‹ Bibliothèque historique, monumentale, ecclésiastique, et littéraire, de la Picardie et de l'ArtoisChapitre 108 sur 170 · ARCHIVES DES ANCIENS COMTES D'ARTOIS · texte numérisé non relu

ARCHIVES DES ANCIENS COMTES D'ARTOIS

Le dépôt des chartes d'Artois renferme les archives des anciens comtes de cette province jusqu'au moment où l'Artois fut réuni à la Flandre (1357) par suite du mariage de Philippe de Rouvre , comte de Bourgogne et comte d'Artois, avec Marguerite, fille du comte de Flandre, Louis de Mâle* .

Après ce mariage le dépôt des chartes d'Artois fut remplacé par celui de la Chambre des Comptes de I^iUç; l'on explique ainsi pourquoi le dépôt diplomatique de cette dernière ville renferme beaucoup plus de documents sur l'Artois que le dépôt d'Arras lui-même.

Dans le cours du xvi.^ siècle il a été fait deux inventaires des chartes d'Artois; mais ces répertoires ont été exécutés avec peu de méthode et de soin et , dés le siècle dernier, il n'existait plus aucun rapport entre l'ordre des inventaires et celui des actes qui s'y trouvaient mentionnés.

En 1785 le garde des sceaux , M. Hues de Miroménil , chargea DenisJoseph Godefroy, archiviste de la Chambre des Comptes à Lille , de rétablir l'ordre dans le dépôt d'Arras et d'en former un inventaire sur le même plan que celui qu'il avait déjà entrepris pour les archives de Flandre.

M. Godefroy se rendit à Arras avec plusieurs commis , au printemps de 1786 , et aidé de M. l'abbé Douez , aumônier du Conseil d'Artois , qui avait déjà fait de nombreuses recherches dans ce dépôt, classa et analysa les chartes.

Le premier volume de l'inventaire est un fort in-folio de plus de 800 pages ; la plus ancienne charte porte la date de 1102. Elle émane de Robert II, comte d'Artois.

La dernière qui est de 1287 offre sur 5 bandes de parchemin un état détaillé des revenus du Boulonnais à cette époque.

Le deuxième volume n'avait pu être achevé à cause de la Révolution. M. Charles Godefroy, ancien sous-préfet, demeurant à Lille ^ avait entre les mains les bulletins analytiques de son père ; M. Quenson, membre du conseil-général , et M. le docteur Le Glay, archiviste-général du Nord , en obtinrent la communication ; M. Le Glay termina en 1838 le travail commencé par le célèbre archiviste de la Chambre des Comptes. Ce volume s'étend de l'année 1288 à 1303 ; il a sans la table , rédigée avec le plus grand soin par M. Le Glay , 544 pages ; le premier acte est du 21 avril 1288 et le dernier porte la date du mois de juillet 1303.

Il existait à Arras d'après les inventaires trois cartulaires, le premier ren-

1 Depuis Ior> l'Artois ne cessa plus d'appartenir aux souverains de la Flandre jusqu'à l'époque où ces deux provinces furent réunies à 1« France en vertu du traité des Pyrénées et de la paix de Nimègue (1669—1678.)

fermant 200 actes pour les années 1297 - 1298 , le deuxième de 1302 à 1309 , le troisième de 1309 à 1321.

Malheureusement de ces trois cartulaires M. Godin , archiviste , n*a pu tetrouver que le premier , dont les derniers feuillets ont été enlevés. Il a reconnu que ces cartulaires n'existaient déjà plus dans le dépôt en 1810 époque où les chartes portées sur l'inventaire n." 1 ont été numérotées.

Malheureusement encore une grande partie des chartes postérieures à 1287 étaient restées déposées dans le palais de justice d'Arras et se trouvaient dans un état de détérioration complète. Elles y avaient été de plus l'objet de dilapidations nombreuses.

En 1838 ces archives furent remises à la garde de M. Godin et transportées par ses soins dans les bâtimens de Saint-Vaast. Un premier triage à fait reconnaître à l'archiviste que les chartes ou confirmations de communes , franchises ou privilèges concédés depuis 1287 avaient disparu.

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