‹ Bibliothèque dún bibliophile, 1865-1885Chapitre 93 sur 106 · MADEMOISELLE DE MAUPIN · texte numérisé non relu

MADEMOISELLE DE MAUPIN

Dans une jolie reliure de CuziM en maroquin rouge, compartiments XIX*^ siècle (un netif-filcti), dos orné, doublée de maroquin citron, large guirlande intérieure.

On a ajouté aux volumes une suite de jolies acluarelles originales de John-Lewis Brown, et cinq dessins humoristiques.

Tres-pur exemplaire d'un livre aujourd'hui passionnément recherché ; et que vous trouverez difficilement coté moins de 1500 fr. sur un sérieux catalogue de libraire.

Nous disons sciiaix, et voici pourquoi :

On sait que les libraires de tous pays ont l'habitude d'envoyer aux amateurs des catalogues périodiques des livres qu'ils vendent, avec prix marqués.

Or, un truc de haute volée, quelquefois employé par certains, consiste a faire figurer dans ces catalogues des livres superbes, mais qu'ils n'ont pas. Cela corse le catalogue et pose la librairie. — Q.uand vous demandez le précieux livre, on vous répond simplement qu'il est vendu. Cette petite rouerie, qui est, après tout, fort inoffensive, se pratique surtout a l'étranger.

Je sais un libraire de Gérolstein qui annonce quelquefois a des prix inférieurs aux prix habituels des livres que, je le crains, il n'a pas entre les mains. C'est un coup fort habile porté aux confrères. Quand vous voyez sur son catalogue l'édition originale de Mademoiselle de Maupin, cotée sept ou huit cents francs, vous êtes tenté de vous dire que vous n'irez jamais chez un autre libraire l'acheter pour quinze cents.

Que si vous faites demander ledit exemplaire, la réponse sera invariablement :

« Vendu ! »

Mais, chez les libraires sérieux, le molvciidu est bien l'expression de la vérité et nous indique que les beaux morceaux ne demeurent pas longtemps entre leurs mains.

Une autre observation, celle-ci relative aux catalogues de ventes pUDliques. Avez-vous remarqué que le titre sacramentel pour annoncer une vente de véritables livres de bibliophile est, « vente de livres rares et prccicux » tandis que, lorsque vous lisez, « venXe de beaux el boni livres », ce sont des drogues ?

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