‹ Bibliothèque historique, monumentale, ecclésiastique, et littéraire, de la Picardie et de l'ArtoisChapitre 132 sur 170 · CAMP DE GOUVIEUX · texte numérisé non relu

CAMP DE GOUVIEUX

Le camp de Gouvieux , près Chantilly , a été décrit par Fontenu dans lo tome 10 des Mémoires de l'Académie des Inscriptions et Belles-Lettres. Sa forme triangulaire est l'une de celles qu'indique Végèce ( De re militari , lib. 1 , c. 23 et lib. 3 c. 8. ) La position de ce camp sur les bords de la Nonette , de l'Oise , près des forêts de Chantilly et du Lys , était très-avantageuse pour tous les besoins d'une armée romaine , aquatio . frumentatio , pabulatio , lignatio. Les autres conditions voulues pour un stativum s'y rencontrent : « son » périmètre garni d'un boulevard caillouté, haut de 6 à 8 mètres, conservé » presque sans interruption , ses trois ouvertures ou entrées. » ( une quatrième

a pu se trouver effacée tout comme les fossés par l'action des travaux de l'hommo et celle du temps.)

La longueur moyenne de 1,000 mètres (1,100 au sud, 960 au nord) étant multipliée par 175 mètres du côté qui va vers l'est ( car c'est un triangle bien qu'irrégulier) donne 175,000 mètres carrés ou centiares de superficie locale tant extérieure qu'intérieure ou 17 hectares et demi. En la supposant réduite pour l'intérieur à 15 hectares , ce qui peut bien même être encore trop, le camp de Gouvieux n'aurait pu contenir qu'une légion césarienne au complet. (Dissertation sur les Camps Romains de la Somme. § xni p. 20.) On a donc eu raison de ne pas admettre sur ce point-ci la tradition locale qui y aurait fait camper Jules César avec huit légions. Mais il a pu y placer en camp d'hiver soit l'une des trois légions qui occupèrent le Belgium, lors de la première dislocation de la cinquième année ( lib. 5 de B. G. c. 24 ) soit l'une des quatre légions qui y hivernèrent à la fin de la huitième année. (Lib. 8. c. 46.)

« Les pentes roides et escarpées des côtés nord et sud parallèles aux deux » rivières » ont bien pu dispenser d'y creuser des fossés dont on ne parle pas. Tout indique , pour conclusion , que le camp de Gouvieux dit de César a été un stativum romain , peut-être fondé originairement par le conquérant des Gaules, et dont, dans cette hypothèse, la conservation a dû être reconnue par ses successeurs , à l'entrée méridionale du pays de la plus puissante et la plus belliqueuse cité de la Belgique et des Gaules ( Com. de B. G. }

CAMP DE CATENOY.

L'abbé de Fontenu a décrit ce camp dans le tome xni.' des Mémoires de l'Académie des Inscriptions et Belles-Lettres. Comme celui de Gouvieux , le camp de Catenoy est « de forme triangulaire. Son boulevard caillouté de sept » à huit mètres de hauteur sur vingt d'épaisseur ( à la base sans doute ) , le » fossé de 190 mètres qui le ferme vers l'ouest, le voisinage de deux voies » romaines , » tout enfin indique qu'il y a eu là un point fortifié par les Romains, un castellum , munimentum ou custodia qui, d'après sa superficie intérieure de 4 hectares , 63 ares , 10 centiares , pouvait contenir une demi-légion [Dissertation sur les Camps Romains de la Somme, § xui, p. 19 — 21. j

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