ENSEIGNEMENT FACULTATIF
Faculté de médecine.
L’histoire de cette institution médicale est féconde en renseignements : les documents et les matériaux ne manquent pas. La place seule nous manque ici pour embrasser, dans son ensemble, et suivre, dans ses développements successifs, cette histoire intéressante et utile. Nous nous bornons à donner un abrégé rapide, un exposé succinct des institutions, des pratiques, des usages et des faits relatifs à la Faculté de médecine de Paris, depuis son origine, comme société constituée, jusqu’à nos jours. Et à nos propres investigations nous avons joint le résultat de celles des autres, de M. Sabatier (d’Orléans) entre autres, à l’excellent livre duquel (Recherches historiques sur la Faculté de médecine de Paris 1837) nous n’avons pas hésité à faire de nombreux emprunts.
On a placé le berceau de cette institution dans l’école palatine fondée par Charlemagne, en s’appuyant sur ce que la médecine était enseignée du
temps de ce monarque; mais le fait est eontrouve. Ce ne fut guère que beaucoup plus tard, vers la lin du xne siècle, que des règlements et un commencement d’organisation eurent lieu à ce sujet; ce ne fut guère qu’après les décrétales d’Alexandre 111 et de Célestin 111, 1181-1 192, que le dtoit d’enseigner fut régularisé et dut s’acquérir par une licence, et permission d’abord gratuites; alors seulement on institua des grades et des examens pour chacun d’eux, et les maîtres se formèrent en compagnie réglée qui eut son chef, sa police et ses magistrats. Cette association volontaire, qui ne dut son origine ni à l’autorité royale, ni à la volonté du pouvoir, ni aux secours qu’elle en reçut, divisa et classa les études et établit, sur des bases plus régulières, l’enseignement de l'universalité des connaissances qu’on possédait alors.
Cette association, connue d’abord sous le nom d’Êtudes de Paris, prit, vers l’an 1250, celui d’Universilé, et se partagea en quatre classes ou nations : les nations de France, de Picardie, de Normandie, et la nation d’Angleterre qui prit plus tard le nom de nation allemande. Enfin, vers 1270-1280, les différentes sections enseignantes, dans le sein de l’Université, furent classées dans un ordre plus méthodique encore ; les diverses Facultés se séparèrent en compagnies distinctes et indépendantes les unes des autres, mais rattachées toutes étroitement à l’Université, leur mère commune, et cette dernière les associa toutes à ses privilèges. De cette époque seu-* lement la Faculté de médecine prit un sceau particulier, une verge surmontée d’une masse d’argent,, symbole d’autorité, et commença â tenir des registres çt h avoir des statuts à elle, statuts confirmés en
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435! par Philippe de Valois. Lés premiers registres, appelés Commentaires [ Commentarii ), sont malheureusement perdus, et le premier de ceux qui nous restent ne commence qu’en 4 395.
On suit avec intérêt les développements lents et irréguliers de cette institution médicale ; on assiste à ses vicissitudes nombreuses. En interrogeant son histoire, on voit combien ses commencements sont pénibles et besogneux. On apprend que cette Faculté naissante était très pauvre et que ses maîtres» régents, c’est-à-dire la totalité des médecins de Paris, qui s’élevait à 31, sans compter toutefois les chirurgiens et les licenciés, étaient tenus de vivre plus que modestement. Le luxe d’ailleurs était chose étrangère aux élèves aussi bien qu’aux maîtres, et la paille humide de la rue «du Fouarre,» où venaient s’entasser les premiers pour assister aux leçons des bacheliers, le prouve surabondamment.
Car la Faculté n’avait point encore d’écoles ; les maîtres enseignaient chez eux, les grandes réunions des régents avaient lieu dans l'église des Mathurins où à Notre-Dame. Elle n’entra qu’en 1505 en pos« session des écoles qui furent construites pour elle De ces écoles, la première fut bâtie au bourg de la Bucherie avec l’aide Je Jacques Desparts, chanoine de l’église de Paris et premier médecin de Charles VII, lequel lit don à la Faculté de 300 écus d’or (3,450 livres) et d’une bonne partie de ses meubles et de ses manuscrits. Cette construction fut comment cée en 1472, quinze ans après la mort du fondateur, et pour la compléter, la Faculté lit élever en 4495, près de l’entrée de la principale porte de ses nouvelles écoles, un petit bâtiment qu’elle érigea en shapelle en 1511 .
On tâchait d'ouvrir aux élèves toutes les vou s d’instruction qu’on pensait devoir être les meilleures ; on mettait la meilleure volonté du monde à faire des savants avec les traditions scientifiques qu’on avait alors. Les commentaires d'Avicenne, par Jacques Desparts, les traductions d’Hippocrate et de Galien, tirées de la bibliothèque del’Lscuriai, les préceptes diététiques de l’Lcole de Salerne, l’anatomie de Théophile, sectateur de Galien, la botanique de Dioscondes, lurent lus et enseignés dans les écoles. On puisait chez les Arabes, notamment dans Rha-sès, des traités sur plusieurs maladies jusque-là inconnues ou non décrites par les anciens auteurs,, telles que la rougeole, la petite-vérole, la spina ventosa et la lèpre, et deux autres sur les urines ; lesquels traités, expliqués et commentés par les maîtres et les bacheliers, tonnaient la base de l’enseignement....
Le temps et le dévoûment de plusieurs de ses membres y aidant, la Lacuité prit de plus sérieuses allures et lit des progrès plus dignes d’intérêt. Son ascendant et sa puissance s’accrurent avec sa science, et elle eut à sa tète des hommes éminents qui surent la rendre digne de l’Université, qui se proclamait la tille aillée du roi de France, et la rendre fière de ses prérogatives et de son importance.
L’enseignement était chose familière à chacun de ses membres, les bacheliers étant tenus de faire des cours, et maîtres et élèves s’habituant de bonne heure à l’exercice de la parole. Le doyen et les professeurs de la Faculté de Paris, d’après un mode d’élection adopté en 15t>6 et suivi constamment par elle, n’exerçaient leurs fonctions que pendant deux années. Avant 1(>34, les électeurs nommaient $eu-
lement deux professeurs, l’un de médecine, l’autre ( e P“armac,e. A cette époque on institua une chaire de chirurgie qu’Antoine Charpentier occupa le
Qt 5me aUtre botanique (I,ie» jusqu’en 1655, on considéra comme moins importante que les précédentes.
Ca Faculfése composait de tous les docteurs-régents ï'eçus dans son sein. Les docteurs ayant moins de dix années de îéception étaient dits de l’ordre des jeunes ou du second ordre; les autres étaient appelés anciens ou du premier ordre. Le doyen n’était point comme aujourd hui nécessairement choisi parmi les pi o esseurs, parce que l’on considérait alors que ces
onctions ne pouvaient ni ne devaient être cumulées.
. Les vacances avaient lieu à partir du quatrième jour des calendes de juillet aux ides de septembre, c est-à-dire du 58 juin au 13 septembre. Il y avait en outre, beaucoup de fêtes : d’abord les trois qu’on célébrait extraordinairement, la translation de saint Nicolas, 6 mai ; la Sainte-Catherine, 55 novembre; et Saint-Nicolas encore, 6 décembre; puis la fête de la Faculté, celle de Saint-Luc, évangéliste, un médecin à ce qu’il paraît ; de plus, les fêtes de Pâques qui duraient huit jours, et le 55 mars, anniversaire
e 1 entrée dans Paris de Henri IV, restaurateur de la Faculté; de plus, le 55 juin, jour où le recteur de ! Académie se rendait en grande pompe à la foire de Saint-Denis, au lendit, pour acheter le parchemin nécessaire; puis six grands samedis précédant six grands dimanches où l’École fermait ses portes aux professeurs et aux élèves, confessionis causa ; puis huit joui s pour lesquels le liceat feriari était instiue, fetes avec veille et lendemain, ce qui faisait
quinze jours ; puis enfin des messes auxquelles tout le monde était tenu d’assister: ce qui taisait un tiers de l’année employé ainsi, et ce qui n’empêchait point les écoliers d’apprendre parfaitement et vite— ment ce que leurs professeurs leur enseignaient.
Deux professeurs de médecine enseignaient publiquement à l’Ecole. L’un traitait, le matin, des choses naturelles et non naturelles, res naturelles et non naturelles , c’est-à-dire l’anatomie, la physiologie, l’hygiène, etc. ; l’autre traitait, dans l’après-midi, des choses prœtcr naturam, c’est-à-diie des maladies proprement dites, de leur traitement et de la matière médicale. Le premier de ces professeurs prenait, la seconde année, la place de l’autre, de manière à achever lui-même, dans l’espace de Jeux années, le cours complet de médecine; et tous les ans, à la Toussaint, on élisait un seul professeur pour lui succéder.
Le professeur de première année, pour la démonstration de l’anatomie, se faisait assister d’un chirurgien-barbier chargé de la démonstration des parties dont il avait auparavant fait verbalement la description.
L’enseignement de la chirurgie se bornait uniquement aux opérations : Chirurgiæ prof essor, chirurgie a tantum doceat, id est quæ operationem manuum pertinent. Par décret du 2 août 1607, la Faculté, pour empêcher le professeur de chirurgie d’empiéter sur les limites sacrées du domaine médical, définissait l’anatomie : un exercice manuel propre à faire connaître le corps humain, manus exercitalin ad humani corporis cognitionem , anatomica est administratif).,.
Le même décret régla aussi la manière dont les
élèves devaient procéder à l’étude de l’anatomie, et distribua en cinq genres les maladies chirurgicales : la blessure, l’ulcère, la fracture, la luxation et les tumeurs contre nature ; maladies réclamant pour remèdes : les bandages, les lacs, les instruments [ferramenta) et les ventouses. Dans les leçons de chirurgie faites à l’École, on expliquait ceux des livres d’Hippocrate relatifs aux ulcères, aux fistules, aux fractures; le livre de Galien sur les os, les Commentaires sur Hippocrate, de articulis ; on expliquait Oribaze, Paul d’Egine, Celse, Albucasis, Guy de Chauliac et Gourmelin. 11 fut accordé aux chirurgiens de parler français dans leurs cours, mais non sans en avoir reçu préalablement l’autorisation du doyen et de la Faculté réunie, car la règle voulait que toutes leçons fussent faites en latin. Quant aux amphithéâtres de dissection, ceux qu’on construisit successivement s’écroulèrent par suite du peu de soin apporté à leur édification, et le plus commode et le plus beau, celui dans lequel Riolan (le second), Duverney, Littré, Winslcw, Hunaud, commencèrent leur célébrité, était ouvert à tous les vents, et il y faisait odieusement froid ; il dura cent vingt années. Ce ne fut qu’en 1744 qu’on en construisit un en pierre de taille et fermé avec des fenêtres vitrées.
En 15^6, la Faculté créa une place d’archidiacre des écoles, choisi parmi les étudiants et chargé de fournir les cadavres, et de préparer les leçons du professeur. Les frais d’études anatomiques se montaient à 40 sols la première année, 20 sols la seconde, et 10 les autres.
Le professeur de botanique enseignait aux élèves le nom et les vertus des plantes.
Le professeur de pharmacie était chargé d’ap-
prendre aux élèves les noms, la composition et la préparation des médicaments. Plus tard il fut chargé, en outre, de faire un cours de pharmacie galénique et chimique, depuis Pâques jusqu’aux vacances.
En 1644, on sentit la nécessité d’organiser le service des consultations demandées à l'École de médecine par les pauvres de Paris qui ne pouvaient pas entrer à l’Hôtel-Diëu ; et le 13 mai de cette année la Faculté assemblée fit un règlement approuvé et mis à exécution par arrêt du parlement, en vertu duquel six médecins de la Faculté, trois anciens et trois jeunes, sur l’avis à eux transmis par le grand hedeau de l’École, viendraient les mercredi et samedi de chaque semaine, à dix heures du matin, faire la consultation publique à l’École de médecine; lesquelles consultations devinrent ainsi, à partir de cette même année, une sorte de leçons cliniques que les bacheliers furent astreints à suivre.
Il n’y avait point de chaire d’accouchement; cette partie de l’art, négligée tant que la Faculté fut composée d’ecclésiastiques, était alors, et elle est restée depuis dans le domaine presque exclusif des matrones, la plupart très ignorantes; et ce ne fut qu’en 1745, le 17 mai, que la Faculté nomma deux professeurs aux sages-femmes, Bertin pour l’ostéologie et l’anatomie des parties molles, et Astruc pour la théorie pratique.
Les grades s’acquéraient difficilement, et les conditions d’admission étaient des plus sévères. Tout étudiant était considéré comme candidat au baccalauréat en médecine, ce qui supposait des connaissances assez étendues en littérature et en philosophie. Quant aux élèves chirurgiens, leur éducation première était, pour la plupart, assez négligée; aussi
fanait-on une distinction entre les chirurgiens lettrés et non lettrés.
Le stage pour la baccalauréat devait durer deux ans, pendant lesquelles on apprenait la physiologie, 1 anatomie, la botanique, la matière médicale, l’hygrène et ce qu’on savait alors de physique et de chimie. Pour être admis aux examens, il fallait justifier de vingt-cinq ans au moins d’âge, du titre de maitre ès-arts ou en philosophie, après quatre ans d’études a l’Académie de Paris, ou huit ans dans une autre université.
Comme, dès l’origine, la Faculté de médecine otait presque exclusivement composée d’ecclésiastiques, la Faculté avait été amenée à exiger des élèves laïques la rigoureuse observation du célibat, ne voulant pas sans doute voir confondus des ecclésiastiques célibataires et des laïques mariés. Aussi les candidats au baccalauréat en médecine étaient-ils tenus de déclai er par serment qu’ils n’étaient pas mariés. Il en était de même pour les docteurs-régents.
Cette i ègle fut suivie jusqu’en 4452, époque à laquelle elle fut abolie par le cardinal d’Estouteville, ou yoye du Saint-Siège, qui traita cette disposition < un pie et d absurde : impium et irrationabile.
ne s,î,vons Pas dans tous leurs détails les r ifferentes phases des examens pour le baccalauréat, la licence et le doctorat. C’est long, c’est minutieux, mais cela prouve que la Faculté avait alors non-seuemcnt à honneur, mais à intérêt, de voir s’élever dans son sein des hommes instruits et capables.
Nous avons dit avec quel dédain la chirurgie était tiaitce par la médecine. El 1 e devait avoir son tour de triomphe; et bientôt, en effet, sous saint Louis d abord, puis sous François Ier, elie acquérait une
importance sociale et scientifique plus digne d’elle. Ce prince accordait, par édit de 1544, à la corporation des chirurgiens lettrés ou de robe longue les mêmes privilèges qu’aux autres suppôts de l’Université, et encourageait ainsi l’étude de la science chirurgicale ; mais la lutte qui existait entre la Faculté et les chirurgiens, et où ces derniers furent accablés, avait encore arrêté les élans communiqués précédemment à cet art si éminemment utile, lorsque Maréchal résolut de le réhabiliter.
Il fallait pour cela multiplier l’enseignement. Dans ce but, Maréchal et Lapeyronie sollicitèrent et obtinrent du roi, en 1724, l’érection de cinq chaires de démonstrateurs royaux en chirurgie. C’est ainsi que l’Académie royale de chirurgie fut fondée. Sa première séance eut lieu le 18 décembre 1731, sous la présidence de Maréchal.
Autorisée pendant dix-sept ans, l’Académie de chirurgie fut définitivement établie et confirmée par lettres-patentes en 1748; en 1751, elle reçut du roi de nouveaux règlements, et comme le gouvernement appréciait l’importance et l’utilité de cette, société savante, il lui lit construire un édifice digne d’elle. Cet édifice, dont Gondoin dirigea les travaux, est aujourd’hui l’Ecole de médecine. La première pierre fut posée en 1771 par Louis XVI, sur l’emplacement de l’ancien college de Bourgogne, et le même jour, ce roi fonda dans le collège de chirurgie une chaire de chimie qui n’existait pas encore. Louis XVI donna encore au collège de chirurgie un hôpital spécial sur l’emplacement de la Clinique et de l’École pratique.
Le collège de chirurgie fut achevé en deux ans ; la première thèse y fut soutenue le 3 \ août 1776.
Quatorze professeurs étaient chargés de renseignement dans le collège ou dans des dépendances.
C’est ainsi que la vieille Faculté de médecine disparut petit à petit. Les bâtiments où elle tenait des écoles depuis trois siècles étaient devenus inhabitables, et sa réputation allait s'éclipsant devant celle de sa jeune rivale dont les progrès étaient éclatants. Et c’est une chose curieuse à étudier, que les mille tracasseries qu’elle fit subir à cette dernière, que les obstacles qu’elle apporta à ses envahissements, que les anathèmes qu’elle fulmina contre elle, que les arrêtés qu’elle prit pour dissoudre cette société qui comptait dans son sein des membres jeunes, actifs, intelligents. Son autorité était méprisée, ses privilèges tombés en désuétude ; elle voulut se raidir et se brisa, et la loi du 18 août 1792 la détruisit tout-à-fait , comme elle détruisit toutes les autres corporations savantes, enseignantes ou académiques.
Pendant quelque temps, au milieu des agitations diverses de cette époque, les institutions médicales furent un peu négligées. Une loi du 4 décembre 1794 vint organiser de nouvelles écoles de médecine, au nombre de trois. Ces trois écoles cle santé furent établies à Paris, à Montpellier et à Strasbourg.
Celle de Paris fut placée dans le local de la ci-devant Académie de chirurgie, à laquelle on réunit le couvent des Cordeliers. Le nombre des professeurs en fut fixé à douze. Chacun'd’eux avait un adjoint, il y eut une bibliothèque, un cabinet d’anatomie, une collection d’instruments et d’histoire naturelle médicale. Des salles et des laboratoires furent disposés pour les exercices pratiques des élèves. On nomma des prosecteurs au concours, et un préparateur en chef des pièces anatomiques, place qui lut
d’abord occupée par Fragonard, puis successivement par MM. Duméril, Dupuytren, Béclard et Brescliet.
Quant aux élèves en médecine , les élèves de la patrie comme on les appelait alors, leur nombre fut fixé à 550, savoir : 300 pour Paris, 150 pour Montpellier et 100 pour Strasbourg. Leur mode d’admission était réglé presque militairement. Ainsi dans chaque district de la France, un jeune citoyen, ayant de 17 à 26 ans, dut être appelé parmi ceux que n’atteignait pas la prochaine réquisition. Deux officiers de santé choisissaient l’élève d’après son civisme et les premières connaissances qu’il avait acquises dans une ou plusieurs sciences médicales. Ces élèves, munis de leur nomination, se rendaient à Paris, à Montpellier ou à Strasbourg, avec le traitement de canonniers de 1 re classe pour frais de route, et pendant trois ans on leur assignait annuellement un traitement égal à celui des élèves de l’école centrale (4 ,200 fin).
La première réunion eut lieu le 20 décembre 1791. Il était instant d’arrêter un plan d’organisation intérieure ; l’assemblée, séance tenante, nomma son président qui fut Sabatier, doyen d’âge ; Lallement fut nommé secrétaire. Le lendemain on détermina le nombre des cours, on spécifia les divisions à adopter et la méthode à suivre pour chacun d’eux. Les cours qui s’ouvrirent à l’école de santé, la première année de sa création, furent :
1° Anatomie et physiologie; 2° Chimie et pharmacie; 5° Physique et hygiène ; 4° Pathologie externe; 5o Pathologie interne; 6° Histoire naturelle médicale; 7° Médecine opératoire ; 8n Clinique externe; 9° Clinique interne; 10° Clinique de perfec-?
tionnement ; 11° Accouchement ; \% Médecine légale et Histoire de la médecine.
Les étudiants furent divisés en trois classes : les commençants, les commencés et les avancés. L’exactitude aux leçons et aux cours des professeurs fut chose rigoureusement exigée par le comité d’instruction publique, qui décida que tout élève ayant manqué pendant quinze jours aux leçons qu’il devait suivre serait censé démissionnaire.
Quant à l’école pratique, elle fut instituée le 7 août 1797.
Jusqu’en 1803, aucune loi n’existait sur le mode de réception des élèves. Beaucoup, employés au service des armées ou livrés à la pratique civile, n’avaient aucun titre, aucun examen de réception. Les patentes de médecine étaient délivrées à qui en demandait, et exerçait par conséquent la médecine qui le voulait. L’école de Montpellier fut la première qui proposa de procéder à des réceptions provisoires.
Parut la loi du 10 mars 1803 ; elle établit qu’à partir du 24 septembre suivant nul ne pourrait être médecin sans avoir été examiné et reçu suivant le mode qu’elle prescrivait. Pour la réception des docteurs, elle exigea quatre années d’études dans les écoles avant que les candidats pussent se présenter aux examens. Ces examens , au nombre de cinq, embrassaient : le premier, l’anatomie et la physiologie ; le deuxième, la pathologie et la nosologie ; le troisième, la matière médicale, la chimie et la pharmacie ; la quatrième, l’hygiène et la médecine légale ; le cinquième, la clinique interne ou externe, suivant le titre de docteur en médecine ou en chirurgie que l’aspirant voulait obtenir; enfin une thèse en latin ou en français. La somme totale des
frais n’excédait pas 1,000 fr. La réception était gratuite pour les élèves des lycées admis aux écoles spé riales de médecine.
L'ordre des officiers de santé fui institué à la même époque. La loi qui les concernait dispensait à la rigueur les aspirants à ce titre d’étudier dans les écoles; elle exigeait seulement trois examens : l’un sur l’anatomie, le second sur les éléments de la médecine, le troisième sur la chirurgie et les connaissances les plus usuelles de la pharmacie. Les frais ne devaient pas excéder 200 fr.
Notons ici que c’est de cette époque aussi que date le costume des professeurs.
La loi du 20 prairial an xi, dont toutes les dispositions, sauf quelques modifications légères, sont encore en vigueur aujourd’hui à la Faculté ; cette loi portaitrèglement sur les conditions à remplir par les élèves pour être admis dans les écoles de médecine. Les élèves de la patrie n’existaient plus. Depuis longtemps on ne payait plus les élèves; à leur tour ils payaient, et ils ont conservé cette habitude. Les pièces nécessaires pour l’admission furent: 1° un extrait de naissance ; 2° un certificat de bonnes mœurs; 3o une attestation d’un cours complet dans les lycées. Les élèves durent s’inscrire, au commencement de chaque trimestre de l’année, sur un registre coté et paraphé par le directeur, en écrivant leurs nom, prénoms, âge, lieu de naissance, département, le numéro de l’inscription prise, la date du jour et de l’année en y joignant leur signature. Le mode et l’ordre suivant lesquels les examens seraient passés furent déterminés. Voici l’ordre des examens :
d° Anatomie et physiologie; 2° pathologie et nosologie ; 3° matière médicale, chimie, pharmacie ;
4° hygiène, médecine légale ; 8° accouchements, clinique interne et externe.
On établit, en outre, que chaque examen pourrait être ouvert à plusieurs candidats à la fois, et on exigea, avant l’examen d’anatomie, une préparation sur le cadavre.
Enfin, à quelques modifications près, nous le répétons, toutes les dispositions de cette loi sont encore en vigueur aujourd’hui.
L’École de médecine comptait quatorze années d’existence. Sa bibliothèque s’était enrichie, grâce aux libéralités de quelques médecins ; on avait établi, d’après le rapport de Cuvier, une école de modelage en cire, afin de répandre et de perpétuer les procédés de Laumônier , créateur de cet art en France. Les cours étaient suivis par un grand nombre d’élèves ; les leçons y étaient faites par des professeurs distingués, illustres même. Un décret du 17 mars 1808 lui donna le nom de Faculté, quelle porte aujourd’hui.
Les événements marchaient ; ils apportèrent certaines modifications à l’organisation de la Faculté. Des chaires furent créées et supprimées. Des règlements furent publiés, puis infirmés par d’autres. Cette société médicale eut à craindre pour son existence plusieurs fois menacée par les intrigues de certains hommes bien en cour ; elle avait de nombreux ennemis, ils firent des efforts pour la renverser et lui substituer l’ancien ordre de choses. Nous sommes loin de la République et de l’Empire, nous touchons à la Restauration.
Au milieu de ces événements divers, un nouveau corps savant fit son entrée dans le monde, l’Académie royale de médecine fut instituée. Une union -
nanee du 44 janvier 1821 la destinait à remplacer fancienne Académie royale de chirurgie et la société royale de médecine qui existait dans le sein de la Faculté.
Cette nouvelle académie fut divisée en trois sections : médecine, chirurgie et pharmacie, et composée d’honoraires, de titulaires, d’associés et d’adjoints. Chacune de ses sections dut élire ses membres honoraires, titulaires et adjoints; pour les associés, ce droit fut remis à l’Académie entière. Le bureau général fut composé d’un président d’honneur perpétuel, un président temporaire, un secrétaire et un trésorier. Voilà, à peu près, sur quelles bases fut, à son origine, établie l’Académie royale de médecine, fondée par Louis XVIII, organisée par Portai, et devant laquelle la société de médecine dut se dissoudre, ce qui arriva le 1er mars 1821 .
Cependant la nouvelle Académie n’avait été pourvue d’aucune des choses nécessaires aux travaux. Corps savant officiellement établi pour répondre aux nombreuses questions de F autorité en matière d’hygiène publique, de médecine légale, d’analyse et remèdes secrets, etc., et marcher en même temps à la tête des progrès scientifiques, elle n’avait et n’a encore ni bibliothèque, ni cabinet de physique, ni laboratoire de chimie, ni collection, ni amphithéâtre. Ce n’est qu’un peu plus tard qu’elle obtint une subvention annuelle de 40,000 fr.
Il y eut une époque fâcheuse pour la Faculté de médecine sous la Restauration, alors que l’abbé de Frayssinous était grand-maître de l’Université, etv qu’un système d’épuration était pratiqué à l’endroit des professeurs qui avaient le malheur de vivre sans religion et de ne pas être dévoués à la famille ré-
gnante. il est toujours désastreux de mêler les passions politiques avec la science, de faire intervenir le roi et le ciel dans les études, et surtout de le faire avec acrimonie, emportement et aveuglement. Il arrive toujours ce qui arriva le 18 novembre 1822. Les étudiants, qui n avaient qu’une médiocre estime pour Je grand-maître et le conseil royal , et qui voyaient d’un mauvais œil l’influence considérable et presque exclusive que prenait de jour en jour le clergé dans la direction de l’instruction publique, les étudiants protestèrent tumultueusement et énergiquement contre cette direction qu’on prétendait imposer aux jeunes esprits.
Des scènes déplorables eurent lieu , et peu de temps après la Faculté de médecine de Paris fut supprimée.
Après cette solution de continuité dans les études qui dura plus de deux mois; après ces destitutions de professeurs aimés des élèves et méritants de la science, vinrent la réorganisation de l’Ecole et la nomination de nouveaux professeurs plus à la dévotion du gouvernement. L’ordonnance de réorganisation, en date du 2 février 1825, composa la nouvelle Faculté de 25 professeurs chargés de diverses parties de l’enseignement ; 56 agrégés furent attachés à la Faculté, parmi lesquels 24 en exercice et 12 en stage; durée du stage, trois ans ; durée de l’exercice, six. Parmi les agrégés, les uns n’eurent de droit de , candidature que pour les chaires de clinique ; les autres furent désignés de droit candidats pour toutes les chaires de professeurs qui viendraient à vaquer. Il fut décidé que toutes les fois qu’une place de professeur deviendrait vacante, trois candidats seraient présentés par la Faculté, trois par le conseil acadé-
mique,et que la nomination serait faite par le grandmaître de l’Université. Les chaires furent divisées dans l’ordre suivant : anatomie, physiologie, chimie médicale, physique, histoire naturelle médicale, pharmacologie , hygiène , pathologie chirurgicale , pathologie médicale, opérations et appareils, thérapeutique et matière médicale, médecine légale, accouchements et maladies des femmes en couches et des enfants nouveau-nés. Deux professeurs furent attachés à chacune des chaires de pathologie médicale et chirurgicale. Les autres chaires n’eurent qu’un seul professeur. Enfin, il y eut quatre professeurs de clinique médicale, trois de clinique chirurgicale , et un de clinique d’accouchements. Les seuls agrégés de la Faculté furent autorisés à faire des cours particuliers.
Tell es furent les dispositions principales de l’ordonnance réorganisatrice de la Faculté. Un mois après sa promulgation, la Faculté de médecine ainsi constituée fut installée le d 0 mars 1825.
Les anciens règlements furent aussi et tout naturellement renouvelés. Un arrêté du conseil royal, du 12 avril 1823, détermina les différents cours que les étudiants seraient tenus de fréquenter suivant leurs diverses années d’études. Il assigna deux professeurs et un agrégé pour chaque examen, quatre professeurs et deux agrégés pour les thèses. Puis, sous le litre de dispositions diverses, le § 5 du règlement confia au doyen le droit de supprimer un cours et de suspendre un professeur ; il arrêta que toutes les nominations et présentations attribuées à la Faculté se feraient au scrutin secret et à la majorité absolue, et que quinze jours au moins avant l’ouverture de Tannée scolaire, chaque professeur soumettrait le
programme de son cours à l’examen de la Faculté.
L’art. 2 de ce règlement déclara maintenir l’école pratique, et le nombre des élèves fut fixé à cent vingt, comme il était indiqué dans l’art. 55 de l’ancien règlement.
En 1824, la Faculté de médecine entra comme toutes les autres dans le ressort du ministère des affaires ecclésiastiques et de l’instruction publique, à la tête duquel se trouvait l’abbé Frayssinous.
Fn 1825 furent apportés, dans l’ordre et les époques des divers examens , des changements assez notables pour constituer ce qu’on appela le nouveau mode. Le 22 octobre , le conseil royal prenait un arrêté qui disait :
Art. ler. — Les examens seront répartis dans la durée des études, de manière que le premier soit subi après la huitième inscription; le deuxième, après la dixième; le troisième, après la douzième; le quatrième, après la quatorzième; enfin , le cinquième, ainsi que la thèse, après la seizième, entendant par inscription un trimestre d études révolu.
Art. 2. — Les matières des différents examens seront distribuées ainsi qu’il suit :
1er examen. Histoire naturelle médicale, physique médicale, chimie médicale et pharmacologie.
2e examen. Anatomie et physiologie.
5e examen. Pathologie interne et externe.
4e examen. Hygiène, médecine légale, matière médicale et thérapeutique.
5e examen. Clinique interne, clinique externe, accouchements.
Art. 5. — Indépendamment des autres épreuves actuellement en usage aux divers examens, les can-
didats seront tenus de présenter au cinquième dix observations recueillies par eux-mêmes au lit du malade. Quatre de ces observations, au moins, auront été recueillies dans les cliniques de la Faculté, et leur authenticité constatée par le professeur de clinique. Les candidats en médecine présenteront quatre observations de maladies internes, et deux de cas chirurgicaux; les candidats en chirurgie présenteront quatre observations de cas chirurgicaux et deux de maladies internes.
Art. 4. — Les candidats qui auront satisfait aux examens de huitième, dixième, douzième et quatorzième trimestres, seront seuls admis à prendre les dixième, douzième, quatorzième et seizième inscriptions.
Art. 5. — Les élèves des écoles secondaires, ou tous autres qui auraient droit à des inscriptions collectives, ne pourront prendre ces inscriptions qu’au fur et à mesure qu’ils auront subi les examens correspondants, de manière que les huit premières inscriptions seulement pourront être prises de prime abord; les neuvième et dixième après le premier examen, et ainsi de suite.
Pour achever ce qui a trait à l’histoire matérielle des cliniques et des bâtiments de la Faculté, nous dirons qu’en 4829 F Université demanda l’avis de cette compagnie sur un projet tendant à prolonger la rue Racine jusqu’à la rue de La Harpe, à travers les terrains qui lui appartenaient. Ce projet resta pendant plusieurs années sans qu’il y fût donné suite. Il ne reçut son exécution qu’en 1832, grâce aux instances du nouveau doyen, M. Orfila, et d’après les ordres de M. de Montalivet , ministre de l’instruction publique.
Revenons maintenant à l’époque que nous avons
perdue de vue un instant.
En 1827, le conseil royal, voulant remédier aux abus qu’avait produits l’extension accordée aux médecins reçus dans les universités étrangères de pouvoir obtenir un diplôme de l’Université de France, en soutenant seulement une thèse, arrêta, le 8 septembre 1827, qu’à l’avenir les docteurs seraient tenus de subir les mêmes examens que les élèves des Facultés de médecine françaises.
L’année suivante on s’occupa d’un nouveau règlement pour l’école pratique. Le nombre des élèves lut limité à cent vingt, divisés en trois classes, composées chacune de quarante élèves, de manière que les quarante sortants, à la lin de leur troisième année , fussent remplacés par quarante nouveaux ; ceux de première et deuxième année furent tous astreints à subir, à la fin de l’année scolaire, un examen composé de deux épreuves, l’une verbale, l’autre écrite, sous peine de cesser de faire partie de l’école pratique. Mais, en 1831 , la nécessité d’un changement dans la répartition des examens ayant été généralement approuvée, le conseil royal prit, le 11 octobre de cette année, l’arrêté suivant, qui récrit actuellement les examens des élèves :
Am. let. — Les trois derniers examens des aspirants au doctorat en médecine seiont a 1 avenu iemis après la seizième inscription.
^lvr> 2. — Néanmoins le premier examen sur les sciences accessoires devra avoir lieu après la quatrième et avant la cinquième.
Am. o. — Le deuxième sur l’anatomie aura lieu
après la deuxième inscription et avant la troisième.
La révolution de 1850 amena quelques boulever-
Sements dans certaines institutions. Ainsi parut, le 5 octobre 1830 , une ordonnance royale par laquelle :
Furent révoquées les ordonnances du 21 novembre 1822 et du 2 février 1823 (cette dernière nommait les professeurs de la Faculté nouvelle) ;
Furent réintégrés les professeurs éliminés par cette dernière ordonnance ;
SI fut décidé que les chaires vacantes par démission , permutation ou décès, seraient données au concours;
Et par laquelle fut aboli le privilège des agrégés, et déclarés admissibles au concours tous les docteurs en médecine ou en chirurgie, âgés de 25 ans accomplis.
Puis vinrent :
L’arrêté du 6 novembre 1830 portant règlement sur les concours pour les chaires de professeurs dans la Faculté de médecine de Paris;
L’ordonnance royale du 18 janvier 1831, par laquelle l’art, k de l’ordonnance du 5 juillet 1820, qui astreignait les candidats en médecine à prendre préalablement le titre de bacheliers ès-seienees, fut révoqué ;
L’ordonnance du 16 lévrier 1831, portant création d’une chaire de pathologie et de thérapeutique générales; seulement, pour la première fois le ministre nomma à cette chaire ;
Et enfin, pour empêcher aux examens des substitutions frauduleuses, l’arrêté du 16 mars 1832, qui prescrivit la vérification de la signature des candidats au moment où ceux-ci passent chacun de leurs examens.
Nous avons parlé tout à l'heure* en passant, des
concours. Il n’est pas inutile de nous étendre un peu sur cette institution des temps modernes.
C’est la société de médecine qui, sortie victorieuse de sa lutte avec la Faculté, proclama la première, en 1790, que le concours était la meilleure voie, la seule môme qu’on dût adopter pour la nomination des professeurs. C’est elle qui indiqua le mode de concours qui lui paraissait le meilleur à suivre; et cependant il n’a jamais été adopté dans aucun des concours qui se sont succédé depuis lors, malgré son excellence et son esprit philosophique.
Le 31 octobre 1809, le conseil de l’Université arrêta un statut sur l’organisation des concours pour les facultés en général , et celles de droit en particulier. Les 42 premiers articles étaient, et plusieurs sont encore, applicables aux facultés de médecine comme à toutes les autres. Les conditions exigées pour concourir furent : la quali té de citoyen français* constatée par l’acte de naissance, F inscription civique, la possession du diplôme de docteur; trente ans accomplis pour les chaires de professeurs et vingtcinq pour les places de suppléants, enfin un certificat de bonne vie et mœurs, délivré par le recteur de i académie dans l’arrondissement de laquelle habi* tait le candidat.
L’art. 21 porta à sept , au moins , le nombre des juges, y compris le président. Par l’art. 23 tout professeur de la Faculté devant laquelle s’ouvrirait un concours fut déclaré nécessairement juge. La récusation des juges fut imposée aux juges euxmêmes, ou permise aux candidats.
La Faculté reçut officiellement du grand-maître le statut sur ses concours, le 23 août 1810, et ce lut sous l’empire de ce règlement que s’ouvrirent, à la
même époque de l’année suivante, les deux premiers concours que voyait 1’Lcoie.
Nous avons passé rapidement en revue les diverses institutions médicales ; nous avons pris soin, toutefois, de ne rien omettre d'essentiel dans l’histoire de la Faculté de médecine. Ce que nous avons dit et raconté doit suiiire pour faire voir que depuis cinq cents années qu’elle existe, les institutions qui ont régi l’ancienne Faculté de médecine sont, à peu de choses près, toujours restées les mêmes, parce qu’elle a conservé intacts les principes fondamentaux sur lesquels l’avaient assise les premiers membres qui la composèrent. Quant à la nouvelle Faculté, elle a, pendant ces soixante dernières années, vu naître plus de statuts, de décrets, de règlements, d’ordonnances, d’arrêtés, de décisions que n’en connut pendant cinq siècles celle qui l'avait précédée.
Le concours pour les chaires a été supprimé vers la lin de l’année 1851, tandis qu’ü subsiste encore pour F agrégat, et pour les places inférieures.
Avant de passer à l’énumération du personnel de la Faculté, nous allons passer en revue ses principales institutions.
îlutiéuiu de la E'acuîté.
Ce muséum, situé sur le même palier que la bibliothèque (V. p. 315), est ouvert tous les jours de onze à trois heures, excepté le jeudi 5 il contient tout ce qui est nécessaire pour l’étude de la médecine, à
savoir : les pièces d’anatomie normale, ainsi qu’une belle collection de pièces d’anatomie pathologique en cire, dues a MM. Puison, Laumônier, Jules bloquet, Dupont, Richard, Follin, Droca, Verneuii, Béraud, Boulard, Fano, et aux conservateurs du Musée.
Le musée d’anatomie comparée a été ajouté en 1845 par les soins de M. Grilla, il occupe la première salle en entrant.
L’avant-derniere salle contient un arsenal chirur-
gical, tant des instruments en usage que de ceux devenus historiques. Dans la première salle on voit les crânes de plusieurs criminels exécutés, et dans celles des altérations pathologiques on trouve les têtes modelées en plâtre des principaux criminels jugés par les cours de Paris et Versailles. Pour l’anatomie pathologique, du reste, nous renvoyons au Musée Du* puyiien. Due collection d’environ huit cents échantillons des substances médicamenteuses principalement en usage , ainsi qu’un riche cabinet d’instruments de physique , complète cet établissement oiïert aux éludés avec une iiberaiite toute Irançaise, et qui n’est pas enloui et inaccessible comme la plupart des musées anglais et allemands,
Gonseivateur : M. Maissiat, A. 1. F.
Goiiservateur-adjomt : M. Lappey, A. e. F.
Préparateur ; M. Sucquet.
gSâblIoilsèqs'àe île Sa t’actaHé.
Située dans le premier corps de bâtiments de P Ecole de médecine, à gauche au premier, elle e&i
ouverte tous les joui s, excepte le jeudi et le dimanche, de onze heures à quatre heures, et de sept heures à dix heures du soir pour les élèves et les médecins, prouvant leur qualité par une carte obtenue au secrétariat.
Cette bibliothèque contient en outre les livres de l’ancienne faculté , les commentaires écrits par les doyens depuis 1395 jusqu’à 1786, et des manuscrits d’anciens médecins célèbres. Les livres et archives de la Société royale de médecine , de l'Aradémie royale de chirurgie, et de l’Ecole de chirurgie ont été transférés aux archives de l’Académie
de médecine.
On a fait des acquisitions nombreuses depuis la restauration de la Faculté, en 1798, jusqu'à sa suppression, en 1825 Des achats successils ont porté le nombre des volumes jusqu'à trente mille, parmi lesquels se trouvent beaucoup d’ouvrages écrits dans des langues étrangères.
Bibliothécaire : M. Raige-Delorme, Bibliothécaires-adjoints ; MM. Bell et Segond,
fcc oie pratique.
Rue de l’Ecole-de-Médecine, lu.
Pour compléter l’enseignement médical (Butte manière suffisante, comme cela se pratique à î’étranger par d’autres moyens et d’autres institutions, la France possède un établissement qui a déjà formé beaucoup d’hommes de talentet qui constituent aujourd’hui son auréole médicale; c’est l’école pratique composée de cent cinquante élèves à Paris, soixante
à Montpellier, et quarante-cinq à Strasbourg, partagés en trois sections, selon les trois années que les élèves y restent lorsqu’ils ont subi les concours de fin d’année devant un jury nommé à cet effet. Tout élève qui n’a pas subi cet examen cesse de faire partie de l'école pratique. 11 en est de même pour le concours des prix de cet établissement ; ceux qui ne se présentent pas à ce concours perdent les avantages attachés à leur titre d’élève de l’école pratique. Les prix , dont six pour Paris , trois pour Montpellier et trois pour Strasbourg, consistent dans la remise des frais d'inscriptions, d’examens, de thèse, de diplôme, en médailles d’or et d’argent et en livres, valeur totale de 250 fr. à 900 fr. On accorde en outre des mentions honorables. Tout élève de l’école pratique , pendant tout le temps qu’il en fait partie, conserve pour les dissections des avantages notables du travail dans les pavillons; il est exercé aux manipulations chimiques, et il reçoit des cartes d’entrée à ceux des cours des agrégés qui se font dans les bâtiments appartenant à la Faculté, aux cours des prosecteurs et aides d’anatomie, et des aides de clinique. Enfin, c’est parmi les élèves de l'école pratique que l’on prend de préférence les chefs de clinique, les aidesdes laboratoires de chimie, de physique, de botanique et de la bibliothèque.
Prix «le PKcoîe pratique,
Réglés par arrêté du conseil d'instruction publique , du 24 septembre 1842.
Un premier grand prix. Dispense des frais Universitaires... 500 fr. Médaille d’or , 500 fr., et livres pour une valeur de 100 fr. Total 900 fr.
Un 2e premier prix. Dispense des frais universitaires, 3f5 fr. Médaille d'argent et livres, 200 fr. Total, 515 fr.
Trois seconds prix. Dispense du droit de sceau, 100 fr. Médaille d’argent et livres : 150 fr. Total, 250 fr.
Prix Cervisart.
Les élèves prenant inscription à cet effet dans une des cliniques internes de la Faculté, sontseuls admis à concourir. Médaille d’or : valeur 400 fr., accordée pour observations dans les cliniques prises sur des lits désignés d’avance et pour la résolution d’une question de médecine pratique proposée au commencement de l’année. Les élèves devront en chercher la solution exclusivement dans les faits qui se passent sous leurs yeux dans les salles de clinique. Le tout est à remettre au secrétariat avant le 1er septembre.
Prix Hontyon,
Une médaille d’or, d’une valeur de 400 fr., est également accordée chaque année par la Faculté de médecine à l’auteur du meilleur mémoire sur la maladie qui a prédominé dans l’année précédente. Clôture le 1er août.
Comptabilité et administration. 1
Secrétariat : Cour de l’Ecole de Médecine, à droite.
Les frais de réception pour le doctorat tout entier sont de 1,100 fr. à verser ainsi qu’il suit :
Seize inscriptions trimestrielles, 785 fr. — Cinq examens à 30 fr., 450 fr. — Sixième examen ou thèse, 56 fr. — - Droit de sceau du diplôme, 100 fr.
Les docteurs en médecine ou en chirurgie reçus dans les universités étrangères, qui désirent obtenir le même grade dans une des trois facultés de France, sont tenus de subir toutes les épreuves du doctorat, les cinq examens et la thèse. Ils doivent préalablement produire le diplôme du baccalauréat ou la dispense de ce grade. Sur demande à M. le doyen des inscriptions leur sont allouées dans la proportion des deux tiers du temps d’études faites dans les universités étrangères.
Ainsi, pour obtenir les seize inscriptions équivalentes aux quatre années d’études exigées pour le doctorat, ils doivent faire preuve, par certificats, de six années d’études dans ces universités.
Les frais sont les mêmes comme ceux des candidats nationaux.
Les étudiants étrangers qui, sans prendre d’inscriptions régulières , veulent obtenir des certificats d’études des professeurs de la faculté dont ils ont suivi les cours, doivent faire acte de présence en signant sur un registre dans la première et dernière quinzaine du trimestre.
S!»sée Dupaytrcn.
Le grand chirurgien dont ce musée porte le nom avait légué à la Faculté une somme de 200,000 fr. pour l’érection d’une chaire d'anatomie pathologique. Le gouvernement ayant donné en meme temps une pareille somme à cet effet, il en fut créé, en 1 835, le musée en question, établi au rez-de-chaussée de l'antique édifice situé à gauche de la première
cour de l’Ecole pratique.
Il contient un grand nombre de pièces anatomiques et des exemples très curieux d’anomalies de l’organisation primitive.
Un catalogue a été dressé par les soins de son conservateur. Le musée est ouvert les lundis, mercredis et vendredis de 11 à 5 heures.
Conservateur : M. Houel.
Laboratoire» de chimie de la Facilité.
Le laboratoire de chimie organique, fondé en 1841, par M. Dumas, est situe dans le bâtiment à gauche dans la cour de l’Ecole pratique, au deuxième étage. Il a pour principal objet les préparations des leçons de chimie organique et de pharmacie qui sc font à l’École.
Chef des travaux : M. Kigout.*
Le laboratoire de chimie anorgauique , présidé parM. Orfila, est situé dans l’Ecole de médecine, et fournit les préparations de chimie minérale; il sert
aussi à l’analyse des matières morbides recueillies dans les hôpitaux, et les tribunaux y envoientanalyser les pièces et les matières dans les cas de suspicion de faux en écriture, d’empoisonnement ou d’assassinat.
Indépendamment de ces laboratoires, des manipulations ont lieu tous les ans pendant l’été dans un des pavillons de l’École pratique; mais, malgré ladirection habile du chef des travaux et du préparateur, le nombre des élèves est trop grand (cinq par table) pour qu’ils puissent être suffisamment surveillés.
Chef des travaux : M. Lesueur, A. l.F.
Jardh» ïso4asa8«|ise sEe la Faculté.
Situé d’abord sur l’emplacement de l’hôpital de la Faculté et de la rue Racine percée il y a plusieurs années, il a été transféré dans la partie Est du jardin du Luxembourg* On y cultive sur une double rangée de plates-bandes un certain nombre de plantes employées en médecine et beaucoup d’autres sans emploi officinal.
Il est ouvert tous les jours de 6 à 10 heures du matin, et de 3 à 7 heures du soir depuis le mois de mai jusqu’au 1er septembre.
M. Richard (Gustave), aide-préparateur.
M. Lhomme, jardinier depuis 1803.
Amphithéâtres d’auatomie.
Les préjugés populaires ont été de tout temps très fort en opposition contre les autopsies. Il suffit
de constater que, selon des documents officiels du bureau de la statistique générale de France, 50 déclarations d'autopsies seulement ont été faites en 1850 dans la ville de Paris. Le nombre des déclarations pour moulages a été de 75, et celui pour embaumements de 90 pendant le même temps.
Hâtons-nous de dire que, dans une ville où la population est serrée comme à Paris, l’autorité a dû entourer de garanties suffisantes la pratique de ces opérations; ainsi, d’après l’ordonnance de police du 6 septembre 1839, il est défendu de procéder au moulage, à l’autopsie, à l’embaumement ou à la momification des cadavres, avant qu’il se soit écoulé un délai de 24 heures depuis la déclaration des décès à la mairie, et sans qu'il en ait été adressé une déclaration préalable au commissaire de police, à Paris, et au maire dans les communes rurales.
Cette déclaratiomdoit indiquer que l’opération est autorisée par la famille ; elle fera connaître en outre l’heure du décès, ainsi que le lieu et l’heure de l’opération. Ces dispositions, cependant, ne sont pas applicables aux autopsies pratiquées dans les hôpitaux et hospices, et dans les amphithéâtres de dissection légalement établis.
D’un autre côté , l’ordonnance du 25 novembre 183-4 défend de disséquer et de pratiquer les opérations sur le cadavre dans les hôpitaux, hospices, maisons de santé, infirmeries, maisons de détention et quelque localité que ce soit. Désormais, les dissections et exercices sur l’anatomie et la chirurgie ne pourront être faits que dans les pavillons de la Faculté de médecine et dans l'amphithéâtre des hôpitaux dont nous parlerons.
ko
Avant ce temps, il existait plusieurs amphithéâtres particuliers; le premier fut ouvert en 1160, par Desault, rue du Plâtre-Saint-Jacques (1760-1710). Depuis ce temps ces établissements privés furent tolérés jusqu’au 19 octobre 1813, époque de la suppression définitive des amphithéâtres particuliers, annoncée déjà par l’ordonnance du 17 octobre 1805,
Amphithéâtre des hôpitaux;
Kue Fer-à-Moulin, 17.
L’actuel amphithéâtre d’anatomie des hôpitaux , dit Clamart, et dépendant de l’administration des hôpitaux, a été construit sur le terrain de Clamart, qui, depuis 15&5, servait de cimetière aux hôpitaux ; il a été ouvert le 1er novembre 1835, et a remplacé, comme nous venons de le dire, tous les amphithéâtres particuliers et des hôpitaux, saut ceux nécessaires aux autopsies seulement.
Il y a possibilité de disséquer L00 cadavres a la fois dans quatre grandes salles ; le nombre moyen des cadavres par an est de 1500. On y trouve, outre deux cabinets pour les prosecteurs et un local pour le chef des travaux anatomiques, un bel endroit pour l’injection, une vaste chambre pour conserver les cadavres jusqu’à leur distribution, un amphithéâtre pour les cours, une salle de conférence pour les concours, un musée très curieux d’anatomie avec quelques préparations pathologiques, qui devraient être
plus connues, et qui mériteraient l’installation l’un conservateur. — Ensuite le cimetière des hôpitaux, partie réservée du cimetière du sud, boulevart extérieur du Mont-Parnasse, est de même du ressort de cet établissement.
C’est ici qu’il faut parler d'un côté désavantageux du service médical de Paris. Il est vrai que la salubrité de la capitale oblige à éloigner les salles de dissection et de les rassembler sur un seul point, de les entourer de jardins, et de désinfecter ainsi les environs des hôpitaux. Mais qu’est-ce que deviennent les autopsies, si nécessaires au progrès scientifique de notre art? 11 est bien vrai que les chefs de service des cliniques et les élèves de l’administration y jouissent de quelques privilèges, qu’un très léger droit de présence permet aux étudiants les plus pauvres de profiter de l'excellente occasion de disséquer; mais l’observation du malade vivant est tellement éloignée de l’observation par l’autopsie, que beaucoup de cas intéressants passent sans que l’on puisse se douter de leur présence. Il est bien vrai que chaque chef de service peut faire retenir ses cadavres; mais très souvent une pratique fréquente empêche de faire le long trajet jusque dans ce quartier éloigné, et les documents sur le malade vivant n’arrivent que très rarement avec le cadavre. Et enfin, 2 à 5,000 autopsies sur 30,000 décès annuels, et un personnel de d ,400 médecins et presque autant d’étudiants, ne sauraient pas suffire à l’observation scientifique.
Nous ne pouvons pas terminer cet article sans parler d’un procédé de conservation des cadavres dù aux recherches de M. le docteur Sucquet, qui parait
avoir résolu , d’une manière très satisfaisante , le problème d’assainissement des amphithéâtres de dissection. M. Guérard l’a exposé ainsi qu’il suit :
« Tous les sujets destinés aux dissections sont, peu après leur arrivée, injectés de sulfate de soude: les sujets entiers par la carotide, où l’on pousse quatre litres de liquide ; les sujets ouverts par les artères sous-clavières, iliaques et carotides. Le liquide injecté, transsudant à travers les parois des vaisseaux, ne tarde pas à imbiber tous les tissus, et au bout de quelques heures on peut injecter au suif le système artériel des sujets destinés à l’étude de l’angéiologie. Chez les sujets ainsi préparés, à mesure que l’on découvre les tissus, on les trouve fermes et doués de toutes leurs apparences normales; cependant les parties disséquées ne tardent pas à s’altérer au contact de l’air. Aussi, tous les matins les sujets sont visités, et à l’aide d’une éponge on imprègne lé« gèrement de chlorure de zinc les préparations anciennes dont la putréfaction est à craindre. Les tissus les plus avancés perdent, sous l’inlluence de ce réactif énergique, toute odeur et toute putrescible lité.
Grâce à ces soins, les cadavres peuvent se conserver de quinze à trente et même quarante jours, sans que i’on éprouve la moindre incommodité.»
A ce moyen, en usage depuis 1845, on joint le procédé suivant, inventé parM. Sucquet, pour prévenir l’action de la liqueur sur les instruments.
Lorsque les solutions de sulfite marquant 24 à 25 degrés Baume ont été rendues neutres, au lieu d’y ajouter de l’oxyde ferreux, on les fait séjourner pendant quarante-huit heures sur de la limaille de zinc. Il se fait une petite proportion de sulfite de
zinc, et les solutions désinfectantes perdent toute leur action sur les instruments.
Le personnel de cet établissement est composé de la manière suivante :
Chef des travaux anatomiques, M. Serres, A. Sc., A.M.
Prosecteur, M. Guérin ( voir les cours particuliers.)
M. Froment (traité d’anatomie humaine, 1846).
Amphithéâtre de la Faculté.
Au commencement de ce siècle , la Faculté de médecine fit construire six pavillons dans le jardin des anciens Cordeliers, et l’ordonnance du 17 octobre 1803 défendit d’ouvrir un amphithéâtre sans autorisation spéciale. Les dissections actuelles ont encore lieu dans ces six pavillons, désignés par les lettres A. B. C. I). G. H.
On y admet : 1° les professeurs particuliers d’anatomie; 2° les élèves de l’école pratique de piélerence, et les élèves inscrits à la Faculté. Des prosecteurs, présidés par un chef des travaux anatomiques, dirigent ces travaux, et répètent la description des organes ou les opérations qui ont été Je sujet des dernières leçons des professeurs. Ils sont aidés par des aides d’anatomie nommés comme eux au concours pour deux ans, et qui, comme eux aussi, peuvent être réélus deux fois. Le local est însullisant pour la quantité des élèves. Le nombre de cadavres reçus par année est de 1,000 à 1,500.
Chef des travaux anatomiques, M. Gosselin, A. e. F.
Prosecteurs, MM. Follin, Yerneuil, Fano.
Aides d’anatomie, MM. Boulard , Foucher, Dénuée, Gaillet.
Personnel el cosars lie I® l'acuité «le sïiédcciiie.
La Faculté de médecine est placée dans les attributions du ministère de l’intérieur et du conseil impérial de l’instruction publique , qui est composé pour 1853 :
Du grand-maître (le ministre de l’instruction publique et des cultes), M. Fortoul, président.
De M. Dumas, vice-président, et de M. Nisard, secrétaire; MM. Troplong, Poinsot, Elie de Beaumont, Baroche,St-Marc-Girardin, Giraud, de Saulcy, général Morin ; MM. Lelut , Ravaisson, Leverrier, Brongniart, Bérard , les abbés Daniel et d’Alzon , MM. Bellaguet , Bonjean, Denjoy et Chevalier, Mgrs Gousset, Sibour, Morlot et Parisis, MM. Cuvier, Juillerat et Franck, C“ Portalis, MM. baferrière, Labrouste, Dutrey, Delangle, Rocher et B““ Thénard.
La Faculté se compose de vingt-six professeurs. Son doyen est chargé de diriger l’administration et la police; il convoque, il préside l’assemblée de la Faculté, il désigne les membresdes commissions pour l’examen des objets d’enseignement, de discipline ou de comptabilité; il ordonne la suspension d’un cours en cas d’urgence. SI est assisté dans ses fonctions par
deux assesseurs désignés entre les professeurs par la Faculté. La durée de ses fonctions est de cinq ans. Il y a dix-huit chaires pour ces vingt-six professeurs. Les chaires de pathologie médicale et chirurgicale en font deux, et les cliniques médicales et chirurgicales sont représentées par quatre professeurs chacune. Les cours sont distribués officiellement de la manière suivante , qui fera connaître l’esprit qui préside à ces institutions :
lre année.
Hiver : Anatomie et dissections. Chimie médicale.
Été : Physique médicale. Histoire naturelle médicale. Pharmacie et chimie organique. Physiologie. Visite dans les hôpitaux pour se familiariser avec la petite chirurgie.
2e année.
Hiver : Anatomie et dissections. Pathologie générale. Pathologie et clinique externes.
Été: Physiologie. Pathologie et clinique internes. Pathologie interne.
3e année.
Hiver : Dissections. Pathologie et clinique externes. Pathologie interne.
Été : Pathologie externe. Pathologie et clinique internes. Médecine opératoire. Accouchements.
4e année.
Hiver : Pathologie et clinique internes. Clinique d’accouchements. Médecine légale.
Été : Clinique interne. Clinique d’accouchements. Anatomie pathologique. Matière médicale et thérapeutique. Hygiène.
On voit, par la distribution des cours, qu’il y a des différences notables entre la méthode suivie en
France, et celles suivies en Allemagne et en Angleterre. Aussi, les infractions à ce tour de rôle ne sont pas rares, ce qui tient souvent a un défaut de temps et aux choix des professeurs , dont voilà les noms avec les chaires quhls occupent :
Doyen , M. P. Dubois.