‹ Bibliothèque égyptologique (volume 2)Chapitre 168 sur 247 · Apap-ân/.?, suivant M. Brugsch · texte numérisé non relu

Apap-ân/.?, suivant M. Brugsch

2. Voir Lepsius, Kœnigsbuch ; Brugsch, Ilist. d’ Égypte, etc.

3. Je ne puis pas admettre la dislinction que vous semblez établir

( Reçue archéologique.

t. III, 1861, p. 100) entre les signes

pour exprimer les noms de Set et de Sutekh, ce dernier étant toujours dans le Traité de Ramsès II, avec le prince des Iléthiens

écrit 1 1 I (

(Lepsius, Denhrn . , III, 146).

MONUMENTS RELATIFS AUX IIYQ-s'oS

série des rois pasteurs? C’est ce que rien ne prouve jusqu’ici ; mais la présence du nom de Set en tête de l’un d’eux pourrait le faire penser. On peut admettre cependant que le nom de Set, qui figure parmi ceux des dieux dynastes (fragment n° 2), a pu entrer dans la composition du cartouche d’un roi antérieur aux Pasteurs. La place du fragment n° 150 reste donc encore incertaine, et je ne tirerai aucune conséquence du fait, que je signale seulement à votre attention, considérant comme beaucoup plus probable l’attribution que je propose pour le fragment n° 112.

Je vous rappellerai à cette occasion un monument sur

lequel je crois reconnaître un autre exemple de l’emploi du nom de Set ou Sutekh dans un cartouche royal : c’est un petit lion de granit gris trouvé dans les matériaux d’une muraille à Bagdad et appartenant à M. Saint-Sauveur.

La légende verticale, malheureusement fruste, qu’il porte sur la poitrine, me paraît, d’après le moulage que vous enavez faitfaireau Louvre, devoir se lire ainsi : ^ ^

NTR N WR RÀ-ST-NUB, Le dieu bon

Râ-Set-Nub.

La sculpture rappelle bien un style antique, mais elle est

MONUMENTS RELATIFS AUX HYQ-s'oS

négligée et même assez grossière. La tête de l’animal, un peu endommagée, a été retravaillée par une main maladroite, ce qui la rend trop petite pour le corps; cependant ce qui reste de la crinière est identiquement disposé comme celle des lions androcéphales que vous avez découverts à San; mais malgré cette ressemblance, il faut remarquer que celui-ci ne peut pas avoir eu primitivement, comme eux, une face humaine. Néanmoins des analogies d’ensemble, jointes à la présence du signe dans le cartouche, à l’emploi du titre J ntr nwr, dieu bon, que les Pasteurs semblent s’être particulièrement approprié, et enfin la provenance de ce monument, me font penser que le nom royal qu’il porte peut avoir appartenu à l’un des Hyq-s'os, et que sa petite dimension a permis à quelque Asiatique de transporter dans l’Irak- Arabi ce témoignage de la longue domination des usurpateurs, lorsqu’ils furent expulsés d’Égypte.

Mais il résulte aussi de vos observations que, si le dernier de ces rois fut repoussé en Asie quand les souverains légitimes rentrèrent en possession d’Avaris, il laissa derrière lui une nombreuse population agricole qui s’est perpétuée jusqu’à nos jours dans cette localité, sans mélange avec la race égyptienne. Cette population dut conserver, au moins pendant un certain temps, le culte particulier du dieu Sutekh, qui parait avoir ôté assimilé sous la dix-huitième dynastie, en s’introduisant dans la religion égyptienne, à celui de Set ou Typhon, frère et ennemi d’Osiris, dieu de la force et de la violence; or, si l’on considère que le nom de ce dieu fut choisi par les premiers rois de la dix-neuvième dynastie pour former le nom propre des Séti, et qu’il fut ensuite martelé 1 avec acharnement partout où on put le rencontrer, il semble résulter de là l’indication de faits importants; il se

1. On n’a malheureusement pas encore pu déterminer l’époque précise où cette proscription eut lieu, mais on l’observe le plus souvent sur les monuments de la dix-neuvième dynastie.

MONUMENTS RELATIFS AUX HYQ-S OS

peut en effet que ces changements religieux n’aient pas eu d’autres causes que des revirements politiques dont les monuments pourront nous donner un jour l’explication.

Il me reste pour terminer ces quelques notes à vous communiquer une observation qui ne m’appartient pas en propre, mais que j’emprunte à M. de Rongé, dont vous connaissez comme moi le tact et la sagacité archéologiques. C’est qu’un magnifique fragment de statuette royale de basalte vert, dont je joins ici la représentation1, porte tous les caractères de race que vous avez reconnus dans la tête des quatre sphinx ou plutôt lions à face humaine que vous attribuez aux Pasteurs et dont vous avez donné le dessin. Les yeux sont petits comparativement au type égyptien, le nez est vigoureux et arqué en même temps que plat (ce sont les expressions mêmes dont vous vous servez en décrivant les monuments dont je viens de parler), les joues sont osseuses et les muscles de la bouche fortement marqués, les lèvres sont assez épaisses et les coins n’en sont pas relevés; le menton, malheureusement brisé, parait avoir été saillant; l’ensemble du visage enfin présente un caractère remarquable de rudesse. Ici cependant, comme dans les sphinx de San, le corps annonce un travail purement égyptien et du plus bel art : les proportions sont élégantes et parfaites. Le personnage ainsi représenté porte la coiffure égyptienne habituelle et l’uræus royal sur le front; il est vêtu d’une sclienti finement plissée, et un poignard dont le manche a la forme d’une tête d’épervier est passé dans sa ceinture. Le support réservé par derrière n’a malheureusement jamais reçu d’inscription gravée, et à part le style, qui rappelle pour le corps les plus belles sculptures de l’Ancien Empire, rien ne peut nous indiquer l’âge de ce fragment. Serait-ce encore un portrait d’un des Hyqs' os? C’est ce que de nouvelles découvertes viendront peut-être établir, si elles confirment vos conjectures relatives aux quatre sphinx de San; car il est évident qu’il ap-

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