‹ Bibliothèque historique, monumentale, ecclésiastique, et littéraire, de la Picardie et de l'ArtoisChapitre 165 sur 170 · REVUE HISTORIQUE ET ARCHÉOLOGIQUE DES ÉGLISES DE PICARDIE ET D'ARTOIS · texte numérisé non relu

REVUE HISTORIQUE ET ARCHÉOLOGIQUE DES ÉGLISES DE PICARDIE ET D'ARTOIS

Les diverses églises que nous allons ajouter à celles déjà décrites dans la Revue historique et archéologique des monuments religieux de Picardie et d'Artois ne sont ni les moins remarquables ni les moins intéressantes des diocèses d'Amiens , d'Arras et de Beauvais.

I f Extrait de Noblesse et Chevalerie du comté de Flandre, d'Artois et de Picardie , publié par P. ROGER, sous-préfet de Ploërmel , membre de la Société des Antiquaires de Picardie. )

I. Saint-Jacques d'Abbeville (diocèse d'Amiens). Cette église fut rebâtie en 1482. Le grand clocher, séparé du reste de l'édifice, date de l'an 1542. La cause de cette séparation vient , dit-on , de la force de la première sonnerie qui aurait pu ébranler l'église construite sur un terrain mouvant. Ce clocher renferme la plus grosse cloche d'Abbeville ; la tradition alTirme qu'on fut obligé d'en relever trois fois la porte, parce qu'elle s'enfonçait en s'inclinant un peu, sans toutefois se lézarder '.

IL L'église de Curlu est remarquable par les peintures qui enrichissent la voûte en bois de sa nef, par les statues des apôtres qui surmontent sa corniche, par sa chaire que supporte une figure de Samson et par sa cloche qui est fort ancienne. Le long des murs se trouvent des tables de pierre couvertes de figures et d'inscriptions curieuses. L'une d'elles porte la date de 1376 ; une autre fait connaître que Nicolas Watin , maître et principal du collège de Fortel de Paris , abbé de Saint-Yved de Braîne , natif de Curlu , avait fondé deux bourses dans ce collège pour deux enfants du village où il avait reçu le jour -.

IIL L'église d'Harbonnières qu'un pieux évéque d'Amiens, M.gr de La Motte, appelait la petite Cathédrale du Santerre est extrêmement remarquable. Le grand portail a malheureusement été obstrué par un porche moderne qui prive le voyageur du plaisir d'examiner à son aise ses divers ornements. Il n'en est pas ainsi du petit portail placé au midi. L'oeil peut embrasser toutes ses richesses et jouir du beau point de vue que présentent , de ce côté , et ce portail et le superbe clocher en dôme qui surmonte l'édifice. Les sculptures de l'ogive du porche sont fort curieuses : on voit au premier cordon un ornement contre - chevronné qui s'étend du haut en bas ; au second cordon se trouvent des feuilles et des fleurs de diverses espèces; au troisième des salamandres ; au quatrième plusieurs niches sous lesquelles étaient placés de petits bas-reliefs représentant les principaux traits de l'Histoire Sainte et de la vie du patron de l'église. Le tympan offre dans le haut un buste du Père Éternel entouré de rayons sinueux; plus bas paraît le St.-Esprit et les restes d'un lys. On remarque à gauche un ange et à droite une statue de la Ste-Vierge qui rappellent le mystère de l'Annonciation. Mais cette représentation a cela de particulier qu'à droite et à gauche du St.-Esprit se trouvent les quatre symboles des Évangélistes. Des piliers butants , naguères décorés de niches et d'images de saints , enrichissent de ce côté le monument. L'intérieur forme la croix latine. Deux rangs de piliers , composés d'un faisceau de colonnes , soutiennent les voûtes. Les chapiteaux , ou la corniche qui les surmonte à la hauteur de chaque arcade, sont ornés de guirlandes, d'arabesques et de figures dans le style du xvi."' siècle. La chaire est magnifique; on y remarque des bas-reliefs représentant la prédication de

1 Renseignements communiqués par M. le curé de Saint-Jacques d'Abbeville.

2 1(1. par M. l'abbé Brassart , desservant à Curlu.

Saint - Jean et les quatre Évangélistes. De belles grilles servent de clôture au chœur et aux chapelles qui terminent les bas-côtés. La voûte des transepts et celle du sanctuaire sont fort élevées. De superbes boiseries décorent cette dernière partie de l'édifice. A droite et à gauche de l'autel on remarque les statues en bois de St. -Jean-Baptiste et de St.-Martin, plus grandes que nature. Le tableau d'autel représente la Résurrection. Un rétable à colonnes torses enrichit la chapelle de la Stc-Yierge placée à l'extrémité du bas-côté gauche. La chapelle de St.-Tranquillin se trouve de l'autre côté. Le tableau qui décore l'autel représente ce saint qu'on lapide au moment où il priait près du tombeau des saints apôtres. Une partie considérable de ses reliques est conservée dans une belle châsse posée sur l'autel. On vient en pèlerinage dans cette église pendant 9 jours , au mois de juillet. Contre le mur , à droite de cette chapelle , on voit Tépitaphe d'un pieux et zélé missionnaire du pays, appelé le P. Augustin, mort à Harbonnières comme il finissait de prêcher le carême dans ce bourg où il était né, la nuit même de Pâques 1698. Son corps fut inhumé vis-à-vis une verrière donnée par ses ancêtres à l'église d'Harbonnières. Malheureusement cette verrière et plusieurs autres sur lesquelles on remarquait une foule de personnages et d'écussons aux armes de la puissante maison de Lorraine n'existent plus. Le clocher soutenu en l'air par les quatre maîtres piliers qui semblent près de s'écrouler sous le poids énorme qu'ils supportent , contient une belle cloche appelée Pauline ; cette cloche fut bénite par M. Billot en 1736. Le parrain fut M. de Soyecourt, marquis de Feuquières, et la marraine Pauline de Pas , marquise de Feuquières , sa femme • .

IV. L'église de Marcelcave est assez belle , mais de construction moderne ; la nef et la tour placées au côté gauche du grand portail semblent les parties les plus anciennes. A l'un des piliers extérieurs du chœur on voit, sous une niche surmontée d'ornements en trèfles, une belle statue de la Ste-Vierge qui paraît remonter au xv.' siècle *.

V. L'église de Rœux ( diocèse d'Arras ) , placée au centre de la commune et sur l'emplacement d'une ancienne ferme, fut bâtie en 1770 au moyen d'une somme de 20,000 fr, , donnée par M. Xavier Leroux du Châtelet, et des sacrifices que s'imposèrent généreusement les habitants. On remarque , à l'intérieur, au-dessus du porche principal, un beau groupe représentant VAnge Gardien, dû au ciseau du sculpteur Letoquart. Le tableau du maltre-autel dont le sujet est le Crucifiement a , dit-on , été exécuté sous les yeux et d'après le tableau original du célèbre Van Dick. Deux reliquaires, voisins du maître-autel, fixent aussi les regards '.

VL Locon a une église du xvi.' siècle dont les vitraux font l'admiration de

1 Noiei de M. H. Dusevel.

S Renseignements communiqués pat M. l'abbé Porquez , desservant à Murcelcaye.

3 Id. par M. l'abbé Demory , desservant à Rœuz.

tous les connaisseurs. On y remarque les scènes suivantes: t." le Martyre de St.- André , de Ste-Barbe et de Ste-Catlierine ; 2." le Jugement dernier ; S." l'Assomption de la Vierge ; 4." la Résurrection ; 5.° le Couronnement de Marie; G." la Rencontre de St. -Hubert avec le Cerf dans une Forêt , etc. etc. Plusieurs personnages offrent une touche si riche et si fine qu'on les prendrait pour des miniatures. On doit la conservation de ces beaux vitraux à M. le curé de Locon. Ce respectable ecclésiastique sut déjouer le projet qu'avaient conçu plusieurs Anglais d'en dépouiller son église en les achetant. La chaire passe pour un chef-d'œuvre de sculpture ; elle est de forme hexagone et offre sur ses panneaux plusieurs bas-reliefs sculptés parmi lesquels on distingue l'Assomption et la descente du Saint-Esprit. Le tableau d'autel est une copie de la descente de Croix de Rubens. h' Assomption de la Ste- Vierge, autre tableau fort détérioré qu'on voit à l'autel sous l'invocation de la mère du Sauveur, est regardé comme une peinture excellente. Le reliquaire où se trouve un fragment de la vraie croix rapportée de Jérusalem par les RR. P. Marie et Ange de Béthune est d'un travail exquis. Ce reliquaire se compose d'une croix en cristal haute d'environ un mètre, ornée de dorures et s'élevant sur un piédestal où l'on voit quatre anges '.

VIL L'église de Blandecques a deux nefs d'inégales dimensions, séparées par quatre arcades demi-circulaires. A l'extrémité de la plus grande se trouve le dessous de la tour ou du clocher. La corniche est fort remarquable. Son style appartient au Roman Secondaire. Elle offre plusieurs cordons supportés par une série de petites arcades reposant sur des modillons qui représentent des têtes bizarres et monstrueuses. L'ensemble et les détails de l'intérieur du monument rappellent la période ogivale primitive. On y voit des arcs en tiers points autour des fenêtres et des faisceaux de colonnes annelées reposant sur des soubassements rectangulaires. La grande chapelle à gauche du chœur date d'une époque postérieure ; c'est une construction du xvi.' siècle au plus. Les nefs et cette chapelle ont des voûtes en bois, peintes en bleu et parsemées d'étoiles. Les fonts baptismaux sont formés par un bloc de marbre de Boulogne à huit pans; sur l'une des faces on lit la date de 1559. Dans la sacristie , dont l'architecture solide est fort remarquable , se trouve une pierre tumulaire couverte d'armoiries, portant une inscription assez difficile à lire. On voit cependant encore par les principaux passages que sous cette pierre gît le corps d'André de Houchin, seigneur de Monchicourt-Watines. L'église de Blandecques renferme plusieurs tableaux de prix, représentant VAssomption. Joseph vendu par ses frères , le Christ mis au tombeau et la Vierge tenant l'enfant Jésus. Ce dernier tableau, peint sur bois, est fort estimé des connaisseurs. Deux reliquaires en bois et d'un beau travail attirent également les regards de ceux qui visitent l'église de Blandecques. Ce monument est placé sous l'invocation de Ste-Colombe , vierge et martyre. On ignore l'époque à laquelle remonte sa première construction. Les habitants du

1 Reuseignements communiqués par M. l'abhé Flageollet, deuervant à Locon.

village montrent beaucoup de dévotion pour la Ste-Chandelle ; c'est un tableau posé au-dessus de l'autel de la nef latérale, sur lequel paraissent une sainte tenant une chandelle à la main et deux personnages prosternés à ses pieds *.

VIII. On voit à Diéval une église qui forme un carré long, terminé par une tour assez élevée. On remarque, à l'intérieur, six grandes dalles décorées d'armoiries et de figures qu'on peut à peine distinguer. L'une de ces dalles passe pour recouvrir la sépulture de M.gr Augustin-César d'Hervilly de Devise , évêque de Boulogne-sur-Mer , conseiller du roi en tous ses conseils , abbé de Valoires, etc., mort au château de Diéval, le 11 octobre 1742 et inhumé dans un caveau voisin de l'autel. On regarde comme fort précieux le petit tableau sur bois , représentant la descente de Croix , qui existe dans cette église * .

IX. Église d'Autrèches (diocèse de Beau vais ). — Cette église, dédiée à St.- Victor , est vaste , bâtie en forme de croix avec des bas-côtés ; les pignons de la façade et des transepts et les quatre arcs-butants du clocher sont parcourus par une dentelle tréflée et renversée qui produit un bel effet. Les fenêtres de la nef sont dans le style flamboyant , comme celles de l'église de St.-Germain d'Amiens. La porte principale est décorée de même avec une balustrade élégante, surmontée d'une rose à buit divisions. Au transept droit, une fenêtre divisée par deux lancettes et une rose ronde accusent le xui." siècle. A gauche de la façade, s'ouvre une jolie porte du style de la Renaissance; sur son fronton circulaire est un écusson parti du lion de Bosebecq et du duché de Bar dont les premiers seigneurs d'Autrèches étaient châtelains.

Ces armoiries ont pour cimier deux bars agencés avec de riches ornements. On remarque à gauche une inscription qui rappelle une fondation pieuse et sur les murs de l'église des épitaphes assez intéressantes.

Le clocher, situé à l'entrée du chœur, fait la gloire du pays. Sur une tour carrée , bien décorée d'ouies tréflées , de clochetons angulaires , de gargouilles et d'une balustrade , s'élève une magnifique pyramide octogone , en pierre, de plus de 25 mètres d'élévation à elle seule ; ses faces sont couvertes d'écaillés et découpées à jour et ses angles ornés de crochets ; c'est l'exacte copie du clocher de droite de St.-Jean-des-Vignes de Soissons.

La cloche fondue en 1662 porte les armoiries des Gédoyn et des Gonnelieu, anciens seigneurs d'Autrèches.

L'intérieur de l'église offre un style simple et grave; des piliers ronds, dépourvus de chapiteaux, soutiennent les voûtes d'arrêté à moulures prismatiques. Le choeur terminé carrément est enrichi de pendentifs et de consoles sur l'une desquelles on lit la date de 1541. A la voûte de la chapelle de gauche, on voit un écusson écartelé de Hennin-Bossut aux 1 et 4 ; aux 2 et 3 parti

1 Renseignement» coramuniqué» pat M. l'abbé Selinguc , desservant à Cormeilles. S Id. par M. l'abbc Petin, desservant à Lignereuil.

de Béthune et de Coucy. Devant le chœur, est la tombe presque effacée d'un membre de la famille de Gonnelieu, mort en 1572.

Une crypte s'étend sous tout le chœur et les transepts. Le style est en partie roman , en partie de la Renaissance. A droite, un chapiteau curieux représente un archer ajustant un oiseau; à gauche, un pourceau dévore les glands d'un chêne qui décore une corniche. On voit dans l'intérieur de l'église, sous le clocher, un pareil motif d'ornement qui se retrouve aussi dans l'église de Coucy. Les trois absides de cette crypte renferment d'anciens autels de pierre auxquels étaient affectés des bénéfices sous le nom de Notre-Dame des Croûtes, dénomination dérivant par corruption de cryptes. On voit dans cette chapelle souterraine la tombe d'un membre honorable de la famille de Lupel , autrefois Louvel , attachée par les liens du sang aux anciens ducs de Normandie, et en particulier à Robert-le-Diable et à Guillaume -le-Conquérant *. Elle prit part à la conquête de l'Angleterre en 1066 et vint se fixer eu Picardie dans le xn.' siècle. Jean Louvel , écuyer du duc d'Orléans , fut fait prisonnier avec ce prince à la bataille d'Azincourt. Le célèbre Dunois épousa Jeanne de Louvel , dont les richesses furent employées à chasser l'ennemi de France. La maison de Louvel fournit des maïèurs à la ville d'Amiens, des officiers distingués à nos armées et des chevaliers à l'ordre de Malte. Les Lupel succédèrent , en 1730 , dans la possession de la seigneurie d' Autrèches , aux Châtillon-Nanteuil , Béthune de Locres , Bosebecq , Hennin-Bossut , Gédoyn , Gonnelieu , Devicq , La Fontaine-Solare et des Essars de Lignières *.

X. Blanc-Fossé a une église qui passe pour avoir été rebâtie presque entièrement en 1785 et 1787 ; le clocher de cette église offre cette particularité qu'il est supporté par quatre piliers de bois existant dans l'intérieur et non par quatre colonnes en pierre , comme dans la plupart des églises de Picardie. Le peu de ressources de la commune peut seul expliquer cette bizarre parcimonie '.

XL L'église de Jonquières , sous l'invocation de St.-Nicolas , fut construite au commencement du xvi." siècle. Elle a subi depuis cette époque des reconstructions partielles qui ont fait supprimer un des pignons du chœur et les deux murs des bas-côtés. Le maître-aulel avait été consacré par Jean de Pleurs, évéque de Riora, en 1522 *.

XIL On croit que l'église de Béthisy-St. -Martin existait au x." siècle; mais l'édifice actuel est plus moderne. La nef n'offre aucun vestige d'ancienneté et le bas-côté droit a été reconstruit en 1811. Le latéral gauche parait remonter au xv.'^ siècle au plus; sa voûte est à nervures croisées et ornées

1 Voyez Noblesse et Chevalerie du comté de Flandre , d'jirtois et de Picardie, page 263.

2 Une notice étendue sur Autrèches et la famille de Lupel paraîtra dans l'ouvrage sur les Châteaux , Eglises, Beffrois et Hôtels-de-Ville de Picardie. ( Art. comra. par M. Goze. j

5 Kenseigaements communiqués par M. l'abhé Batelier, desservant à Blanc Fossé.

\ Id. par M. l'abbé Deligny, desservant à Jonquières.

d'écussons. On se rend en pèlerinage dans l'église de Béthisy le 3 février, jour de St.-Blaisc. Les pèlerins assistent ordinairement à la messe de la confrérie et s'en retournent aussitôt après, sans s'arrêter dans la paroisse*.

XIII. L'église à'Attichy est due à la munificence de la famille Marillac. Cet édifice religieux appartient à la seconde moitié du xvi." siècle. La chaire à prêcher et le contre-rétable du maitre-autel sont l'œuvre d'un habile sculpteur. Henri IV en 1590 et , plus tard, le digne auxiliaire de St.-Vincent de Paul, Louise de Marillac veuve Degras , vinrent s'agenouiller et prier dans l'église d'Atlichy ».

XIV. Il existe dans l'église d'Orrouy des restes de vitraux peints qui fixent les regards des voyageurs. Ces vitraux représentent les diverses scènes de la Passion et les miracles dont elle fut suivie jusqu'à la Pentecôte. On voit au bas ces dates: 1542—1642.

Les noms des donateurs s'y trouvent également inscrits '.

XV. L'église de Tricot fut brûlée en 1636 par les Espagnols commandés par Jean de Werth et Piccolomini. Cette église est placée sous l'invocation de la Sainte- Vierge ; elle a une voûte assez remarquable, ornée d'écussons et de fleurons peu saillants aux nervures. Un incendie a calciné une partie de cette belle voûte qui menace ruine aujourd'hui *.

P. ROGER

H. DUSEVEL.

1 Renseignements communiqués par M. l'dbbé Beudin , desservant à Béthisy. ï Id. pur M. i'abbé Lefebvre , curé d'Atticby.

3 Id. par M. l'ubbé Danguillecourt , desservant à Orrouy.

4 Id. par M. l'abbé Beaude , desservant à Tricot.

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