XXXIV. PIERRE PUCELLE
Il étoit fils du célèbre Avocat Pucelle, qui par ses doctes Plaidoyers et ses sçavantes Consultations s'étoit acquis une grande réputation : Il aimoit tant cette Noble Profession, que quelques biens qu'il eût acquis, et quelques Dignitezou Charges qui luy fussent présentées, il ne la voulut point quitter, et mourut même en plaidant. Il avoit raison de la chérir , car elle a été à juste titre appellée Scminarium Dignitatum. Les Avocats parmy les Romains avoient les mêmes privilèges que ceux qui étoienl employez à la Guerre, quia, dit la Loy, Advocati, C. do Advoc. diver. Iud. Non minus militant quam illi qui gladiis , clypeis et thoracibus nituntur : C'est pour cela que Guy Pape decis. 288. François Marc, vol. i.qu. 659. n. 4.
vol. 2. qu. 185. appellent cette Profession litterata Militia; sur quoy un Poète Latin a galamment dit,
Hoc quoque MilUir genus est civilïbu* armia Compositum
Aussi ceux qui postuloient en ce Parlement, après l'avoir fait vingt-ans, acqueroient la Noblesse transmissible; c'est pour cela que François Marc dit qu'ils étoient de Primo Statu Provinciœ ; et Guy Pape decis. 88. qu'ils prètoient hommage à la manière des Nobles, et dans la 888 que Advocaii officium nobile est; tellement que bien que par les Arrestsen Règlement de 1602 et de 1639 rendus au Conseil pour cette Province , ils ayent été privez de la Noblesse transmissible, néanmoins la personnelle ne leur a jamais été disputée. Ils étoient appeliez aux Jugemens du Parlomentà défaut de Juges; ils étoient pour cela nommez Consistoriaux , comme Guy Pape le rapporte en ses décisions 121 et 127. secum vocatis aliis in Iuribus Peritis.
Antomne en sa Conférence des Ordonnances sur les Loix 1 . et 2. C. de Imredit. actione» et Imbertdans ses Institutions Forenses liv. 1. chap. 17. disent que les Parlemens portoient un tel honneur aux Avocats, qu'ils étoient bien-aises de les entendre sur leur opinion , avant que de donner la leur.
Les Armoiries de ce Premier Président sont de gueules à la Croix engrelée d'or, cantonnée au premier et quatrième de Croissans montans d'Argent et au deuxième et quatrième de deux Tretïïes de même.