CHAPITRE PREMIER
J E chanterai, si fortune le veut, les divers acci- dens, la peine et le chagrin que j'éprouyai sous la forme d’un Ane. | .
Je ne demande point que l’Hélicon m'arrose de ses eaux, ni qu'Apollon, déposant l'arc et. le c carquois, m accompagne avec sa Îÿre ;
De telles faveurs ne s'obtiennent plus de nos jours; et d’ailleurs les. sons: du luth s'accordent mal avec le braire d’un baudet. -
J'ajouterai que je n’espère de cette œuvre nt horineur ni récompense ; mais aussi que je me moque des censures publiques ou secrètes qui. pourraient la déchirer. |
Je sais combien la réconnaissance est sourde aux prières des hommes ; et quelle est, après tout, la. mémoire d'un Âne pour les bienfaits recus.
. Quant aux morsures ouhastonnädes, depuis que j'ai subi la nature asiue, .je.ne m'en inquiète plus: autant. |