O Plaquette de toute rareté
o <^ Les bibliophiles sont toujours a l'affût des livres extraordinaires :
Q^ h^ P \P nous l'avons dit et redit, le plaisir est de posséder ce que les autres
M. . Qj CT.' n'ont pas. Nous avons même indiqué ce genre de délire bibliophi-
Eî". b j ce p" lique qui consiste à souhaiter des livres qui ne peuvent exister.
O ^ i l GO Un jour, il y a de cela quarante-cinq ans, le monde bibliophile palpita
r £■ . ' en apprenant la mort du comte de Fortsas, bibliophile belge, et biblio-
*^ < phile des plus étranges. C'était le type de l'amateur qui veut avoir des
rc S fD ^ livres extraordinaires, rien de banal ; il n'acceptait donc que les livres
<; et- on S° inconnus a tous les bibliographes, et dont le titre n'avait jamais, mais
'^ B TJ ^ 1 '■^ '^^^ s'appelle jamais, été mentionné dans aucun travail de biblio-
..: X •-1 ':r' , graphie. Aussi, comme le disait le catalogue mis en distribution , la
^B.*" ^ fS *^ bibliothèque était riche mais peu nombreuse: une centame de numéros
Ç5 P-i ^ Ç3 1 au plus, tous étranges, curieux, savoureux, de haut goût.
'^ 2 d CD ! On était en juillet 1840. la vente avait lieu en Belgique, le 10 août, a
g 5- ^ '■ heures du matin, par le ministère de M*' Mourlon. notaire de la
5 ^ D pj • famille de Fortsas.
15 ® p =^ p" ; Le propre du bibliophile est d'être cachottier. Dès la réception du
p" O ^ Pj a ; catalogue, tous furent décidés a se rendre à la vente : aucun ne l'aurait
) § CE ^ 1^ I avoué pour un empire. Deux amateurs se rencontraient-ils :