Osiris
Bronze. H. 0,840. L. aux épaules 0,190.
Le culte de celte divinité fut, sans contredit, le plus universel et le plus populaire de l’ancienne Égypte. Osiris était adoré comme t) pe et comme sauveur de l’homme après sa mort, et c est lui qui deAait présider au jugement suprême des actes accomplis pendant la vie. C’est sous cette forme de juge infernal qu’il est ainsi représenté.
Les figurines d’Osiris sont relativement communes; il est cependant rare de les rencontrer dans des dimensions aussi considérables que celle du bronze qui est décrit sous le présent numéro.
Le corps du dieu est une sorte de gaine figurant l’enveloppe d’un cadavre embaumé, car Osiris avait lui-même subi la mort et reçu la sépulture. Les deux mains, croisées sur la poitrine, tenaient deux insignes qui ont disparu; c’était le petlum et 1 ejlagellum : le bâton à crochet et le fouet, symboles de l’autorité, de la puissance ou du gouvernement. La tête porte une coiffure qui est particulièrement caractéristique : elle se nomme citew. Sur le devant de cette couronne qui a la forme d’une mitre ou d’un bonnet conique, est fixé [’urœus, ou vipère sacrée; elle est ornée vers le milieu d’une zone à cloisons remplies d’émail ou de pâte de couleur. On y remarque aussi sur les côtés des agrafes qui soutenaient deux appendices imitant des plumes d’autruche; ces appendices devaient à leur tour reposer sur deux longues cornes de chèvre posées horizontalement et auxquelles étaient appendus des aspics et divers autres attributs 1 .
Des boursouflures, résultant de l’oxydation du métal, ont considérablement endommagé ce bronze important, à l’intérieur duquel on retrouve encore le noyau de sable dont se servit pour le couler le fondeur égyptien. On y remarque aussi quelques restes de dorure, et, autour des yeux, des traces de sertissure qui font supposer que ceux-ci étaient faits d’une matière précieuse. Une particularité qui est encore digne de remarque, c’est que l’appendice du menton qui a disparu était enté en fer.
Un Osiris semblable à celui-ci fait partie des collections du Musée du Louvre, il était privé de son diadème, c’est au moyen d’un moulage pris sur l’exemplaire du Musée d’Aix que cette partie a pu être restaurée en 1867.
(Donation de Bourguignon, 1860.)