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Arcelin, Études d’ Archéologie préhistorique, p

DÉCOUVERTE B’ ARMES EN SILEX

berges de la Saône, qui sont postérieurs à l’époque du renne, et sur des os et des dents de date encore plus récente. Les croûtes du magma caractéristique du fond des stations, comprenant des cendres coagulées, avec esquilles et fragments de silex, sont au contraire contemporaines des silex auxquels elles sont attachées. Or, j’ai fait la même expérience sur ces croûtes, et toujours elles m’ont montré le silex aussi blanchi, aussi opaque qu’ ailleurs. Ces observations contradictoires exigent un examen nouveau de la question. S’il est possible d’arriver à la certitude que les belles lames de Solutré sont fabriquées avec le même silex que celles de Volgu, l’absence complète, sur la vaste station dont le Crot du Charnier n’est qu’une dépendance, de lames de silex ayant conservé leur transparence, me semble démontrer que les remaniements subis par le sol de cette station ont ôté très considérables et très profonds, ce qui, du reste, concorde parfaitement avec d’autres indices qui n’ont point échappé à plusieurs explorateurs du môme gîte. Ainsi se trouveraient justifiés les doutes qui, d’après M. Arcelin, se sont élevés à propos de la réalité des sépultures sur foyer1. Sans entrer dans la discussion des faits et des opinions contradictoires relativement à cette question, je me bornerai à rappeler qu’à l’extrémité inférieure des tranchées ouvertes à l’occasion de la visite des membres de la Société française pour l’avancement des sciences, le 23 août 1873, les fouilles avaient été pratiquées à une grande profondeur. Pour prévenir des éboulements, le terrain était soigneusement étayé, et laissait voir de chaque côté une haute paroi de terre. Tout au fond de cette tranchée, au-dessous des étais, se trouvaient deux blocs de magma de cheval, d’environ un pied cube, séparés l’un de l’autre par un espace d'à peu près soixante centimètres. Ces blocs, isolés et engagés dans la paroi de

1. Procès-verbal de la Société d’ Anthropologie de Paris, séance du 6 novembre 1873.

A VOLGU, PRÈS DIGOIN

la tranchée, provenaient certainement d’un amas de magma que des fouilles anciennes avaient disloqué. Conséquemment, le terrain qui les recouvrait à une profondeur d’au moins un mètre de plus que le point où fut trouvé le squelette, objet de tant de débats, avait été remanié jusqu’à ce niveau inférieur, où j’ai d’ailleurs recueilli le même jour des fragments de silex aussi altérés que ceux de la surface. Si l’on inhumait aujourd’hui un corps humain sur un point quelconque de la station de Solutré, il faudrait un hasard bien peu vraisemblable pour que ce corps ne se trouvât pas dans le proche voisinage de fragments d’os, de bois de rennes et de silex en plus grande abondance que ceux qui avoisinaient le squelette montré à la Société française. On s’imagine aisément dans quelles conditions pouvaient se trouver les corps dont l’inlmmation est antérieure aux fouilles de MM. Arcelin et de Ferrv, lesquelles ne datent pas encore de vingt ans1.

La station de Solutré a donné naissance à la théorie des races mongoloïdes qui auraient précédé sur notre territoire les races celtiques; tous les savants désintéressés doivent tenir à une discussion sérieuse d’une hypothèse de ce genre. La sépulture ouverte devant les membres de l’Association française a fourni, a-t-on écrit, une preuve convaincante et dessillé les yeux des incrédules. S’il n’existe pas de meilleures preuves que celle-là, je suis d’avis tout au

1. Les fouilles pratiquées par M. E. Perrault, de Rully, dans le Crot du Charnier, en juillet 1869, ont consisté en deux tranchées de médiocre étendue. Elles ont procuré à ce zélé et regrettable explorateur une énorme quantité d’os d’éléphants, de rennes, etc., et de silex taillés, os entaillés, etc. Un y comptait plus de cent pointes de flèches ou de lances, dont seulement un petit nombre étaient entières. M. Perrault en a distribué quelques-unes ; il en restait encore 90 dans sa collection lorsque j'en ai fait le récolement il y a quelques mois. Le 6 juin 1869, dans une fouille de trois heures, qui a remué moins de deux mètres cubes de terrain, j’ai formé en grande partie la collection d’objets de Solutré que je possède aujourd’hui.

DÉCOUVERTE D’ARMES EN SILEX

contraire que les doutes ne feront que s’accroître, et il me paraît fort regrettable dans tous les cas que le squelette de l'homme quaternaire de l’âge de la pierre, en son temps chasseur de rennes et de mammouths' , ait été de la part des savants réunis l’objet d’un dédain si profond que les assistants l’ont emporté après se l’être partagé1 2. On aurait dû aussi, selon l’usage, dire quelques mots des formes crâniennes qui ont permis aux savants réunis de faire en quelque sorte la biographie du personnage. Le crâne avait d'abord été annoncé comme étant celui d’une femme.

Les remarques qui précèdent n’ont nullement pour objet de faire naître des doutes sur la réalité de l’existence de l’homme contemporain du renne et du mammouth. Ce point est pour moi clairement et définitivement établi. Mais qu’on trouve en très grand nombre à Solutré les ossements de cette antique génération, c’est ce qui me paraît très contestable. Les délicates recherches auxquelles on s’est livré sur l’étroitesse du crâne des anciens habitants de cette station, sur l’accroissement progressif de leur cerveau, sur leur goût pour l’anthropophagie et sur leur mélange avec les Aryens qui s’étaient mis en route vers l' Occident, reposent sur du sable, ainsi que l’a très bien dit au Congrès de Paris M. C. Vogt, à la vue d’une nombreuse série de crânes sortis du Crot du Charnier3.

Puisque les nombreuses sépultures rencontrées à tous les niveaux dans la vaste station de Solutré doivent contribuer à reconstituer l’histoire de nos devanciers ou de nos aïeux, il est important que les observations soient complètes, irré-

1. Compte rendu du Journal de Saône-et-Loire, reproduit dans le Journal Officiel du 16 décembre 1873.

2. Ibid. Le rédacteur de l’article auquel j’emprunte ces citations est mal informé. Buland a, emporté les os en question, et j’ai pu les manier chez lui à mon aise; ils étaient rassemblés dans une corbeille de boulanger, de l'espèce qu’on nomme vulgairement boinon.

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