RECEVEURS GÉNÉRAUX
n y en a eu de deux sortes en cette province , savoir : deux receveurs généraux des deniers du pays , qui subsistent encore, et quatre receveurs généraux des finances, qui furent réduits à deux, qui ont été supprimés en 1682 et leurs fonctions unies à celles des receveurs généraux du pays par déclaration du Roi. Il y a aussi un contrôleur général. Il y a eu un édit du mois de février i 626, un autre du 9 d'août 1640 et un autre de février 1672 qui a augmenté leurs gages. Le Conseil fit un arrêt le 5 de mai 1657, qui leur ordonne de rendre compte de leurs reprises, fausses dépenses, etc.; un autre le 23 de juin 1660 , qui lem* défend de décerner aucune contrainte contre les receveurs particuliers des élections, si elles ne sont visées des intendants. On peut voir dans François Marc , part. 2«, décis, 204j de quelle manière ils peuvent donner leurs contraintes. Autrefois il n'y en avait qu'un, et il avait entrée et séance au Parlement avec la Chambre des comptes , en qualité de trésorier général. J'ai donné les noms de ceux qui ont possédé cette charge en l'article des Trésoriers.
RECEVEURS PARTICU- LIERS (les) des élections ont été créés en 1628, en même temps que les élections l'ont été. Il y en a deux en chacune ; voici quelques édits et arrêts qui les concernent :
Arrêt du Conseil du 16 de mai 1 658, qui leur défend de rien exiger de leurs emplois ou procès -verbaux qu'ils n'aient été taxes par les élus;
REGEYEDRS PARTICULIERS — RÉGOLLETS
Un autre de la Chambre de justice du 1«' de nuira 16^, pour rapporter leurs contraintes décernées ;
Déclaration du 14 de juillet 1670, qui les décharge de rapporter des certificats de non soluto^ pour l'allocation de leurs reprises, jusques et y compris l'année 1662;
Arrêt du Conseil du 4 d'octobre de la même année, qui leur défend d'exercer aucune contrainte par solidité ni autrement pour les restes des tailles avant 1662, sans être Tisée par ordre du Conseil;
Édit de fémer 1672, qui augmente leurs gages.
Le Parlement de Grenoble avait fidt un arrêt le 28 de novembre 1657^ par lequel il leur avait défendu de donner aucune rescription ou quittance sur les communautés.
Ils ont dans cette province des contrôleurs et ils font exiger la taille par la voie des gens de guerre, dont l'usage n'est connu qu'en Gascogne ; car dans les autres provmces on a toujours justement et véritablement jugé qu'il est pernicieux, stipendieux, et en quelque manière violent, et on ne l'a jamais voulu admettre.
REGSLAINES, famille noble de Lyon, originaire du Forez, que je mets ici parce que Jean de Reclaines^ gentilhomme ordinaire de la Chambre du Roi, a des domaines considérables en Dauphiné. Claude de Reclaines, son aïeul , était écuyer d'écurie du duc d' Alençon. Il porte cTor au chevron de trois pièces de sahle accompagné de trois croix pattées de mèmey 2 en chef et i en pointe.
REGOINO est une paroisse de la Bâtie-Divisin, au mandement de Glermont, au diocèse de Vienne, dont l'église est dédiée à saint Pierre , de la nomination du chapitre de Vienne.
RÉGOLLETS (les) sont des religieux de l'ordre de Saint-François, ainsi nommés à cause de la recollection ou retraite en laouelle se mirent les
Eremiers qui se rérormèrent. Le bieneureux saint Jean de la Puebla Ferrata de Sottonugor, Espagnol, donna le commencement à cette réforme par la permission des Pères de l'Observance, assemblés au chapitre général tenu à la Rochelle, l'an 1484. Il édifia un petit couvent sur la montagne de Manan en Espagne, qu'il appela Sainte-Mariedes-Aiiges , qui est le premier de la
province des Anges. Innocent VIU approuva cette réforme par sa bulle du
et elle fut reçue Tan 1583.
Les couvents que nous avons en Dauphiné sont :
A Grenoble, fondé l'an 1610 par le roi Hçnri IV, un peu avantque de mourir ; on l'appelle le couvent de l'Immaculée conception de la Sainte-Vierge.
est hors de la ville. Il a été le premier fondé dans la province de Saint^François, en France;
A la C6te-Saint- André, sur la ruine de celui des Cordeliers. Il est sous le titre de Notre-Dame des Grftces et les Récollets en prirent possession l'aa 1612;
A Montélimar, sous le titre de Saint* Jean-Baptiste, 1613;
A Saint-Eynard, qui est un ermitage de la paroisse de Meylan, auprès de Grenoble, le plus agréable quoique le plus sauvage heu qui se trouve dans cette province. U est contre ma rocher d'une hauteur prodigieuse, dont les approches ne sont ouvertes que par un cnemin étroit, bordé d'un coté de rochers et de l'autre d'horribles précipices. Étant arrivé à l'ermitage, on y voit des grottes admirables, des enfoncements dans le rocher qui ont quelque beauté , une solitude charmante bien qu'elle paraisse affreuse, une vallée qui règne assez loin le long du rocher ayant encore de grands précipices d'un côté, et des sources d'eau ravissantes. C'était autrefois un prieuré uni à celui de Saint- Michel-de-Connexe.
Thomas Bofiin l'acquit, et ce fut d'une manière qui n'entra point dans la simonie, pmsque ce fut pour y logor des Récolleto. Ce fût l'an 1615. On y trouve quelquefois plusieurs religieux qui s'y rendent pour y ûûre une sainte retraite; mais le plus souvent il n'y a que trois ou quatre prêtres et deux firères convers; ceux-ci descendent toutes les semaines à Grenoble pour y fkire la quête, car ils n'ont aucuns revenus;
A Saint-Marcellin, l'an 1619; mais il a été fondé le 24 d'août 1632, par Jean du Vache, seigneur de l'Albenc, sous le titre des Saints-Anges;
A la Tour-du-Pin , sous le vocable de saint Jérôme, 1620 ;
A Romans, le couvent du MontrCalvaire, qui avait été habité par les Cordeliers, fut donné l'an 1625 aux Réoollets;
A Briançon, l'an 1642;
RÉGOLLETS — RÉGALE
A Grenoble, second oouirent dans la Tille^ qui n'est pourtant considéré que comme un hospice. Ces pores y sont depuis Tan 1648;
Au Bourg-d'Oisans, fondé en 1661, en vertu des lettres-patentes du Roi, du mois de mars 1660, sous le yocable de saint Bonaventure.
REGOUBE AU est une paroisse du diocèse et de la judicature-mage de Die, en Télection de Montélimar^ Eaâsant demi-feu, où il y avait une commanderie de Tordre de Saint-Jean-de- Jérusalem, laquelle y était déjà en 1209, comme je l'ai vu dans un acte de ce temps-là.
REGUIaA.8 est un village de la pa« roisse et du mandement de Saint-Fir^ min, au diocèse de Gap, au bailliage de Graisivaudan et de l'élection de Grenoble, Ëdsantdeuz tiers de feu.
REGULAT en est un autre du bailliage de Saint-Narcellin, en Télection de Romans , faisant deux feux un quart sixième et vingt-quatrième.
RÉGAUES. Le Roi, par sa déclaration du 10 février 1673, a déclaré qu'il a la régale universellement dans tous les archevêchés et évéchés de son royaume, terres et pays de son obéissance, à la réserve seulement de ceux qui en sont exempts à titre onéreux, rai d'autant plus de raison de la rapporter qu'elle a été faite sur ce qpe plusieurs archevêques, évêques et chapitres de cette province et de celles de Languedoc, de Guienne et de Provence s'en prétendaient exempts; et le même jour Sa Majesté en fit un autre concernant les droits d'enregistrement des lettres de main-levée de la régale en &veur des prélats de la même province ; voilà tout ce que j'ai trouvé avoir été fait depuis peu, où le Dauphiné ait pris les intérêts en particulier, carpour le général, il y a eu un édit en 1682 concernant l'usage de la régale, et le clergé de Frace ayant fait un acte de consentement pour l'exécution de cette régale en faveur du Roi, sans restriction ni limitation ^ le 3 de février suivant , Sa Magesté fit un autre édit au mois de mars de la même année , en conséquence de cet acte, où il y a plusieurs articles touchant la régale.
Ce droit avait été fort négligé en cette province et avant l'empereur Frédéric I«r, les prélats s'en étaient emparé de leur autorité. Mais cet empereur
s'en était ûdt&ire raison et néanmoiiis ne voulant pas absolument les en dépouiller, il en obligea une partie d'en prendre du moins des concessions :
Celui de Vienne, en 1156 ;
Celui d'Embrun, en 1156;
Celui de Valence, en 1157 ;
Celui de Gap, en 1158 '
Celui de Grenoble, en 1161 et 1178 ;
Celui de Die, en 1178.
Je n'ai pas su que celui de Saint- Paul-Trois-Chftteaux y ait été compris.
Ce droit de réffale n'est pas proprement celui qui, depuis peu d'années, a causé quelques différends entre la cour de Rome et celle de France, parce qu'alors les archevêques et les évéqpies dépendaient de la nomination de leurs chapitres. L'autre était considéré comme un droit de souveraineté , oui s'étendait sur plusieurs choses que les docteurs en matière de fiefs ont dénombrées et qui ne sera, possible, pas hors de mon siiyet de les rapporter ici :
Ducatus ;
Marchias ;
Comitatus ;
Consulatus;
Moneta ;
Telonia;
Fodrumy
Vectigalia ;
Portus;
Pedatica;
Molendina;
Piscaria;
Portus;
Utilitas ex decursu fluvium ;
Angari»;
Parangariœ \
Prsestatio navium ;
Magistratus ;
Argenterie;
Paktia;
Salinœ;
Dimidium thesauri;
Inventi ;
Mina;
Censuum ;
Hommagia seu pnsstationes ;
Vi».
Celui que les Dauphins et les comtes de Valentinois et Diois ont eu sur les archevêchés et évéchés lors de la vacance, n'a pas été partout également souverain ; les évêques de Valence et de Die ont toujours résisté aux comtes.
L'archevêque de Vienne ne l'a jamais cédé, celm de Gap y a si peu consenti
RÉGALE — RËGLEIfENTS
introduit que du consentement de Tévéoue. Quant à Grenoble, les comtes de Graisivaudan, dont les successeurs ont été appelés Dauphins, s'étant emparé de la régale, ils s'étendaient même sur l'évéché le siège Tacant, et Guignes XII, dauphin, restituant à l'évémie Guillaume qui venait d'être élu, les chêteauz et les maisons de Tévêché, il est porté par Tacte, qui est du 25 de juillet 126o, que le Dauphin les tenait pro regalia sua^ aede ^iacopaU gror tianopoUtana vcLcanie,
Je n'ai fait aucun dessein d'entrer «lans le détail des régales qui appartiennent au Roi comme souverain, que les jurisconsultes appellent Majora regcuia, qui sont incommunictdbles, ni de celles qu'on appelle Minora, qui sont cessibles , ni non plus du droit qu'il a acquis par les lioertés et les prérogatives de sa couronne ou par les concordats avec les souverains pontifes. J'entrerais dans une matière trop vaste : il me suffit de ce que je viens d]écrire <^ui peut concerner cette province, et je passe à d'autres matières.
REGARD a été une famille noble du Ghampsaur, finie il y a trois cents ans.
RËGZiE (la) a été une famille noble de Grenoble, de lamielle il y a eu deux conseillers au Parlement, nommés Joffrey^ en 1462 et 1491. Le dernier ne laissa point d'enfants ; Claudine, sa sœur^ épousa Jean de Ventes, et Alix, son autre sœur, Joseph Buatier.
RËQLE desaint Benoit (la) fut reçue parmi les moines du Dauphiné, l'an 81 7 ; ils en avaient pourtant une oui était si sainte et si sage, qu'elle fut proposée, du temps de Sidonius, aux monastères des autres provinces.
REGLEMENTS. Les plus considérables qui aient été faits pour la ?rovince du Dauphiné, sont ceux du 5 d'avril 1 602 et du 24 d'octobre 1 639, par le conseil du Roi , puisqu'ils ont assoupi de grands différends, qui depuis longtemps troublaient le repos et la tranquillité des trois autres (SicJ. Le
Sremier fut fiiit à Fontainebleau, par es juges qui Airent choisis par le Roi même ; ce furent :
Henri de'^^ontmorency , duc, pair et connétable de France;
Pompone de Bellievre, chancelier de France ;
Charles de Gossé , duc de Brisssc, maréchal de France ;
Urbain de Laval de Bois-Dauphin, maréchal de France;
Maximilian de Bethune de Rosay, grand-maître de l'artillerie de France, surintendant des finances ;
Renaud de Beaune, archevêque de Bourgs, grand aumônier de France;
Guillaume de FAubespine de Ghâteauneuf , chancelier de la feue reine Louise:
Charles d'Angennes de Rambouillet;
de MaisseSy maître des requêtes, rapporteur;
de la Guesle, proeureurgé-
néral au Parlement de Fws ;
de Sancy;
Louis le Febvre de Caumartin, président au grand Conseil ;
Jean de Sève, premier président en la Cour des aides de Paris;
de Chaus, évéque de Rayonne ;
Christophe de Marie de Versigny, maître des requêtes^
Durant de Villegaignon, maître des
Celui de 1639 fût fait à Lvon, le S4 d'octobre, dans le Conseil du Roi, Si Majesté y étant, après avoir ooî Guillaume Hugues, arcnevêque d'Ëmbnm, député par les ecclésiastiques.
François de Grolée Mevouillon, nurquis de Bressieux ;
Bertrand de Simiane, baron de Montchenu ;
Melchiol de la Poype SaintJuUin;
Rostaing Antoine ;
D'Urre, marquis d'Aiguebonne ;
Jean de fioffin de la Saune ;
Jacques Armand de Gresse ; pour la noblesse.
Claude de Simiane de la Coste, président au Parlement de Grenoble, Antoine Dufisiure et Annibal Gallian, conseillers au même Parlement et ses députés ;
Humbert de Lyonne, maître des Comptes du Dauphiné, et Ponrroy Lauberivière, avocat général, députés de la Chambre des comptes ;
Antoine Chaulnes, président an bureau des finances, député des trésoriers de la généralité du Dauphiné ;
François Guerin, conseiller en la Cour des aides de vienne, député de cette Cour ;