‹ Bibliothèque historique et littéraire du DauphinéChapitre 59 sur 213 · OURS — 020N · texte numérisé non relu

OURS — 020N

on les tue, mais ce n'est pas sans danger, car si on les manque Us se ruent sur les chasseurs, les terrassent et les étranglent. On les prend aussi avec des lilets ; mais il faut qu'ils soient extrêmement forts, et on n'oserait même les approcher , tellement qu'on est obligé de les y tuer ou avec des fusils ou avec des masses ; on va aussi à la chasse de Talfut, et ceux qui les attendent montent sur des arbres pour leur tirer à loisir et à leur aise , que s'ils les manquent, Tanimal s'élance jusqu'à l'endroit où ils sont perchés , quelque pesant qu'il soit et il ne peuvent s'en garantir qu'en lui coupant les pattes de devant à mesure qu'il grimpe contre l'arbre, et les chasseurs portent pour cela de petites haches. Lorsqu'on a tué une ourse, ses petits la cherchent et se laissent facilement prendre en vie. La graisse de cette hôte est fort recherchée, parce qu'elle est très bonne pour adoucir les nerfs et pour apaiser les douleurs de la sciatique et môme celle^ des gouttes froi des.

OUVANE était une divinité des AUobroges, et sous ce nom ils adoraient Minerve. Joseph Scaliger a écrit qu'Ouvane a aussi été appelée Bélisame.

OTEUX est une paroisse du mandement de Glermont, au diocèse, au bailliage et en l'élection de Vienne, faisant un feu trois quarts et huitième , où il y a un prieuré , q[ui nomme le curé pour 1 église , qui est dédiée à sain t Pie rre.

OYTIERS est à deux lieues de

Vienne , ainsi appelé parce que la huitième pierre miUiaire y était plantée.

Il en est fait mention dans une carte de la 3® année de Rodolphe , dernier roi de Bourgogne, sous le nom d'Octavus.

OZ est une paroisse du mandement d'Oisans, au diocèse et en l'élection de Grenoble, au bailliage du Graisivaudan, Êûsant trois feux trois quarts, dont l'église est dédiée à saint Ferréol, de la collation d'Oulx , bien que par la visite de Laurent Alleman , il soit dit qu'elle est de sa nomination et qu'il en retirait les dîmes qui lors étaient lixées, tant pour cette paroisse que pour celle d'Allemond et de Livet , à douze setiers de seigle.

OZ£ est une contrée du Gapençais, fort stérile et où le bétail meurt facilement. Jorson de Rosans^ en qualité de tuteur de Guillaume Auger, qui en était seigneur , fait hommage pour lui au dauphin Humbert II, pour ce qu'il possédait, soit en paroisses, châteaux, hameaux et fiefs, et les nomme ainsi :

Oze;

Ghabestan ;

Le Faix;

Velolonne ;

Le Désert;

Ghàteauneuf;

La Bâtie de Veranes;

La Tour de Ghamprose.

OZON est une rivière du Viennois, au-dessous de Lyon , qui entre dans le Rhône. Ses eaux sont puantes et d'une couleur qui déplaît. Elle passe à Saint-Symphorien, qui, à cause d'elle, est appelé Saint-Symphorien-d'Ozon.

PAGHAUDIËRES — PAIX

PAGHAUDIËRES est une paroisse du diocèse , du bailliage et de rélect ion d e Vienne.

PACSIUS est une famille noble de Valence, originaire de Vicence, en Lombardie, qui porte coupé au i d'azur à la colomoe essorée d*argent tenant en son bec un rameau d'olivier desinople, au 2 bandé d^ argent et de sinopte de six pièces , et sur le coupé il y a une trangle de gueules, Jullus Pacius, jurisconsulte^ est le iJtemier qui a paru en cette province.

U enseigna dans FUniTersité de Valence, et les doctes ouvrages qu'il a donnés au public sont des témoignages de son profond savoir, en voici un dénombrement :

Cronomia; Ad 4 y lib.cod.; AncUysis cod. ; Isagoge;

Jn organum Aristot.; De dominio maris Adriat. ; MethodicoruTn et de contractibus ; Notœ in Instit. ;

Ad novam Frederici constitution nem; In doctrina peripat, ; Dejuris methodoet centuria commentar. in physic.

De anima Aristot.; Notœ in Phis. Arist, arœc. ; Lat, Hanoniœ cum uUina inter^ prêt.

M. Huet le loue, lib. 2, de Claris interpretibus.

PAIN. Il y a eu une famille noble de ce nom au lieu de Saint -Lat tier, dans le bailliage de Saint-Marcellin , de laquelle j'ai vu des hommages nobles en la Chambre des comptes , depuis 1300 jusqu'en 1430.

PAINGHAUD a été une famille noble de Gap , finie par Pierre de Painchaud, sei^eur du Poêt, Tan 1360.

Il y en a eu plusieurs traités entre les Dauphins et les comtes de Savoie, qui sont assez curieux pour n'être pas oubliés. Le premier qui me soit connu , fut fait par la médiation du pape, d'Edouard, roi d'Angleterre, et de Robert, de Bourgogne, par Guillaume, archevêque de Vienne, et par Perceval de Fiesque deLavance, sousdiacre et chapelam du pape , et vicaire général de 1 empereur, en Toscane, qui furent leurs arbitres et qui le conclurent un jeudi après l'octave de la Saint-Martin d'hiver, de l'an 1287. D y fut dit que le Dauphin épouserait Marguerite, fille du comte, que le Dauphin ferait hommage à l'autre de la baronnie de la Tour-du-Pin, à moins qu'il ne fît voir par titres, dans un an , qu'il n'y fût pas tenu ; que le comte rendrait au Dauphin Bourgoin et le Colombier, dans le Viennois, et celui-ci à l'autre le château de Cueys.

Les cautions de l'un et de l'autre lurent pour l'observation :

Humbert, sire de Thoire;

Aimon , comte de Genève ;

Jean , seigneur de Chandieu ;

Aimar , seigneur de Maubec ;

Humbert , seigneur de Montluel.

Le second fut fait le 24 d'avril 12()2, entre Voiron et Moirans , en la cha-

Êelle de l'hôpital de Saint-Jean, où [umbert, dauphin et Amédée. comte de Savoie, se trouvèrent et conférèrent ensemble pour y parvenir. Il y fut dit que le Faucigny dépendrait du fief du comte. Les arbitres sont nonmiés dans l'acte :

Aimon , supérieur général de l'ordre de Saint- Antoine du Viennois;

Rodolphe de Montbel , seigneur d'Entremont ;

Eudes Alleman, mistral de Vienne ;

Guignes Alleman , .seigneur de Valbonnais.

PAIX

Alleman Dupuy -,

Benoit Rolland de Suze ;

Jean de Goncelin , juge des comtés de Vienne et d'AIbon :

Falques, seigneur de Montchenu;

Rodolphe, seigneur du Gua;

Le troisième se fit à Villard-Benoît, dans le mandement d'Avallon , le 10 de juin 1293. La^ville d*Amboumay, Saint-Jean-de-Bournay, le fief d'Àrvillars, ceux d'Entremont, de Marc, de Villeneuve, de laPalud . de Dolomieu , la seigneurie de la Buisse , et l'île de Giers, furent laissés au comte; mais il fut permis au Dauphin de Êiire démolir le cnâteau de la Buisse, celui de Demptésieu ; la maison-forte de Saint- Laurent et les fiefs de Montrevel , de Meyzieu et du Bouchage , lui furent adjugés, n lut chargé de faire démolir la Bâtie de Montbrison; enfin il fut résolu que ni l'un ni l'autre ne feraient à l'avenir de nouvelles forteresses dans le mandement d'Avallon , vers les Molettes. Les arbitres furent :

Bertrand, archevêque de Tarentaise ;

Guillaume de Sassenage , évéque de Grenoble ;

Philippe de Savoie, prince d'Achaïe;

Guides Alleman, seigneur deValbonnais.

Les commissaires pour l'exécution de ce traité furent :

Hugues de la Rochette et Pierre- François chevaliers, pour le comte ;

Pierre Aynard et Hugues de Gommiers, pour le Dauphin.

Le quatrième fut fait le 7 de mai 4334 , entre Humbert , dauphin II« du nom , et Aymar , comte de Savoie , à qui il fut publié dans des prairies qui sont entre Chapareillan , au mandement de Bellecorabe, en Dauphiné, et Montmeillan^ qui est en Savoie, où ces princes se trouvèrent. Le comte y renonça en faveur du Dauphin , à tous les droits qu'il prétendait sur la terre de Montluel, en Bresse, à la réserve du fief de Ghâtillon, de Ghotagne, et sur celle de Girieu. Il promit de faire raser la Bâtie de Saint-Jean-de- Vieux, de donner au Dauphin, pour le dégrever de la ruine du château de Girieu, des fonds que les anciens seigneurs de Girieu avaient possédés dans la terre de Chandieu, dans le Viennois , de lui rendre le château de Honteux, appartenant au comte de Genève et celui de ViUars appartenant

à Humbert de Villars; et d'ailleurs de lui rendre tout ce qui avait apjpartenu aux maisons de Genève et de v illars ; il renonça aux fiefs de Faucigny et à l'hommage qui lui était dû par le Dauphin, comme seigneur de Faucigny, moyennant 25,000 liv. de petits tournois bons , monnaie courante, et s'obligea de faire renoncer pour le même prix à Guichard, seigneur de Beaujeu, à tous ses droits sur les châteaux de Meximieu et du bourg Saint-Ghristophle en Dombes, qui avaient été donnes au Dauphin, après la bataille de Varey. Le Dauphin se départit de son côté de tout ce qu'il prétendait sur les terres de Saint-Germain, d'Ambérieu et des Alimes , depuis la Rivière d'Abaron, en remontant vers ces deux châteaux et les mandements d'Ambronay et de Saint-Rambert, à la réserve de celui de Saint-Martin , sur les terres de Balon et de Grandfort , à la charge que Humbert, seigneur de Villars , qui en était propriétaire, n'en ferait aucun hommage au comte. Il tenait la Bâtie de Suze, il promit de la rendre au comte , et enfin de payer 30,000 liv. , à quoi furent liquidés la dot et le douaire de Marie de Savoie , veuve de Hugues, dauphin, baron de Faucigny. J'ai vu ce traité dans les registres de Pilati, qui sont dans la Ghambre des comptes. Il fut fait par l'entremise de ceux qui suivent :

Amédée , comte de Genève ;

Antoine de Glermont, seigneur de la Bâtie d'Albanais ;

Philippe de Provanes, jurisconsulte^ de la part du comte ;

Humbert de Gholay, seigneur du Pont de Boringes ;

Amblard de Beaujnont, de la part du Dauphin.

Geux qui furent présents à l'acte y sont nommés :

Amédée de Rossillon, coseigneur du Bouchage ;

Hugues de Ghastelart ;

Jean Mistral, seigneur de Graifieu;

Girin de Saint-Symphorien , chevalier.

Le cinquième traité de paix fut fait le 7 de novembre suivant, à cause de auelques articles de Tautre qui étaient demeurés indécis. On le trouve au même registre de la Ghambre des comptes, intitulé : Hic sunt parti- Hones domini Humherti delphinL Les mêmes princes se virent dans une

PÂEL

mnge des chartreux , appelée de la Sylve, auprès de Moirans; et tout ce qae le Dauphin devait au comte en conséquence des précédents titres, fut liquide à la somme de 65,000 liv. , y étant comprises 5,000 liv. , à quoi le pape Jean XXII avait réduit les prétentions du baron de Beaujeu , pour le droit de fief sur le seigneur de v illars.

L'assemblée fut nombreuse et célèbre, car il s*y trouva :

L'évéquedu Puy;

Guillaume , abbé de Saint- Antoine du Viennois ;

Âmédée Âlleman , prieur de Saint- Laurent de Grenoble ;

Sofirey de Gommiers, prieur de Saint-Ëtienne-de-Saint-Geoirs ;

Bertrand , comte de Montcayeux ;

Amédée, comte de Genève;

Hugues de Genève, seigneur d'Anthon;

Humbert de Villars;

Girard de Rossillon , seigneur d'Annonay;

Antoine de Glermont , seigneur de la Bâtie d'Albanais ;

Guillaume de Ghàtillon ;

Albert de Sassenage ;

Guy de Grolée, seigneur de Neyrieu;

Lantelme Aynard '

Guillaume Artaud;

Amédée de Rossillon, seigneur du Bouchage;

Henri de Drenes;

Pons Glaret;

Lantelme de Granges ;

Jacques Tôte-Grosse;

Etienne Roux ;

François de Bastige;

Girard de la Guespe, seigneur de Varax;

Jean, seigneur de Gorgenoux;

Guillaume de Montbel, seigneur d'Entremont;

Humbert, bâtard de Savoie, seigneur d'Éclose*

Aynard de Bellecombe ;

Perret d'Avallon ;

Girin de Saint-Symphorien;

Pierre Maréchal ;

Aymon de Verderon ;

Jean de Meirieu.

Le sixième traité est encore dans le même registre et fut fait entre ces mêmes princes, le 7 de septembre 1337, après une conférence faite à Charentonay, auprès devienne, où ils promirent d'observer les précédents et nommant, pour de nouvelles liqui-

dations, de la part du dauphin, Amédée de Rossillon et Amblard de Beaumont, et de la part du comte, Antoine de Glermont et Guillaume de Gastillon, à qui ils donnèrent pouvoir de limiter leurs États dans le Dauphiné et dans le Bugey. Ils y firent une ligue offensive et défensive contre tous, a la réserve de quelques-uns qu'ils exceptèrent , savoir :

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