‹ Bibliothèque historique, monumentale, ecclésiastique, et littéraire, de la Picardie et de l'ArtoisChapitre 85 sur 170 · ORNEMENTS ACCESSOIRES · texte numérisé non relu

ORNEMENTS ACCESSOIRES

Vitraux peints. — M. de Corselles , lieutenant-civil au bailliage de Roye , a donné avec assez d'exactitude la liste des sujets peints sur nos verrières. Grégoire d'Essigny , dans son Histoire de Roye , a copié mot pour mot, selon sa louable habitude, les indications manuscrites de M. de Corselles. Cependant à cette époque une grande partie des vitraux peints étaient déjà brisés. Il fallait donc ne mentionner que ceux qui avaient échappé aux ravages du vandalisme et de l'incurie.

Fenêtre de l'abside. — M. de Corselles et par conséquent son éternel copiste, Grégoire d'Essigny, n'ont

vu dans cette verrière qu'une femme moribonde et couchée, assistée de plusieurs personnes. Je pense que l'artiste a voulu représenter l'agonie de la Sainte-Vierge. Un apôtre lit les prières des agonisants ; un autre jette l'eau bénite avec un goupillon. Plus loin on remarque deux vieillards; le premier a déposé son livre et ses lunettes à terre, l'autre souffle dans un encensoir. Sauf les anachronismes , ce vitrail est fort remarquable.

Chapelle de la Vierge. — Martyre de St- Crépi n et St-Crépinien. Création du monde. Adam et Eve sous l'arbre du bien et du mal. Sacrifice d'Abel. Meurtre de Caïn et plusieurs autres traits tirés de la Genèse.

Bas-côté. Nord. 1." fenêtre. Arrivée et adoration des Mages. Massacre des Innocents. — 2.' fenêtre. Histoire d'un pèlerin de Saint -Jacques. Une bataille des croisades. La mêlée est chaude et sanglante ; il y a beaucoup de vie dans les détails et dans l'ensemble du tableau. — 3." fenêtre. Un crucifix. St-Florent.

Bas-côté. Sud. 1.'* fenêtre. N. S. entre deux personnages. Lazarre ressuscité. Saiil converti. St-Pierre sortant de la prison. Héliodore chassé du Temple et poursuivi par un chien. — 2." fenêtre. Un ange. Un animal symbolique de l'Apocalypse. La Samaritaine. St-Crépin. St-Crépinien. St-Cosme. St-Damiens. Ste- Catherine martyrisée. Sacrifice d'Abraham. Décollation de St-Jean. Suzanne devant ses juges. Hérode environné de ses courtisans. — 3.® fenêtre. Ascension de N.-S. Descente du St-Esprit sur la Ste- Vierge et les Apôtres. Une Résurrection. J.-C. chassant les vendeurs du Temple. Des groupes de Saints. Des dé-

mons rouges et verts qui tourmentent les damnés et les traînent dans des brouettes. Les lymbes. Ablution des pieds. L'Ascension. La Résurrection. La pécheresse chez Simon. INôces de Cana. J.-C. devant les docteurs. Les armes des donateurs. — 4." fenêtre. Des anges jouent de divers instruments. x\rbre de Jessé; le tronc de l'arbre sort de la poitrine de Jessé qui se tient debout.

Tous ces vitraux, qui datent des xv.^ et xvi." siècles, sont remarquables par la richesse, la variété, l'éclat de leurs couleurs. Quelques tètes , certaines draperies sont d'une admirable perfection. Quel irréparable malheur que le vandalisme se soit acharné à détruire les sujets les plus curieux sous le rapport historique, tels que les sacres de St-Louis, de Charlemagne, de Clovis, la cour de Rome, etc., etc.

Pierres tumulaires. — Elles ont été toutes détruites à l'exception de celle de François Cabaille et d'ànne Jobart , sa femme , placée dans la chapelle de Saint-Louis et portant cette inscription :

Ces deux furent touchés d'une commune flamme

Dont la sainte vertu fut l'unique flambeau

Leurs deux cœurs en vivant n'eurent qu'une même âme

Leurs deux corps en mourant n'eurent qu'un seul tombeau.

Tableaux. — Les tableaux les plus remarquables de l'église Saint-Pierre sont :

1." St-Jean baptisant dans les eaux du Jourdain. 2.° La femme adultère. 3.° L'aveugle -né. 4." St- Pierre et le paralytique. Ces quatre grandes toiles appartenaient à Saint-Florent ; ce sont de bonnes copies du Poussin. On pourrait peut-être leur reprocher des tons de ciel un peu bizarres et des carnations trop fortes en couleur. 5.° Une Nativité. Ce tableau de l'école française fait

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radmiratiori des artistes. L'un des bergers est fort remarquable dans sa pose et dans l'expression de son humilité. Je crois que ce tableau est du au pinceau du célèbre Halle , peintre de Louis XIV. — 6.° J.-C. avec les disciples d'Emmaûs. Sur le second plan paraissent le donateur et la donatrice avec deux petits enfants. Le prie-Dieu sur lequel ils sont appuyés porte deux armoiries. Ce tableau sur bois n'est pas une œuvre médiocre; la tète du donateur accuse un pinceau habile.

On peut encore mentionner l'existence d'un orgue du style de Louis XV , les boiseries des chapelles , une statue de St-Roch et un assez joli autel corinthien oïl l'on regrette le manque d'unité de style.

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