, pour avoir manque aux lois de l'hospitalité.. Cette sévérité, ne satisfît point les Bulgares , qui exercèrent toutes sprtçs d^ barbarie envers, les pélçrins. Ils empalèrentr un habitant d'Aix^-la-Cb^pelle qu'ils avaient fait prisonnier. Godçfroi ajoute, que cinq dç ces oarbares furent p^is çt pendus. Ce fut ainsi qu'on traversa la Bulgarie.
Nous ne suivrons point notre chroniqueur dans tout ce qu'il dit des querelles qui s'élevèrent alors entre l' empereurgrec et l'empereur Frédéric ; nous dirons seulement qu'a-\ vaut d'entrer dans la Grèce , l'empereur d'Allemagne avait çpyoyé à Coust^ntinople Rupert de Nassau et \Valeramj ^vçç;