TEXTE GREC PUBLIE PAR
Le KR. P. Louis PETIT, A. A.
PARIS
ETBRATERTEMA SPICARDAEMCEILS 82, rue Bonaparte, 82
VIE ET OFFICE
DE
AVANT-PROPOS
L'existence de saint Euthyme le Jeune ἃ longtemps tourmenté les hagiographes. Papebroch, rencontrant son nom au 15 octobre dans le calendrier slave, déclarait en 1680 ne rien savoir sur le compte de ce personnage : « Quis aut cujas, écrivait-il, #aicomperlum mihi esse faleor, οἱ aliunde doceri pelo (1) ». Etil proposait, avec réserve d’ailleurs, de l'identifier ou tout au moins de rechercher ses liens de parenté avec un moine anonyme de Scété, dont les Ménées, sous la même date, nous fournissent une courte notice. Ienace Kulczynski et le premier des Assémani, qui ont examiné après le grand bollandiste les Éphémérides gréco-russes, n’ont pas été plus heureux dans leurs recherches. Kulczynski se demande si cet Euthyme ne serait point le patriarche de même nom, qui occupa sous Léon le Sage le siège de Constantinople (2). Ce serait plutôt, observe Assémani, le saint Euthyme le Jeune mentionné au 4 janvier dans le calendrier métrique édité par Papebroch.
(1) Ephemerides Graeco-Moscae dans AA. SS., t. I de mai, p. L. (2) Specimen Ecclesiae Rulhenicae cum sede romana unilae, Rome, 1733 2° partie, p. 101.
Encore faudrait-il dire ce qu'était cet Euthyme;: or, pour toute réponse, le docte Maronite énumère complaisamment quatre ou cinq personnages de ce nom, entre lesquels il laisse au lecteur le soin de choisir (1).
En reprenant en 18358 les travaux de leurs prédécesseurs interrompus depuis un demi-siècle, les nouveaux Bollandistes eurent à se poser en tête de leur premier volume le même problème. Voici leur réponse; elle n’est guère rassurante : « Quis hic? Graecusne an Ruthenus? An marlyr anonymus monachus, hodie in menaeis magnis memoralus? An alius quispiam? Nihil ea de re certi, quod diceret, habuit Papebrochius, nihil Ignatius Kulczynski…, neque nos habemus (2). » Et c'est tout. On ne saurait avouer son ignorance avec plus de franchise et ici du moins l’aveu n'est point atténué par de spécieuses hypothèses.
Le volume des Ac{a Sanclorum auquel est emprunté le passage que l'on vient de lire est de 1845. Quelques années plus tard, en 1863, le P. Martinov publiait son Annus ecclesiasticus graeco-slavicus, où nous trouvons enfin, sous la date du 15 octobre (3), quelques données précises sur notre saint. L'auteur les ἃ puisées dans une notice du Patericon de l'Athos, ouvrage composé par les moines de Saint-Pantéléimon, au mont Athos, et très répandu en Russie (1). La promesse faite par Martinov de publier en appendice à son ouvrage une traduction latine de cette notice n’a pas été tenue. Par contre, on en trouve une traduction, ou mieux, une adaptation française dans les Petits Bollandistes, compilation bien connue de nos lecteurs (9).
Si imparfait que füt ce double travail, il marquait un réel progrès, car l'identité du personnage, sa carrière, son époque, l'existence même de son biographe se trouvaient à peu près élucidées. Aussi le ἢ. P. Van den Gheyn, l'éditeur de la Vie de saint Joannice, put-il reproduire dans le dernier tome
(1) Xalendarium Ecclesiae universae, τ. V (Rome, 1735), p. 302.
(2) AA. SS. octobris, t. VIT, p. 4.
(3) Op. cil.. P. 248.
(4) Athonski Paterik, S-Pétersbourg, 1860, p. 36-40; 2 édit. Moscou, 1890, t. II, p. 265-290.
(9) T. XII (7° édition), p. 350-396.
DE
des Acta Sanclorum les renseignements fournis par le Patericon sur le séjour de notre saint au mont Olympe et sur ses relations avec Joannice (1). Mais la notice du Patericon n'est qu'un pale abrégé de la Vie proprement dite, Vie composée par un disciple mème du héros et restée Jusqu'ici, dit le P. Van den Gheyn, enfouie dans un coin obscur de quelque bibliothèque (2).
Lorsqu'il parlait ainsi, le savant bollandiste ignorait-il les six lignes du Synaxariste, où le moine Nicodème signale en passant l'existence de cette Vie dans les deux bibliothèques de Layra et de Vatopédi, au mont Athos? Nicodème en indique même les premiers mots : ὋὉ τῆς ἀνθρωπίνης οὐσίας γενεσιουρy, imais il se garde bien d'en opérer le dépouillement (3). Constantin Doukakis, l’auteur du Μέγας Συναξαριστής, ne fait que transcrire les maigres indications de Nicodème (41). Et pourtant, au moment où ce dernier compilait son œuvre, quelques fragments du texte original avaient déjà vu le jour. Dans un volume resté presque ignoré, Sophrone Calligas, higoumène du monastère de Saint-Paul, en avait inséré dès 1863 deux ou trois passages des plus intéressants pour l'histoire de la Sainte Montagne (5). Denys Pisti, ci-devant évèque de Xanthi, s'était empressé de les faire entrer dans sa Description de l'Athos, qui n’est guère d’ailleurs qu'une réédition sous un nouveau titre de l'Afhonias de Calligas (6). Enfin Porphyre Ouspenski en avait couché quelques tranches au bas des pages de son Histoire de l’Athos, la plus indigeste des compilations qui soit jamais sortie de la main des hommes (7). Rappelons encore les menus extraits publiés par le R. P. Alexandre Lavriotis (ὃ) et par M. Papadopoulos-Kerameus (9), et nous aurons signalé tous les essais tentés jusqu'à ce jour pour vulgariser la vie de saint Euthyme.
(1) AA. 55. nov., t. 11, p. 324 ἃ, 328 c, 336 b.
(2) Jbid., 328 c.
(3) Συναξαριστής, t. 1 (Zante, 1868), p. 153.
(4) Op. cil., mois d'octobre (Athènes, 1895), p. 179. (5) ᾿Αθωνιὰς ἤτοι σύντομος περιγραφὴ τοῦ ‘Ayiou Ὄρους [Smyrne], in-8°, p. 22-% (6) Περιγραφικὴ ἱστορία τοῦ ἁγίου ὄρους ἔλθω, in-8?, Salonique, 1870, p. 21-23. (7) Vostok christianskii. Isloria Athona, τ. II, Kiev, 1877, p. 23-34.
(8)" Ἐχχλησιαστικὴ Ἀλήθεια, t. XV (1895), p. 205-206; τ. XVI (1877), p. 373-:
Ὁ, (9) Bysantin. Zeitschrift, t. VIII (1899), p. 699-660,
Pour louables que soient ces tentatives, elles ne sauraient suffire. Aussi plusieurs savants ont-ils à diverses reprises manifesté l'intention de livrer enfin au publie la Vie originale dans son intégrité. Tels sont MM. 1. Pomialovski, K. F. Kinch et A. Papadopoulos-Kerameus. Pour des motifs que j'ignore, ces divers projets attendent encore leur mise à exécution, au grand détriment de la science. J'ai done pensé faire œuvre utile en ne gardant pas plus longtemps en portefeuille le texte que nous avons, le P. Pargoire et moi, rapporté de l’Athos, voilà bientôt trois ans. Il sera toujours loisible aux savants dont je viens de citer les noms d'apporter au présent travail les compléments qu'ils jugeront convenables.
Il eût été d'autant plus regrettable de différer davantage cette publication que la biographie de saint Euthyme est incontestablement lune des meilleures de lhagiographie byzantine. Les données historiques qu'elle renferme concordent très bien avec celles que nous fournissent les autres documents de la même époque; en outre, mérite assez rare dans les œuvres de ce genre, la chronologie particulière du héros S'y trouve assez exactement indiquée. Non moins exacts ni moins précieux, les détails de topographie locale y abondent. C'est que nous ne sommes pas en présence d'une élueubration écrite loin des lieux et des événements. L'hagiographe est un témoin oculaire; il a passé de longues années auprès de saint Euthyme, et, après la mort de son maitre, il a continué comme chef ecclésiastique de la province macédonienne à vivre pour ainsi dire en contact quotidien avec les personnes qui l'avaient connu et avec les lieux où s'était écoulée son existence.
Cet hagiographe n'est autre que saint Basile, archevèque de Thessalonique. On ἃ coutume d'identifier ce personnage avec celui dont la mémoire se célèbre, chez les Grecs comme chez les Slaves, le 1“ février (1). Le rapprochement, nous le dirons
(1) H. DELAHAYE, Synaxarium Ecclesiae Constantinopolitanae, Bruxelles, 4902,
SAINT EUTHYME LE JEUNE. D plus loin, n'est pas dépourvu de vraisemblance. Mais c'est tomber dans une méprise grossière que de prendre, comme l'a fait Martinov, le biographe d'Euthyme pour un contemporain du pape Nicolas [°° et un adversaire de Photius. Quand Nicolas [°° écrivait à la louange de l'évêque de Thessalonique les lignes dont parle Martinov, notre hagiographe venait à peine de naitre. L'éloge du pape s'adressait à un autre Basile, je veux dire à ce prélat qui, chassé de son siège épiscopal de Crète par l'invasion arabe, mérita par ses vertus d'être mis vers 845 à la tête de la métropole macédonienne. En 866, avant qu'Euthyme eût entrepris ses grandes fondations monastiques, ce premier Basile n'était déjà plus (1). C'est à ce même Basile et à lui seul, que peut s'appliquer la notice insérée par les anciens Bollandistes au 1* février (2). Cette notice du reste porte tout entière à faux, si la phrase du synaxaire à voulu viser non l’ancien évêque de Crète, mais notre biographe.
Le R. P. Van den Gheyn n'a pas manqué d'apercevoir la bévue de ses devanciers; mais il n'évite lui-même une erreur que pour tomber dans une autre. A l'en croire, le biographe de saint Euthyme aurait été un simple moine, et nullement un archevêque de Thessalonique : « Vitae, dit-il, conscriptae a Basilio quodam monacho, minime aulem, ul quidam optnali sunt, a Basilio episcopo Thessalonicensi(3). » Etailleurs : « Πῶς Vila conscripla a Basilio quodam, quem aliqui perperam eundem dicunt alque archiepiscopum Thessalonicensem (4). » Or, que Basile ait été revêtu du caractère épiscopal, il n'y ἃ pas le moindre doute; il nous en fournit lui-même la preuve, en mettant dans la bouche de son maître cette prophétie à son sujet : « Καὶ où οὖν, τέχνον, Ὑίνωσχε, θεοῦ μοι τὰ
χαὶ ἀρχιερεὺς γίνῃ, ὅπου τὸ θεῖον προεθέσπισε βούλημα. » Le siège épiscopal que Basile devait occuper n'est point désigné ici, mais le témoignage des manuscrits, où Basile recoit simultanément le double titre de disciple d'Euthyme et d'archevéque
(1) Voir la notice que je lui ai consacrée dans les £chos d'Orient, IV (1901), Ῥ 219:
(2) AA°SS: febr., t. I, p. 244.
(3) AA. 55. nov., t. 11, p. 324 ἃ.
(4) Zbid., 328 ἃ.
de Thessalonique, à bien sa valeur. D'ailleurs, en recommandant à son disciple de veiller, une fois devenu évêque, sur le monastère où 115. avaient vécu ensemble, Euthyme laisse assez clairement supposer qu'il entendait parler du siège de Thessalonique.
A quelle époque faut-il placer cet épiscopat de Basile? Les éléments de la réponse à cette question nous sont encore fournis par le principal intéressé. Après avoir raconté la fondation monastique de Péristéra, dont l'inauguration eut lieu en 871, Basile ajoute que quatre ans plus tard, par conséquent en 87», 11 reçut la fonsure monacale des mains d'Euthyme dans l’église de Saint-Démétrius au bourg de Sermylia, le moderne Hormylia, sur le golfe Taronique ou de Cassandra. Par malheur, l'hagiographe ne nous dit point l'âge qu'il avait à cette époque. De plus, les termes dont 11 se sert peuvent désigner indifféremment la prise d'habit ou la profession religieuse. Toutefois, comme la cérémonie en question avait été précédée d'une période de formation de quatre années, c'est évidemment de la profession religieuse qu'il s'agit, d'autant plus qu'aussitôt après Basile recoit de son maitre l’autorisation de mener la vie solitaire en dehors du monastère, autorisation que l'on ne saurait accorder à un simple novice. Or, malgré la fluctuation de la législation canonique à cet égard, il est difficile d'admettre que Basile eût alors moins de quinze ans. C'est donc vers 860 au plus tard qu'il faut reporter la date de sa naissance.
Quant à son arrivée à l’épiscopat, j'ai montré ailleurs qu'elle ne peut être antérieure à l'an 905(1). Jusqu'à cette dernière date, les métropolitains de Thessalonique au 1x° siècle sont trop exactement connus et la durée de leur épiscopat assez bien fixée pour que l'on puisse songer à introduire Basile dans l'intervalle qui sépare S75 de 905. Au rapport du moine Théodoret, qui nous ἃ laissé de bien curieux Hémoires sur l'Athos, Basile, avant de devenir évêque, aurait vécu assez longtemps sur la Montagne Sainte et y aurait fondé, dans les vignobles de Chilandar, un monastère qui porta son nom (2).
(1) Échos d'Orient, IV {1901), p. 221.
(2) M. Gépéox, ἴλθως, Constantinople, 1880, p. 314.
Ce précieux renseignement voudrait être confirmé par quelque document positif(l). Néanmoins, pas plus à lAthos qu'ailleurs, les traditions ne s’établissent sans cause. À en croire le même Théodoret, Basile, après sa mort, fut rangé au nombre des saints. Si l’assertion est exacte, la maigre notice du Synaxaire au 1° février : Μνήμη τοῦ ὁσίου πατρὸς ἡμῶν χαὶ ὁμολογητοῦ Βασιλείου, ἀρχιεπισχόπου Θεσσαλονίχης. ὁρμιωμένου τῆς ᾿Αθηνῶν πόλεως (2), s'appliquerait sans doute à notre personnage, dont la patrie nous serait du même coup révélée. Sans présenter comme absolument certaine l'identification des deux personnages, du biographe de saint Euthyme et au saint confesseur fêté au 1° février, je rappellerai que cette hypothèse peut se réclamer de toute la tradition gréco-slave (3). Par malheur, les synaxaires imprimés ne fournissent à son sujet aucune indication précise. Les ménées inédits, ceux de Chilandar surtout provenant en partie de l’ancien monastère Saint-Basile, contiennent peut-être quelque office, dont la publication suffirait à lever tous les doutes.
Quoi qu'il en soit, le peu que Basile nous dit de sa personne dans la biographie de son maitre nous permet du moins de fixer très exactement son époque. La biographie elle-même, restée si longtemps inconnue, nous oblige à ranger d'emblée l'auteur parmi les meilleurs hagiographes de la littérature byzantine. Le style en est élégant, parfois même recherché, mais exempt des grands mots et des belles phrases si goûtées des hagiographes postérieurs. Tout en évitant le style drapé,
de
(1) D'après le ms. 5788 de l’Athos (— S'-Panteleemon. 281), 3° partie, p. 174, le monastère fondé par Basile est identique à celui que les documents postérieurs désignent sous le nom de monastère de la Tour (τοῦ Hÿpyou), à cause d'une tour qu'on y avait construite pour se mettre à l'abri des pirates. En 1281, ajoute le même coder, ce monastère fut incorporé à celui de Chilandar,
depuis dans une ruine totale, ce qui fournit prétexte à ses deux puissants voisins, Chilandar et Zographos, de s'en disputer les dépouilles avec acharnement. Voir au sujet de ces démèlés le coder que je viens d'indiquer, 4° partie, p- 7 ᾿Ἀνχλήνεως.
(9) H. Ῥειληλυε, Synararium Ecclesiae Constäntinopolitanue, Bruxelles, 1902, p. 439.
(3) Marniov, op. cil., p. 60; Athonski Paterik, 2 édit., t. I, p. 224; Ἐνχχλ.
᾿Αλήθεια, t. XVI (1897), p. 373.
2, où le monastère est ainsi dénommé : Μονὴ τοῦ πύργου ἁγίου Β΄ χοαιλείου τῆς
guindé, important, Basile n'a garde de tomber dans le langage maniéré, alambiqué, quintessencié, qui coupe les idées en quatre et danse sur les pointes d’aiguilles. S'il écrit, c'est bien un peu pour écrire, mais c'est aussi pour dire quelque chose. Il ἃ voulu nous faire connaitre son maitre spirituel, et il y a pleinement réussi. L'existence d'Euthyme sera désormais en pleine lumière, son rôle comme fondateur nettement défini, sa place dans le monde monastique du 1x° siècle exactement marquée, les diverses localités parcourues par lui déterminées avec la plus grande précision.
Du texte même de notre biographie, Nicodème avait dit au
début de ce siècle : Σῴζεται μὲν ἐν τῷ πρώτῳ πανηγυρικῷ τῆς
ἂς μονῆς τοῦ Βατοπαιδίου. χαὶ ἐν’ τῇ veyiorn Λαύρᾳ. C'estidoncvers
ces deux monastères que nous avons dirigé nos recherches dans l'espoir d'y retrouver la précieuse Vie. Les indications de Nicodème, il y ἃ plaisir à le constater, étaient fort exactes.
Le manuscrit de Lavra, le plus ancien de tous, porte aujourd'hui la cote suivante : A. 78. Il est en parchemin et écrit sur deux colonnes. Incomplet de la fin, il ne fournit pas la moindre indication sur le copiste ni sur l’époque où celui-ci écrivait. À en juger par les caractères de l'écriture, il remonte au xi® siècle. La Vie d'Euthyme y occupe les fol. 112*-163". Les conditions dans lesquelles le manuscrit nous ἃ été commupiqué ne nous ont pas permis d'en prendre une description complète, que les PP. Alexandre et Chrysostome se réservent de publier dans le Catalogue général des manuscrits de leur riche bibliothèque. Je signalerai pourtant les deux Vies de saint André in Crisi et de saint Grégoire le Décapolite. La première, contenue dans les fol. 167-173", ἃ pour incipit : Πολλὴ χατὰ τῶν τοῦ Χριστοῦ μαρτύρων τοῦ διαδόλου (ΞΞ BH 9); 1 seconde, allant du fol. 905" au fol. 311", débute ainsi : ἽΛπαν μὲν τῶν πάντων οὐδὲν οὕτω πέφυχε (— BHG). Si l'on excepte quelques néglisences purement orthographiques, ce manuscrit nous fournit un assez bon texte; aussi l’ai-je pris pour base.
Le ms. 387 de la bibliothèque synodale de Moscou ne parait présenter avec le précédent qu'une seule et même recension,
car il provient lui aussi de Lavra. Il semble même être antérieur à celui de Lavra, au jugement de l’archimandrite Vladimir, qui l’attribue au χα" siècle (1). Il est en parchemin et compte 206 feuillets écrits sur deux colonnes. La Vie d'Euthyme y occupe les fol. 143 sqq. Je n'ai pu en prendre ni en obtenir la collation.
Le πρῶτον πανηγυρικὸν de Vatopédi, signalé par Nicodème, correspond aujourd'hui au n° 516; il est en papier et comprend 407 feuillets. Le copiste et l'âge de ce manuscrit sont indiqués par la note suivante du fol. 407" : ἐτελειώθη τὸ, παρὸν βιδλίον ἐν
ἔτει GR μηνὶ ἀπριλλίῳ τῆς τε ἰνδιχτιῶνος, χαὶ οἱ ἐντυγχάνοντες τούτῳ εὔχεσθε τῷ γράψαντι Τρηγορίῳ τῷ ἐν aycis ἐλαχίστῳ. C'est donc en 1422, au mois d'avril, que Grégoire, le dernier des moines, termina la transcription de ce volume. Ce fut un copiste infatigable que ce Grégoire. Deux mois plus tard à peine, en mai 1422, il achevait le codex 550 de la même bibliothèque, contenant des Vies ou des Panégyriques pour les deux derniers mois de l’année. On trouvera une description complète de ces divers manuscrits hagiographiques dans le catalogue qu'en a dressé M. J. Schmidt, membre de l'Institut archéologique russe à Constantinople; l'impression en est déjà très avancée. La Vie d'Euthyme occupe dans le cod. 546 les fol. 131'-169". Les dures nécessités de notre excursion à l’Athos ne nous ont permis d'en relever les variantes que jusqu'au fol. 150". Je regrette d'autant plus ce contretemps que le Vatopedinus nous présente un texte bien meilleur que celui du manuscrit de Lavra.
Par contre, nous avons collationné intégralement le ms. 207 de Saint-Pantéléimon, qui contient lui aussi, du fol. 1° au fol. 32", le texte de notre Vie. La copie est du xix° siècle et non exempte de négligences et parfois de grossières béyues (2).
Plusieurs autres manuscrits du même monastère présenteraient, d'après le catalogue de M. Sp. Lambros, d'autres exemplaires du même texte. Mais ce ne sont que des traductions
(1) Descriplion méthodique des Mss. de la bibliothèque synodale de Moscou. 1. Les manuscrits grecs (en russe). Moscou, 1894, p. 582.
(2) Cf. Sp. Laweros, Catalogue of the greek manuscripts on *Mount Alhos, t. IL, p. 329.
modernes, des adaptations plus ou moins heureuses ou de ridicules pastiches de l'original. En voici quelques spécimens. Le volumineux codex 281, 2° partie, p. 31-71, contient ceci : Bios ἔνθεος χαὶ ἡρωϊχὰ χατορθώματα τοῦ ὁσίου πατρὸς ἡμῶν Eu μίου τοῦ νέου τοῦ ἐν 0 ἀσχήσαντος χαὶ ἐν Θεσσαλονίχῃ λάψψαντος.
a Oo
Inc. Ὃ ποιητὴς χα cas τὸ φύραμα αὐτῆς ἢ τοῦ yocc, ἵνα μένη ἄφθαρτος χαὶ ἀθάνατος. Nous avons là, on le voit, une simple traduction en style farci du texte original.
Le codex 615, fol. 32-56", ne présente qu'une pitoyable rédaction, comme savent en commettre depuis Agapios Landos les hagiographes de la Sainte Montagne. Que l’on en juge par le début, fol. 32° : Βίος χαὶ πολιτεία τοῦ ὁσίου πατρὸς ἡμῶν Εἰύθυ-
TE Oo Lun Y {»
6 τι ἡμῶν Editos, ὁ ἔνσαρχος ἄγγελος χαὶ διὰ τῆς ἐχδημίας ἀπὸ τοῦ (0 ὐϑυμιος) © EvVGAPAOS YYSASS χα: οἱ τῆς ξχϑημιᾶς ἀπὸ τοῦ σώματος αὐτοῦ μετὰ τῶν ἄνω δυνάμεων περὶ θεὸν γθθεὺν ὕων χαὶ ἀγαλ-
1 7ù x ἢ , Λόμενος, TATEITH μξν προσχαιρον Aa ἐπίγξιον ELYE τῇ !
RME y , SES Le πως TA διχαίως ἄνω Σιών, τῶν Τ}᾿αλατῶν λέγω ἐχείνων,
Le texte des mss. 207, fol. 995 sq., et 743, p. 135 sq., sont également de banales retouches en grec moderne, auxquelles il est inutile de s'arrêter. Il faut en dire autant de l'Afhous 2085 (Esphigm. 72).
Avec la biographie proprement dite, je suis heureux de pouvoir offrir au lecteur l'office liturgique de notre saint. Ce n'a pas été chose facile que d'en découvrir le texte dans les bibliothèques de l’Athos, même avec l'aide des Catalogues de M. Sp. Lambros, dont les indications sont souvent incomplètes ou fautives. De toutes les ἀχολουθίαι de S. Euthyme le Jeune indiquées par lui à la Table des matières, aucune ne se rapporte à notre héros. Celles de l'Afhous 6570 (Kavsoxxhvé. 19) se référent à un néomartyr de Vatopédi au temps de Michel VIT Paléologue. Celle de l'Afhous 4632 (Iber. 512), composée par Manuel le Grand Rhéteur, est en l'honneur de S. Euthyme le Jeune, le fondateur du célèbre monastère d'Iviron.
Il m'eùt sans doute fallu renoncer à la publication de l'office en question sans l'inépuisable obliseance du ἢ. P. Matthieu, bibliothécaire de Saint-Pantéléimon. Avec une patience et un désintéressement auxquels je ne cesserai de rendre hommage, le savant religieux ἃ bien voulu pendant plus d'une année faire des recherches dans les bibliothèques et prendre des informations auprès des maitres de cérémonies (τυπιχαρέοι) des divers monastères; il commençait lui aussi à perdre espoir, quand il fut enfin assez heureux pour trouver entre les mains d'un hiéromoine, enseveli vivant dans la grotte de Saint-Pierre l’Athonite, l'acolouthie tant cherchée. Il s'empressa d’en faire exécuter une copie, qu'il me transmit aussitôt, le 25 janvier dernier. De quel manuscrit provient l’'exemplaire du hiéromoine de Saint-Pierre, je ne saurais le dire, ni lui non plus sans doute. Quoi qu'il en soit, cet apographon est et restera longtemps peut-être le seul connu (1). Le manuscrit qui nous l’a conservé est un simple cahier, dans lequel on ne trouve pas autre chose. Je l'ai reproduit intégralement jusqu'au tropaire final, courte prière étrangère d'ailleurs à l'office et composée sans doute par le moine anonyme qui a exécuté cette transcription sur quelque ancien manuscrit resté inconnu. Tout ce que je sais, c'est qu'il τη οὐδ été impossible sans le concours du R. P. Matthieu d'exhumer de la grotte de Saint-Pierre ce précieux monument hagiographique. Aussi nos lecteurs voudront-ils s'unir à moi dans l'expression d'une commune gratitude pour le vénéré bibliothécaire de Saint-Pantéléimon, si hospitalier aux pélerins de la Sainte Montagne.
S'il faut en croire le titre, l'Acolouthie comme la Vie ellemème aurait pour auteur Basile de Thessalonique. Vraie sans doute dans l'ensemble, cette attribution est évidemment erronée pour certains passages, où le culte de Basile se trouve associé à celui de son maitre. Quelque bonne opinion que l’on puisse
(1) L’archimandrite Vladimir, dans son Catalogue des Mss. grecs de la bibliothèque synodale de Moscou, indique à la Table des malières un office de saint Euthyme comme étant contenu au fol. 263 sqq. du Mosquensis 287. Il s'agit sans doute de notre saint, car le manuscrit en question n’est autre chose qu'un Ménée d'octobre en parchemin du x siècle. Mais il y aura lieu d’en faire la vérification. Le ms. de Moscou provenant lui-même du monastère de Dochiar, au mont Athos, celui-ci doit probablement posséder encore dans l’un ou l’autre de ses Ménées l’acolouthie qui nous occupe.
avoir de sa propre vertu, on ne s’attribue pas à soi-même de son vivant les honneurs des autels.
S'il n'émane pas tout entier de Basile en personne, l'office a du moins été composé à l’aide de la biographie écrite par lui. : En plus d'un endroit mème l'imitation va jusqu'à l'emprunt, au plagiat. Sans entrer ici dans d'autres détails, je veux pourtant attirer l'attention du lecteur sur la parfaite concordance entre les deux documents dans l'assionation au 15 octobre de la fête annuelle d'Euthyme. Tout en mentionnant les deux dates, le 14 et le 15, Nicodème, sans nous dire pourquoi, préfère la première à la seconde (1); les éditeurs russes du Patericon de l’Athos (2) en agissent de même et s'appuient, pour ce faire, sur le Wénologe de Démétrius de Rostov (3). Mais, si grande que soit cette triple autorité, elle ne saurait prévaloir contre celle autrement considérable de la biographie et de toute la tradition liturgique gréco-slave. Le 15 est expressément indiqué dans la biographie comme étant le jour où Euthyme passa à meilleure vie. Les Tableaux de Papebroch (4), le Calendrier slave (5), l'Horologion slave à l'usage des Ruthènes (6), les Ménées slaves imprimés (7), les Ménées grecs manuscrits (δ), tous ces vénérables monuments sont unanimes à indiquer le 15. Cette dernière date est donc à n'en pas douter la seule vraie, la seule qu'il faille retenir.
A la différence des Grecs, les Slaves ont accordé dans leur liturgie plus qu'une simple mention à l'illustre moine que fut saint Euthyme. Leurs Ménées pour lecture où Ménées communs contiennent en son honneur une notice, bien maigre, il est vrai, comme on en peut juger par la traduction latine donnée par Martinov (9). Leur Ménée ordinaire d'octobre n'a pas
(1) Συναξαριστής, 3° édit., t. I, p. 153.
(2) Édit. et tom. cit., p. 265.
(3) 4 vol. in-fol., Moscou, 1829, 10e édition. La première édition parut en 1700- 17 16.
(4) AA. SS. mai, t. 1, en tête; cf. Assémani, Kalendarra eccl. universae, t. V, p.302
(Ὁ) Moscou, 1818 et sqq.
(6) Potchav, 1802 et sqgq.
(7) Moscou, IS{S ; dernière édition, Moscou, 1897, fol. 112.
(8) CF. la note de Barthélemi de Coutloumousi, Ménée d'octobre, Venise, 1880, P- δ),
(9) Op. cit, p. 248. Voir l'original dans Tcheti Minei, Moscou, typogr. synod..
de synaxaire spécial pour notre héros; mais on y trouve en revanche comme parties propres les stichères de vépres, le contakion et le canon, dont l’auteur n’est pas indiqué (11.
Dans la nouvelle revision des livres liturgiques entreprise depuis plusieurs années par le patriarcat de Constantinople, Euthyme le Jeune sera, il me plait de le penser, traité avec moins de parcimonie par les Grecs, maintenant surtout que le vœu du regretté P. Martinov aura été réalisé. « Dignus omnino est, écrivait d'Euthyme le docte Jésuite, cujus gesla, quae mihi ex slavica versione lantummodo innotuerunt, Latinis vero prorsus ignota manent, in lucem tandem prodeant (2). »
Avec une obligeance dont j'ai déjà reçu tant de marques, M. Ed. Kurtz, de Riga, a bien voulu me prêter son précieux concours pour l'établissement du texte. Qu'il me permette de lui offrir en finissant l'expression de ma plus vive gratitude.
(1) Ménée d'octobre, Moscou, typogr. synod., 189%, fol. 112. Je dois ces derniers renseignements à l’amabilité de mes excellents confrères du Séminaire slave de Kara-Agatch, près Andrinople. Le contakion slave est identique à celui de notre office gree, comme on peut en juger par la traduction allemande de A. v. Maltzew, Menologion, 1 (Berlin, 1900), p. 254. Le canon slave est également une simple traduetion du grec. Cette parfaite concordance montre que le culte d'Euthynie a passé des Grecs aux Slaves et qu'à une certaine époque la fête du saint devait se célébrer dans les deux Églises par un office publie.
2) Op. cil., Ὁ. 60.
TOY OSIOY ΕΥ̓ΘΥΜΙΟΥ
TOY NEOY
Bios τοῦ ὁσίου πατρὸς ἡμῶν Εὐθυμέου
1. — Ὃ τῆς ἀνθρωπίνης οὐσίας γενεσιουργὸς χαὶ συνοχεὺς θεός, ὁ 5 Ν ed 5» » ᾿ ΄ ΄ st ἐπὶ διαμονῇ χαὶ ἀφθαρσίᾳ τὸ ταύτης διχπλάσας φύραμα, χἂν παρατ ἘΣ VAE AE ; Ρ τροπῇ χαὶ παραζάσει τὸν θάνατον εἰφῳχίσατο, δυσὶ τούτοις x τῆς La ES ΄ x «! FF .
ἄνωθεν συγγενείας ἐρωτικῶς διαχειμιένους τοὺς ἅπαξ τὸ πρῶτον ἀπολω- , 21 2 y τ y x 5 εν \ λεχότας ἀξίωμχ προορώμενος, ἔν τε τῷ βίῳ τὴν διαμονὴν ἐπὶ μακρὸν ἀποχεχληρῶσθαι χαὶ τὸ εὖ εἶναι μετὰ χαὶ τοῦ εἶναι ἁρμοδίως συμιπερι- NON bo Rues be re & net < NS STAR PAR a ελῆφθαι, ὡς ἂν αὐτοῖς ἀναλόγως τῷ θείῳ À πρὸς τοὺς γονέας τιμὴ { ὃ , - 0 qi , “ ᾽ , Ne ε "δ μεθοδεύοιτο, μιζ τινι θεσμοθεσίχ περιπλέξας ἀμφότερα χαὶ ὥσπερ ῥάδια
- » N / ν᾿ , - τ ΄ - TAUTA EX δυσπορίστων ARODNVAULEVOC, ἐν τὴ προς τοὺς γόνεας τιμῇ το - ete ΄ , , ΄ x 7 4 ποθοῦσιν ἐχατερα GUVOOLGATO" « Τίμα 772 », pc, « TOY TATEOX ZA
3 ͵ 7 τ 2 NUE. 2 ΠΥ {πὲ τ Ὁ ΤῊΝ μητερα GOU, τινὰ EU σοι γένη ται χα: ἔσῃ υαχϑογϑόνιος ἐπι τῆς γῆς De \ \ \ hs ὦ 3 ΄ὔ € \ , ΄ " ΄ LIU μὴν ZA EX TOU EVAVTLOU, ὡς ὧν μὴ αὐθχιοέτου δόξῃ μόνον γνώμης τὸ ἐν
“ a es \ \ » ΄ ᾿ - ι ἐπίταγμα, πολλοῦ γε χαὶ δὴ ἐπαπειλημένης ἐντολῆς χαὶ τὸ χρειῶδες
L — Laur. Δ. 78, fol. 1425-163*; V — Vatoped. 546, fol. 131r-1697; P ΞΞ Panteleem. 207, fol. 1'-32r; Καὶ — Kurtz.
Avant le titre dans VP : ὀχτωύρίου ιδ΄. — 2. ἐν Θεσσαλ., τοῦ ὑπὲρ τῶν ἁγίων χόνων ἀγωνισαμένου VP. — 3. εὐλόγησον L : εὐλόγησον, πάτερ VP. Cette expression se réfère à la lecture liturgique; elle ne devait pas se trouver dans l'original. — Ὁ. συυπεριλελῆφθαι pour συμπεριειλῆφθαι, forme particulière, mais non à rejeter K. — 12. τίμα — τῆς γῆς. Ex. 20,12. — 14. δόξης Ρ. — 15. ἐπαπειλημμένης LP: — 16. ὁ χαχολογῶν — τελευτάτω, Ex. 21,16 (17).
μητέρα θανάτῳ τελευτάτω ». καὶ γὰρ οὔτε Unv εἰχὸς εὐπρεπέστατα
τ ᾿ π Ω ci = e A £ » + 7
4 ; > : DEAN τὸ ΒΕ eee τέκνων », n φησι Σολομὼν ὁ σοφώτατος, « κατάρα δὲ μητρὸς ἐχριζοἱ
, , -“ Ὥ \ “ ᾽ θεμέλια », φέρε πατρικῆς ἡμῖν ner μνήμης καὶ τιμᾶσθαι παρ
τὴν ἰσχύν, ὡς ἡ δύναμ. 6) TO λόγῳ ἐπιτρέψωμεν, αὐτόθεν ἡνῖν τὴν πρὸς à
É , NA τι ΄ ἐΣ ΄ à \ 2 ἄτοπον ἴσως χαὶ γελοῖον δόξει τοῖς εὖ φρονοῦσι χρινόμιενον τῷ διὰ τοῦ ΕἸ 4 e τ ἢ) / τι ΄ € -Ὁ ὑφ εὐαγγελίου ἡμᾶς ὠδινήσαντ θ: εὐχαῖς T ε χαὶ νουθεσίαις ἱεραῖς σπαργὰ ’ » \ 5, y -- 4 νώσαντι, γάλαχτί τε ἀρετῶν παιδοτροφήσαντι zut ἄρτῳ (ωτιχῷ θείας
, ΨΥ - , sn 5% »
πληρώματος του Χριστοῦ TRAQAGHEUXOANTL, χαν EC 9000 σύνης ἡμεῖς ἔτι
ταῖς φρεσὶ νηπίοις ἀνοηταίνουσι σφᾶς αὐτοὺς παρενείρωμεν, μὴ τὴν € “- ᾽ / ᾿ δ “ δύ \ τῷ » δύ δ ΤΕΥ ce ἑαυτῶν ἐν λόγοις ἐπιδείξασθαι δύναμιν, καὶ ταῦτα ἀχινδύνως ἡμῖν FA e » - 2 = à ἐχούσης τῆς ὑποθέσεως, εἴτε -ἐξισουμένου τοῦ λόγου τῷ PAR τῶν 18 S SP 2 = Be NE 2 x \ πράξεων ἢ χαὶ ἀποδέοντος τῆς τῶν ἔργων μεγαλειότητος. εἰ μὲν γὰρ πε τα τ Ua πὸ Bern menton Crete Une ἐλ πᾶσαν αὐτοῦ τὴν ἀρετὴν ὁ λόγος εἰς θεωρίας χαὶ ἀναδάσεως ὕψος ἐληλαχὼς ἐπιχαταλαθέσθαι χαὶ ὡς | μεταδοτιχή τις δύναμις τοῖς ἄλλοις ec δυνήσηται (ἄλλων μὲν ἴσως τοῦτο τῶν ὅσοι γεγυμνασμέ-
vou τὴν ἕξιν χαὶ τὰ αἰσθητήρια, ἀλλ᾽ οὐχὶ τὴς ἡμετέρας méme)
ν» il 1Q - ε , Ὁ €
οὕτω τὸ περίδοζον τῷ ὑμνουμένῳ pee τοσοῦτον ὑπερανα-
Θάντι τὸ σῶμα τῆς ταπεινώσεως χαὶ οὕτως ὑψηλῷ τῇ θεωρία καὶ 44 € \ 2 - QUES Ν᾿ -“
1. οὔτε moins bon que οὐδέ, mais se rencontre parfois en ce sens K. — 2. οἷς : τοῖς LPV. Kurtz à qui je dois la correction propose encore τοὺς ὅσοις, cf. plus bas
Ἰ.. 2]. — 4, οὕτω V : τούτῳ L Ρ. — πατρὸς — θεμέλια, Sir. 3,9. — 5. ἣ VP. — 10. δόξει : δόξῃ P. — 11. τῷ — ὠδινήσαντι, οἵ. 1 Cor. 4,15. --- 13. εἰς ἄνδρας --- τοῦ Χριστοῦ, οἵ. Eph., 4,13. — 19. ἀναδάσεως V : ἀναδάσεις L P. --- 31. τῶν correction de Kurtz au lieu de τοῖς LVP. — γεγυμνασμένοι --- τὰ αἰσθητήρια, cf. Hebr. 9,14. — 23. θήσει correction de Kurtz; les 3 mss. portent θέσει. — 29. αὐτὸς τοῖς ἔργοις P.— διηνεχώς P. — ἀναδέδειχτω P. — ἐπὶ P.
, ε “" mm C4 à . ΄ , ΄ A
VOL ἐποφειλόμενον ἡμῖν μᾶλλον τὸ ἐκ τῶν λύγων ἐφύμνιον, ἄλλως τε χαὶ
FAN “ἢ Σ δ ὃ ΄ x » r 4 ῃ 70
ouel θεν ποιησώμεθα.
3. — Τὐθύμιος τοίνυν ὁ ἀοίδιμος ἡμῶν πατὴο χαὶ μαχύριος, ὁ χαὶ 7 LES D ù ?
» La =. \ - > / - ΄ \ - , ΄
\ - er 2 2, \ τ, LL - -
γεῖον τὴν τῶν Γαλατῶν χώραν ἐπεγράφετο (χὰν τῷ χάλλει τῶν ἀρετῶν \ Set FE GC’ ser. SE 2
χαὶ τῷ ὕψει " τῆς πραχτικὴς ἀναδάσεως τῇ ἄνω Σιὼν πολιτογραφηθείς, της οἰχή ἐνδίχως soit. Γαλατῶν ἐχεί οὺς ὃ θεῖος
ἀπόστολος ὡς εὐήθεις χαὶ ἀνοήτους ἐπιτωθάζων διὰ τὸ ἐπιρρεπὲς τῆς ΄ Ἢ / ͵ EL » - - , , C2
ue , 2 es 1 \ NUE
συνετοὺς ὑπεραγάσαιτο" χῴώμη δὲ αὐτῷ τιθηνὸς χαὶ τροφὸς χαὶ τῇ γεννήσει \ --- ren . 2 ΄ = 0 \ FU, 1 €
τὰ τῆς τιμῆς avrihaubävouca τροφεῖα ᾿Οψὼ προσηγόρευτο (!), drore-
et Ἂ D \ ᾽ τ pr 5 θρωπος, οὕτως δ᾽ ἂν εἰπεῖν τὴν αὐτήν, τῷ παρ’ ἡμῶν εὐφημουμένῳ
0 9 rs ele ceEe EN Ἶ \ 7. , ῃ = EN δ, »; HOONGANTAS, χαι αγιῶν εὸος Χχαὶι σῳῷῴ-ομένῶν μιητροπολιν χαι διὸ ζοαχαλον
\ 5 ΄ - -Ὁ- Li - \ -"Ὕ , ΄ ,
x EN , 2 ΄ τ ,
τικοὺς χαὶ δημοσίοις τελέσμασιν ὑποχύπτοντας χαὶ στρατεία χαταλεγο- , dE 5 D. 2 δ Ν᾿ \ à » ΣΟ τ ΟΞ
Ν᾽ ε EU ΄ » “ον 2 ;
2 PHPRSUS PR NN ; = αντλούμιενοι χαὶ ταῖς ἀνίαις τοῦ βίου ἔσθ᾽ ὅτε χαταγχόμιενοι, προτροπῇ
Ἰ. ἐποφειλόμενον V : ἐποφείλομεν LP. — 3. ἐντεῦθεν : ἐνταῦθα LP. — 5. Ἐθύμιος Ῥ. — 11. ἀνσήτους, cf. Gal. 3,1. — 14. ὁψῶ [, : ὁψῷ D : ὀψὼ V. --- IS. μετανάστευσιν V : μετανάστασιν LP. — 19. ὅσοι V : ὅσα LP. — 24. δ᾽ : δέ P. — 38, χαὶ
στρατείᾳ τε LP. --- 31. ἀπονεύοντας P. — 92, χαταγχόμενοι : χαταγχανύμιενοι P; La
: x 7 - δύ ἊΣ χ Ω ἣ \ SR \ € γὴὺ τῷ ροπὴν (LÉTO/ETEUOV, ως OUVAL τ ἂν βουληθεὶς χαὶ τὰ CA τὰ ποιῆσαι
Ν , \ = , ΚΑΚᾺ.) A A N - ΄ δυσπόριστα χαὶ τοῖς ἀπόροις αἰσίαν τὴν παρογὴν διαδαψιλεύσασθχι. χαὶ μὴν τοῦ λυποῦντος τὴν παραψυχὴν ἐχεῖθεν ἀντιλαμθάνο TES χαὶ σιω-
Le,
πῶσα χαὶ φθεγγομένη τοῖς ἄλλοις ὑπῆρχον παραίνεσις, συμπαθεῖς μέτριοι, εὐπειθεῖς, ἥμεροι, φιλόξενοι, φιλόπτωχοι, ἐχ τούτου δὲ za
7 N ε ὃς Ce ï eo!
πυρσὸν ἀνάψας τὴ οἰκουμένῃ ἐξαπέστειλεν: Αννα δὲ μήτηρ, ἡ χάρις Σ ΄ à Ci 4 δ en) " τ “-, H C4 = » οἱ
» δι VAT Ὁ = / δι - = 4
caca, χαρίτων δὲ χαὶ ἡμᾶς ἐμπιπλῶσα θείων dix τῆς τοῦ παιδὸς χαρι-
4. --- Ἔχ δὴ τούτων ὁ ἱερὸς ἐχεῖνος ἐκόλαστήσας χαὶ ἀληθῶς τοῦ ,ι-ιιν"ν δ.» ΄ et LA D | 5 θεοῦ ἄνθρωπος, τί δεῖ λέγειν, ὅσης ἐξ αὐτῆς τῆς γεννήσεως γάριτος
ἐπεπλήρωτο; οἷος AY τοῖς ὁρῶσι χαὶ πρὸ τῆς is ἥδης ANR προσηνής, > À : > ἢ χόσμιος, μειλίχιος, ἡδυεπής, εὔτακτος, Ἐπ ες γονεῦσιν ὑποτασσόμε-γος) τῶν παιδίων διϊστά' ἄμιενος, τοῖς ναοῖς προσχωρῶν; τοῖς εὐσεδέσι τῶν συγγενῶν οἷα πατράσι προσχειμένος; χαὶ γὰρ ἐχράτει τῶν εἰχονου ἄγχων ἡ βδελυρὰ τότε χαὶ όγχοιστος αἵρεσις. ἀπὸ Λέοντος μὲ Ὁ θ᾽ x ἡ βδελυρὰ τότε χαὶ μισόχριστος αἵρεσις, md Λέοντος μὲν τοῦ θηριωνύ- ἊΝ δοὺ 2) « 6 = A ca 2 Vars δ Η “ 2 . .
μου zat δυσσεδοῦς (*) λαδοῦσα τὴν ἔναρξιν, ὃς καὶ δίκην ἔτισε τῆς αὐτοῦ ἀξίαν παρενέζεως, ἐν τόπῳ ἁγίῳ, ᾧ αὐτὸς ἐξυύρισε, τὴν βέδηλον αὐτοῦ χαὶ βάρήαοον τομὴ μαχαίρας ἀπορρήξας ψυχήν, χαταλήγουσα δὲ εἰ 4 ets EOOAAIN ταχαιρσον πορθήσας OI VS DEC Nous £
ρήσει θεοῦ dix πλῆθος ἁμαρτιῶν ἡυιῶν τῆς τῶν Ρωμαίων βασιλείας τὰ
Ἔ 2 , τ » DER , ͵ " = GANTTOL TOTE AATEOVTOS, ὡς ELVOL ETOS ἀπὸ XTIGEWS LOGULOU, OTE τῷ
* Ψ. ε ΄ € -“ A 252 ΄ ΄ A au " ΄ βίῳ ὁ μέγας ἡμῶν χαθηγητὴς [υὐθύμιος ὑπὸ θεοῦ ἐκεχάριστο, ἑξχχισ-
comme V χαταγχόμενοι, dont une main postérieure à fait χαταγχανίμενοι, mais νί a été ensuite effacé par une troisième main. — 1. ἀλλήλους : ἀλληλοις LP. — 2 μετεσχέτευον LP. — 7. ἐν ἀνυποχρίτῳ ἀγάπῃ, IL Cor. 6,6. — 8, τοῖς πᾶσι — γενόμενοι, 1 'Cor. 9,22. — ποθεῖτ᾽ : ποθεῖτε V. — 11. ὅτε LVP : τότε corr. K. — 13. ἡ μήτηρ Ρ. — 14. χρηματήσασα LP. — 18. δεῖ : δὴ LP. — 26. ἀπορρήξας V : ἀπορρίξας L : ἀπορρίψας P. — 27. ἐξκουδήτων P. — 29. ὅτε V : ὅταν LP.
af
"» ( x EN LA 9 » -
D. — Εὐθυμίου τοιγαροῦν τοῦ ἁγίου πατρὸς ἔζδομον ἔτος ἐν ἀρετῶν 1 No “«- 7 ὃ « ι \ 4 , [2 ἐπιδόσε! χαὶ ἡλιχίας αὐξήσει διχνύοντος, ὁ LEV πατὴρ’ πρὸς τὴν ἀγήρω
τ ΄ ᾿ Pr ἘΣ χαὶ μαχραίωνα βιοτὴν μετασιξλἥετα . δύο θυγατέρων πατὴρ πρὸς τῷ
zou TOUT “μι ατίσχ: διαρ; ἔσας ν : A "Ex ot LUC) TOUT) LONUATIGI ἰαρχεσ ας -, ὧν “ἢ με εν μία 3 7.2: (OL, πιφα-
, δι \ € € VELL ÔE TA2 ὠνύμως τοῦ TAT20: Ti étép PA προσηγορεύετο. T μήτηρ δὲ τὴ
νῷ ᾿ ͵ Η 72 = τοῦ ἀνδοὺς ΓΞ τη χηρεία TE χαὶ στρατεῖχ ἐξυπηρετεῖν Ὁ οἵα τε ξ ΣΥΝ À Au 5 :
΄ ἢ - ΄ A sr N Cr.
ρώσει, AVEVÔOT ως ταύτην ZITATELZOVEOY ἑχατέρων χαὶ und” EL τι γένητα: ὔ
CS = 2 ΄ NS οἵ τι ΄ γυναιχὶ σωφρονεῖν μελετησάση ἄριυόδιον, ἐπὶ τὴν τῆς στρατείας Φρονδ * ε ΕΥ "υ ‘ , Eos \ Tida τὴν ῥοπὴν πᾶσαν μετατίθησιν. πάντοθεν οὖν περ'σχοπήσασα χαὶ
EE = “ - Ν ΄ , r » , LENS ῃ πολλαχῶς τοῖς λογισμοῖς διαφόρους ἐπινοίας ἀνατυπώσχσα. ὡς οὐδεμίαν τε τς = 2 , , SN € τ 4 se 3: ἴὰ ἄλλην περιλειπομιένην ἀντιλήψεως ἐλπίδα ἑχυτῇ ἐπιχατελάσετο, ἐπὶ
AR Re τ δ 5 à À UE ι ; ᾿ τὴν ἑχυτῆς σωτηρίαν ἀνχτίθησιν. χαὶ ὡς μὲν τέχνον μονογεένες ἔχειν
= € = ΄ ΄ ; 7 \ ΄ ᾿ Σ τοῦτον μεθ᾽ ἑαυτῆς φύσεως νόμοις ἡναγχάξετο, χαὶ τὰ CHA γχνα ἐκινεῖτο
πῶ ἣν 1 ΄ Ὁ » χαὶ μηπριχῶς ἐπ᾿ αὐτῷ διεφλέγετο, μήπου τι τῶν ἀνιαρῶν ἐπι cuubair
7 \ , ᾽ / 7 NT et
, ΄ 2 ῃΖ ν᾽ = RE = L. Ἢ διὸ ἐχστρατείος ἐπιθέσει, ἀνάγραπτον αὐτὸν τοῖς στρατιωτιχοῖς ἐχόίδωσ!
τὸ ἀπὸ γεννήσεως ἀποχληρούμενον ὄνομα, οὐχ ΡΣ ΚΡ τα : RE Σ NE ; R ἄνευ δι εἴας ὀμφῆς n θεοτρόπου τινὸς ἐπιπνοίας (ὡς οἶμαι) τούτου αὐτῷ ἐπιτεθέντος τοῦ ὀνόματος, ἀλλ᾽ ὡς νίχην εἰληφέναι zur ἐχθρῶν, τῶν τε
> 7 τ ͵ "ἢ τελεῖ μέντοι χἀντεῦθεν ἐν τοῖς στρατιωτιχοῖς χαταλογοις χαὶ " TAVTA τῇ
7 ͵ ε μητρὶ γίνεται, υἱός, ἀντιλήπτωρ, φροντιστής, προστάτης, τῶν ἀνιών- TOY ἐπιχουφιστής, τῶν εὐθύμων περιποιητῆς, “ἀντιχρηματί Le ταύτῃ χηδεμιών, πατήρ, ὑπερασπιστής, τὸ μέγιστον ἀνήρ, πάντων τῶν ἐν τῷ
. Al La \ - Ξ) 1 à 5 0.40 τὴν φροντίδα χα. τῶν EXTOC τὴν ÉTLLE AE
1} ΄ - -Ν = ΄ \ φίζεται τούτοις τῶν ὀδυνῶν " UT, παραψυχὴν εὐπορήσασα, ZA τὴν EN ν
᾿ & , \ x " . - ἘΞ Le διαμονὴν τῷ γένει καὶ τὴν AUCNGLY ETUI y AVAT A. To πάντα αὐτῇ τὰ
΄ re TRE TE EN NS — } re " LE Te LULU χρημαπιςοντι χα! γαμετη συνευνάσαι τοῦτον ευστοχὼς GTOYXSE-
2. μὲν : μέγας V. — 6. τοῦ om. P. — 7. τε om. P. — ὃ. ἀποπληρώσει : ἀποχληρώσει P. — ὃ. χατὰ τειρόντων L : χατηρόντων P. — 10. τὰ : τὰς P. — 12. μετατίθησιν : διατίθησιν P. — 16. μονογεννές P. — 19. τούτῳ : τοῦτο P. — 9]. γεννήσεως : γενέσεως V. — 92, οὐχ àveu Beiac : οὐχ ἂν. εὐθείας Ρ. — ἢ : ἡ P. — ἐπιπνοίας : ἐπινοίας LP.—
RAR nt ΨΨΨ ΨΥ es
ν᾿ - ΄ CA ΄ \ , \ ται, ὡς ἂν χαὶ τῶν φροντίδων χὐτῷ συγχοινωνήσῃ τὸ γύναιον χαὶ τέχνου
ΒΡ » -ὸ N , NAN EE û
γονῇ π ϑοσθήχην οἴσει τῷ γένε EL ἐπιμειοῦσθαι χινδυνεύοντι. χαὶ δὲ ομότρο-
πον τῷ παιδὶ τὴν σύγχοντον ἐπιζητήσασα, εὑρίσχει τάχος συνετὴν OUGAV τὸ πε ς VALVE ’ Θ,! x A οὐ πε
τὴν αὐτὴν χαὶ εὐθέχτον, πολύολοον τε χχὶ τοχέων εὐπ ATpL ιδῶν ἀπόγονον. 5 / \ , À " N = ᾿Ξ Δ ΟΣ ιν Ν
τῇ ἐπωνυμίᾳ XAL μόνῃ τὸ χεχαρισιλένον δηλοῦσαν τῆς ἕξεως ([ὐφροσύνην
ie αὐτὴν OÙ TELOVTEC προσηγορεύχασιν), ἱχανὴν οὖσαν εὐφρᾶναι ἔφεσιν
G. — Ταύτῃ τοι χαὶ πατὴρ θυγατρὸς μιᾶς τῇ συζύγῳ συνευνασθεὶς ΕΣ Σ 5 τ Ν 7 LS = 3 ὁ τῆς σωφροσύνης πυρσὸς ἀποδείκνυται, μητριχῆὴς βουλῆς χαὶ oùy ἐδ - » , + ΄ 4 "2 , È δὲ ΕἸ A VE ᾿ ἡδονῆς ἀποχύημα εὐπορήσας τὸ ἔχγονον. Ἀναστασὼ δὲ αὐτὴν διὰ τὴν
ἧς SEE 3 ; st $ τῆς τοῦ γένους ἐκπτώσεως ἐ κπιζουμξ ἕνην προσαγορεύσας ἀνάστασιν καὶ
12 e SES x x SN -ἰ / δόξας ἱχανῶς ἔχειν τὴν παῖδα τὴν ὑπὲρ ἑαυτοῦ λύπην τῇ τε συνεύνῳ καὶ 9) — - \ 3 NU 3 - - No: Ὁ / / , αὐτῇ τῇ μιητρὶ ἐπιλύεσθαι, εἰ τῷ θεῷ dux τοῦ μονήρους προσχήματος αὐ-
ῃ ε \ » , ὃ 2 DANS 4 - γὃ - , πο "»