‹ Bibliothèque égyptologique (volume 3)Chapitre 63 sur 171 · ÉTUDE SUÉ LA SÉRIE DES ROIS · texte numérisé non relu

ÉTUDE SUÉ LA SÉRIE DES ROIS

touches royaux qui sont rangés sur le monument dans des séries généalogiques. Pour restituer les noms qui manquent dans la liste de Karnak, M. de Saulcy a eu recours à d'autres monuments, tels que la table d’Abydos, le canon hiératique de Turin, etc., sur lesquels il s’appuie aussi pour corroborer ses vues. A cette occasion, l’auteur nous fait connaître une nouvelle série de noms royaux encore inédite. Elle consiste en trente-quatre cartouches appartenant à seize rois et à deux reines des XVIIe, XVIIIe et XIXe dynasties, gravés sur une table à libations. Ce monument, qui n’est pas sans importance pour la chronologie égyptienne, fait partie de la collection du docteur Clot-Bey, que possède aujourd’hui le Musée de Marseille, et il le livre à la publicité dans deux planches qui accompagnent le Mémoire. Après une étude approfondie de ces divers documents, M. de Saulcy arrive à la conclusion que, si l’ordre rigoureux de la succession n’est pas observé dans les listes monumentales, on doit au moins y reconnaître une loi qui divise les familles royales par groupes chronologiques; puis il résume son travail par un canon de toutes les dynasties égyptiennes. En récapitulant la durée des dynasties, il arrive à l’an 4717 pour l’avènement de Ménès, et s’approche ainsi des chiffres proposés par M. Brugsch, dans son Histoire d' Égypte.

M. Lieblein commence par examiner, sans les accepter, les différents systèmes chronologiques de Bœck, Bunsen et Lepsius. Il essaie ensuite d’établir un nouveau canon, en prenant pour base les listes de Manéthon, telles qu’elles ont été copiées par l’Africain et conservées par le Syncelle, rédaction généralement considérée comme la plus pure dans sa forme, la moins altérée, en un mot, la seule bonne. Arrivé à la XXVe dynastie, où les dates fournies par les stèles du Sérapéum de Memphis sont en désaccord avec les chiffres de Manéthon, le savant Norvégien n’est pas embarrassé : il les fait concorder en supposant des règnes et fractions de règnes simultanés. Cet expédient est simple;

ÆGYPTISCHE CHRONOLOGIE

il peut même toucher à la vérité, mais jusqu’à présent il est purement hypothétique et ne repose sur aucune donnée certaine. Parmi les identifications de quelques cartouches royaux avec les noms des pharaons de la liste manéthonienne, celle de Thoutmès Sha-ma-ra avec le Chébron du prêtre Sébeimyte, semble être la plus heureuse. M. Lieblein termine aussi son travail par un tableau chronologique, mais il arrive à l’an 3893 pour l’avènement du roi Ménès, c’est-à-dire à un an près de la date donnée par M. Lepsius, tandis que, comme nous venons de le dire, M. E. de Saulcy place le même fait à l’an 4717. De semblables divergences dans les résultats des travaux d’hommes également sérieux et érudits nous montrent que, malheureusement, nous sommes encore loin de toucher à la solution des derniers problèmes de la chronologie égyptienne. C’est ce que M. Brugsch constatait dernièrement dans son précieux recueil intitulé : Zeitschrift filrÆg yptische Sprach- und A Uerlhumskunde ' , en rendant compte d’un autre ouvrage publié aussi en 1863, sur la chronologie égyptienne, par M. de Gumpach. L’auteur donne à cette occasion la liste suivante des dates attribuées par les chronologistes modernes à l’avènement de Ménès :

Champollion-Figeac

Lesueur

Bôckh

Brugsch

Lepsius

Bunsen

Gumpach

Poole

Wilkinson

Palmer

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