Histoire de Napoléon, parNorvins, 1839 (Raffet
Bel exemplaire de ce livre si remarquable comme illustrations.
47=;. HISTOIRE DE NAPOLÉON, par Laurent do l'Ardèche, 1839 . grand in-8 , illustrations d'Horace Vernet.
Voila où l'on reconnaît le collectionneur qui a la main heureuse. Notre bibliophile achète cet exemplaire, et, en l'examinant chez lui de très-près, suivant son habitude, il découvre entre deux feuillets, trois autographes.
Le premier est de Barras ; on ne sait a qui celte lettre était adressée, le nom du destinataire qui se trouvait inscrit dans le bas de la première page, ayant été enlevé.
Paris ce 16 Janvier lypj.
« Je "VOUS adresse cijoint l'opinion de Dubois Crancé. Le cidev' Roy a » été déclaré coupable de conspiration contre la nation, L'appel au pettple )) fut rejette hier au soir, et nous allons procéder aujourd'hui à L'applin cation de la Peine Encourue par les conspirateurs.
« Tout est tranqnille ici quoique en disent tes malveillans. Il n'est » personne de nous qui ne veuille la République, la Destruction du tyran « et qui ne fut le premier à Immoler celui qui aurait l'audace de vouloir » le remplacer.
Paul Barras. »
Le second autographe est des plus curieux. Cette une lettre du 17 août 1795, qui nous montre le jeune Bonaparte venant de refuser le commandement d'une brigade d'infanterie dans la Vendée, furieux, ayant peine à retenir sa colère, et de dépit cherchant à tourner de grandes phrases entortillées, — et n'y réussissant pas ; on sait que ce n'était pas son genre !
Alt citoyen Sucy commissaire ordonateur armée d'Italie
Nice.
« Paris, le jo thermidor.
» Je vous fais mon coiiiplinient de vous être rendu a l'armée, l^'ous y n sere:^ utile et vous aure^ la douce satisfaction de concourir de vos moyens » au bien de la patrie. La fortune, la faveur et l'estime des hommes varie n (sic) et sont en perpétuelle oscillation : l'orgueil bien place d'avoir été » utile et d'avoir mérité l'estime du petit nombre, fait pour apprécier le » génie et le beau, est aussi invariable, aussi constant avec vous que le » sentiment de l'honneur cl le tact du sentiment naturel,
» L'on m'a porté pour servir a l'armée de la Vendée comme général de la » ligne. Je n'accepte pas, beaucoup de militaires dirigeront mieux que » moi une brigade et peu ont commande avec plus de succès l'artillerie... » Je me jette en arrière, satisfait de ce que l'injustice que l'on fait aux » services est asse:^ sentie par ceux qui savent les apprécier.
» Tu occupe (sic), mon ami, une place délicate. Si le génie actif, l'expe- » riencc consomme (sic) était radicalement exclus de l'armée ou tu te » rends ; avec des représentants incapables et environné de tous les cmpi- « riqiies, un gouvernement versattl, de fripons, pour ne rien dire de plus, » il ne pourrait pas germer et mériter une réputation. Mais, mon ami, » dans ce meilleur des mondes, faire le mieux qu'il est possible et se tenir » récompensé de son témoignage, voila le grand secret avec lequel l'on n'est » jamais imposteur, ni flatteur, ni acre, ni importun, ni vindicatif, ni » criminel.
— lOO —
» Rien de nouveau ici, l'espérance seule n'est pas encore perdu pour » l'homme de bien, c'est te dire l'état très maladif ou se trouve cet Empire.
» Santé, constance, gaitc et jamais de découragement . Si tu trouves les » hommes méchants et ingrats, soiivicns-toi de la grande cfuoiqiie bouffonne » maxime de Scapin : Sachons leur gré <ie tous les crimes que l'on ne » commet pas.
Bonaparte, en écrivant cette lettre, était loin de deviner que son séjour a Paris allait assurer sa fortune : peu après, à l'insurrection de vendémiaire, Barras le trouvait sous sa main !
Un troisième autographe a été ajouté a ce volume. Il est d'Horace Vernet.
L'artiste rend compte d'un ouvrage qu'il fait en Egypte et a la Terre-Sainte. Au-dessous de sa signature on lit : à deux lieues du Caire ce 2) novembre iSjQ.