VAUD — VAUDOIS
a donné son nom aux hérétiques Vaudois, était de Vaud ou Vaux , dans le Viennois, l'un et l'autre étant appelés dans les titres latins Valdus ou de Valdo. Il vivait Tan 1102. Ce fut en ce temps-là qu'il commença de publier ses erreurs dans les montagnes du Bauphiné ; ayant beaucoup d'éloquence et faisant comme tous ceux qui l'ont suivi, qui appliquent des passages de l'Écriture samte à leur mauvais usage, il eut bientôt infecté plusieurs communautés. Il avait déjà été chassé de Lyon, où ceux qui suivaient ses dogmes se faisaient appeler les pauvr es,
VAUDOIS , hérétiques instruits par Pierre Vaud, dont je viens de
{larler. Lés communautés de la Valouise, dans TEmbrunais et de Freissinières, dans le Gapençais, furent les premières de cette province où leur fausse doctrine fut semée. De là il passa en Languedoc et donna lieu à un concile, qui fut tenu l'an 1176^ entre Alby et Toulouse, où elle fut condamnée. Mais ceux qui l'avaient embrassée ne la quittèrent pas pour cela ; comme le diocèse d'Alby en était tout rempli, ils se firent appeler Albigeois; et ceux du Dauphiné Ghaignards et Josephites, à cause de deux ministres nommés Ghaignard et Joseph^ qui la leur avaient premièrement préchée. Elle fit de grands progrès avant qu'on s'avisât de punir ou de
f»oursmvre ceux qui la suivaient; mais es papes voulurent en prévenir les suites par des inquisiteurs ou des prédicateurs qu'ils y envoyèrent ou qu'ils commirent de temps en temps, buillaume de Saint-Marcel, natif de l'Ëmbrunais, de l'ordre des frères Mineurs, Y fut employé Tan 1290. François Bourreli, natif de Gap, et Bertrand de Saint-Guillaume, religieux du même ordre, eurent un semblable emploi l'an 1369. La Vallouise, Freissinières et TArgentière, dans le diocèse de Gap^ eurent des habitants plus opiniâtres que plusieurs autres, qui se soumirent : ce qui obligea le pape de prier le Roi, le comte de Savoie, tous les prélats, le gouverneur du Dauphiné et le Gonseil delphinal, de joindre la force à la douceur et aux remontrances des inquisiteurs , qui avaient pour chef l'évoque de Masse. Tellement que plusieurs furent faits prisonniers et, l'an 1393, parmi ceux qui
se trouvèrent encore dans les prisons, il y en eut deux cent trente qui furent brûlés. On demeura plusieurs années qu'on les laissa en repos, mais s'étant répandus dans le Valentinois, particulièrement à Ghabeuil^ à Montvendre, à Barcelonne, à Alixan^ à Ghâteaudouble et à Peyrins, auprès de Romans, et faisant des violences jusqu'à assassiner les religieux, ils réveillèrent contre eux les ressentiments de l'Église.
L'évéque de Valence ne put y remédier tout seul, tellement qu'il obtint du pape des commissaires pour procéder contre eux , comme hérétiques. Antoine Fabri, chanoine d'Embrun, en fut un et leurs soins ne furent pas toutà-fait inutiles. JeanVeyleti, religieux cordelier, y fut aussi employé, l'an 1478 , à la sollicitation de Jean , archevêque d'Embrun; mais le roi Louis XI en anôta les poursuites, par ses lettres du 18 de mai de la môme année :
ce qui obligea ce prélat d'en écrire au pape Innocent VlII, qui lui envoya pour ce siget Albert de Gatanée, archidiacre de Grémone. Gelui-ci passa à Paris où il eut permission de Charles VIII, de faire tout ce qu'il trouverait à propos , soit pour la conversion de ces misérables, soit pour leur punition. Le Roi ordonna au gouverneur du Dauphiné et au Parlement de le favoriser en toutes choses. Ge fut alors qu'Hector de Montaynard, lieutenant au gouvernement du Dauphiné, et Hugues de la Palu, se mirent à la tète de, quelques troupes, et que Bertrand Rabol, Jean oie Ventes et Jacques Robert, conseillers du Parlement de Grenoble, furent députés de leur corps pour rendre la justice par tout où il serait nécessaire. Le cordelier Veyleti continua d'être employé. Gatanée commença par envover des prédicateurs; mais, comme ils n'y faisaient pas grand'chose , par l'obstination de ces malheureux , les troupes marchèrent contre eux et commencèrent par ceux de Freissynières, qu'ils forcèrent en des forts qu'ils avaient construits sur leurs montagnes. Ils en firent des
Ï prisonniers; les uns se convertirent, es autres furent brûlés. De là cette armée passa dans la Vallouise , dont les habitants s'étaient sauvés en une caverne, appelée Aile- Froide, à l'entrée de laquelle on mit du bois et de la paille et on les étouffa presque tous , par le moyen de la fumée ^ parce qu'ils
VAUDOIS — VAUaœiiRE
rtAnèmit d*Mi sortir, y ayant fatt porter des vivres peur deux ans. On y trouva quatre cents enfants morts ou dans leur berceau, ou dans les bras de leurs mères, périesavec eux. Entin tous les habitanU de la Vallouise y iuFeni tués, ou se précipitèrent par des rochers, de manière qu'il fallut, foar la repeupler, appeler des catholiques à qui on dcmna leurs maisons et leurs biens. Ceux de rArgenUère feront aussi attaqués, mais ils sauvé* rent leur vie par leur abjuration. Après ces progrès, les troupes furent licenciées, et le Parlement rappela ses commissaires. Tout cela arriva sous le règne de Charles VIII , après la mort duquel Louis XII sursit les poursuites qu'on continuait de faire contre eus, par le ministère du conseiller PoM et d*Oronce, juge de Briançon, qui avaient été subrogés aux autres; mais on les recommença l'an 1501 , parce que cette hérésie s'étendait déjA bien avant dans d'autres communautés du Briançonnais et, entre autres, dans celles d'Oulx et de Bardonnenche, très considérables et très grandes.
Laurent , évéque de Sisteron, et Thomas Pascal, ofiicial d'Orléans, furent commis par le pape pour s'y transporter et leur prêcher; mais ce fut en vain. Antoine d'Ëstaing, évéque d'Angouléme, y fut envoyé l'an 1514; mais il n'y réussit pas. Enfln le Calvinisme étant venu, et cette nouvelle hérésie étant peu différente de l'autre, elles se sont jointes ; les Vaudois ont accueilli les calvinistes et ceux-ci ont soutenu les autres, tellement que des dogmes des uns et des autres s'est formée la religion que nous appelons huguenote , et qu'avec l'aide de Dieu et les soins de notre grand monarque, nous voyons tous les jours courir à sa fin par une infinité de conversions.
VAUGRIS est une paroisse du diocèse, du bailliage et de l'élection de Vienne , faisant trois quarts huitième de feu.
VAUJANY est une paroisse du mandement d'Oisans, au diocèse de Grenoble , de réleclion de la même ville et du bailliage du Graisivaudan , faisant quatre feux , dont Téglise est
à saifii Etienne, de la coUatioa de la prévôté d'Oulx.
Il y a une famille noble de ce nom dans la vallée du Graisivaudan, originaire de Trièves, divisée en deux branches, qui porte burelè d'argent et d'azur à dix pièces au chef de gueules^ chargé dun lion ncUssatU d^or,
VAULNAVETS est une paroisse du mandement de Vûdile, au diocèse et en l'élection de Grenoble, au bailliage du Graisivaudan, divisée en Haut, faisant cinq feux trois quarts , et en Bas, composée de cinq feux et trentedeuxième. Son église est dédiée à saint Jean, de la nomination du pneur da lieu ; et il y a le monastère de Prémol pour des filles de l'ordre des Quatreux.
Il y a encore une paroisse de ce nom, au diocèse et en Télectionde Valence, de la vi-sénéchaussée de Crest, même en première instance, faisant deux feux. Louis de Poitiers, dernier comte de Valentinois, la donne à Antoine de Clermont , seigneur de Montoison, par son testament du 22 de juin 1419.
Il y a eu une famille noble de ce nom de Vaulnaveys, qui habitait à Grenoble; elle est finie il y a près de trois cents ans.
VAURE est une âuniHe du Viennois, divisée en trois branches :
La première, du sieur de Bonces; La deuxième , du sieur de Saint- Ferjeul ;
La troisième, du sieur de la Thuilière.
Elle porte daxur à la bande dotgent accompagnée de trois étoiles dt même, deux en chef rangées, une en pointe.
Louis de Vaure demeura longtemps en Italie pour le service du roi François ler.
Flory de Vaure , sieur de la Thoilière, commandait pour le Roi dans la ville de Dunkelspil en Allemagne, 1(>45.
VAUSSERRE est un mandement du diocèse de Vienne et de Belley, au bailliage et en l'élection de Vienne, faisant quatre feux trois quarts, composé des paroisses qui suivent :
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Stûnt-Hartin, du diocèse de Belley;
Saint-Albin, du diocèse de Belley ;
Sainl-BaudiUe ou Sùot-Bueil, du diocèse devienne, de la nomination du pri«ur de Voissant;
Saint-Jean-d'Avelanne , du diocèse de Belley , partie du mandement du PoDt-de-Beaa voisin, partie de celui de Vausserre ;
Voisaant, du diocèse de Vienne, oà il ï a un prieuré, dont l'égliEe est dédiée à Notre-Dame, de la nomination du prieur du lieu. Le cbftteau est dans C0lle~ci et 11 y a nne foire ;
Vaueserre, dédié à saiut Georges, du diocèse de Vienne, même collation.
Guillaume de Clermont eoumit le mandement de Vausserre à l'église de Vienne , l'an 1203 , moyennant 4,000 Buls d'or, monnaie viennoise, ({ue cette église lui donna; il est vrai que moyennant celte somme il soumit aussi Clermont et Crespol.
n y a encore une paroisse de Vaus- Mire au diocèse et bailllE^ d'Embrun «t an l'éleclion de Gap, faisant un feu «t demi, éloignée de la première ville de cinq lieues et demie et de l'autre de deux et demie. La Durance y passe et il y croît d'assez hon vin.
Elle donna son nom à une branche de l'ancienne et noble famille de Saint- Marcel, à qui elle appartenait. Ce fut Giraud de Saint-Marcel qui le prit environ l'an 1300. Il fut le troisième aïeul de François, qui reprit celui de Baint- Harcel, sous lequel deux branches de cette &mille ont fini, comme J'ai dit sur l'article de Saint-Uarcel.
La branche de Vausserre portait d'argtfit à l'aigle de sable aoeùtnpagtiée en pointe de trot» losanges de même 2 et i, et une bordure engrelée de gueules.
Raybaud de Vausserre, coseigneur de Hontorcier, qui vivait l'anlBâO, en commença une; il était fils putné de Lantelme de Vausserre Illa du nom et faisait le septième degré de celle gé-
Vausaerre , baron de« Adrels, qui a longtemps porté les arme« pour le service du Roi, était capitaine de cavalerie; César de Vausserre, son père , qui avait épousé en premières noces une des fiÛes du fameux baron des Adrets, servit aussi lon^mps en qualité de capitaine en divers régiraenls. Cette branche porte pour ar-