Ceci s’adresse à Osiris
SUR UNE STÈLE DU MUSÉE DE TURIN
l’acte religieux de la consécration de la stèle et de l’adoration rappelle suffisamment que les besoins de l’âme et les lois de la conscience n’étaient pas laissés de côté. Paï demande d'ailleurs à laisser un bon renom parmi les hommes et à mériter le titre d’Amkhou , ou de vénérable, respectable, méritoire, qui s’obtenait par la pratique des vertus et supposait l’estime et l’affection des hommes. Paï veut aussi être, après sa mort, un Reklii à la porte de la demeure d’Osiris.
Les ^ étaient la portion intelligente de
l’espèce humaine ^ ^ 0 11 appelait ainsi les
hommes pieux, religieux. 11 y avait à Thèbes une porte de l’adoration des Rekhis, qui est citée dans une des stèles de Turin1 : un personnage y demande que ses mains soient pares à la porte de l’adoration des Rekhis. Ces Rekhis sont souvent figurés dans l’attitude de l’adoration. Évidemment Paï rend hommage aux principes de la vertu et de la piété.
Presque toutes les idées émises dans notre stèle, en ce qui touche le bonheur de l’homme en ce monde et dans l’autre, appartiennent à l’époque la plus reculée de la civilisation égyptienne. On les trouve dans le Papyrus Prisse et dans d’autres documents fort anciens. Pour ce motif, la date de la stèle n’aurait pour nous qu’un assez faible intérêt.
Ma traduction, découpée phrase à phrase, peut se passer de justifications analytiques. Tous les mots égyptiens sont connus. Je ferai seulement remarquer le groupe em-
ployé dans le sens de passer, finir, comme dans les rubriques finales des livres égyptiens.
Chalon-sur-Saône, 15 avril 1870.