‹ Bibliothèque égyptologique (volume 5)Chapitre 176 sur 237 · Dümichen, Kalender-Inschriftcn, t. I, pl · texte numérisé non relu

Dümichen, Kalender-Inschriftcn, t. I, pl

2. Porphyre a connu, au moins dans ses traits généraux, la supîême prière des défunts. Voici la version qu'il en donne : « O soleil, notre Seigneur, qui donnez la vie aux hommes, recevez-moi et introduisezmoi auprès des dieux de l’enfer, avec lesquels je vais habiter. J’ai toujours respecté les dieux de mes pères, et, tant que j’ai vécu dans le monde, j’ai honoré ceux qui ont engendré mon corps; je n’ai tué aucun homme; je n’ai point violé le dépôt, ni l'ait aucune faute irréparable » (De Abstin., IV, 8).

3. Des rois du nouvel empire sont représentés dans l’action de rendre hommage aux pères de leurs pères , devant les images des pharaons des dynasties antérieures jusqu’à Ménès,

HF.BRÆO-ÆGYPTIACA

gieux, chaque Égyptien, dans le culte de famille, devait honorer ses ascendants paternels et maternels, et ne manquait jamais d’associer à ce culte sa femme et ses enfants de tout âge. C’est ainsi que le passé se rattachait au présent et à l’avenir par la chaîne ininterrompue de la piété filiale.

Aussi, le chapitre des devoirs des enfants envers leurs parents était-il l’un des plus importants du code moral et religieux de l’Egypte. Ces devoirs et les bénédictions attachées à leur observation sont traités en détail dans le livre égyptien le plus vénérable qui soit parvenu jusqu’à nous. Je veux parler du papyrus de Sentences et Maximes rapporté de Thèbes par M. Prisse d'Avennes et donné par ce savant voyageur à la Bibliothèque nationale de Paris. 11 est aujourd’hui connu sous le nom de Papyrus Prisse et aussi de plus ancien livre du monde' . Les auteurs de cette compilation vivaient au temps des pyramides, c’est-à-dire dans la quatrième millénaire avant notre ère ; l’exécution matérielle du manuscrit est d’une dizaine de siècles plus moderne, ce qui la reporte encore à plus de vingt siècles avant notre ère.

Dans le tableau des félicités promises au fils obéissant, le philosophe égyptien met en relief la longueur de la vie. Voici les termes dont il se sert :

Le fils qui reçoit la, parole de son père deviendra vieux à cause de cela*.

Dans un autre passage, il promet encore à l’enfant docile une vieillesse vénérée* .

Le Décalogue s’exprime absolument de la même ma-

1. J’ai rendu compte de cet ouvrage dans la Revue archcolorjir/ue de Paris, t. XV, 1 857 [ ; cf. t. I, p. 183-214, de ces Œuvres diverses], et j’ai donné, dans le deuxième volume de la Bibliothèque universelle internationale, Paris, 1870 [; cl. t. IV, p. 251-254 de ces Œuvres diverses], une traduction corrigée des chapitres relatifs à la piété filiale.

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